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"Les Grandes Espérances" de Charles Dickens

Illustration issue de l'édition Household des Grandes Espérances (p. 48). Texte et scan de Philip V. Allingham
Illustration issue de l'édition Household des Grandes Espérances (p. 48). Texte et scan de Philip V. Allingham
- F.A. Fraser

Du 26 août au 13 septembre, à 20h30 et en intégralité dès le 26 août en podcast Traduction et adaptation de Sylvie Granotier, Réalisation de Juliette Heymann, Musique originale et piano de Denis Chouillet et avec notamment Jacques Gamblin dans le rôle du narrateur

France Culture poursuit sa politique d’adaptation et de diffusion des grandes œuvres de la littérature classique et populaire. Après Les Misérables de Victor Hugo_, Le Rouge et le Noir_ de Stendhal, Madame Bovary de Flaubert, Jane Eyre de Charlotte Brontë, Guerre et Paix de Leon Tolstoï, Don Quichotte de Cervantès, c’est vers l’Angleterre et vers l’un de ses meilleurs écrivains, que nous nous tournons aujourd’hui : Charles Dickens (1812 – 1870).
Parmi les œuvres de Charles Dickens, dont certaines très célèbres, nous avons choisi avec Sylvie Granotier, écrivaine, scénariste et grande lectrice de Dickens, de faire découvrir Les Grandes espérances. Ce roman, ainsi mis en feuilleton, révèle la langue de Dickens, le foisonnement de ses personnages, ses descriptions de l’univers londonien du XIXème siècle, sa vision de l’homme et de la société

Diffusion à l'antenne de France Culture du 26 août au 13 septembre à 20h30 dans Fiction/Le feuilleton

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Les Grandes Espérances de Charles Dickens

Les Grandes Espérances est un roman d’apprentissage. Le jeune Pip, orphelin élevé à la dure, rêve de devenir un gentleman, un lettré, un dandy, lui dont les manières sont celles d’un rustaud et le destin de devenir forgeron. Il reçoit la protection de la riche et vieille, capricieuse et fantomatique, mademoiselle Havisham dont la vie s’est figée le jour où elle fût abandonnée pour ainsi dire, au pied de l'autel. Humiliée, le cœur brisé, laissant sa personne et sa maison dans la poussière et les toiles d’araignée, elle adopte la ravissante Estella pour en faire l’instrument de sa vendetta contre les hommes. Pip tombe éperdument amoureux de la jeune fille, alors que l’ombre d’un forçat évadé plane sur son surprenant destin…

Dickens et l’écriture des Grandes Espérances

Traversant une période de pertes et de séparations, Dickens "médite un nouveau livre".  Il parle de "gravir d'un pas ferme la montagne pour retrouver l'oiseau qui parle, l'arbre qui chante" et conçoit ce qu'il appelle "une idée superbe, très originale et grotesque", celle sans doute de la relation entre le jeune Pip et Magwitch, le forçat évadé. Promeneur infatigable, alors que Londres est en pleine rénovation, il recrée en imagination la ville de son enfance et tous les souvenirs s'y rattachant. Il louera un vapeur, conviant ses amis à une croisière sur la Tamise pour être exact dans la description de la fuite de Magwitch et publiera le roman, son avant-dernier, par épisodes dans son journal All the Year Round, de décembre 1860 à août 1861, puis en trois volumes, suite à l'accueil enthousiaste de la presse et du public qui se réjouissaient du retour de Dickens à l'humour et au pathétique de ses premiers romans.

