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Le Théâtre - Textes et sujet

Le Tricheur à l'as de carreau
Le Tricheur à l'as de carreau
- Georges de la Tour (source : Web Gallery of Art)

A l'occasion des épreuves écrites de bac de français 2017, La compagnie des auteurs, Eric Morlevat, Romain Lancrey-Javal et les élèves de 1ère du lycée Schuman (Charenton-le-Pont) se penchent sur un sujet type bac portant sur le théâtre.

Question sur corpus :

Comment s'établit dans chacun de ces textes la complicité avec le spectateur ?

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Dissertation :

Au théâtre le rôle du metteur en scène peut-il être plus important que celui de l'auteur? Vous développerez votre argumentation en vous appuyant sur les textes du corpus, sur ceux que vous avez étudiés en classe, sur vos lectures personnelles et votre expérience de spectateur.

Texte 1 - Molière, Dom Juan

Pour obtenir les faveurs d'une jeune paysanne, Charlotte, Dom Juan, un grand seigneur, lui a promis qu'il l'épouserait. Mais Mathurine, une autre paysanne à qui il a fait la même promesse, survient.

MATHURINE, à Dom Juan - Monsieur, que faites-vous donc là avec Charlotte ? Est-ce que vous lui parlez d'amour aussi ?

DOM JUAN, bas à Mathurine - Non, au contraire, c'est elle qui me témoignait une envie d'être ma femme, et je lui répondais que j'étais engagé à vous.

DOM JUAN, bas à Mathurine - Non, au contraire, c'est elle qui me témoignait une envie d'être ma femme, et je lui répondais que j'étais engagé à vous.CHARLOTTE, à Dom Juan - Qu'est-ce que c'est donc que vous veut Mathurine ?

DOM JUAN, bas à Mathurine - Non, au contraire, c'est elle qui me témoignait une envie d'être ma femme, et je lui répondais que j'étais engagé à vous.CHARLOTTE, à Dom Juan - Qu'est-ce que c'est donc que vous veut Mathurine ?DOM JUAN, bas à Mathurine - Tout ce que vous direz sera inutile ; elle s'est mis cela dans la tête.

DOM JUAN, bas à Mathurine - Non, au contraire, c'est elle qui me témoignait une envie d'être ma femme, et je lui répondais que j'étais engagé à vous.CHARLOTTE, à Dom Juan - Qu'est-ce que c'est donc que vous veut Mathurine ?DOM JUAN, bas à Mathurine - Tout ce que vous direz sera inutile ; elle s'est mis cela dans la tête.CHARLOTTE - Quement donc ? Mathurine...

DOM JUAN, bas à Mathurine - Non, au contraire, c'est elle qui me témoignait une envie d'être ma femme, et je lui répondais que j'étais engagé à vous.CHARLOTTE, à Dom Juan - Qu'est-ce que c'est donc que vous veut Mathurine ?DOM JUAN, bas à Mathurine - Tout ce que vous direz sera inutile ; elle s'est mis cela dans la tête.CHARLOTTE - Quement donc ? Mathurine...DOM JUAN, bas à Charlotte - C'est en vain que vous lui parlerez ; vous ne lui ôterez point cette fantaisie.

DOM JUAN, bas à Mathurine - Non, au contraire, c'est elle qui me témoignait une envie d'être ma femme, et je lui répondais que j'étais engagé à vous.CHARLOTTE, à Dom Juan - Qu'est-ce que c'est donc que vous veut Mathurine ?DOM JUAN, bas à Mathurine - Tout ce que vous direz sera inutile ; elle s'est mis cela dans la tête.CHARLOTTE - Quement donc ? Mathurine...DOM JUAN, bas à Charlotte - C'est en vain que vous lui parlerez ; vous ne lui ôterez point cette fantaisie.MATHURINE - Est-ce que... ?

DOM JUAN, bas à Mathurine - Non, au contraire, c'est elle qui me témoignait une envie d'être ma femme, et je lui répondais que j'étais engagé à vous.CHARLOTTE, à Dom Juan - Qu'est-ce que c'est donc que vous veut Mathurine ?DOM JUAN, bas à Mathurine - Tout ce que vous direz sera inutile ; elle s'est mis cela dans la tête.CHARLOTTE - Quement donc ? Mathurine...DOM JUAN, bas à Charlotte - C'est en vain que vous lui parlerez ; vous ne lui ôterez point cette fantaisie.MATHURINE - Est-ce que... ?DOM JUAN, bas à Mathurine - Il n'y a pas moyen de lui faire entendre raison.

DOM JUAN, bas à Mathurine - Non, au contraire, c'est elle qui me témoignait une envie d'être ma femme, et je lui répondais que j'étais engagé à vous.CHARLOTTE, à Dom Juan - Qu'est-ce que c'est donc que vous veut Mathurine ?DOM JUAN, bas à Mathurine - Tout ce que vous direz sera inutile ; elle s'est mis cela dans la tête.CHARLOTTE - Quement donc ? Mathurine...DOM JUAN, bas à Charlotte - C'est en vain que vous lui parlerez ; vous ne lui ôterez point cette fantaisie.MATHURINE - Est-ce que... ?DOM JUAN, bas à Mathurine - Il n'y a pas moyen de lui faire entendre raison.CHARLOTTE - Je voudrais...

DOM JUAN, bas à Mathurine - Non, au contraire, c'est elle qui me témoignait une envie d'être ma femme, et je lui répondais que j'étais engagé à vous.CHARLOTTE, à Dom Juan - Qu'est-ce que c'est donc que vous veut Mathurine ?DOM JUAN, bas à Mathurine - Tout ce que vous direz sera inutile ; elle s'est mis cela dans la tête.CHARLOTTE - Quement donc ? Mathurine...DOM JUAN, bas à Charlotte - C'est en vain que vous lui parlerez ; vous ne lui ôterez point cette fantaisie.MATHURINE - Est-ce que... ?DOM JUAN, bas à Mathurine - Il n'y a pas moyen de lui faire entendre raison.CHARLOTTE - Je voudrais...DOM JUAN, bas à Charlotte - Elle est obstinée comme tous les diables.

DOM JUAN, bas à Mathurine - Non, au contraire, c'est elle qui me témoignait une envie d'être ma femme, et je lui répondais que j'étais engagé à vous.CHARLOTTE, à Dom Juan - Qu'est-ce que c'est donc que vous veut Mathurine ?DOM JUAN, bas à Mathurine - Tout ce que vous direz sera inutile ; elle s'est mis cela dans la tête.CHARLOTTE - Quement donc ? Mathurine...DOM JUAN, bas à Charlotte - C'est en vain que vous lui parlerez ; vous ne lui ôterez point cette fantaisie.MATHURINE - Est-ce que... ?DOM JUAN, bas à Mathurine - Il n'y a pas moyen de lui faire entendre raison.CHARLOTTE - Je voudrais...DOM JUAN, bas à Charlotte - Elle est obstinée comme tous les diables.MATHURINE - Vrament...

DOM JUAN, bas à Mathurine - Non, au contraire, c'est elle qui me témoignait une envie d'être ma femme, et je lui répondais que j'étais engagé à vous.CHARLOTTE, à Dom Juan - Qu'est-ce que c'est donc que vous veut Mathurine ?DOM JUAN, bas à Mathurine - Tout ce que vous direz sera inutile ; elle s'est mis cela dans la tête.CHARLOTTE - Quement donc ? Mathurine...DOM JUAN, bas à Charlotte - C'est en vain que vous lui parlerez ; vous ne lui ôterez point cette fantaisie.MATHURINE - Est-ce que... ?DOM JUAN, bas à Mathurine - Il n'y a pas moyen de lui faire entendre raison.CHARLOTTE - Je voudrais...DOM JUAN, bas à Charlotte - Elle est obstinée comme tous les diables.MATHURINE - Vrament...DOM JUAN, bas à Mathurine - Ne lui dites rien, c'est une folle.

DOM JUAN, bas à Mathurine - Non, au contraire, c'est elle qui me témoignait une envie d'être ma femme, et je lui répondais que j'étais engagé à vous.CHARLOTTE, à Dom Juan - Qu'est-ce que c'est donc que vous veut Mathurine ?DOM JUAN, bas à Mathurine - Tout ce que vous direz sera inutile ; elle s'est mis cela dans la tête.CHARLOTTE - Quement donc ? Mathurine...DOM JUAN, bas à Charlotte - C'est en vain que vous lui parlerez ; vous ne lui ôterez point cette fantaisie.MATHURINE - Est-ce que... ?DOM JUAN, bas à Mathurine - Il n'y a pas moyen de lui faire entendre raison.CHARLOTTE - Je voudrais...DOM JUAN, bas à Charlotte - Elle est obstinée comme tous les diables.MATHURINE - Vrament...DOM JUAN, bas à Mathurine - Ne lui dites rien, c'est une folle.CHARLOTTE - Je pense...

DOM JUAN, bas à Mathurine - Non, au contraire, c'est elle qui me témoignait une envie d'être ma femme, et je lui répondais que j'étais engagé à vous.CHARLOTTE, à Dom Juan - Qu'est-ce que c'est donc que vous veut Mathurine ?DOM JUAN, bas à Mathurine - Tout ce que vous direz sera inutile ; elle s'est mis cela dans la tête.CHARLOTTE - Quement donc ? Mathurine...DOM JUAN, bas à Charlotte - C'est en vain que vous lui parlerez ; vous ne lui ôterez point cette fantaisie.MATHURINE - Est-ce que... ?DOM JUAN, bas à Mathurine - Il n'y a pas moyen de lui faire entendre raison.CHARLOTTE - Je voudrais...DOM JUAN, bas à Charlotte - Elle est obstinée comme tous les diables.MATHURINE - Vrament...DOM JUAN, bas à Mathurine - Ne lui dites rien, c'est une folle.CHARLOTTE - Je pense...DOM JUAN, bas à Charlotte - Laissez-la là, c'est une extravagante.

DOM JUAN, bas à Mathurine - Non, au contraire, c'est elle qui me témoignait une envie d'être ma femme, et je lui répondais que j'étais engagé à vous.CHARLOTTE, à Dom Juan - Qu'est-ce que c'est donc que vous veut Mathurine ?DOM JUAN, bas à Mathurine - Tout ce que vous direz sera inutile ; elle s'est mis cela dans la tête.CHARLOTTE - Quement donc ? Mathurine...DOM JUAN, bas à Charlotte - C'est en vain que vous lui parlerez ; vous ne lui ôterez point cette fantaisie.MATHURINE - Est-ce que... ?DOM JUAN, bas à Mathurine - Il n'y a pas moyen de lui faire entendre raison.CHARLOTTE - Je voudrais...DOM JUAN, bas à Charlotte - Elle est obstinée comme tous les diables.MATHURINE - Vrament...DOM JUAN, bas à Mathurine - Ne lui dites rien, c'est une folle.CHARLOTTE - Je pense...DOM JUAN, bas à Charlotte - Laissez-la là, c'est une extravagante.MATHURINE - Non, non : il faut que je lui parle.

DOM JUAN, bas à Mathurine - Non, au contraire, c'est elle qui me témoignait une envie d'être ma femme, et je lui répondais que j'étais engagé à vous.CHARLOTTE, à Dom Juan - Qu'est-ce que c'est donc que vous veut Mathurine ?DOM JUAN, bas à Mathurine - Tout ce que vous direz sera inutile ; elle s'est mis cela dans la tête.CHARLOTTE - Quement donc ? Mathurine...DOM JUAN, bas à Charlotte - C'est en vain que vous lui parlerez ; vous ne lui ôterez point cette fantaisie.MATHURINE - Est-ce que... ?DOM JUAN, bas à Mathurine - Il n'y a pas moyen de lui faire entendre raison.CHARLOTTE - Je voudrais...DOM JUAN, bas à Charlotte - Elle est obstinée comme tous les diables.MATHURINE - Vrament...DOM JUAN, bas à Mathurine - Ne lui dites rien, c'est une folle.CHARLOTTE - Je pense...DOM JUAN, bas à Charlotte - Laissez-la là, c'est une extravagante.MATHURINE - Non, non : il faut que je lui parle.CHARLOTTE - Je veux voir un peu ses raisons.

