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Les Jardins d’Occitanie : le ginseng bio 100% français pour une phytothérapie innovante

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Le ginseng est une plante d'origine asiatique dont les racines sont utilisées pour stimuler le système immunitaire et combattre la fatigue physique et intellectuelle
Le ginseng est une plante d'origine asiatique dont les racines sont utilisées pour stimuler le système immunitaire et combattre la fatigue physique et intellectuelle
© Radio France - Les jardins d'Occitanie

Demain l'éco. Les cinq associés fondateurs des Jardins d’Occitanie sont les seuls producteurs européens de ginseng. Cultivateurs et transformateurs de plantes médicinales pour une phytothérapie sûre et locale, ils n’ont pas peur d’affirmer qu’ils sont les meilleurs sur le marché des compléments alimentaires.

Pionnière de la culture du ginseng en plein champs, c’est une véritable lutte que mène depuis dix ans, l’équipe des Jardins d’Occitanie. Une lutte sur le plan agricole d’abord, car il n’a pas été simple de transplanter du ginseng en France. Cette plante asiatique quasi sacrée en Chine n’a aucun équivalent sous nos latitudes. Une fois réussie la prouesse agronomique, il a encore fallu dépasser la barrière réglementaire des autorités en tous genres, jusqu’aux Chambres d’agriculture souvent réticentes.

Mais le parcours du combattant ne s’arrête pas là. Les Jardins d’Occitanie en visant l’excellence de la fabrication de leurs compléments alimentaires, qui va de la culture à la production en passant par la recherche et développement dans leur propre laboratoire, se sont heurtés aux grands groupes pharmaceutiques et de l’automédication qui aujourd’hui règnent sans partage sur le secteur, même si ces derniers ne sont bien souvent que transformateurs de plantes produites à l’étranger.

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Yohan Benoit, Sylvain Latapie, Thierry Jara, Jean Marc Mateos, Yannick Jauzion et Jean-Lionel Vergez lors de la soirée de lancement de la marque au Stade toulousain en 2017
Yohan Benoit, Sylvain Latapie, Thierry Jara, Jean Marc Mateos, Yannick Jauzion et Jean-Lionel Vergez lors de la soirée de lancement de la marque au Stade toulousain en 2017
© Radio France - Les Jardins d'Occitanie

Dernier défi et pas des moindres, le volet financier : 4 millions d’euros ont été investis sur fonds propres pour réussir à lancer cette entreprise qui aujourd’hui emploie 16 salariés et transforme une quinzaine de plantes médicinales en compléments alimentaires et tisanes. Devenue leader du ginseng bio en Europe, elle s’assume comme une alternative pour une phytothérapie sûre, locale et de qualité. 

Reportage à Seysses, près de Toulouse, d'Annabelle Grelier.

3 min

Ginseng, une plante unique et mystérieuse

Il existe plusieurs variétés de ginseng mais la plus ancienne et la plus concentrée en phyto-nutriments actifs est l’espèce asiatique, le Panax Ginseng CA Meyer, à ne pas confondre avec les espèces américaines ou brésiliennes moins chères mais aussi moins riches. Alors ce qui était à l’origine un projet de reconversion du rugbyman Yannick Jauzion, l’ancien centre du Stade Toulousain et de l’équipe de France, a très vite pris les allures d’une belle aventure menée avec ses quatre associés. Une aventure qui commence quelque part en Chine, dans un endroit gardé secret où Sylvain Latapie, le directeur général des Jardins d’Occitanie, a pu trouver les précieuses semences de ginseng qu’il a rapporté non sans mal jusqu’en Haute-Garonne.

Le ginseng ne pousse qu'à l'ombre et se récolte tous les 6 ans
Le ginseng ne pousse qu'à l'ombre et se récolte tous les 6 ans
© Radio France - Les Jardins d'Occitanie

Le jeune Gersois qui n’avait encore jamais pris l’avion s’est retrouvé, sac au dos, à arpenter quelques sentiers ardus pour accéder à des plantations reconnues d’excellence. Les autorités chinoises ne plaisantant pas avec le ginseng, Sylvain Latapie se souviendra encore longtemps des péripéties diplomatiques par lesquelles il aura fallu passer pour ramener ce petit trésor dont on ne savait pas s’il prendrait dans les terres occitanes. Car le ginseng est une plante unique. Il faut déjà trois ans pour qu’elle produise des fruits puis six ans avant de pouvoir la récolter. La plante a également la particularité de ne pousser qu’à l’ombre, ce qui explique les grandes serres-canopée déployées sur les 26 hectares des trois sites de culture à Seysses, Rion-des-Landes et Sordes-L’abbaye, dans les Landes. 

Les récoltes se font à la main par des équipes d'habitués locaux
Les récoltes se font à la main par des équipes d'habitués locaux
© Radio France - Les Jardins d'Occitanie

Quelque peu mystérieux, le ginseng peut résister aux grands froids mais la plante se met alors en sommeil et il peut passer parfois une année avant qu’elle ne reprenne son développement. Le ginseng est également une plante particulièrement sensible aux parasites et aux maladies. La cultiver en bio et donc sans pesticide en s’aidant de certaines méthodes de permaculture comme les plantes compagnes rend l’exercice encore plus périlleux. L’équipe d’agronomes des Jardins d’Occitanie dirigée par Yoan Benoit avoue devoir la surveiller sans cesse. Le ginseng s’adapte plutôt bien au climat du sud-ouest de la France mais il a fallu avec les années développer une expertise et notamment sur la gestion de l’humidité et de la lumière.

