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Les "Guignols de l'info" censurés ?

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Metronews croit savoir que les célèbres marionnettes ne retrouveront pas l'antenne de Canal + à la rentrée prochaine, suite à une décision prise par Vincent Bolloré, patron du groupe. Les réactions ont fusé, alors que leur initiateur, Alain de Greef, vient de disparaître.

Les Guignols de l'info
Les Guignols de l'info
- DELPHINE GOLDSZTEJN

« Il faut sauver les Guignols de l'Info ! »  a proclamé le président de l'Assemblée nationale ce jeudi matin. L'émission satirique de Canal +, diffusée depuis 1988, serait menacée de disparition à la prochaine rentrée. Alors même que son initiateur, Alain de Greef, vient de s'éteindre.

Pour Claude Bartolone, cette émission s'inscrit dans la tradition du « fou du roi » , avec un « côté parfois acide qui amène à parfois les politiques à mal réagir quand on est la cible mais cela aère l'actualité et la manière de commenter la politique » .

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Il est vrai que le traitement de l'actualité, surtout politique, par les Guignols est totalement libre. C'est sa marque de fabrique. Dans ses sketchs, on peut trouver ainsi découvrir Nadine Morano rebaptisée « Roboconne». François Bayrou en adolescent simplet ou encore Bernadette Chirac en nymphomane qui se soulage avec son sac à main.

La suppression des Guignols de l’info, si elle se confirme, marque-t-elle une moindre tolérance des pouvoirs à la satire ? Éléments de réponse avec Antoine Marette  :

Écouter

1 min

La dérision sur Canal +, « un petit travers » selon Bolloré

Pour le moment, ni Vivendi, ni Canal + ne font de commentaire. Interrogé il y a quelques mois sur France Inter à propos de « l'esprit Canal », Vincent Bolloré, devenu le nouveau propriétaire de Vivendi, et donc de Canal +, avait déploré l'abus de « dérision »  de la chaîne. Il définissait ce qu’est selon lui « l’esprit Canal » :

Un esprit de découverte, d’ouverture, d’initiative, parfois d’un peu trop de dérision (…) Parfois, c’est un peu blessant ou désagréable.

Et d’ajouter : « se moquer de soi même c’est bien, se moquer des autres, c’est moins bien » .

En réponse, les Guignols de l’info avaient écrit un sketch dans lequel « PPD » reçoit Vincent Bolloré pour lui demander d'expliciter ses propos :

Des soutiens politiques de tous bords

Invité du journal de 12h30 d’Antoine Mercier, le député « Les Républicains » du Val-d’Oise Axel Poniatowski exprime son soutien aux Guignols :

Écouter

32 sec

Les Guignols de l'info ont également reçu des soutiens nombreux de la part de personnalités politiques, de journalistes et d'humoristes sur les réseaux sociaux :

L'ancien président de Canal+, Pierre Lescure, a démissionné du conseil d'administration du groupe publicitaire Havas pour protester contre cette possible suppression. Il s'explique dans un entretien accordé ce jeudi aux Echos, confirmant une révélation de L'Obs. Enfin, les réactions ont fusé sur les réseaux sociaux, en particulier sur Twitter via le mot clé #touchepasauxGuignols. Et une pétition a aussi été lancée en ligne.

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A lire en ligne : "Guignols de l'info" : dites, ça tournerait pas un peu au délire collectif ? Billet de Lucas Armati et Erwan Desplanques, ce jeudi, dans Télérama.