DOM JUAN, bas à Mathurine - Non, au contraire, c'est elle qui me témoignait une envie d'être ma femme, et je lui répondais que j'étais engagé à vous.CHARLOTTE, à Dom Juan - Qu'est-ce que c'est donc que vous veut Mathurine ?DOM JUAN, bas à Mathurine - Tout ce que vous direz sera inutile ; elle s'est mis cela dans la tête.CHARLOTTE - Quement donc ? Mathurine...DOM JUAN, bas à Charlotte - C'est en vain que vous lui parlerez ; vous ne lui ôterez point cette fantaisie.MATHURINE - Est-ce que... ?DOM JUAN, bas à Mathurine - Il n'y a pas moyen de lui faire entendre raison.CHARLOTTE - Je voudrais...DOM JUAN, bas à Charlotte - Elle est obstinée comme tous les diables.MATHURINE - Vrament...DOM JUAN, bas à Mathurine - Ne lui dites rien, c'est une folle.CHARLOTTE - Je pense...DOM JUAN, bas à Charlotte - Laissez-la là, c'est une extravagante.MATHURINE - Non, non : il faut que je lui parle.CHARLOTTE - Je veux voir un peu ses raisons.MATHURINE - Quoi ?

DOM JUAN, bas à Mathurine - Non, au contraire, c'est elle qui me témoignait une envie d'être ma femme, et je lui répondais que j'étais engagé à vous.CHARLOTTE, à Dom Juan - Qu'est-ce que c'est donc que vous veut Mathurine ?DOM JUAN, bas à Mathurine - Tout ce que vous direz sera inutile ; elle s'est mis cela dans la tête.CHARLOTTE - Quement donc ? Mathurine...DOM JUAN, bas à Charlotte - C'est en vain que vous lui parlerez ; vous ne lui ôterez point cette fantaisie.MATHURINE - Est-ce que... ?DOM JUAN, bas à Mathurine - Il n'y a pas moyen de lui faire entendre raison.CHARLOTTE - Je voudrais...DOM JUAN, bas à Charlotte - Elle est obstinée comme tous les diables.MATHURINE - Vrament...DOM JUAN, bas à Mathurine - Ne lui dites rien, c'est une folle.CHARLOTTE - Je pense...DOM JUAN, bas à Charlotte - Laissez-la là, c'est une extravagante.MATHURINE - Non, non : il faut que je lui parle.CHARLOTTE - Je veux voir un peu ses raisons.MATHURINE - Quoi ?DOM JUAN, bas à Mathurine - Gageons qu'elle va vous dire que je lui ai promis de l'épouser.

DOM JUAN, bas à Mathurine - Non, au contraire, c'est elle qui me témoignait une envie d'être ma femme, et je lui répondais que j'étais engagé à vous.CHARLOTTE, à Dom Juan - Qu'est-ce que c'est donc que vous veut Mathurine ?DOM JUAN, bas à Mathurine - Tout ce que vous direz sera inutile ; elle s'est mis cela dans la tête.CHARLOTTE - Quement donc ? Mathurine...DOM JUAN, bas à Charlotte - C'est en vain que vous lui parlerez ; vous ne lui ôterez point cette fantaisie.MATHURINE - Est-ce que... ?DOM JUAN, bas à Mathurine - Il n'y a pas moyen de lui faire entendre raison.CHARLOTTE - Je voudrais...DOM JUAN, bas à Charlotte - Elle est obstinée comme tous les diables.MATHURINE - Vrament...DOM JUAN, bas à Mathurine - Ne lui dites rien, c'est une folle.CHARLOTTE - Je pense...DOM JUAN, bas à Charlotte - Laissez-la là, c'est une extravagante.MATHURINE - Non, non : il faut que je lui parle.CHARLOTTE - Je veux voir un peu ses raisons.MATHURINE - Quoi ?DOM JUAN, bas à Mathurine - Gageons qu'elle va vous dire que je lui ai promis de l'épouser.Molière, Dom Juan, acte II, scène 4, 1665.

Texte B - Beaumarchais, Le Mariage de Figaro

SUZANNE, suivante de la comtesse Almaviva, va épouser Figaro, le valet Figaro. Mais le comte Almaviva, qui la désire, veut obtenir ses faveurs. Suzanne avertit sa maîtresse et son fiancé. Pour ramener à elle son époux, la comtesse décide de prendre la place de Suzanne, lors d'un rendez-vous que le comte lui a fixé dans le jardin, à la tombée de la nuit. Figaro, mis au courant de la rencontre, assiste à la scène.

LE COMTE, prend la main de la femme - Mais quelle peau fine et douce, et qu'il s'en faut que la Comtesse ait la main aussi belle !

LE COMTESSE, à part - Oh ! la prévention !

LE COMTESSE, à part - Oh ! la prévention !LE COMTE - A-t-elle ce bras ferme et rondelet ? ces jolis doigts pleins de grâce et d'espièglerie ?

LE COMTESSE, à part - Oh ! la prévention !LE COMTE - A-t-elle ce bras ferme et rondelet ? ces jolis doigts pleins de grâce et d'espièglerie ?LE COMTESSE, de la voix de Suzanne - Ainsi l'amour ?...

LE COMTESSE, à part - Oh ! la prévention !LE COMTE - A-t-elle ce bras ferme et rondelet ? ces jolis doigts pleins de grâce et d'espièglerie ?LE COMTESSE, de la voix de Suzanne - Ainsi l'amour ?...LE COMTE - L'amour... n'est que le roman du cœur : c'est le plaisir qui en est l'histoire ; il m'amène à vos genoux.

LE COMTESSE, à part - Oh ! la prévention !LE COMTE - A-t-elle ce bras ferme et rondelet ? ces jolis doigts pleins de grâce et d'espièglerie ?LE COMTESSE, de la voix de Suzanne - Ainsi l'amour ?...LE COMTE - L'amour... n'est que le roman du cœur : c'est le plaisir qui en est l'histoire ; il m'amène à vos genoux.LE COMTESSE - Vous ne l'aimez plus ?

LE COMTESSE, à part - Oh ! la prévention !LE COMTE - A-t-elle ce bras ferme et rondelet ? ces jolis doigts pleins de grâce et d'espièglerie ?LE COMTESSE, de la voix de Suzanne - Ainsi l'amour ?...LE COMTE - L'amour... n'est que le roman du cœur : c'est le plaisir qui en est l'histoire ; il m'amène à vos genoux.LE COMTESSE - Vous ne l'aimez plus ?LE COMTE - Je l'aime beaucoup ; mais trois ans d'union rendent l'hymen(1) si respectable !

LE COMTESSE, à part - Oh ! la prévention !LE COMTE - A-t-elle ce bras ferme et rondelet ? ces jolis doigts pleins de grâce et d'espièglerie ?LE COMTESSE, de la voix de Suzanne - Ainsi l'amour ?...LE COMTE - L'amour... n'est que le roman du cœur : c'est le plaisir qui en est l'histoire ; il m'amène à vos genoux.LE COMTESSE - Vous ne l'aimez plus ?LE COMTE - Je l'aime beaucoup ; mais trois ans d'union rendent l'hymen(1) si respectable !LE COMTESSE - Que vouliez-vous en elle ?

LE COMTESSE, à part - Oh ! la prévention !LE COMTE - A-t-elle ce bras ferme et rondelet ? ces jolis doigts pleins de grâce et d'espièglerie ?LE COMTESSE, de la voix de Suzanne - Ainsi l'amour ?...LE COMTE - L'amour... n'est que le roman du cœur : c'est le plaisir qui en est l'histoire ; il m'amène à vos genoux.LE COMTESSE - Vous ne l'aimez plus ?LE COMTE - Je l'aime beaucoup ; mais trois ans d'union rendent l'hymen(1) si respectable !LE COMTESSE - Que vouliez-vous en elle ?LE COMTE, la caressant - Ce que je trouve en toi, ma beauté...

LE COMTESSE, à part - Oh ! la prévention !LE COMTE - A-t-elle ce bras ferme et rondelet ? ces jolis doigts pleins de grâce et d'espièglerie ?LE COMTESSE, de la voix de Suzanne - Ainsi l'amour ?...LE COMTE - L'amour... n'est que le roman du cœur : c'est le plaisir qui en est l'histoire ; il m'amène à vos genoux.LE COMTESSE - Vous ne l'aimez plus ?LE COMTE - Je l'aime beaucoup ; mais trois ans d'union rendent l'hymen(1) si respectable !LE COMTESSE - Que vouliez-vous en elle ?LE COMTE, la caressant - Ce que je trouve en toi, ma beauté...LE COMTESSE - Mais dites donc.

LE COMTESSE, à part - Oh ! la prévention !LE COMTE - A-t-elle ce bras ferme et rondelet ? ces jolis doigts pleins de grâce et d'espièglerie ?LE COMTESSE, de la voix de Suzanne - Ainsi l'amour ?...LE COMTE - L'amour... n'est que le roman du cœur : c'est le plaisir qui en est l'histoire ; il m'amène à vos genoux.LE COMTESSE - Vous ne l'aimez plus ?LE COMTE - Je l'aime beaucoup ; mais trois ans d'union rendent l'hymen(1) si respectable !LE COMTESSE - Que vouliez-vous en elle ?LE COMTE, la caressant - Ce que je trouve en toi, ma beauté...LE COMTESSE - Mais dites donc.LE COMTE - ... Je ne sais : moins d'uniformité peut-être, plus de piquant dans les manières ; un je ne sais quoi, qui fait le charme ; quelquefois un refus, que sais-je ? Nos femmes croient tout accomplir en nous aimant ; cela dit une fois, elles nous aiment, nous aiment ! (quand elles nous aiment) Et sont si complaisantes, et si constamment obligeantes, et toujours, et sans relâche, qu'on est tout surpris, un beau soir, de trouver la satiété, où l'on recherchait le bonheur !

LE COMTESSE, à part - Oh ! la prévention !LE COMTE - A-t-elle ce bras ferme et rondelet ? ces jolis doigts pleins de grâce et d'espièglerie ?LE COMTESSE, de la voix de Suzanne - Ainsi l'amour ?...LE COMTE - L'amour... n'est que le roman du cœur : c'est le plaisir qui en est l'histoire ; il m'amène à vos genoux.LE COMTESSE - Vous ne l'aimez plus ?LE COMTE - Je l'aime beaucoup ; mais trois ans d'union rendent l'hymen(1) si respectable !LE COMTESSE - Que vouliez-vous en elle ?LE COMTE, la caressant - Ce que je trouve en toi, ma beauté...LE COMTESSE - Mais dites donc.LE COMTE - ... Je ne sais : moins d'uniformité peut-être, plus de piquant dans les manières ; un je ne sais quoi, qui fait le charme ; quelquefois un refus, que sais-je ? Nos femmes croient tout accomplir en nous aimant ; cela dit une fois, elles nous aiment, nous aiment ! (quand elles nous aiment) Et sont si complaisantes, et si constamment obligeantes, et toujours, et sans relâche, qu'on est tout surpris, un beau soir, de trouver la satiété, où l'on recherchait le bonheur !LE COMTESSE, à part - Ah ! quelle leçon !

LE COMTESSE, à part - Oh ! la prévention !LE COMTE - A-t-elle ce bras ferme et rondelet ? ces jolis doigts pleins de grâce et d'espièglerie ?LE COMTESSE, de la voix de Suzanne - Ainsi l'amour ?...LE COMTE - L'amour... n'est que le roman du cœur : c'est le plaisir qui en est l'histoire ; il m'amène à vos genoux.LE COMTESSE - Vous ne l'aimez plus ?LE COMTE - Je l'aime beaucoup ; mais trois ans d'union rendent l'hymen(1) si respectable !LE COMTESSE - Que vouliez-vous en elle ?LE COMTE, la caressant - Ce que je trouve en toi, ma beauté...LE COMTESSE - Mais dites donc.LE COMTE - ... Je ne sais : moins d'uniformité peut-être, plus de piquant dans les manières ; un je ne sais quoi, qui fait le charme ; quelquefois un refus, que sais-je ? Nos femmes croient tout accomplir en nous aimant ; cela dit une fois, elles nous aiment, nous aiment ! (quand elles nous aiment) Et sont si complaisantes, et si constamment obligeantes, et toujours, et sans relâche, qu'on est tout surpris, un beau soir, de trouver la satiété, où l'on recherchait le bonheur !LE COMTESSE, à part - Ah ! quelle leçon !LE COMTE : En vérité, Suzon, j'ai pensé mille fois que si nous poursuivons ailleurs ce plaisir qui nous fuit chez elles, c'est qu'elles n'étudient pas assez l'art de soutenir notre goût, de se renouveler à l'amour, de ranimer, pour ainsi dire, le charme de leur possession, par celui de la variété.

