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Le shopping territorial des Etats-Unis, une vieille habitude

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"Le Groenland regorge de ressources de valeur (…) et c’est une nouvelle frontière pour le tourisme et l’aventure. Nous sommes ouverts au business mais pas à vendre", répond le gouvernement danois à l’hypothèse d’une offre de rachat par les Etats-Unis
"Le Groenland regorge de ressources de valeur (…) et c’est une nouvelle frontière pour le tourisme et l’aventure. Nous sommes ouverts au business mais pas à vendre", répond le gouvernement danois à l’hypothèse d’une offre de rachat par les Etats-Unis
© AFP - Magnus Kristensen

Le président Donald Trump aurait évoqué avec ses conseillers une proposition de rachat du Groenland au Royaume du Danemark, affirme le "Wall Street Journal". Une idée saugrenue ? Non, une habitude américaine en matière d’expansion territoriale.

Le 4 juillet 1776, les treize colonies d'Amérique du Nord proclament leur indépendance, qui sera reconnue, à l’issue d’une guerre de sept ans contre la couronne britannique, par le traité de Paris, en 1783. Un pays est né, mais il est loin de ressembler à ce qu’il deviendra au fil des siècles.

Les Etats-Unis de 1783, ce sont treize Etats ancrés sur la façade atlantique et coincés entre le Canada britannique, l'Atlantique et la Louisiane espagnole. En moins d’un siècle, le pays contrôle un territoire continu entre les deux océans : Atlantique et Pacifique. Une expansion rendue possible par la colonisation, la conquête, parfois brutale, ou l’achat de territoires.

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Carte de 1898 illustrant le développement territorial des Etats-Unis
Carte de 1898 illustrant le développement territorial des Etats-Unis
© Getty - Universal History Archive/Universal Images Group

1. La conquête du Midwest

La première acquisition est une opération majeure, puisqu’elle double dès 1803 le territoire des Etats-Unis. C’est Robert Livingston qui, sous la présidence de Thomas Jefferson, négocie l’achat de la Louisiane à la France pour 15 millions de dollars. Un gros sacrifice territorial pour Bonaparte, acquis de haute lutte au détriment des Espagnols. Mais c’est le prix d’un affaiblissement des Anglais : en renforçant la puissance des Etats-Unis, le premier consul français entendait contrarier les ambitions britanniques dans le Nouveau Monde. Car quand on parle de la Louisiane, on ne parle pas de l’Etat du même nom. C’est d’un territoire qui couvre l’ensemble du Midwest actuel qu’il s’agit : de l’embouchure du Mississippi au Dakota du Nord et au Montana actuels.

Carte de la Nouvelle France et de la Louisiane nouvellement découverte, par le révérend père Louis Hennepin.
Carte de la Nouvelle France et de la Louisiane nouvellement découverte, par le révérend père Louis Hennepin.
- Gallica, Bibliothèque nationale de France

2. La Floride

En 1819, le traité d'Adams-Onís, dit « Traité d'amitié, de colonisation et de limite entre les États-Unis d'Amérique et sa Majesté catholique », définit la frontière avec la « Nouvelle Espagne », notamment au Texas. Il scelle aussi la cession par l'Espagne de la Floride orientale et de l'État libre de Sabine. Les Etats-Unis, qui avaient planté leur drapeau en 1810 en Floride occidentale, exercent désormais leur autorité du Canada aux Caraïbes.

3. Les « cessions » mexicaines

Depuis le début de leur guerre d'indépendance, les Mexicains ont autorisé des Américains à s'installer au Texas, sous réserve qu’ils se convertissent au catholicisme et deviennent mexicains. Las, ce seront des protestants qui coloniseront la région, qui sera finalement annexée par les États-Unis en 1845. Un casus belli : la guerre avec le Mexique est déclarée. Elle durera dix-sept mois et s’achèvera sur une victoire des États-Unis et le traité de Guadalupe-Hidalgo, en 1848. Moyennant une « compensation » de 18 millions de dollars, le Mexique abandonnera à Washington les territoires correspondant au Texas, à la Californie, à l’Utah, au Nevada, à l’Arizona et au Nouveau Mexique.

Les troupes du général Winfield attaquent le château de Chapultepec, au Mexique, le 13 septembre 1847.
Les troupes du général Winfield attaquent le château de Chapultepec, au Mexique, le 13 septembre 1847.
© Getty

Cette conquête militaire sera complétée par l’achat dit « Gadsden », en 1953, d’une bande de terre le long de la frontière avec le Mexique, entre les actuels Nouveau Mexique et Arizona, pour 10 millions de dollars.

4. L'« Amérique russe »

Face aux visées expansionnistes de l’empire britannique, comment garder le contrôle sur des territoires éloignés ? C’est la question qui taraude le tsar Alexandre II lorsqu’il évoque l’Alaska, une vaste étendue glacée et quasi inoccupée, réputée impossible à coloniser et voisine du Canada britannique. Pour l’empire russe, en difficultés, financières, vendre ce territoire de 1,7 million de kilomètres carrés aux États-Unis est peut-être la solution. Et Washington, même si l’opinion publique s’y oppose, y voit une belle opportunité de s’étoffer de 20 % de terres (et de ressources) supplémentaires. L’achat sera signé le 30 mars 1867 et le transfert effectif le 18 octobre 1867.

5. Les derniers trésors espagnols

En 1898, le traité de Paris marque la fin du « Desastre del 98 », la guerre qui aura opposé, cinq mois durant, l’empire espagnol déclinant aux Etats-Unis. Il confirme la cession de Porto Rico, Guam, de Cuba (qui accèdera à l’indépendance en 1902) et des Philippines (indépendantes en 1946) aux États-Unis, moyennant une compensation de 20 millions de dollars versée à l'Espagne.

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6. Les « confettis » pacifiques

En 1900, les îles Tutuila et Aunuu, vendues par leurs chefs, viennent compléter le territoire des Samoa américaines, annexées par les Etats-Unis l’année précédente. Pour Washington, la Première Guerre mondiale est aussi l’occasion de mettre la main sur des possessions européennes délaissées. Ainsi, en 1917, les îles Vierges danoises deviennent américaines pour 25 millions de dollars.