Publicité

Les chercheurs dans la rue

Par

Ils étaient plusieurs milliers à défiler dans Paris ce vendredi, pour clore un long périple à travers la France lancé il y a trois semaines à Montpellier. Un mouvement rare pour alerter le gouvernement de leur précarité, leurs conditions de travail et leur manque de reconnaissance.

Chercheurs en colère. Manifestation à Paris le 17 octobre 2014
Chercheurs en colère. Manifestation à Paris le 17 octobre 2014
© Radio France - Cyril Peter

"Docteur un jour = chômeur toujours", "Science en marche, mais plus pour longtemps" ou "Désolé Darwin, pas d'évolution pour toi dans la recherche" étaient quelques uns des slogans des chercheurs réunis à Paris (8.000 selon les organisateurs, dont de très nombreux jeunes). Rejoint par des confrères de tous horizons, le collectif Sciences en Marche achevait son périple en vélo dans toute la France. 150 scientifiques, menés par le biologiste Patrick Lemaire, étaient partis de Montpellier le 28 septembre contre la précarité des doctorants. Ils appellent à la création de 3000 postes par an, car le renouvellement des départs à la retraite est insuffisant pour faire vivre les laboratoires et l'innovation scientifique. Cyril Peter était dans le cortège parisien :

Publicité

Écouter

1 min

Ma seule solution, c'est de m'expatrier

Mélanie, jeune chercheuse manifestant dans les rues de Paris le 17 octobre 2014
Mélanie, jeune chercheuse manifestant dans les rues de Paris le 17 octobre 2014
© Radio France - Cyril Peter

Aux côtés de deux députées, Marie-Georges Buffet (PCF) et Isabelle Attard (Nouvelle Donne), quelques figures étaient présentes pour soutenir ce mouvement. Comme le neurobiologiste belge Jean Rossier, venu en grande tenue d'Académicien, l'astrophysicien Jean-Pierre Bibring, responsable scientifique de l'atterrisseur Philae, de la mission Rosetta, ou le biologiste Alain Trautmann, qui avait été en 2004 le porte-parole du mouvement "Sauvons la recherche". Tous unis, avec beaucoup de précaires, comme Cyril, 36 ans, au chômage, qui touche 1.600 euros par mois , joint par Cyril Peter. Il est en procès contre son ancien employeur, l'Institut national de la santé et de la recherche médicale. L'Inserm qui ne veut pas l'engager en CDI :

Écouter

1 min

Un problème majeur : le manque de postes

Chercheurs en colère. Manifestation à Paris le 17 octobre 2014
Chercheurs en colère. Manifestation à Paris le 17 octobre 2014
© Radio France - Cyril Peter

Cette mobilsation a obtenu selon son initiateur "le soutien du public et des élus locaux", alors que 660 directeurs de laboratoires de la recherche publique viennent d'écrire à François Hollande. En cause : l’emploi scientifique, et en particulier celui des jeunes chercheurs et ingénieurs, ainsi que le financement de leurs laboratoires. Comme l'analyse ici Sylvestre Huet, de Libération. Pour France Culture, Marie-Alix Autet détaille comment "Sciences en marche" analyse ce manque de débouchés pour les doctorants, et plus généralement de moyens pour le secteur. Le collectif chiffre à 20 milliards d'euros sur 10 ans son "plan d'urgence", sur la base d'une réforme du Crédit Impôt Recherche (CIR) :

Écouter

1 min

Reste que la secrétaire d'Etat à la Recherche, Geneviève Fioraso, a opposé une fin de non-recevoir à la proposition, faisant valoir que le CIR "n'est pas une cagnotte, c'est de l'argent qu'on ne perçoit pas". "Demander davantage d'argent à l'Etat ne me paraît pas réaliste dans la conjoncture actuelle", a-t-elle affirmé vendredi, rappelant que "les crédits de la recherche ont été préservés". Pour Mme Fioraso, qui reconnaît "un problème" dans l'embauche des jeunes chercheurs, les organismes de recherche doivent prendre "leurs responsabilités" et "donner la priorité à l'embauche des jeunes docteurs (...) plutôt qu'aux fins de carrière".

N'excluant pas des actions plus dures, "Sciences en marche" en a lui aussi appelé au chef de l'Etat, estimant qu'il est le seul à avoir "l'autorité pour impulser une politique visionnaire et ambitieuse" pour la recherche et l'enseignement supérieur.