LE COMTESSE, à part - Oh ! la prévention !LE COMTE - A-t-elle ce bras ferme et rondelet ? ces jolis doigts pleins de grâce et d'espièglerie ?LE COMTESSE, de la voix de Suzanne - Ainsi l'amour ?...LE COMTE - L'amour... n'est que le roman du cœur : c'est le plaisir qui en est l'histoire ; il m'amène à vos genoux.LE COMTESSE - Vous ne l'aimez plus ?LE COMTE - Je l'aime beaucoup ; mais trois ans d'union rendent l'hymen(1) si respectable !LE COMTESSE - Que vouliez-vous en elle ?LE COMTE, la caressant - Ce que je trouve en toi, ma beauté...LE COMTESSE - Mais dites donc.LE COMTE - ... Je ne sais : moins d'uniformité peut-être, plus de piquant dans les manières ; un je ne sais quoi, qui fait le charme ; quelquefois un refus, que sais-je ? Nos femmes croient tout accomplir en nous aimant ; cela dit une fois, elles nous aiment, nous aiment ! (quand elles nous aiment) Et sont si complaisantes, et si constamment obligeantes, et toujours, et sans relâche, qu'on est tout surpris, un beau soir, de trouver la satiété, où l'on recherchait le bonheur !LE COMTESSE, à part - Ah ! quelle leçon !LE COMTE : En vérité, Suzon, j'ai pensé mille fois que si nous poursuivons ailleurs ce plaisir qui nous fuit chez elles, c'est qu'elles n'étudient pas assez l'art de soutenir notre goût, de se renouveler à l'amour, de ranimer, pour ainsi dire, le charme de leur possession, par celui de la variété.LE COMTESSE, piquée - Donc elles doivent tout ?...

LE COMTESSE, à part - Oh ! la prévention !LE COMTE - A-t-elle ce bras ferme et rondelet ? ces jolis doigts pleins de grâce et d'espièglerie ?LE COMTESSE, de la voix de Suzanne - Ainsi l'amour ?...LE COMTE - L'amour... n'est que le roman du cœur : c'est le plaisir qui en est l'histoire ; il m'amène à vos genoux.LE COMTESSE - Vous ne l'aimez plus ?LE COMTE - Je l'aime beaucoup ; mais trois ans d'union rendent l'hymen(1) si respectable !LE COMTESSE - Que vouliez-vous en elle ?LE COMTE, la caressant - Ce que je trouve en toi, ma beauté...LE COMTESSE - Mais dites donc.LE COMTE - ... Je ne sais : moins d'uniformité peut-être, plus de piquant dans les manières ; un je ne sais quoi, qui fait le charme ; quelquefois un refus, que sais-je ? Nos femmes croient tout accomplir en nous aimant ; cela dit une fois, elles nous aiment, nous aiment ! (quand elles nous aiment) Et sont si complaisantes, et si constamment obligeantes, et toujours, et sans relâche, qu'on est tout surpris, un beau soir, de trouver la satiété, où l'on recherchait le bonheur !LE COMTESSE, à part - Ah ! quelle leçon !LE COMTE : En vérité, Suzon, j'ai pensé mille fois que si nous poursuivons ailleurs ce plaisir qui nous fuit chez elles, c'est qu'elles n'étudient pas assez l'art de soutenir notre goût, de se renouveler à l'amour, de ranimer, pour ainsi dire, le charme de leur possession, par celui de la variété.LE COMTESSE, piquée - Donc elles doivent tout ?...LE COMTE, riant - Et l'homme rien ? Changerons-nous la marche de la nature ? Notre tâche, à nous, fut de les obtenir : la leur...

LE COMTESSE, à part - Oh ! la prévention !LE COMTE - A-t-elle ce bras ferme et rondelet ? ces jolis doigts pleins de grâce et d'espièglerie ?LE COMTESSE, de la voix de Suzanne - Ainsi l'amour ?...LE COMTE - L'amour... n'est que le roman du cœur : c'est le plaisir qui en est l'histoire ; il m'amène à vos genoux.LE COMTESSE - Vous ne l'aimez plus ?LE COMTE - Je l'aime beaucoup ; mais trois ans d'union rendent l'hymen(1) si respectable !LE COMTESSE - Que vouliez-vous en elle ?LE COMTE, la caressant - Ce que je trouve en toi, ma beauté...LE COMTESSE - Mais dites donc.LE COMTE - ... Je ne sais : moins d'uniformité peut-être, plus de piquant dans les manières ; un je ne sais quoi, qui fait le charme ; quelquefois un refus, que sais-je ? Nos femmes croient tout accomplir en nous aimant ; cela dit une fois, elles nous aiment, nous aiment ! (quand elles nous aiment) Et sont si complaisantes, et si constamment obligeantes, et toujours, et sans relâche, qu'on est tout surpris, un beau soir, de trouver la satiété, où l'on recherchait le bonheur !LE COMTESSE, à part - Ah ! quelle leçon !LE COMTE : En vérité, Suzon, j'ai pensé mille fois que si nous poursuivons ailleurs ce plaisir qui nous fuit chez elles, c'est qu'elles n'étudient pas assez l'art de soutenir notre goût, de se renouveler à l'amour, de ranimer, pour ainsi dire, le charme de leur possession, par celui de la variété.LE COMTESSE, piquée - Donc elles doivent tout ?...LE COMTE, riant - Et l'homme rien ? Changerons-nous la marche de la nature ? Notre tâche, à nous, fut de les obtenir : la leur...LE COMTESSE - La leur ?

LE COMTESSE, à part - Oh ! la prévention !LE COMTE - A-t-elle ce bras ferme et rondelet ? ces jolis doigts pleins de grâce et d'espièglerie ?LE COMTESSE, de la voix de Suzanne - Ainsi l'amour ?...LE COMTE - L'amour... n'est que le roman du cœur : c'est le plaisir qui en est l'histoire ; il m'amène à vos genoux.LE COMTESSE - Vous ne l'aimez plus ?LE COMTE - Je l'aime beaucoup ; mais trois ans d'union rendent l'hymen(1) si respectable !LE COMTESSE - Que vouliez-vous en elle ?LE COMTE, la caressant - Ce que je trouve en toi, ma beauté...LE COMTESSE - Mais dites donc.LE COMTE - ... Je ne sais : moins d'uniformité peut-être, plus de piquant dans les manières ; un je ne sais quoi, qui fait le charme ; quelquefois un refus, que sais-je ? Nos femmes croient tout accomplir en nous aimant ; cela dit une fois, elles nous aiment, nous aiment ! (quand elles nous aiment) Et sont si complaisantes, et si constamment obligeantes, et toujours, et sans relâche, qu'on est tout surpris, un beau soir, de trouver la satiété, où l'on recherchait le bonheur !LE COMTESSE, à part - Ah ! quelle leçon !LE COMTE : En vérité, Suzon, j'ai pensé mille fois que si nous poursuivons ailleurs ce plaisir qui nous fuit chez elles, c'est qu'elles n'étudient pas assez l'art de soutenir notre goût, de se renouveler à l'amour, de ranimer, pour ainsi dire, le charme de leur possession, par celui de la variété.LE COMTESSE, piquée - Donc elles doivent tout ?...LE COMTE, riant - Et l'homme rien ? Changerons-nous la marche de la nature ? Notre tâche, à nous, fut de les obtenir : la leur...LE COMTESSE - La leur ?LE COMTE - Est de nous retenir : on l'oublie trop.

LE COMTESSE, à part - Oh ! la prévention !LE COMTE - A-t-elle ce bras ferme et rondelet ? ces jolis doigts pleins de grâce et d'espièglerie ?LE COMTESSE, de la voix de Suzanne - Ainsi l'amour ?...LE COMTE - L'amour... n'est que le roman du cœur : c'est le plaisir qui en est l'histoire ; il m'amène à vos genoux.LE COMTESSE - Vous ne l'aimez plus ?LE COMTE - Je l'aime beaucoup ; mais trois ans d'union rendent l'hymen(1) si respectable !LE COMTESSE - Que vouliez-vous en elle ?LE COMTE, la caressant - Ce que je trouve en toi, ma beauté...LE COMTESSE - Mais dites donc.LE COMTE - ... Je ne sais : moins d'uniformité peut-être, plus de piquant dans les manières ; un je ne sais quoi, qui fait le charme ; quelquefois un refus, que sais-je ? Nos femmes croient tout accomplir en nous aimant ; cela dit une fois, elles nous aiment, nous aiment ! (quand elles nous aiment) Et sont si complaisantes, et si constamment obligeantes, et toujours, et sans relâche, qu'on est tout surpris, un beau soir, de trouver la satiété, où l'on recherchait le bonheur !LE COMTESSE, à part - Ah ! quelle leçon !LE COMTE : En vérité, Suzon, j'ai pensé mille fois que si nous poursuivons ailleurs ce plaisir qui nous fuit chez elles, c'est qu'elles n'étudient pas assez l'art de soutenir notre goût, de se renouveler à l'amour, de ranimer, pour ainsi dire, le charme de leur possession, par celui de la variété.LE COMTESSE, piquée - Donc elles doivent tout ?...LE COMTE, riant - Et l'homme rien ? Changerons-nous la marche de la nature ? Notre tâche, à nous, fut de les obtenir : la leur...LE COMTESSE - La leur ?LE COMTE - Est de nous retenir : on l'oublie trop.LE COMTESSE - Ce ne sera pas moi.

LE COMTESSE, à part - Oh ! la prévention !LE COMTE - A-t-elle ce bras ferme et rondelet ? ces jolis doigts pleins de grâce et d'espièglerie ?LE COMTESSE, de la voix de Suzanne - Ainsi l'amour ?...LE COMTE - L'amour... n'est que le roman du cœur : c'est le plaisir qui en est l'histoire ; il m'amène à vos genoux.LE COMTESSE - Vous ne l'aimez plus ?LE COMTE - Je l'aime beaucoup ; mais trois ans d'union rendent l'hymen(1) si respectable !LE COMTESSE - Que vouliez-vous en elle ?LE COMTE, la caressant - Ce que je trouve en toi, ma beauté...LE COMTESSE - Mais dites donc.LE COMTE - ... Je ne sais : moins d'uniformité peut-être, plus de piquant dans les manières ; un je ne sais quoi, qui fait le charme ; quelquefois un refus, que sais-je ? Nos femmes croient tout accomplir en nous aimant ; cela dit une fois, elles nous aiment, nous aiment ! (quand elles nous aiment) Et sont si complaisantes, et si constamment obligeantes, et toujours, et sans relâche, qu'on est tout surpris, un beau soir, de trouver la satiété, où l'on recherchait le bonheur !LE COMTESSE, à part - Ah ! quelle leçon !LE COMTE : En vérité, Suzon, j'ai pensé mille fois que si nous poursuivons ailleurs ce plaisir qui nous fuit chez elles, c'est qu'elles n'étudient pas assez l'art de soutenir notre goût, de se renouveler à l'amour, de ranimer, pour ainsi dire, le charme de leur possession, par celui de la variété.LE COMTESSE, piquée - Donc elles doivent tout ?...LE COMTE, riant - Et l'homme rien ? Changerons-nous la marche de la nature ? Notre tâche, à nous, fut de les obtenir : la leur...LE COMTESSE - La leur ?LE COMTE - Est de nous retenir : on l'oublie trop.LE COMTESSE - Ce ne sera pas moi.FIGARO, à part - Ni moi.

