Les "migrants", dessinés par Baudoin

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Les "migrants" dessinés par Baudoin

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Bande dessinée | Un mot, une actu, un dessin. Baudoin, auteur de BD, qui a travaillé sur les réfugiés dans plusieurs de ses albums - "Méditerranée", ou "Humains" (L'Association) - s'empare du mot "migrant" pour proposer son interprétation dessinée.

"Tellement de gens en France sont prêts à aider les migrants, mais les médias n'en parlent pas". Le dessinateur Baudoin, lui, en parle, tout en donnant son interprétation dessinée du mot migrant.

1h 00

"Tous les jours des hommes, des enfants, des femmes, il en meurt tous les jours dans la Méditerranée et c’est terrible.

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Je suis né à Nice. Nice, c’est la Méditerranée et depuis trois ans je ne me baigne plus, je boude cette mer. Quand je vais parler des migrants - puisque j’ai fait un livre sur les migrants - c’est fou la quantité de personnes que je rencontre qui les aident et qui font comme elles peuvent, chacun ne peut pas avoir un homme, une femme, une famille chez lui.

Il y en a tellement en France, de gens qui ne sont pas opposés du tout à ce que des hommes et des femmes traversent la Méditerranée et des déserts pour venir chez nous mais on n’en parle pas beaucoup dans les médias.

J’ai découvert le pinceau et je ne l’ai plus quitté. Un homme qui faisait depuis longtemps des dessins, Moebius, Jean Giraud, qui me voit dessiner avec une plume, me dit : "mais pourquoi tu fais cela avec la plume moi j’utilise le pinceau ? - quoi, tu utilises le pinceau même quand tu fais Blueberry, même quand tu fais tes trucs là tout fins ?" 

Il me dit :"oui bien sûr."

Le noir et blanc, c’est arriver à l’essentiel, tout de suite à l’essentiel. Qu’est-ce qu’elle viendrait faire la couleur là, au milieu faire que ce soit joli ?

J’ai à peu près fini. Je suis en train de faire des nuages. Je casse, j’ai une ligne comme ça, une ligne comme ça et là je fais une ligne qui vient comme ça voilà.

Je construis un peu plus, ce n’est pas que cela n’a plus d’intérêt mais le dessin est fini, ce que je veux dire est fini. Moi je pense que l’image est très peu de choses à côté des mots parce que l’on peut se moquer d’une image, on peut  la détourner.

Quand on fait une image, il faut faire très attention que ce soit impossible surtout des images comme ça. Oui, oui il faut faire attention. Les mots donc sont capitaux,  je mets toujours des mots on peut faire des images muettes mais il faut se méfier."

27 min