On est parti de rien, juste des graines que l’on a fait germer. On a dû transposer des techniques culturales d’autres plantes que l’on croise avec l’approche scientifique d’agrophysiologie et celles des ingénieurs de l’école de Purpan à Toulouse avec laquelle nous travaillons en partenariat. On n’a pas fini d’en apprendre sur cette plante qui nous fait encore passer des nuits blanches mais c’est une plante magique qui ne ressemble à aucune autre.

L’entreprise soutenue par la région Occitanie et l’Union européenne conduit un programme de recherche appelé Gins’sia et composé de 14 scientifiques, chimistes, biologistes, agronomes afin d’améliorer naturellement la teneur en principes actifs, les « ginsénosides » dans la plante et pouvoir les préserver lors du processus de transformation. 

Les Jardins d'Occitanie est le premier laboratoire producteur français de compléments alimentaires
Les Jardins d'Occitanie est le premier laboratoire producteur français de compléments alimentaires
© Radio France - Les Jardins d'Occitanie

Enfin, ce sont ses racines que l’on réduit en poudre qui contiennent les molécules actives mais l’équipe de recherche et développement des Jardins d’Occitanie continue d’innover en ayant réussi à extraire des molécules d’intérêt de ses baies et de ses feuilles.

De la graine aux compléments alimentaires

Les Jardins d’Occitanie peuvent se targuer d’être le premier laboratoire producteur français de compléments alimentaires innovants et d’infusions bio, engagé et responsable. L’entreprise contrôle chaque étape de son processus de fabrication n’est pas peu fier de faire savoir son directeur général, Sylvain Latapie :

Nous partons de la graine pour arriver jusqu’à nos produits finis. C’est une énorme prise de risque. À chaque aléa climatique, nous risquons gros quand la plupart des laboratoires n’ont qu’un coup de fil à passer pour commander leurs plantes qu’ils vont ensuite transformer en gélule ou en sachet.   

Sylvain Latapie lors du tri et du nettoyage du ginseng, septembre 2021
Sylvain Latapie lors du tri et du nettoyage du ginseng, septembre 2021
© Radio France - Annabelle Grelier

Il faut dire que la concurrence est rude sur le marché des produits phytothérapeutiques et les labels garantissant la qualité et la provenance de la matière première sont souvent trompeurs pour le consommateur. L’importation de plantes médicinales est monnaie courante venant de pays très peu soucieux en matière sanitaires et sociales même si l’ANSES, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation de l'environnement et du travail alerte très régulièrement sur les risques et les mésusages de certains compléments alimentaires. 

Autre point important selon Elodie Hurtel, la responsable commerciale  des Jardins d'Occitanie : la composition des produits. Dans la plupart des compléments alimentaires, le détail des composants est souvent incompréhensible du grand public.     

Nous sommes des producteurs en bio et circuit court. On est vraiment transparent au niveau des principes actifs. C'est ce qui importe quand on veut se soigner avec les plantes. Si on prend un produit et qu'il n'y a rien d'indiqué au niveau du titrage, on ne sait pas si on est sur un produit de qualité. Sur nos produits tout est indiqué clairement et nous n'utilisons pas d'extrait.

Elodie Hurtel, responsable commerciale dans la boutique démonstration au siège des Jardins d'Occitanie à Seysses
Elodie Hurtel, responsable commerciale dans la boutique démonstration au siège des Jardins d'Occitanie à Seysses
© Radio France - Annabelle Grelier

De leur passion pour le ginseng, les 5 fondateurs des Jardins d’Occitanie en ont fait un défi d’excellence. L’ancien rugbyman, Yannick Jauzion, agronome et fils d’agriculteur, cherchait une aventure qui avait pour lui du sens. Le ginseng dont les vertus sont reconnues pour la vitalité dans la pratique sportive provenait essentiellement d’Asie sans que l’on puisse vraiment être sûr de sa qualité raconte Sylvain Latapie :

Nous sommes quasiment tous fils d’agriculteurs et agronomes pour nous cette aventure devait passer par une exigence de qualité et d’éthique à tous les niveaux. Nos plantes sont non seulement locales mais on les récolte et les lave à la main par une équipe d’habitués de la région que l’on paie selon les règles en vigueur en France.

Ginseng mais aussi sauge officinale, coquelicot, pavot de Californie, échinacée, verveine citronnelle, bleuet, camomille matricaire et romaine, l’entreprise cultive près d’une quinzaine de plantes médicinales. Des produits en vente sur leur site internet et dans plus de 250 pharmacies en France. Deux nouveaux sites de productions ouvriront bientôt à Montaut en Ariège.    

Les Jardins d’Occitanie qui ne consacrent pas de budget pour la publicité et la communication grandissent à l’image de leur plante fétiche, lentement et patiemment.