Publicité

Les "Leçons d'un siècle de vie" d'Edgar Morin dans les meilleures ventes

Par
Edgar Morin à Paris le 25 août 2013
Edgar Morin à Paris le 25 août 2013
© Getty - Eric Fougere

Dans la catégorie Essais-Documents, la deuxième place revient cette semaine au doyen des penseurs de notre pays, Edgar Morin, qui nous écrit "Leçons d'un siècle de vie" du haut de ses presque 100 ans.

Bienvenue dans le Box Office, le rendez-vous hebdomadaire de l’émission Soft Power. On y épluche chaque semaine les tendances de la culture et les plus gros succès du moment. En partenariat avec l’institut d’études GfK pour les livres et les jeux vidéos et CBO Box Office pour le cinéma.

Leçons d’un siècle de vie, publié aux éditions Denoël, ce sont donc “les leçons d’une expérience séculaire et séculière de vie” que nous livre Edgar Morin. Il s’intéresse en ouverture à une question brûlante, celle de l’identité, avec la louable et peut-être naïve ambition d’en pacifier l’usage contemporain. Pour Edgar Morin, l’identité réelle est complexe car elle est à la fois “une et plurielle” : je suis à la fois français et issu de mon village, d’origine immigré et de nationalité française, etc. Et pourtant, c’est tout cela en même temps qui forge l’unité de mon identité. L’erreur de l’identitarisme est donc d’abord une erreur de compréhension de ce qui constitue l’identité : ceux qui en font un refuge ou une citadelle sont peut-être ceux qui la connaissent le moins, ceux qui en ont la définition la plus limitée, réduite à sa caricature, à seulement l’un ou l’autre de ses composants. Edgar Morin est lui-même un juif sépharade, d’une lignée venue de Salonique, la Jérusalem des Balkans, la grande ville juive de l’Empire Ottoman. Mais il est aussi “enraciné dans l’histoire de France” et “viscéralement français”

Publicité

Littérature : rimes féminines en i

En littérature cette semaine, qui a dit que l’écriture était réservée aux hommes ? Car dans le classement de la semaine, les best-sellers sont surtout des "best-selleuses". Sur les 25 meilleures ventes de la semaine, 16 auteures sont des femmes. Parmi elles, on compte l’édition de poche de Et que ne durent les moments doux, de Virginie Grimaldi, suivie (à 50 exemplaires près) par Laetitia Colombani pour son nouveau livre, Le cerf volant. Juste après, c’est Marc Levy puis Leïla Slimani. Cette semaine en littérature, ce sont donc les femmes... et les rimes en i.

"Friends", "Conjuring 3" et "Nomadland"

Du côté des séries, le 27 mai dernier, HBO Max diffusait un épisode inédit de Friends, 17 ans après la fin de l’histoire. En France, c’est la plateforme Salto (le service de vidéo à la demande de TF1, M6 et France télé) qui avait obtenu la diffusion de cet épisode nostalgique, en version originale sous-titrée. Mais jeudi soir, il n’y aura plus besoin d’aller sur Salto ni de lire des sous-titres : TF1 diffuse en prime time, à 21h, l’épisode de Friends en question, intitulé “Les Retrouvailles”, avec le doublage des voix françaises historiques.

Au cinéma, le film le plus regardé du moment est Conjuring 3, un thriller d’épouvante, qui rencontre un succès assez dément : sur la semaine passée (du 9 au 15 juin), il occupe 41% des parts de marché.

À la deuxième place, on retrouve Nomadland, réalisé par la chinoise Chloé Zhao, un film indépendant de studio américain (notez l’oxymore). Salué par la critique (sauf Libération et les Cahiers du Cinéma, qui lui reprochent son côté “aimable” et consensuel), Nomadland a en tout cas convaincu les jurys des principaux prix : Lion d’Or 2020 à Venise, meilleur film dramatique aux Golden Globes et surtout trois Oscars, dont celui de meilleur film 2021. Il prouve maintenant son succès auprès du public français avec 125 000 entrées pour sa première semaine de diffusion.