LE COMTESSE, à part - Oh ! la prévention !LE COMTE - A-t-elle ce bras ferme et rondelet ? ces jolis doigts pleins de grâce et d'espièglerie ?LE COMTESSE, de la voix de Suzanne - Ainsi l'amour ?...LE COMTE - L'amour... n'est que le roman du cœur : c'est le plaisir qui en est l'histoire ; il m'amène à vos genoux.LE COMTESSE - Vous ne l'aimez plus ?LE COMTE - Je l'aime beaucoup ; mais trois ans d'union rendent l'hymen(1) si respectable !LE COMTESSE - Que vouliez-vous en elle ?LE COMTE, la caressant - Ce que je trouve en toi, ma beauté...LE COMTESSE - Mais dites donc.LE COMTE - ... Je ne sais : moins d'uniformité peut-être, plus de piquant dans les manières ; un je ne sais quoi, qui fait le charme ; quelquefois un refus, que sais-je ? Nos femmes croient tout accomplir en nous aimant ; cela dit une fois, elles nous aiment, nous aiment ! (quand elles nous aiment) Et sont si complaisantes, et si constamment obligeantes, et toujours, et sans relâche, qu'on est tout surpris, un beau soir, de trouver la satiété, où l'on recherchait le bonheur !LE COMTESSE, à part - Ah ! quelle leçon !LE COMTE : En vérité, Suzon, j'ai pensé mille fois que si nous poursuivons ailleurs ce plaisir qui nous fuit chez elles, c'est qu'elles n'étudient pas assez l'art de soutenir notre goût, de se renouveler à l'amour, de ranimer, pour ainsi dire, le charme de leur possession, par celui de la variété.LE COMTESSE, piquée - Donc elles doivent tout ?...LE COMTE, riant - Et l'homme rien ? Changerons-nous la marche de la nature ? Notre tâche, à nous, fut de les obtenir : la leur...LE COMTESSE - La leur ?LE COMTE - Est de nous retenir : on l'oublie trop.LE COMTESSE - Ce ne sera pas moi.FIGARO, à part - Ni moi.SUZANNE, à part - Ni moi.

LE COMTESSE, à part - Oh ! la prévention !LE COMTE - A-t-elle ce bras ferme et rondelet ? ces jolis doigts pleins de grâce et d'espièglerie ?LE COMTESSE, de la voix de Suzanne - Ainsi l'amour ?...LE COMTE - L'amour... n'est que le roman du cœur : c'est le plaisir qui en est l'histoire ; il m'amène à vos genoux.LE COMTESSE - Vous ne l'aimez plus ?LE COMTE - Je l'aime beaucoup ; mais trois ans d'union rendent l'hymen(1) si respectable !LE COMTESSE - Que vouliez-vous en elle ?LE COMTE, la caressant - Ce que je trouve en toi, ma beauté...LE COMTESSE - Mais dites donc.LE COMTE - ... Je ne sais : moins d'uniformité peut-être, plus de piquant dans les manières ; un je ne sais quoi, qui fait le charme ; quelquefois un refus, que sais-je ? Nos femmes croient tout accomplir en nous aimant ; cela dit une fois, elles nous aiment, nous aiment ! (quand elles nous aiment) Et sont si complaisantes, et si constamment obligeantes, et toujours, et sans relâche, qu'on est tout surpris, un beau soir, de trouver la satiété, où l'on recherchait le bonheur !LE COMTESSE, à part - Ah ! quelle leçon !LE COMTE : En vérité, Suzon, j'ai pensé mille fois que si nous poursuivons ailleurs ce plaisir qui nous fuit chez elles, c'est qu'elles n'étudient pas assez l'art de soutenir notre goût, de se renouveler à l'amour, de ranimer, pour ainsi dire, le charme de leur possession, par celui de la variété.LE COMTESSE, piquée - Donc elles doivent tout ?...LE COMTE, riant - Et l'homme rien ? Changerons-nous la marche de la nature ? Notre tâche, à nous, fut de les obtenir : la leur...LE COMTESSE - La leur ?LE COMTE - Est de nous retenir : on l'oublie trop.LE COMTESSE - Ce ne sera pas moi.FIGARO, à part - Ni moi.SUZANNE, à part - Ni moi.LE COMTE, prend la main de sa femme - Il y a de l'écho ici ; parlons plus bas.

LE COMTESSE, à part - Oh ! la prévention !LE COMTE - A-t-elle ce bras ferme et rondelet ? ces jolis doigts pleins de grâce et d'espièglerie ?LE COMTESSE, de la voix de Suzanne - Ainsi l'amour ?...LE COMTE - L'amour... n'est que le roman du cœur : c'est le plaisir qui en est l'histoire ; il m'amène à vos genoux.LE COMTESSE - Vous ne l'aimez plus ?LE COMTE - Je l'aime beaucoup ; mais trois ans d'union rendent l'hymen(1) si respectable !LE COMTESSE - Que vouliez-vous en elle ?LE COMTE, la caressant - Ce que je trouve en toi, ma beauté...LE COMTESSE - Mais dites donc.LE COMTE - ... Je ne sais : moins d'uniformité peut-être, plus de piquant dans les manières ; un je ne sais quoi, qui fait le charme ; quelquefois un refus, que sais-je ? Nos femmes croient tout accomplir en nous aimant ; cela dit une fois, elles nous aiment, nous aiment ! (quand elles nous aiment) Et sont si complaisantes, et si constamment obligeantes, et toujours, et sans relâche, qu'on est tout surpris, un beau soir, de trouver la satiété, où l'on recherchait le bonheur !LE COMTESSE, à part - Ah ! quelle leçon !LE COMTE : En vérité, Suzon, j'ai pensé mille fois que si nous poursuivons ailleurs ce plaisir qui nous fuit chez elles, c'est qu'elles n'étudient pas assez l'art de soutenir notre goût, de se renouveler à l'amour, de ranimer, pour ainsi dire, le charme de leur possession, par celui de la variété.LE COMTESSE, piquée - Donc elles doivent tout ?...LE COMTE, riant - Et l'homme rien ? Changerons-nous la marche de la nature ? Notre tâche, à nous, fut de les obtenir : la leur...LE COMTESSE - La leur ?LE COMTE - Est de nous retenir : on l'oublie trop.LE COMTESSE - Ce ne sera pas moi.FIGARO, à part - Ni moi.SUZANNE, à part - Ni moi.LE COMTE, prend la main de sa femme - Il y a de l'écho ici ; parlons plus bas.Beaumarchais, Le Mariage de Figaro, acte V, scène 7, 1791.

LE COMTESSE, à part - Oh ! la prévention !LE COMTE - A-t-elle ce bras ferme et rondelet ? ces jolis doigts pleins de grâce et d'espièglerie ?LE COMTESSE, de la voix de Suzanne - Ainsi l'amour ?...LE COMTE - L'amour... n'est que le roman du cœur : c'est le plaisir qui en est l'histoire ; il m'amène à vos genoux.LE COMTESSE - Vous ne l'aimez plus ?LE COMTE - Je l'aime beaucoup ; mais trois ans d'union rendent l'hymen(1) si respectable !LE COMTESSE - Que vouliez-vous en elle ?LE COMTE, la caressant - Ce que je trouve en toi, ma beauté...LE COMTESSE - Mais dites donc.LE COMTE - ... Je ne sais : moins d'uniformité peut-être, plus de piquant dans les manières ; un je ne sais quoi, qui fait le charme ; quelquefois un refus, que sais-je ? Nos femmes croient tout accomplir en nous aimant ; cela dit une fois, elles nous aiment, nous aiment ! (quand elles nous aiment) Et sont si complaisantes, et si constamment obligeantes, et toujours, et sans relâche, qu'on est tout surpris, un beau soir, de trouver la satiété, où l'on recherchait le bonheur !LE COMTESSE, à part - Ah ! quelle leçon !LE COMTE : En vérité, Suzon, j'ai pensé mille fois que si nous poursuivons ailleurs ce plaisir qui nous fuit chez elles, c'est qu'elles n'étudient pas assez l'art de soutenir notre goût, de se renouveler à l'amour, de ranimer, pour ainsi dire, le charme de leur possession, par celui de la variété.LE COMTESSE, piquée - Donc elles doivent tout ?...LE COMTE, riant - Et l'homme rien ? Changerons-nous la marche de la nature ? Notre tâche, à nous, fut de les obtenir : la leur...LE COMTESSE - La leur ?LE COMTE - Est de nous retenir : on l'oublie trop.LE COMTESSE - Ce ne sera pas moi.FIGARO, à part - Ni moi.SUZANNE, à part - Ni moi.LE COMTE, prend la main de sa femme - Il y a de l'écho ici ; parlons plus bas.Beaumarchais, Le Mariage de Figaro, acte V, scène 7, 1791.___________

LE COMTESSE, à part - Oh ! la prévention !LE COMTE - A-t-elle ce bras ferme et rondelet ? ces jolis doigts pleins de grâce et d'espièglerie ?LE COMTESSE, de la voix de Suzanne - Ainsi l'amour ?...LE COMTE - L'amour... n'est que le roman du cœur : c'est le plaisir qui en est l'histoire ; il m'amène à vos genoux.LE COMTESSE - Vous ne l'aimez plus ?LE COMTE - Je l'aime beaucoup ; mais trois ans d'union rendent l'hymen(1) si respectable !LE COMTESSE - Que vouliez-vous en elle ?LE COMTE, la caressant - Ce que je trouve en toi, ma beauté...LE COMTESSE - Mais dites donc.LE COMTE - ... Je ne sais : moins d'uniformité peut-être, plus de piquant dans les manières ; un je ne sais quoi, qui fait le charme ; quelquefois un refus, que sais-je ? Nos femmes croient tout accomplir en nous aimant ; cela dit une fois, elles nous aiment, nous aiment ! (quand elles nous aiment) Et sont si complaisantes, et si constamment obligeantes, et toujours, et sans relâche, qu'on est tout surpris, un beau soir, de trouver la satiété, où l'on recherchait le bonheur !LE COMTESSE, à part - Ah ! quelle leçon !LE COMTE : En vérité, Suzon, j'ai pensé mille fois que si nous poursuivons ailleurs ce plaisir qui nous fuit chez elles, c'est qu'elles n'étudient pas assez l'art de soutenir notre goût, de se renouveler à l'amour, de ranimer, pour ainsi dire, le charme de leur possession, par celui de la variété.LE COMTESSE, piquée - Donc elles doivent tout ?...LE COMTE, riant - Et l'homme rien ? Changerons-nous la marche de la nature ? Notre tâche, à nous, fut de les obtenir : la leur...LE COMTESSE - La leur ?LE COMTE - Est de nous retenir : on l'oublie trop.LE COMTESSE - Ce ne sera pas moi.FIGARO, à part - Ni moi.SUZANNE, à part - Ni moi.LE COMTE, prend la main de sa femme - Il y a de l'écho ici ; parlons plus bas.Beaumarchais, Le Mariage de Figaro, acte V, scène 7, 1791.___________(1) L’hymen : le mariage

Texte C - Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac

La scène se passe à Paris, au XVIIème siècle. Cyrano, aussi célèbre pour ses prouesses militaires que pour son physique disgracieux, aime sa cousine Roxane. Mais celle-ci lui a confié qu'elle aime le beau Christian et en est aimée. Elle reproche cependant à ce dernier de ne pas savoir lui parler d'amour. Prêt à se sacrifier, Cyrano, poète à ses heures, décide d'aider Christian. Ainsi, quand celui-ci, dissimulé avec Cyrano sous le balcon de Roxane, la désespère par la maladresse de son discours amoureux, Cyrano décide-t-il de venir en aide à son rival en se faisant passer pour lui.

ROXANE, s'avançant sur le balcon C’est vous ? Nous parlions de... de... d'un...

CYRANO Baiser le mot est doux !

CYRANO Baiser le mot est doux !Je ne vois pas pourquoi votre lèvre ne l'ose ;

CYRANO Baiser le mot est doux !Je ne vois pas pourquoi votre lèvre ne l'ose ;S'il la brûle déjà, que sera-ce la chose ?

