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Les embûches de l’affect

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Les embûches de l’affect
Les embûches de l’affect
© Getty - Simon Josefsson / EyeEm

Des psychanalystes somment la psychanalyse de remanier ses théories et ses pratiques pour affronter de nouvelles pathologies et mieux soulager la souffrance contemporaine. Cette évolution de la psychanalyse, gage de modernisation, d’ouverture et de progrès, serait la condition de sa survie...

Consensus oblige, elle imposerait entre autres de renoncer à la métapsychologie, jugée abstraite et dépassée et, avec elle, à toute visée scientifique, au profit du relativisme théorique, de l’empiricité de la clinique et de l’empathie du thérapeute -loin des scandales du sexuel et de la conflictualité psychique. Quels sont les enjeux et les effets d’une telle psychanalyse, "révisée" disait Adorno dès 1946 ? Que reste-t-il aujourd’hui de l’inconvenance, de la subversion et du mordant de la découverte freudienne ? Et que reste-t-il des outils théoriques permettant aux analystes de penser non seulement les butées individuelles de la cruauté et de la tyrannie internes, mais aussi les créations culturelles et leurs destins religieux et politiques ?

Notre époque est celle de la vérité, c’est indubitable. Et bien que par habitude on continue à mentir, tout le monde y voit clair ; si l’on s’écrie : amour, alors tous savent que l’heure du crime a sonné, et si c’est : loi, c’est celle du vol, du pillage. Imre Kertész

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Dans L’écoute de l’analyste, de l’acte à la forme, Laurence Kahn interroge "les embûches de l’affect". Cette conférence se propose d’interroger la nature de l’affect. L’affect ment-il ? Quel est son pouvoir de conviction, dans l’œuvre et dans la cure ? Dans quelle mesure la prise en compte d’une forme esthétique peut-elle contribuer à qualifier l’affect et renseigner sur sa nature, au-delà d’une considération purement économique ?

Les embûches de l’affect, par Françoise Coblence

47 min

Une conférence enregistrée en juillet 2018 dans le cadre du colloque " La psychanalyse : anatomie de sa modernité", à partir des travaux de Laurence Kahn, sous la direction d'Odile Bombarde, Catherine Matha et Françoise Neau.

Françoise Coblence, professeur émérite d’esthétique à l'Université de Picardie et psychanalyste, membre de la Société psychanalytique de Paris, directrice de la "Revue française de psychanalyse".