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Les enjeux du changement climatique

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© Louis Reed, Unsplash
© Louis Reed, Unsplash

Depuis la Grèce Antique, des penseurs, des philosophes et des historiens se sont interrogés sur l'influence du climat sur les hommes. Comment leurs apports et leurs réflexions peuvent éclairer des pistes de projection dans l’avenir ?

Dans la Grèce Antique, Aristote et Hippocrate réfléchissent à l’influence du climat sur les humeurs des hommes. Ils expliquent les différences de comportements entre les peuples par les changements saisonniers, leur situation géographique et leur alimentation. Ce sont les fondateurs de la théorie des climats.

Au 14e siècle, le penseur arabe Ibn Khaldoun s’intéresse aux changements climatiques et à leurs impacts sur l’état de santé et la physiologie des hommes. Selon lui, il existe trois climats : le climat du Nord, le climat du Midi et le climat tempéré. Chacun ayant une influence sur la manière dont les hommes construisent leurs habitations, se nourrissent, établissent des échanges commerciaux, créent des œuvres d’art.  

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En France, le philosophe Jean Bodin prolonge la théorie des climats élaborée par les grecs. Il l’aborde sous l’angle des sciences naturelles. Il souligne l’influence de l’altitude, la force des vents, la composition des sols sur les humeurs des populations. D’après lui, il y a une opposition de comportements entre les peuples selon la latitude où ils habitent. Les gens du Nord sont plus sanguins, actifs et besogneux, ceux du Midi, plus réflexifs, spirituels et lents et ceux des zones tempérées, plus aptes aux relations sociales, au développement de qualités relevant du droit et de la justice. Il cite les romains, les grecs et les français comme des peuples brillants dans ces deux derniers domaines.

Au 18e siècle, les historiens étudient la problématique du changement climatique sous un autre angle. Pour l’abbé Jean-Baptiste Dubos, le climat a un impact sur la créativité artistique des populations. Il établit une corrélation entre le génie créatif de certaines personnes et le climat. Montesquieu défend un déterminisme climatique. Les conditions climatiques influent les tempéraments des peuples. A l’opposé, Voltaire critique la théorie du climat. Il estime que les lois « dépendent des intérêts, des passions et des opinions de ceux qui les ont inventées, et de la nature du climat où les hommes se sont assemblés en société. » Le climat ne détermine pas le comportement et le caractère de l’homme, il l’inspire.

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Rencontre enregistrée en octobre 2021

Avec : Hervé Le Treut, climatologue français et membre de l’Académie des sciences    

Christophe Bonneuil, directeur de recherche en histoire environnementale au CNRS    

Anne-Caroline Prévot, directrice de recherche au CNRS / Museum national d’histoire naturelle        

Jean-Marie Durand, journaliste, rédacteur en chef adjoint aux Inrockuptibles de 1997 à 2018, C Ce Soir sur France 5, directeur de collection aux PUF

Les Enjeux internationaux
12 min