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Les 50 ans de Bob Morane 1/2 : "Des personnages comme ça, il suffit de les inventer, de les laisser vivre"

Claude Titre dans "le Gardian noir", un des épisodes de la série télévisée "Les aventures de Bob Morane" en 1964.
Claude Titre dans "le Gardian noir", un des épisodes de la série télévisée "Les aventures de Bob Morane" en 1964.
© AFP - Bernard Pascucci / Ina

Première émission de "Mauvais genres" d'une série de deux avec Henri Vernes dressant le portrait du héros de roman puis de bande dessinée Bob Morane qu'il a créé le 16 décembre 1953. L'écrivain belge raconte dans cet entretien sa vie aventureuse et ses débuts en écriture.

Le 16 décembre 1953, la littérature pour la jeunesse changeait de face, sortait en effet en libraire la première des aventures de Bob Morane. Plus de deux cents épisodes plus tard, la saga continue sous la plume de son auteur, Henri Vernes, et s'apprête à toucher les écrans grâce à Christophe Gans. Pour fêter dignement cet anniversaire, Henri Vernes a accordé à "Mauvais Genres" un long entretien diffusé en deux parties.

Les 50 ans de Bob Morane avec Henri Vernes invité de "Mauvais genres" 1/2. Une diffusion du 27/12/2003

59 min

Henri Vernes se souvient de sa jeunesse à Tournai dans les années 20 et 30, "c'était une époque bénie", "on espérait la paix à jamais", et d'ajouter,"c'était la folle jeunesse". Il lisait déjà beaucoup de romans d'aventures, ce qui lui fait dire qu'il aurait voulu "être marin ou aviateur".

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J'ai commencé très jeune à écrire des petits romans d'aventures qui ressemblaient bien sûr à ceux que j'avais lus.

Henri Vernes raconte sa fugue à 19 ans, "je m'étais retrouvé à Anvers et d'Anvers je me suis retrouvé en Chine !" Il raconte des anecdotes pleines de fougue dans ce Shanghai de 1937. Pendant la guerre, il rejoint la résistance. Fin 1945, il part à Paris où il a été le correspondant de deux journaux du Nord. Il évoque son intérêt pour la cryptozoologie qu'il partage avec Bernard Heuvelmans et son goût pour le roman noir américain. C'est sur une commande pour les éditions Marabout Junior, que Henri Vernes commence à publier des romans d'aventures, notamment Conquérants de l'Everest en 1953 au moment de l'ascension victorieuse d'Edmund Hillary et de son sherpa. "Je ne connaissais rien à l'alpinisme, j'ai le vertige, je n'aime pas tellement la neige, j'ai dit Amen ! et j'ai été à la Bibliothèque Royale sélectionner quelques bouquins sur l'Everest et j'ai écrit Les Conquérants de l'Everest."

L'auteur prolixe de 85 ans raconte comment il a créé le personnage de Bob Morane à la fin de l'année 1953, ainsi que celui de Bill Ballantine : "Quand on a un héros et un faire-valoir, on a l'avantage de pouvoir écrire des dialogues. Et les dialogues, ça donne beaucoup de vie au roman."

La guerre venait d'être finie, il y avait les héros de la RAF, c'était l'époque où on se coiffait en brosse, je lui ai mis des yeux gris parce qu'après tout les yeux gris, ça fait toujours très dur. Donc, j'ai créé mon personnage, héros de la RAF et puis il a fallu créer un mauvais alors un beau jour j'ai créé l'Ombre Jaune [...] J'ai commencé à faire des trucs de science-fiction, du policier, du fantastique et j'ai fait tout un mélange ! On a l'air de croire maintenant que tout ça était préconçu, que je l'avais imaginé... Non, ça s'est fait par hasard, en cours de route.

Quand il écrit, il commence par le titre, il n'a pas de plan, "l'aventure prend forme au fur et à mesure de [son ] imagination". Il dit suivre son personnage, "c'est un peu lui qui me conduit", confie-t-il.

Bill Ballantine c'est un peu la raison, celui qui essaye de ramener les pieds sur terre à Bob Morane sans y réussir. Ce sont des personnages dont je ne suis pas maître. Ils sont venus par hasard, ils ont évolué, ils ont vécu, d'aventures en aventures, de transformations en transformations, d'avatars en avatars. Moi, je ne suis pas responsable, j'écrivais mes petits bouquins tous les deux mois et puis arrive que pourra...

  • Mauvais genres
  • Première diffusion : 27/12/2003
  • Production : François Angelier
  • Réalisation : Brigitte Alléhaut

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