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Le silence pour les riches, le bruit pour les pauvres ?

Par
le silence
le silence
© Getty - Andrea Borile / EyeEm

"Parler" du silence semble en soi paradoxal... Comment peut-on dire l’indicible ? Qu’est-ce que le silence ? Est-il un vide ? Un "presque-rien" ? Une toile de fond ? Ou au contraire quelque chose qui nous permet de sonder les profondeurs de l’âme ?

« C'est dans le silence que l'invisible fait son chemin » écrivait le poète Georges Haldas. Nous vivons dans un monde de plus en plus bruyant : sonneries de téléphone, alarmes, Klaxons... la pollution sonore, souvent épuisante, est aussi devenue un risque environnemental majeur. Le silence est-il en train de devenir un produit de luxe ? L’environnement sonore urbain peut-il devenir un nouvel élément de ségrégation sociale ? Le silence a-t-il une valeur ? S’achète-t-il vraiment ? Que recherche-t-on quand on cherche le silence ? Que suscite-t-il ? Que permet-il ?

Nous sommes à un instant de nos vies où même le "bon son", celui du vent, de la mer, celui qui nous fait grandir, celui qui nous fait rêver, n’est plus accessible à certains enfants qui sont derrière des barrières sonores alors que les populations les plus aisées achètent ce "bon son" naturel. D’où l’idée que le "sonore" n’est pas le même pour tous. On peut donc dire, effectivement, que quelque part il y a le bruit pour les "pauvres", et le silence et/ou le "bon sonore" pour les "riches". Christian Hugonnet

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Il y a une fonction spirituelle du silence qui permet de nouer avec le sacré, une fonction cognitive, intellective et noétique, qui permet la pensée et de faire acte de discernement, une fonction clinicienne qui soigne, mais aussi une fonction publique et citoyenne qui permet le logos, la délibération publique. La question du sonore est donc une question importante, à la fois au niveau individuel, pour notre santé en tant qu’humain, mais aussi au niveau collectif, pour la santé de la démocratie. Cynthia Fleury

Il y a des silences qui sonnent faux et qui sont de faux silences : le silence taciturne, renfrogné, disciplinaire, systématique, raide, endormi ou encore indifférent. Et puis il y a des silences qui permettent la vie et d’avoir un espace intérieur fécond : le silence matériel, le silence visuel - ne pas être bombardés d’images, le silence sonore, le silence spirituel. Tous ces silences permettent d’écouter, de se connaître soi-même et de descendre dans les profondeurs du cœur. Sœur Cécile 

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Une soirée-débat animée par Didier Pourquery, président de The Conversation France, organisée en janvier 2020 à l’occasion de la 17e édition de la Semaine du Son de l’UNESCO.

Soeur Cécile, Prieure des Soeurs des Fraternités monastiques de Jérusalem à Paris

Cynthia Fleury, philosophe et psychanalyste, professeure au Conservatoire National des Arts et Métiers, titulaire de la Chaire Humanités et Santé

Christian Hugonnet, ingénieur acousticien, Président de la Semaine du Son.

À réécouter : Le silence
Les Pieds sur terre
28 min