CYRANO Baiser le mot est doux !Je ne vois pas pourquoi votre lèvre ne l'ose ;S'il la brûle déjà, que sera-ce la chose ?Ne vous en faites pas un épouvantement :

CYRANO Baiser le mot est doux !Je ne vois pas pourquoi votre lèvre ne l'ose ;S'il la brûle déjà, que sera-ce la chose ?Ne vous en faites pas un épouvantement :N'avez-vous pas tantôt, presque insensiblement,

CYRANO Baiser le mot est doux !Je ne vois pas pourquoi votre lèvre ne l'ose ;S'il la brûle déjà, que sera-ce la chose ?Ne vous en faites pas un épouvantement :N'avez-vous pas tantôt, presque insensiblement,Quitté le badinage et glissé sans alarmes

CYRANO Baiser le mot est doux !Je ne vois pas pourquoi votre lèvre ne l'ose ;S'il la brûle déjà, que sera-ce la chose ?Ne vous en faites pas un épouvantement :N'avez-vous pas tantôt, presque insensiblement,Quitté le badinage et glissé sans alarmesDu sourire au soupir, et du soupir aux larmes !

CYRANO Baiser le mot est doux !Je ne vois pas pourquoi votre lèvre ne l'ose ;S'il la brûle déjà, que sera-ce la chose ?Ne vous en faites pas un épouvantement :N'avez-vous pas tantôt, presque insensiblement,Quitté le badinage et glissé sans alarmesDu sourire au soupir, et du soupir aux larmes !Glissez encore un peu d'insensible façon :

CYRANO Baiser le mot est doux !Je ne vois pas pourquoi votre lèvre ne l'ose ;S'il la brûle déjà, que sera-ce la chose ?Ne vous en faites pas un épouvantement :N'avez-vous pas tantôt, presque insensiblement,Quitté le badinage et glissé sans alarmesDu sourire au soupir, et du soupir aux larmes !Glissez encore un peu d'insensible façon :Des larmes au baiser il n'y a qu'un frisson !

CYRANO Baiser le mot est doux !Je ne vois pas pourquoi votre lèvre ne l'ose ;S'il la brûle déjà, que sera-ce la chose ?Ne vous en faites pas un épouvantement :N'avez-vous pas tantôt, presque insensiblement,Quitté le badinage et glissé sans alarmesDu sourire au soupir, et du soupir aux larmes !Glissez encore un peu d'insensible façon :Des larmes au baiser il n'y a qu'un frisson !ROXANE

CYRANO Baiser le mot est doux !Je ne vois pas pourquoi votre lèvre ne l'ose ;S'il la brûle déjà, que sera-ce la chose ?Ne vous en faites pas un épouvantement :N'avez-vous pas tantôt, presque insensiblement,Quitté le badinage et glissé sans alarmesDu sourire au soupir, et du soupir aux larmes !Glissez encore un peu d'insensible façon :Des larmes au baiser il n'y a qu'un frisson !ROXANETaisez-vous !

CYRANO Baiser le mot est doux !Je ne vois pas pourquoi votre lèvre ne l'ose ;S'il la brûle déjà, que sera-ce la chose ?Ne vous en faites pas un épouvantement :N'avez-vous pas tantôt, presque insensiblement,Quitté le badinage et glissé sans alarmesDu sourire au soupir, et du soupir aux larmes !Glissez encore un peu d'insensible façon :Des larmes au baiser il n'y a qu'un frisson !ROXANETaisez-vous !CYRANO

CYRANO Baiser le mot est doux !Je ne vois pas pourquoi votre lèvre ne l'ose ;S'il la brûle déjà, que sera-ce la chose ?Ne vous en faites pas un épouvantement :N'avez-vous pas tantôt, presque insensiblement,Quitté le badinage et glissé sans alarmesDu sourire au soupir, et du soupir aux larmes !Glissez encore un peu d'insensible façon :Des larmes au baiser il n'y a qu'un frisson !ROXANETaisez-vous !CYRANOUn baiser, mais à tout prendre, qu'est-ce ?

CYRANO Baiser le mot est doux !Je ne vois pas pourquoi votre lèvre ne l'ose ;S'il la brûle déjà, que sera-ce la chose ?Ne vous en faites pas un épouvantement :N'avez-vous pas tantôt, presque insensiblement,Quitté le badinage et glissé sans alarmesDu sourire au soupir, et du soupir aux larmes !Glissez encore un peu d'insensible façon :Des larmes au baiser il n'y a qu'un frisson !ROXANETaisez-vous !CYRANOUn baiser, mais à tout prendre, qu'est-ce ?Un serment fait d'un peu plus près, une promesse

CYRANO Baiser le mot est doux !Je ne vois pas pourquoi votre lèvre ne l'ose ;S'il la brûle déjà, que sera-ce la chose ?Ne vous en faites pas un épouvantement :N'avez-vous pas tantôt, presque insensiblement,Quitté le badinage et glissé sans alarmesDu sourire au soupir, et du soupir aux larmes !Glissez encore un peu d'insensible façon :Des larmes au baiser il n'y a qu'un frisson !ROXANETaisez-vous !CYRANOUn baiser, mais à tout prendre, qu'est-ce ?Un serment fait d'un peu plus près, une promessePlus précise, un aveu qui veut se confirmer,

CYRANO Baiser le mot est doux !Je ne vois pas pourquoi votre lèvre ne l'ose ;S'il la brûle déjà, que sera-ce la chose ?Ne vous en faites pas un épouvantement :N'avez-vous pas tantôt, presque insensiblement,Quitté le badinage et glissé sans alarmesDu sourire au soupir, et du soupir aux larmes !Glissez encore un peu d'insensible façon :Des larmes au baiser il n'y a qu'un frisson !ROXANETaisez-vous !CYRANOUn baiser, mais à tout prendre, qu'est-ce ?Un serment fait d'un peu plus près, une promessePlus précise, un aveu qui veut se confirmer,Un point rose qu'on met sur l'i du verbe aimer ;

CYRANO Baiser le mot est doux !Je ne vois pas pourquoi votre lèvre ne l'ose ;S'il la brûle déjà, que sera-ce la chose ?Ne vous en faites pas un épouvantement :N'avez-vous pas tantôt, presque insensiblement,Quitté le badinage et glissé sans alarmesDu sourire au soupir, et du soupir aux larmes !Glissez encore un peu d'insensible façon :Des larmes au baiser il n'y a qu'un frisson !ROXANETaisez-vous !CYRANOUn baiser, mais à tout prendre, qu'est-ce ?Un serment fait d'un peu plus près, une promessePlus précise, un aveu qui veut se confirmer,Un point rose qu'on met sur l'i du verbe aimer ;C'est un secret qui prend la bouche pour oreille,

CYRANO Baiser le mot est doux !Je ne vois pas pourquoi votre lèvre ne l'ose ;S'il la brûle déjà, que sera-ce la chose ?Ne vous en faites pas un épouvantement :N'avez-vous pas tantôt, presque insensiblement,Quitté le badinage et glissé sans alarmesDu sourire au soupir, et du soupir aux larmes !Glissez encore un peu d'insensible façon :Des larmes au baiser il n'y a qu'un frisson !ROXANETaisez-vous !CYRANOUn baiser, mais à tout prendre, qu'est-ce ?Un serment fait d'un peu plus près, une promessePlus précise, un aveu qui veut se confirmer,Un point rose qu'on met sur l'i du verbe aimer ;C'est un secret qui prend la bouche pour oreille,Un instant d'infini qui fait un bruit d'abeille,

CYRANO Baiser le mot est doux !Je ne vois pas pourquoi votre lèvre ne l'ose ;S'il la brûle déjà, que sera-ce la chose ?Ne vous en faites pas un épouvantement :N'avez-vous pas tantôt, presque insensiblement,Quitté le badinage et glissé sans alarmesDu sourire au soupir, et du soupir aux larmes !Glissez encore un peu d'insensible façon :Des larmes au baiser il n'y a qu'un frisson !ROXANETaisez-vous !CYRANOUn baiser, mais à tout prendre, qu'est-ce ?Un serment fait d'un peu plus près, une promessePlus précise, un aveu qui veut se confirmer,Un point rose qu'on met sur l'i du verbe aimer ;C'est un secret qui prend la bouche pour oreille,Un instant d'infini qui fait un bruit d'abeille,Une communion ayant un goût de fleur,

CYRANO Baiser le mot est doux !Je ne vois pas pourquoi votre lèvre ne l'ose ;S'il la brûle déjà, que sera-ce la chose ?Ne vous en faites pas un épouvantement :N'avez-vous pas tantôt, presque insensiblement,Quitté le badinage et glissé sans alarmesDu sourire au soupir, et du soupir aux larmes !Glissez encore un peu d'insensible façon :Des larmes au baiser il n'y a qu'un frisson !ROXANETaisez-vous !CYRANOUn baiser, mais à tout prendre, qu'est-ce ?Un serment fait d'un peu plus près, une promessePlus précise, un aveu qui veut se confirmer,Un point rose qu'on met sur l'i du verbe aimer ;C'est un secret qui prend la bouche pour oreille,Un instant d'infini qui fait un bruit d'abeille,Une communion ayant un goût de fleur,Une façon d'un peu se respirer le cœur,

CYRANO Baiser le mot est doux !Je ne vois pas pourquoi votre lèvre ne l'ose ;S'il la brûle déjà, que sera-ce la chose ?Ne vous en faites pas un épouvantement :N'avez-vous pas tantôt, presque insensiblement,Quitté le badinage et glissé sans alarmesDu sourire au soupir, et du soupir aux larmes !Glissez encore un peu d'insensible façon :Des larmes au baiser il n'y a qu'un frisson !ROXANETaisez-vous !CYRANOUn baiser, mais à tout prendre, qu'est-ce ?Un serment fait d'un peu plus près, une promessePlus précise, un aveu qui veut se confirmer,Un point rose qu'on met sur l'i du verbe aimer ;C'est un secret qui prend la bouche pour oreille,Un instant d'infini qui fait un bruit d'abeille,Une communion ayant un goût de fleur,Une façon d'un peu se respirer le cœur,Et d'un peu se goûter, au bord des lèvres, l'âme !

CYRANO Baiser le mot est doux !Je ne vois pas pourquoi votre lèvre ne l'ose ;S'il la brûle déjà, que sera-ce la chose ?Ne vous en faites pas un épouvantement :N'avez-vous pas tantôt, presque insensiblement,Quitté le badinage et glissé sans alarmesDu sourire au soupir, et du soupir aux larmes !Glissez encore un peu d'insensible façon :Des larmes au baiser il n'y a qu'un frisson !ROXANETaisez-vous !CYRANOUn baiser, mais à tout prendre, qu'est-ce ?Un serment fait d'un peu plus près, une promessePlus précise, un aveu qui veut se confirmer,Un point rose qu'on met sur l'i du verbe aimer ;C'est un secret qui prend la bouche pour oreille,Un instant d'infini qui fait un bruit d'abeille,Une communion ayant un goût de fleur,Une façon d'un peu se respirer le cœur,Et d'un peu se goûter, au bord des lèvres, l'âme !ROXANE

CYRANO Baiser le mot est doux !Je ne vois pas pourquoi votre lèvre ne l'ose ;S'il la brûle déjà, que sera-ce la chose ?Ne vous en faites pas un épouvantement :N'avez-vous pas tantôt, presque insensiblement,Quitté le badinage et glissé sans alarmesDu sourire au soupir, et du soupir aux larmes !Glissez encore un peu d'insensible façon :Des larmes au baiser il n'y a qu'un frisson !ROXANETaisez-vous !CYRANOUn baiser, mais à tout prendre, qu'est-ce ?Un serment fait d'un peu plus près, une promessePlus précise, un aveu qui veut se confirmer,Un point rose qu'on met sur l'i du verbe aimer ;C'est un secret qui prend la bouche pour oreille,Un instant d'infini qui fait un bruit d'abeille,Une communion ayant un goût de fleur,Une façon d'un peu se respirer le cœur,Et d'un peu se goûter, au bord des lèvres, l'âme !ROXANETaisez-vous !