Traduction et adaptation Sylvie Granotier

Musique originale et piano Denis Chouillet

Création sonore Patrick Martinache

Réalisation Juliette Heymann

Conseillère de programmes pour les Fictions Blandine Masson

Conseillère littéraire Emmanuelle Chevrière 

Production du service des Fictions de France Culture

Lieux d’enregistrements Radio France et Maison des écrivains

Distribution 

Le narrateur Jacques Gamblin
Pip Pauline Ziadé / Samuel Charle    
Joe Gargery Yann Boudaud   
Madame Joe Gargery Marie-Christine Orry
Abel Magwitch Marc Barbé
Pumblechook Bruno Abraham-Kremer   
Compeyson Didier Brice
Biddy Aurélie Nuzillard
Mademoiselle Havisham Dominique Reymond
Estella Lou Nizard
Jaggers Philippe Magnan
Herbert Pocket Arsène Jouet / Brice Hillairet
Orlick Eric Challier    
John Wemmick Philippe Beautier   
Matthew Pocket Théo Chédeville
Bentley Drummle Maxime Dambrin 

Note d'intention de l'adaptatrice

La décision de France Culture d’adapter Les Grandes Espérances en feuilleton radiophonique est l’occasion rêvée de découvrir l’univers de Dickens dont les romans étaient publiés en feuilletons et qui les a lui-même adaptés pour des tournées théâtrales très prisées du public victorien qui riait et sanglotait sans retenue devant l’interprétation de l’auteur.
Pour rester au plus proche de l’original, je suis partie du texte anglais, traduisant en même temps que j’adaptais. Au contraire de la tradition française, Dickens mélange les genres, passant du tragique à la franche comédie, du pathétique au grotesque, du poétique au concret. J’ai voulu que mon adaptation donne à entendre cette variété de ton. Le héros, Pip, étant aussi le narrateur, je me suis appuyée sur la part la plus subjective de ses descriptions, entre mémoire affective et précision du regard, pour donner à voir les décors de son étrange destin. Concernant les personnages, il s’agissait de leur garder cette légèreté d’esquisse propre à Dickens sans renoncer à leur complexité humaine. Par ailleurs, je suis restée au plus près des dialogues d’origine, vifs et inventifs, qui se prêtent parfaitement au jeu de l’acteur.
Sylvie Granotier

Note d'intention de la réalisatrice

Réaliser ces Grandes Espérances, c’était avant tout pour moi faire entendre cette profonde humanité qui se dégage du texte de Dickens, sans jamais tomber dans le pathos ou la caricature.
Pour cela, je me suis appuyée sur mon choix de distribution. Des voix, des énergies et tempéraments, des âmes surtout. Des comédiens capables de se mouler avec justesse et simplicité dans cet univers foisonnant où les différents genres se côtoient, où l’émotion nous prend souvent à la gorge et où les personnages, croqués avec précision, humour et dérision par Dickens, sont parfois excessifs et déroutants, mais toujours attachants et profondément humains. J’ai tenté au mieux d’accompagner ces comédiens et de les guider dans cette formidable traversée.
Le choix de Jacques Gamblin (avec qui j’avais déjà beaucoup travaillé) comme « Narrateur-Pip adulte », s’est très vite imposé. Je savais qu’il ferait entendre à merveille l’humour et la gravité de ce texte ainsi que sa portée universelle.
Et puis il y a la musique : dès la lecture de l’adaptation (et traduction) de Sylvie Granotier, j’ai imaginé du piano, non pas en accompagnement du texte, mais en véritable contrepoint. Une musique ouvrant l’imaginaire et nous entraînant dans une dimension beaucoup plus vaste que le texte lui-même.
Juliette Heymann

