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Les bistrots, c'est de la culture !

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A la Dame Rose, l'ancien Petit Journal près de la Gare Montparnasse, à Paris, le concert de bistrot est sacré
A la Dame Rose, l'ancien Petit Journal près de la Gare Montparnasse, à Paris, le concert de bistrot est sacré
© Radio France - Cécile de Kervasdoué

Il y a aujourd'hui 36 000 bars en France, contre 500 000 après guerre. Mais la culture de ce lieu et des concerts qui peuvent y avoir lieu reste vivante. Jusqu’à dimanche, un festival la promeut, avec plus de 850 concerts gratuits dans tout le pays.

Bien sûr, certains chiffres peuvent faire peur. Il y a aujourd'hui près de quinze fois moins de bars en France qu'après guerre. En cause, cet autre chiffre : 90% de la vente d'alcool se fait dans les hypermarchés. En cause encore, la gentrification des centres villes où les riverains et les mesures de sécurité sont de moins en moins tolérants avec la musique et les nuisances sonores. En cause aussi, la désertification des zones rurales.

Pour lutter contre ce déclin, le collectif Culture bar bars a lancé il y a quinze ans à Nantes un festival pour mettre à l'honneur le bistrot non pas en tant que simple débit de boisson mais en tant que lieu culturel. Et pour Denis Tallédec, le directeur de ce collectif, "cela a d'autant plus d'importance un an après de tristes événements. Ce que l'on offre peut-être, c'est la rencontre entre la culture apollinienne et la culture dionysiaque". :

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"C'est une première offre de proximité et un maillage exceptionnel du territoire français."

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Parce qu'un bar c'est surtout un lieu d'échange et de créativité, c'est là que démarrent les musiciens les artistes, c'est 50% de la culture en France !

Mathias, chanteur du groupe Washington Dead Cats, a commencé dans les bars il y a 32 ans.

C'est particulièrement vrai aujourd'hui car avec la baisse des dotations d'Etat les bars ont récupéré une foule de musiciens qui ont besoin de se produire. Pour eux, le ministère de la Culture a même créé un fonds d'aide aux cafés culture qui propose aux patrons de bars de prendre part à la rémunération des artistes de cafés.

Concert Jazz au bar Le Greffier, à Mulhouse, en 2011
Concert Jazz au bar Le Greffier, à Mulhouse, en 2011
© AFP - René Mattes / Hemis

Le problème c'est que ça ne fonctionne pas sur les petites salles où il n'y a pas de billetterie. Alors chez moi, les artistes continuent de se produire gratuitement et de faire tourner le chapeau. Mickey, gérant de la Cantada, Paris 11ème

En attendant, le ministère de la Culture semble avoir pris la mesure de cette culture de bistrot. Dans les zones rurales, il rachète des bâtiments afin de réinstaller des cafés culturels qui pourraient lutter contre la désertification des villages.