CYRANO Baiser le mot est doux !Je ne vois pas pourquoi votre lèvre ne l'ose ;S'il la brûle déjà, que sera-ce la chose ?Ne vous en faites pas un épouvantement :N'avez-vous pas tantôt, presque insensiblement,Quitté le badinage et glissé sans alarmesDu sourire au soupir, et du soupir aux larmes !Glissez encore un peu d'insensible façon :Des larmes au baiser il n'y a qu'un frisson !ROXANETaisez-vous !CYRANOUn baiser, mais à tout prendre, qu'est-ce ?Un serment fait d'un peu plus près, une promessePlus précise, un aveu qui veut se confirmer,Un point rose qu'on met sur l'i du verbe aimer ;C'est un secret qui prend la bouche pour oreille,Un instant d'infini qui fait un bruit d'abeille,Une communion ayant un goût de fleur,Une façon d'un peu se respirer le cœur,Et d'un peu se goûter, au bord des lèvres, l'âme !ROXANETaisez-vous !CYRANO

CYRANO Baiser le mot est doux !Je ne vois pas pourquoi votre lèvre ne l'ose ;S'il la brûle déjà, que sera-ce la chose ?Ne vous en faites pas un épouvantement :N'avez-vous pas tantôt, presque insensiblement,Quitté le badinage et glissé sans alarmesDu sourire au soupir, et du soupir aux larmes !Glissez encore un peu d'insensible façon :Des larmes au baiser il n'y a qu'un frisson !ROXANETaisez-vous !CYRANOUn baiser, mais à tout prendre, qu'est-ce ?Un serment fait d'un peu plus près, une promessePlus précise, un aveu qui veut se confirmer,Un point rose qu'on met sur l'i du verbe aimer ;C'est un secret qui prend la bouche pour oreille,Un instant d'infini qui fait un bruit d'abeille,Une communion ayant un goût de fleur,Une façon d'un peu se respirer le cœur,Et d'un peu se goûter, au bord des lèvres, l'âme !ROXANETaisez-vous !CYRANOUn baiser, c'est si noble, madame,

CYRANO Baiser le mot est doux !Je ne vois pas pourquoi votre lèvre ne l'ose ;S'il la brûle déjà, que sera-ce la chose ?Ne vous en faites pas un épouvantement :N'avez-vous pas tantôt, presque insensiblement,Quitté le badinage et glissé sans alarmesDu sourire au soupir, et du soupir aux larmes !Glissez encore un peu d'insensible façon :Des larmes au baiser il n'y a qu'un frisson !ROXANETaisez-vous !CYRANOUn baiser, mais à tout prendre, qu'est-ce ?Un serment fait d'un peu plus près, une promessePlus précise, un aveu qui veut se confirmer,Un point rose qu'on met sur l'i du verbe aimer ;C'est un secret qui prend la bouche pour oreille,Un instant d'infini qui fait un bruit d'abeille,Une communion ayant un goût de fleur,Une façon d'un peu se respirer le cœur,Et d'un peu se goûter, au bord des lèvres, l'âme !ROXANETaisez-vous !CYRANOUn baiser, c'est si noble, madame,Que la reine de France, au plus heureux des lords,

CYRANO Baiser le mot est doux !Je ne vois pas pourquoi votre lèvre ne l'ose ;S'il la brûle déjà, que sera-ce la chose ?Ne vous en faites pas un épouvantement :N'avez-vous pas tantôt, presque insensiblement,Quitté le badinage et glissé sans alarmesDu sourire au soupir, et du soupir aux larmes !Glissez encore un peu d'insensible façon :Des larmes au baiser il n'y a qu'un frisson !ROXANETaisez-vous !CYRANOUn baiser, mais à tout prendre, qu'est-ce ?Un serment fait d'un peu plus près, une promessePlus précise, un aveu qui veut se confirmer,Un point rose qu'on met sur l'i du verbe aimer ;C'est un secret qui prend la bouche pour oreille,Un instant d'infini qui fait un bruit d'abeille,Une communion ayant un goût de fleur,Une façon d'un peu se respirer le cœur,Et d'un peu se goûter, au bord des lèvres, l'âme !ROXANETaisez-vous !CYRANOUn baiser, c'est si noble, madame,Que la reine de France, au plus heureux des lords,En a laissé prendre un, la reine même !

CYRANO Baiser le mot est doux !Je ne vois pas pourquoi votre lèvre ne l'ose ;S'il la brûle déjà, que sera-ce la chose ?Ne vous en faites pas un épouvantement :N'avez-vous pas tantôt, presque insensiblement,Quitté le badinage et glissé sans alarmesDu sourire au soupir, et du soupir aux larmes !Glissez encore un peu d'insensible façon :Des larmes au baiser il n'y a qu'un frisson !ROXANETaisez-vous !CYRANOUn baiser, mais à tout prendre, qu'est-ce ?Un serment fait d'un peu plus près, une promessePlus précise, un aveu qui veut se confirmer,Un point rose qu'on met sur l'i du verbe aimer ;C'est un secret qui prend la bouche pour oreille,Un instant d'infini qui fait un bruit d'abeille,Une communion ayant un goût de fleur,Une façon d'un peu se respirer le cœur,Et d'un peu se goûter, au bord des lèvres, l'âme !ROXANETaisez-vous !CYRANOUn baiser, c'est si noble, madame,Que la reine de France, au plus heureux des lords,En a laissé prendre un, la reine même !ROXANE

CYRANO Baiser le mot est doux !Je ne vois pas pourquoi votre lèvre ne l'ose ;S'il la brûle déjà, que sera-ce la chose ?Ne vous en faites pas un épouvantement :N'avez-vous pas tantôt, presque insensiblement,Quitté le badinage et glissé sans alarmesDu sourire au soupir, et du soupir aux larmes !Glissez encore un peu d'insensible façon :Des larmes au baiser il n'y a qu'un frisson !ROXANETaisez-vous !CYRANOUn baiser, mais à tout prendre, qu'est-ce ?Un serment fait d'un peu plus près, une promessePlus précise, un aveu qui veut se confirmer,Un point rose qu'on met sur l'i du verbe aimer ;C'est un secret qui prend la bouche pour oreille,Un instant d'infini qui fait un bruit d'abeille,Une communion ayant un goût de fleur,Une façon d'un peu se respirer le cœur,Et d'un peu se goûter, au bord des lèvres, l'âme !ROXANETaisez-vous !CYRANOUn baiser, c'est si noble, madame,Que la reine de France, au plus heureux des lords,En a laissé prendre un, la reine même !ROXANEAlors !

CYRANO Baiser le mot est doux !Je ne vois pas pourquoi votre lèvre ne l'ose ;S'il la brûle déjà, que sera-ce la chose ?Ne vous en faites pas un épouvantement :N'avez-vous pas tantôt, presque insensiblement,Quitté le badinage et glissé sans alarmesDu sourire au soupir, et du soupir aux larmes !Glissez encore un peu d'insensible façon :Des larmes au baiser il n'y a qu'un frisson !ROXANETaisez-vous !CYRANOUn baiser, mais à tout prendre, qu'est-ce ?Un serment fait d'un peu plus près, une promessePlus précise, un aveu qui veut se confirmer,Un point rose qu'on met sur l'i du verbe aimer ;C'est un secret qui prend la bouche pour oreille,Un instant d'infini qui fait un bruit d'abeille,Une communion ayant un goût de fleur,Une façon d'un peu se respirer le cœur,Et d'un peu se goûter, au bord des lèvres, l'âme !ROXANETaisez-vous !CYRANOUn baiser, c'est si noble, madame,Que la reine de France, au plus heureux des lords,En a laissé prendre un, la reine même !ROXANEAlors !CYRANO, s'exaltant

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CYRANO Baiser le mot est doux !Je ne vois pas pourquoi votre lèvre ne l'ose ;S'il la brûle déjà, que sera-ce la chose ?Ne vous en faites pas un épouvantement :N'avez-vous pas tantôt, presque insensiblement,Quitté le badinage et glissé sans alarmesDu sourire au soupir, et du soupir aux larmes !Glissez encore un peu d'insensible façon :Des larmes au baiser il n'y a qu'un frisson !ROXANETaisez-vous !CYRANOUn baiser, mais à tout prendre, qu'est-ce ?Un serment fait d'un peu plus près, une promessePlus précise, un aveu qui veut se confirmer,Un point rose qu'on met sur l'i du verbe aimer ;C'est un secret qui prend la bouche pour oreille,Un instant d'infini qui fait un bruit d'abeille,Une communion ayant un goût de fleur,Une façon d'un peu se respirer le cœur,Et d'un peu se goûter, au bord des lèvres, l'âme !ROXANETaisez-vous !CYRANOUn baiser, c'est si noble, madame,Que la reine de France, au plus heureux des lords,En a laissé prendre un, la reine même !ROXANEAlors !CYRANO, s'exaltantJ'eus comme Buckingham(1) des souffrances muettes,J'adore comme lui la reine que vous êtes,Comme lui je suis triste et fidèle...ROXANEEt tu esBeau comme lui !CYRANO, à part, dégrisé.C'est vrai, je suis beau, j'oubliais !ROXANEEh bien ! montez cueillir cette fleur sans pareille...CYRANO, poussant Christian vers le balconMonte !ROXANECe goût de cœur...CYRANO

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CYRANO Baiser le mot est doux !Je ne vois pas pourquoi votre lèvre ne l'ose ;S'il la brûle déjà, que sera-ce la chose ?Ne vous en faites pas un épouvantement :N'avez-vous pas tantôt, presque insensiblement,Quitté le badinage et glissé sans alarmesDu sourire au soupir, et du soupir aux larmes !Glissez encore un peu d'insensible façon :Des larmes au baiser il n'y a qu'un frisson !ROXANETaisez-vous !CYRANOUn baiser, mais à tout prendre, qu'est-ce ?Un serment fait d'un peu plus près, une promessePlus précise, un aveu qui veut se confirmer,Un point rose qu'on met sur l'i du verbe aimer ;C'est un secret qui prend la bouche pour oreille,Un instant d'infini qui fait un bruit d'abeille,Une communion ayant un goût de fleur,Une façon d'un peu se respirer le cœur,Et d'un peu se goûter, au bord des lèvres, l'âme !ROXANETaisez-vous !CYRANOUn baiser, c'est si noble, madame,Que la reine de France, au plus heureux des lords,En a laissé prendre un, la reine même !ROXANEAlors !CYRANO, s'exaltantJ'eus comme Buckingham(1) des souffrances muettes,J'adore comme lui la reine que vous êtes,Comme lui je suis triste et fidèle...ROXANEEt tu esBeau comme lui !CYRANO, à part, dégrisé.C'est vrai, je suis beau, j'oubliais !ROXANEEh bien ! montez cueillir cette fleur sans pareille...CYRANO, poussant Christian vers le balconMonte !ROXANECe goût de cœur...CYRANOMonte !ROXANE

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CYRANO Baiser le mot est doux !Je ne vois pas pourquoi votre lèvre ne l'ose ;S'il la brûle déjà, que sera-ce la chose ?Ne vous en faites pas un épouvantement :N'avez-vous pas tantôt, presque insensiblement,Quitté le badinage et glissé sans alarmesDu sourire au soupir, et du soupir aux larmes !Glissez encore un peu d'insensible façon :Des larmes au baiser il n'y a qu'un frisson !ROXANETaisez-vous !CYRANOUn baiser, mais à tout prendre, qu'est-ce ?Un serment fait d'un peu plus près, une promessePlus précise, un aveu qui veut se confirmer,Un point rose qu'on met sur l'i du verbe aimer ;C'est un secret qui prend la bouche pour oreille,Un instant d'infini qui fait un bruit d'abeille,Une communion ayant un goût de fleur,Une façon d'un peu se respirer le cœur,Et d'un peu se goûter, au bord des lèvres, l'âme !ROXANETaisez-vous !CYRANOUn baiser, c'est si noble, madame,Que la reine de France, au plus heureux des lords,En a laissé prendre un, la reine même !ROXANEAlors !CYRANO, s'exaltantJ'eus comme Buckingham(1) des souffrances muettes,J'adore comme lui la reine que vous êtes,Comme lui je suis triste et fidèle...ROXANEEt tu esBeau comme lui !CYRANO, à part, dégrisé.C'est vrai, je suis beau, j'oubliais !ROXANEEh bien ! montez cueillir cette fleur sans pareille...CYRANO, poussant Christian vers le balconMonte !ROXANECe goût de cœur...CYRANOMonte !ROXANECe bruit d'abeille...CYRANO

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CYRANO Baiser le mot est doux !Je ne vois pas pourquoi votre lèvre ne l'ose ;S'il la brûle déjà, que sera-ce la chose ?Ne vous en faites pas un épouvantement :N'avez-vous pas tantôt, presque insensiblement,Quitté le badinage et glissé sans alarmesDu sourire au soupir, et du soupir aux larmes !Glissez encore un peu d'insensible façon :Des larmes au baiser il n'y a qu'un frisson !ROXANETaisez-vous !CYRANOUn baiser, mais à tout prendre, qu'est-ce ?Un serment fait d'un peu plus près, une promessePlus précise, un aveu qui veut se confirmer,Un point rose qu'on met sur l'i du verbe aimer ;C'est un secret qui prend la bouche pour oreille,Un instant d'infini qui fait un bruit d'abeille,Une communion ayant un goût de fleur,Une façon d'un peu se respirer le cœur,Et d'un peu se goûter, au bord des lèvres, l'âme !ROXANETaisez-vous !CYRANOUn baiser, c'est si noble, madame,Que la reine de France, au plus heureux des lords,En a laissé prendre un, la reine même !ROXANEAlors !CYRANO, s'exaltantJ'eus comme Buckingham(1) des souffrances muettes,J'adore comme lui la reine que vous êtes,Comme lui je suis triste et fidèle...ROXANEEt tu esBeau comme lui !CYRANO, à part, dégrisé.C'est vrai, je suis beau, j'oubliais !ROXANEEh bien ! montez cueillir cette fleur sans pareille...CYRANO, poussant Christian vers le balconMonte !ROXANECe goût de cœur...CYRANOMonte !ROXANECe bruit d'abeille...CYRANOMonte !CHRISTIAN, hésitantMais il me semble, à présent, que c'est mal !