Les épisodes 

Lundi 26 Août Le forçat évadé

Mardi 27 Août Chez Mlle Havisham

Mercredi 28 Août Apprenti forgeron 

Jeudi 29 Août Une révélation

Vendredi 30 Août Le mystérieux bienfaiteur

Lundi 2 Septembre Débuts à Londres

Mardi 3 Septembre Nouvelle vie

Mercredi 4 Septembre Estella est de retour

Jeudi 5 Septembre La vengeance de Mlle Havisham

Vendredi 6 Septembre Pip fête sa majorité

Lundi 9 Septembre Le forçat Magwitch 

Mardi 10 Septembre Malheur et danger

Mercredi 11 Septembre Un étrange billet

Jeudi 12 Septembre Désespoir

Vendredi 13 Septembre Dénouement

Sylvie Granotier Auteure, actrice et scénariste, Sylvie Granotier est née en Algérie ; elle vit sa petite enfance au Maroc, puis fait des études de lettres suivies d’une formation théâtrale à Paris. Entre ses voyages aux Etats-Unis et au Brésil, en passant par l’Afghanistan, ponctuellement mannequin et actrice, l’anglais devient sa langue de prédilection. Lorsqu’elle découvre Dickens, c’est le coup de foudre, une passion qui ne la lâchera plus.
En 1982, elle traduit Enorme changement de dernière minute de Grace Paley et rencontre cette dernière. Se dessinent alors ses premiers pas vers l’écriture. Son premier roman, Courrier Posthume est publié en 1989 chez Régine Desforges. Vingt ans, treize romans, vingt-cinq nouvelles et plusieurs scénarios plus tard, Un Monde idéal sort chez Albin Michel.

Juliette Heymann
D’abord comédienne, puis collaboratrice artistique au théâtre (notamment avec Joël Jouanneau). Elle fait ses premiers pas pour la radio en 2001 en tant qu’auteure et adaptatrice avec sa propre pièce La Frileuse et l’adaptation d’Œdipe sur la route, d’Henry Bauchau. Depuis, pour France Culture, elle a adapté de nombreux textes comme Don Quichotte de Cervantès, Kafka sur le rivage de Haruki Murakami, Les Vagues de Virginia Woolf…
Devenue réalisatrice en 2010, tout en continuant parallèlement les adaptations, elle a mis en ondes de nombreuses fictions pour France Inter et surtout France Culture: L’Ile Saline de Daniel Danis, Le Daguet de Nicole Caligaris, Rien ne s’oppose à la nuit de Delphine De Vigan, Marilyn, dernières séances de Michel Schneider, Jane Eyre de Charlotte Brontë… ainsi que des cycles Yoko Ogawa et Laurent Gaudé. Elle travaille actuellement sur l’adaptation des Hauts de Hurlevent d’Emily Brontë, qu’elle réalisera en 2020.

Denis Chouillet
Pianiste et compositeur, la pratique de l’instrument, l’improvisation comme la composition sont, chez lui, reliées. De formation classique, il a butiné en divers genres musicaux. La scène comme la littérature sont deux inspirations majeures. Il est l’auteur d’un opéra de chambre (Bataille Navale), de mélodies, chansons ou mélodrames sur des textes de Desnos, Queneau, Perec, Fabrice Villard ou Chantal Galiana, de maintes pièces pour piano ainsi que de plusieurs musiques de scène pour le théâtre ou la danse (La Maladie de la Famille M de Fausto Paravidino, Noon, High Noon et Varieazioni d’Erika Zueneli, Champs, Terre suspendue d’Olivier Renouf…)
Il a reçu des commandes de la Comédie-Française, de Radio France, de la Péniche-Opéra ainsi que le prix Nouveau Talent Musique de la SACD en 2006. Il forme des duos au long cours avec la chanteuse et auteure-compositrice Elise Caron ainsi qu’avec le baryton et compositeur Vincent Bouchot. Il a joué et parfois créé des pièces de plusieurs compositeurs contemporains, parmi lesquels Luc Ferrari, Tom Johnson, Frédéric Lagnau, David Lang, Gérard Pesson. Il fait partie de l’ensemble Dedalus, qui se consacre à la musique expérimentale et répétitive.
A la Radio et pour les fictions de France Culture il a collaboré plusieurs fois avec Marguerite Gateau (Des phrases courtes ma chérie, Kafka sur le rivage…) et Juliette Heymann (Rien ne s’oppose à la nuit, Jane Eyre…)

A retrouver en intégralité dès le 26 août en podcast sur franceculture.fr

Remerciements à la Maison des écrivains