« I’m houseless, not homeless », répète l’héroïne (formidable d’ailleurs) de Nomadland, une veuve qui part sur les routes américaines avec son mini-van faute de travail et de retraite pour vivre décemment. Nomadland c’est un road movie qui renoue avec l’histoire des vagabonds et des nomades, ces fameux « hobos » décrits par Jack London et plus tard par George Orwell et Jack Kerouac.

Ce qui est intéressant, c’est que les journaux BCBG français en font l’archétype du film « indie », pour indépendant, alors que c’est un film fait par Searchlight Pictures, c’est-à-dire par Fox, et donc maintenant par Disney. Ceux qui avaient prédit qu’il n’y aurait plus de créativité à Hollywood à cause de l’acquisition de la Twentieth Century Fox par Disney se sont trompés une nouvelle fois…

Twitch : nouvel eldorado des musiciens ?

Musique maintenant – et nouveau modèle économique pour l’industrie de la musique. La plateforme de streaming Twitch s’ouvre de plus en plus à la création musicale et rémunère les artistes. Selon les chiffres de l’entreprise, citées par le New York Times, l’audience du streaming musical sur Twitch a augmenté de 550 % l’année dernière. Pour un musicien, le principe est simple : on se filme en train de chanter ou de jouer d’un instrument, assis devant son ordinateur, tout en interagissant avec son "chat" (prononcez tchatte, c'est l'espace de conversation instantanée qui défile en même temps que le stream). Peu à peu, on fidélise sa communauté, le chat peut demander à ce que le chanteur reprenne un titre qui lui plaît, les spectateurs vont commencer à faire des dons, envoyer des "bits" (la monnaie virtuelle de Twitch), l’artiste recevra une portion des recettes publicitaires, et surtout, les spectateurs peuvent “sub”. Le mot est important. De l’anglais to subscribe = s’abonner, le fait de se "sub" à une chaîne coûte 5 euros par mois. La plateforme en prend la moitié, l’artiste l'autre moitié. Ce qui est un peu mystérieux pour ceux qui ne connaissent pas Twitch, c’est pourquoi quelqu’un va se "sub" à une chaîne, c’est-à-dire payer le prix d’un abonnement Netflix pour une seule personne qui joue de la guitare, alors que tout ce contenu est déjà gratuit ? (Car les LIVE, sur Twitch, sont tous et toujours gratuits). La raison est simple : pour dire son amour à un artiste, le soutenir parce que, stream après stream, on a appris à le connaître. Pour un artiste, c’est donc un formidable moyen de gagner de l’argent directement, sans dépendre d’un label d’une part, et de se connecter à son public, d’interagir avec ses fans en direct d’autre part. 

On finit de retour en France avec celle qui réussit tout en ce moment - et sans Twitch - c’est la chanteuse Clara Luciani. Plutôt adepte d’Instagram, elle sortait le 11 juin son nouvel album, disco-pop, “chic et funky” ajoute-t-elle, “dansant et solaire” dit-elle encore. Et ça marche, puisqu’en une semaine, elle s’est hissée à la première place des ventes d’album en France, plus de 22 000 ventes au compteur, physique et stream inclus. On écoute Coeur, de Clara Luciani – même si, pour être honnête, on ne peut pas dire que ce soit notre coup de cœur.

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.

LES RÉSEAUX SOCIAUX | Suivez Soft Power sur les réseaux sociaux pour ne rater aucun podcast mais aussi voir les photos, les vidéos et la playlist de l'émission : Instagram | Twitter | Facebook | LinkedIn | Spotify

L’ACTUALITÉ DE SOFT POWER | Pour une nouvelle éthique de la musique en streaming, nos conseils pour se réapproprier sa musique. Pour tout comprendre à l’actualité du numérique, lisez notre Alphabet numérique et notre guide des 44 intellectuels pour penser le numérique. Et pour en savoir plus sur la pensée de l'écologie, nous avons créé notre bibliothèque idéale des penseurs de l'écologie.