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CYRANO Baiser le mot est doux !Je ne vois pas pourquoi votre lèvre ne l'ose ;S'il la brûle déjà, que sera-ce la chose ?Ne vous en faites pas un épouvantement :N'avez-vous pas tantôt, presque insensiblement,Quitté le badinage et glissé sans alarmesDu sourire au soupir, et du soupir aux larmes !Glissez encore un peu d'insensible façon :Des larmes au baiser il n'y a qu'un frisson !ROXANETaisez-vous !CYRANOUn baiser, mais à tout prendre, qu'est-ce ?Un serment fait d'un peu plus près, une promessePlus précise, un aveu qui veut se confirmer,Un point rose qu'on met sur l'i du verbe aimer ;C'est un secret qui prend la bouche pour oreille,Un instant d'infini qui fait un bruit d'abeille,Une communion ayant un goût de fleur,Une façon d'un peu se respirer le cœur,Et d'un peu se goûter, au bord des lèvres, l'âme !ROXANETaisez-vous !CYRANOUn baiser, c'est si noble, madame,Que la reine de France, au plus heureux des lords,En a laissé prendre un, la reine même !ROXANEAlors !CYRANO, s'exaltantJ'eus comme Buckingham(1) des souffrances muettes,J'adore comme lui la reine que vous êtes,Comme lui je suis triste et fidèle...ROXANEEt tu esBeau comme lui !CYRANO, à part, dégrisé.C'est vrai, je suis beau, j'oubliais !ROXANEEh bien ! montez cueillir cette fleur sans pareille...CYRANO, poussant Christian vers le balconMonte !ROXANECe goût de cœur...CYRANOMonte !ROXANECe bruit d'abeille...CYRANOMonte !CHRISTIAN, hésitantMais il me semble, à présent, que c'est mal !ROXANECet instant d'infini !...CYRANO

CYRANO Baiser le mot est doux !Je ne vois pas pourquoi votre lèvre ne l'ose ;S'il la brûle déjà, que sera-ce la chose ?Ne vous en faites pas un épouvantement :N'avez-vous pas tantôt, presque insensiblement,Quitté le badinage et glissé sans alarmesDu sourire au soupir, et du soupir aux larmes !Glissez encore un peu d'insensible façon :Des larmes au baiser il n'y a qu'un frisson !ROXANETaisez-vous !CYRANOUn baiser, mais à tout prendre, qu'est-ce ?Un serment fait d'un peu plus près, une promessePlus précise, un aveu qui veut se confirmer,Un point rose qu'on met sur l'i du verbe aimer ;C'est un secret qui prend la bouche pour oreille,Un instant d'infini qui fait un bruit d'abeille,Une communion ayant un goût de fleur,Une façon d'un peu se respirer le cœur,Et d'un peu se goûter, au bord des lèvres, l'âme !ROXANETaisez-vous !CYRANOUn baiser, c'est si noble, madame,Que la reine de France, au plus heureux des lords,En a laissé prendre un, la reine même !ROXANEAlors !CYRANO, s'exaltantJ'eus comme Buckingham(1) des souffrances muettes,J'adore comme lui la reine que vous êtes,Comme lui je suis triste et fidèle...ROXANEEt tu esBeau comme lui !CYRANO, à part, dégrisé.C'est vrai, je suis beau, j'oubliais !ROXANEEh bien ! montez cueillir cette fleur sans pareille...CYRANO, poussant Christian vers le balconMonte !ROXANECe goût de cœur...CYRANOMonte !ROXANECe bruit d'abeille...CYRANOMonte !CHRISTIAN, hésitantMais il me semble, à présent, que c'est mal !ROXANECet instant d'infini !...CYRANOMonte donc, animal !

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CYRANO Baiser le mot est doux !Je ne vois pas pourquoi votre lèvre ne l'ose ;S'il la brûle déjà, que sera-ce la chose ?Ne vous en faites pas un épouvantement :N'avez-vous pas tantôt, presque insensiblement,Quitté le badinage et glissé sans alarmesDu sourire au soupir, et du soupir aux larmes !Glissez encore un peu d'insensible façon :Des larmes au baiser il n'y a qu'un frisson !ROXANETaisez-vous !CYRANOUn baiser, mais à tout prendre, qu'est-ce ?Un serment fait d'un peu plus près, une promessePlus précise, un aveu qui veut se confirmer,Un point rose qu'on met sur l'i du verbe aimer ;C'est un secret qui prend la bouche pour oreille,Un instant d'infini qui fait un bruit d'abeille,Une communion ayant un goût de fleur,Une façon d'un peu se respirer le cœur,Et d'un peu se goûter, au bord des lèvres, l'âme !ROXANETaisez-vous !CYRANOUn baiser, c'est si noble, madame,Que la reine de France, au plus heureux des lords,En a laissé prendre un, la reine même !ROXANEAlors !CYRANO, s'exaltantJ'eus comme Buckingham(1) des souffrances muettes,J'adore comme lui la reine que vous êtes,Comme lui je suis triste et fidèle...ROXANEEt tu esBeau comme lui !CYRANO, à part, dégrisé.C'est vrai, je suis beau, j'oubliais !ROXANEEh bien ! montez cueillir cette fleur sans pareille...CYRANO, poussant Christian vers le balconMonte !ROXANECe goût de cœur...CYRANOMonte !ROXANECe bruit d'abeille...CYRANOMonte !CHRISTIAN, hésitantMais il me semble, à présent, que c'est mal !ROXANECet instant d'infini !...CYRANOMonte donc, animal !Christian s'élance, et par le banc, le feuillage, les piliers, atteint les balustres qu'il enjambe.CHRISTIANAh ! Roxane !

CYRANO Baiser le mot est doux !Je ne vois pas pourquoi votre lèvre ne l'ose ;S'il la brûle déjà, que sera-ce la chose ?Ne vous en faites pas un épouvantement :N'avez-vous pas tantôt, presque insensiblement,Quitté le badinage et glissé sans alarmesDu sourire au soupir, et du soupir aux larmes !Glissez encore un peu d'insensible façon :Des larmes au baiser il n'y a qu'un frisson !ROXANETaisez-vous !CYRANOUn baiser, mais à tout prendre, qu'est-ce ?Un serment fait d'un peu plus près, une promessePlus précise, un aveu qui veut se confirmer,Un point rose qu'on met sur l'i du verbe aimer ;C'est un secret qui prend la bouche pour oreille,Un instant d'infini qui fait un bruit d'abeille,Une communion ayant un goût de fleur,Une façon d'un peu se respirer le cœur,Et d'un peu se goûter, au bord des lèvres, l'âme !ROXANETaisez-vous !CYRANOUn baiser, c'est si noble, madame,Que la reine de France, au plus heureux des lords,En a laissé prendre un, la reine même !ROXANEAlors !CYRANO, s'exaltantJ'eus comme Buckingham(1) des souffrances muettes,J'adore comme lui la reine que vous êtes,Comme lui je suis triste et fidèle...ROXANEEt tu esBeau comme lui !CYRANO, à part, dégrisé.C'est vrai, je suis beau, j'oubliais !ROXANEEh bien ! montez cueillir cette fleur sans pareille...CYRANO, poussant Christian vers le balconMonte !ROXANECe goût de cœur...CYRANOMonte !ROXANECe bruit d'abeille...CYRANOMonte !CHRISTIAN, hésitantMais il me semble, à présent, que c'est mal !ROXANECet instant d'infini !...CYRANOMonte donc, animal !Christian s'élance, et par le banc, le feuillage, les piliers, atteint les balustres qu'il enjambe.CHRISTIANAh ! Roxane !Il l'enlace et se penche sur les lèvres.

CYRANO Baiser le mot est doux !Je ne vois pas pourquoi votre lèvre ne l'ose ;S'il la brûle déjà, que sera-ce la chose ?Ne vous en faites pas un épouvantement :N'avez-vous pas tantôt, presque insensiblement,Quitté le badinage et glissé sans alarmesDu sourire au soupir, et du soupir aux larmes !Glissez encore un peu d'insensible façon :Des larmes au baiser il n'y a qu'un frisson !ROXANETaisez-vous !CYRANOUn baiser, mais à tout prendre, qu'est-ce ?Un serment fait d'un peu plus près, une promessePlus précise, un aveu qui veut se confirmer,Un point rose qu'on met sur l'i du verbe aimer ;C'est un secret qui prend la bouche pour oreille,Un instant d'infini qui fait un bruit d'abeille,Une communion ayant un goût de fleur,Une façon d'un peu se respirer le cœur,Et d'un peu se goûter, au bord des lèvres, l'âme !ROXANETaisez-vous !CYRANOUn baiser, c'est si noble, madame,Que la reine de France, au plus heureux des lords,En a laissé prendre un, la reine même !ROXANEAlors !CYRANO, s'exaltantJ'eus comme Buckingham(1) des souffrances muettes,J'adore comme lui la reine que vous êtes,Comme lui je suis triste et fidèle...ROXANEEt tu esBeau comme lui !CYRANO, à part, dégrisé.C'est vrai, je suis beau, j'oubliais !ROXANEEh bien ! montez cueillir cette fleur sans pareille...CYRANO, poussant Christian vers le balconMonte !ROXANECe goût de cœur...CYRANOMonte !ROXANECe bruit d'abeille...CYRANOMonte !CHRISTIAN, hésitantMais il me semble, à présent, que c'est mal !ROXANECet instant d'infini !...CYRANOMonte donc, animal !Christian s'élance, et par le banc, le feuillage, les piliers, atteint les balustres qu'il enjambe.CHRISTIANAh ! Roxane !Il l'enlace et se penche sur les lèvres.CYRANO

CYRANO Baiser le mot est doux !Je ne vois pas pourquoi votre lèvre ne l'ose ;S'il la brûle déjà, que sera-ce la chose ?Ne vous en faites pas un épouvantement :N'avez-vous pas tantôt, presque insensiblement,Quitté le badinage et glissé sans alarmesDu sourire au soupir, et du soupir aux larmes !Glissez encore un peu d'insensible façon :Des larmes au baiser il n'y a qu'un frisson !ROXANETaisez-vous !CYRANOUn baiser, mais à tout prendre, qu'est-ce ?Un serment fait d'un peu plus près, une promessePlus précise, un aveu qui veut se confirmer,Un point rose qu'on met sur l'i du verbe aimer ;C'est un secret qui prend la bouche pour oreille,Un instant d'infini qui fait un bruit d'abeille,Une communion ayant un goût de fleur,Une façon d'un peu se respirer le cœur,Et d'un peu se goûter, au bord des lèvres, l'âme !ROXANETaisez-vous !CYRANOUn baiser, c'est si noble, madame,Que la reine de France, au plus heureux des lords,En a laissé prendre un, la reine même !ROXANEAlors !CYRANO, s'exaltantJ'eus comme Buckingham(1) des souffrances muettes,J'adore comme lui la reine que vous êtes,Comme lui je suis triste et fidèle...ROXANEEt tu esBeau comme lui !CYRANO, à part, dégrisé.C'est vrai, je suis beau, j'oubliais !ROXANEEh bien ! montez cueillir cette fleur sans pareille...CYRANO, poussant Christian vers le balconMonte !ROXANECe goût de cœur...CYRANOMonte !ROXANECe bruit d'abeille...CYRANOMonte !CHRISTIAN, hésitantMais il me semble, à présent, que c'est mal !ROXANECet instant d'infini !...CYRANOMonte donc, animal !Christian s'élance, et par le banc, le feuillage, les piliers, atteint les balustres qu'il enjambe.CHRISTIANAh ! Roxane !Il l'enlace et se penche sur les lèvres.CYRANOAïe ! au cœur, quel pincement bizarre !

CYRANO Baiser le mot est doux !Je ne vois pas pourquoi votre lèvre ne l'ose ;S'il la brûle déjà, que sera-ce la chose ?Ne vous en faites pas un épouvantement :N'avez-vous pas tantôt, presque insensiblement,Quitté le badinage et glissé sans alarmesDu sourire au soupir, et du soupir aux larmes !Glissez encore un peu d'insensible façon :Des larmes au baiser il n'y a qu'un frisson !ROXANETaisez-vous !CYRANOUn baiser, mais à tout prendre, qu'est-ce ?Un serment fait d'un peu plus près, une promessePlus précise, un aveu qui veut se confirmer,Un point rose qu'on met sur l'i du verbe aimer ;C'est un secret qui prend la bouche pour oreille,Un instant d'infini qui fait un bruit d'abeille,Une communion ayant un goût de fleur,Une façon d'un peu se respirer le cœur,Et d'un peu se goûter, au bord des lèvres, l'âme !ROXANETaisez-vous !CYRANOUn baiser, c'est si noble, madame,Que la reine de France, au plus heureux des lords,En a laissé prendre un, la reine même !ROXANEAlors !CYRANO, s'exaltantJ'eus comme Buckingham(1) des souffrances muettes,J'adore comme lui la reine que vous êtes,Comme lui je suis triste et fidèle...ROXANEEt tu esBeau comme lui !CYRANO, à part, dégrisé.C'est vrai, je suis beau, j'oubliais !ROXANEEh bien ! montez cueillir cette fleur sans pareille...CYRANO, poussant Christian vers le balconMonte !ROXANECe goût de cœur...CYRANOMonte !ROXANECe bruit d'abeille...CYRANOMonte !CHRISTIAN, hésitantMais il me semble, à présent, que c'est mal !ROXANECet instant d'infini !...CYRANOMonte donc, animal !Christian s'élance, et par le banc, le feuillage, les piliers, atteint les balustres qu'il enjambe.CHRISTIANAh ! Roxane !Il l'enlace et se penche sur les lèvres.CYRANOAïe ! au cœur, quel pincement bizarre !Baiser, festin d'amour, dont je suis le Lazare(2) !

CYRANO Baiser le mot est doux !Je ne vois pas pourquoi votre lèvre ne l'ose ;S'il la brûle déjà, que sera-ce la chose ?Ne vous en faites pas un épouvantement :N'avez-vous pas tantôt, presque insensiblement,Quitté le badinage et glissé sans alarmesDu sourire au soupir, et du soupir aux larmes !Glissez encore un peu d'insensible façon :Des larmes au baiser il n'y a qu'un frisson !ROXANETaisez-vous !CYRANOUn baiser, mais à tout prendre, qu'est-ce ?Un serment fait d'un peu plus près, une promessePlus précise, un aveu qui veut se confirmer,Un point rose qu'on met sur l'i du verbe aimer ;C'est un secret qui prend la bouche pour oreille,Un instant d'infini qui fait un bruit d'abeille,Une communion ayant un goût de fleur,Une façon d'un peu se respirer le cœur,Et d'un peu se goûter, au bord des lèvres, l'âme !ROXANETaisez-vous !CYRANOUn baiser, c'est si noble, madame,Que la reine de France, au plus heureux des lords,En a laissé prendre un, la reine même !ROXANEAlors !CYRANO, s'exaltantJ'eus comme Buckingham(1) des souffrances muettes,J'adore comme lui la reine que vous êtes,Comme lui je suis triste et fidèle...ROXANEEt tu esBeau comme lui !CYRANO, à part, dégrisé.C'est vrai, je suis beau, j'oubliais !ROXANEEh bien ! montez cueillir cette fleur sans pareille...CYRANO, poussant Christian vers le balconMonte !ROXANECe goût de cœur...CYRANOMonte !ROXANECe bruit d'abeille...CYRANOMonte !CHRISTIAN, hésitantMais il me semble, à présent, que c'est mal !ROXANECet instant d'infini !...CYRANOMonte donc, animal !Christian s'élance, et par le banc, le feuillage, les piliers, atteint les balustres qu'il enjambe.CHRISTIANAh ! Roxane !Il l'enlace et se penche sur les lèvres.CYRANOAïe ! au cœur, quel pincement bizarre !Baiser, festin d'amour, dont je suis le Lazare(2) !Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac, acte III, scène 10, 1897.

CYRANO Baiser le mot est doux !Je ne vois pas pourquoi votre lèvre ne l'ose ;S'il la brûle déjà, que sera-ce la chose ?Ne vous en faites pas un épouvantement :N'avez-vous pas tantôt, presque insensiblement,Quitté le badinage et glissé sans alarmesDu sourire au soupir, et du soupir aux larmes !Glissez encore un peu d'insensible façon :Des larmes au baiser il n'y a qu'un frisson !ROXANETaisez-vous !CYRANOUn baiser, mais à tout prendre, qu'est-ce ?Un serment fait d'un peu plus près, une promessePlus précise, un aveu qui veut se confirmer,Un point rose qu'on met sur l'i du verbe aimer ;C'est un secret qui prend la bouche pour oreille,Un instant d'infini qui fait un bruit d'abeille,Une communion ayant un goût de fleur,Une façon d'un peu se respirer le cœur,Et d'un peu se goûter, au bord des lèvres, l'âme !ROXANETaisez-vous !CYRANOUn baiser, c'est si noble, madame,Que la reine de France, au plus heureux des lords,En a laissé prendre un, la reine même !ROXANEAlors !CYRANO, s'exaltantJ'eus comme Buckingham(1) des souffrances muettes,J'adore comme lui la reine que vous êtes,Comme lui je suis triste et fidèle...ROXANEEt tu esBeau comme lui !CYRANO, à part, dégrisé.C'est vrai, je suis beau, j'oubliais !ROXANEEh bien ! montez cueillir cette fleur sans pareille...CYRANO, poussant Christian vers le balconMonte !ROXANECe goût de cœur...CYRANOMonte !ROXANECe bruit d'abeille...CYRANOMonte !CHRISTIAN, hésitantMais il me semble, à présent, que c'est mal !ROXANECet instant d'infini !...CYRANOMonte donc, animal !Christian s'élance, et par le banc, le feuillage, les piliers, atteint les balustres qu'il enjambe.CHRISTIANAh ! Roxane !Il l'enlace et se penche sur les lèvres.CYRANOAïe ! au cœur, quel pincement bizarre !Baiser, festin d'amour, dont je suis le Lazare(2) !Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac, acte III, scène 10, 1897._________

CYRANO Baiser le mot est doux !Je ne vois pas pourquoi votre lèvre ne l'ose ;S'il la brûle déjà, que sera-ce la chose ?Ne vous en faites pas un épouvantement :N'avez-vous pas tantôt, presque insensiblement,Quitté le badinage et glissé sans alarmesDu sourire au soupir, et du soupir aux larmes !Glissez encore un peu d'insensible façon :Des larmes au baiser il n'y a qu'un frisson !ROXANETaisez-vous !CYRANOUn baiser, mais à tout prendre, qu'est-ce ?Un serment fait d'un peu plus près, une promessePlus précise, un aveu qui veut se confirmer,Un point rose qu'on met sur l'i du verbe aimer ;C'est un secret qui prend la bouche pour oreille,Un instant d'infini qui fait un bruit d'abeille,Une communion ayant un goût de fleur,Une façon d'un peu se respirer le cœur,Et d'un peu se goûter, au bord des lèvres, l'âme !ROXANETaisez-vous !CYRANOUn baiser, c'est si noble, madame,Que la reine de France, au plus heureux des lords,En a laissé prendre un, la reine même !ROXANEAlors !CYRANO, s'exaltantJ'eus comme Buckingham(1) des souffrances muettes,J'adore comme lui la reine que vous êtes,Comme lui je suis triste et fidèle...ROXANEEt tu esBeau comme lui !CYRANO, à part, dégrisé.C'est vrai, je suis beau, j'oubliais !ROXANEEh bien ! montez cueillir cette fleur sans pareille...CYRANO, poussant Christian vers le balconMonte !ROXANECe goût de cœur...CYRANOMonte !ROXANECe bruit d'abeille...CYRANOMonte !CHRISTIAN, hésitantMais il me semble, à présent, que c'est mal !ROXANECet instant d'infini !...CYRANOMonte donc, animal !Christian s'élance, et par le banc, le feuillage, les piliers, atteint les balustres qu'il enjambe.CHRISTIANAh ! Roxane !Il l'enlace et se penche sur les lèvres.CYRANOAïe ! au cœur, quel pincement bizarre !Baiser, festin d'amour, dont je suis le Lazare(2) !Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac, acte III, scène 10, 1897._________(1) Buckingham : duc anglais, amant de la reine de France dans Les Trois mousquetaires d'Alexandre Dumas.

CYRANO Baiser le mot est doux !Je ne vois pas pourquoi votre lèvre ne l'ose ;S'il la brûle déjà, que sera-ce la chose ?Ne vous en faites pas un épouvantement :N'avez-vous pas tantôt, presque insensiblement,Quitté le badinage et glissé sans alarmesDu sourire au soupir, et du soupir aux larmes !Glissez encore un peu d'insensible façon :Des larmes au baiser il n'y a qu'un frisson !ROXANETaisez-vous !CYRANOUn baiser, mais à tout prendre, qu'est-ce ?Un serment fait d'un peu plus près, une promessePlus précise, un aveu qui veut se confirmer,Un point rose qu'on met sur l'i du verbe aimer ;C'est un secret qui prend la bouche pour oreille,Un instant d'infini qui fait un bruit d'abeille,Une communion ayant un goût de fleur,Une façon d'un peu se respirer le cœur,Et d'un peu se goûter, au bord des lèvres, l'âme !ROXANETaisez-vous !CYRANOUn baiser, c'est si noble, madame,Que la reine de France, au plus heureux des lords,En a laissé prendre un, la reine même !ROXANEAlors !CYRANO, s'exaltantJ'eus comme Buckingham(1) des souffrances muettes,J'adore comme lui la reine que vous êtes,Comme lui je suis triste et fidèle...ROXANEEt tu esBeau comme lui !CYRANO, à part, dégrisé.C'est vrai, je suis beau, j'oubliais !ROXANEEh bien ! montez cueillir cette fleur sans pareille...CYRANO, poussant Christian vers le balconMonte !ROXANECe goût de cœur...CYRANOMonte !ROXANECe bruit d'abeille...CYRANOMonte !CHRISTIAN, hésitantMais il me semble, à présent, que c'est mal !ROXANECet instant d'infini !...CYRANOMonte donc, animal !Christian s'élance, et par le banc, le feuillage, les piliers, atteint les balustres qu'il enjambe.CHRISTIANAh ! Roxane !Il l'enlace et se penche sur les lèvres.CYRANOAïe ! au cœur, quel pincement bizarre !Baiser, festin d'amour, dont je suis le Lazare(2) !Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac, acte III, scène 10, 1897._________(1) Buckingham : duc anglais, amant de la reine de France dans Les Trois mousquetaires d'Alexandre Dumas.(2) Lazare : personnage de l'Évangile, pauvre et malade, qui vivait des restes de festin de la table d'un riche.