La mystérieuse dernière toile de Van Gogh
La mystérieuse dernière toile de Van Gogh

La mystérieuse dernière toile de Van Gogh

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Les mystères du dernier tableau de Van Gogh dévoilés

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130 ans après sa mort, Vincent Van Gogh nous livre encore des secrets. Son dernier tableau, inachevé, "Racines d'arbres" a enfin été décrypté par un spécialiste après des années de mystères.

Racines d’arbres, le dernier tableau, inachevé, de Vincent Van Gogh dévoile son ultime secret : le lieu dont il s’est inspiré. Un lieu chargé en histoire puisqu’il s’est donné la mort à quelques pas. 

Une découverte inattendue

Mai 2020, Wouter Van der Veen range des cartes postales prises à Auvers-sur-Oise, lieu de fin de vie de Van Gogh, quand son œil s’arrête sur une image bien précise... 

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Un cliché en noir et blanc d’un chemin de terre où se tient un homme avec son vélo. À droite de l’homme, un talus, des arbres et des racines. 

L’endroit lui rappelle immédiatement “Racines d’arbres”, le dernier tableau de Van Gogh. Inachevée, la mystérieuse toile donne du fil à retordre aux spécialistes tant elle est éloignée du style habituel du peintre. 

Pendant une longue période, on a pensé qu’il s’agissait-là des premiers pas de l’art abstrait. Vincent Van Gogh était tellement novateur qu’il paraissait tout à fait logique que cet artiste puisse, à un moment, bousculer tous les codes figuratifs, vraiment les faire exploser. Pourquoi on pensait que c’était de l’art abstrait ? Tout simplement parce qu'on n’arrive pas à lire le motif de ce tableau. C’est un tableau déconcertant, avec des formes qui sont étranges, des couleurs qui sont déconcertantes également par rapport à ce qu’on devine quand on ne connaît pas le lieu où il a été fait”, développe Wouter Van der Veen, directeur de l’Institut Van Gogh. 

Les Nuits de France Culture
29 min

Des mystères élucidés

Après des mois de recherches, vérifications, comparaisons, ils tiennent la réponse : Van Gogh a dessiné ce talus, ces racines-là. Le tableau “Racines d’arbre” est simplement ce que voit Van Gogh. Loin de l’art abstrait, il s’est attelé, jusqu’à sa mort, à peindre la réalité.  

Cette découverte artistique est accompagnée d’une découverte plus personnelle.
Puisque le jour où il termine l’ébauche de Racine, le 27 juillet 1890, Vincent Van Gogh se tire une balle dans le torse. À cette époque, il vit à l’Auberge Ravoux à Auvers-sur-Oise, ville qui accueille beaucoup d’artistes. 

Il y dépose son chevalet en fin de journée, sort se promener, puis rentre à la nuit tombée, le torse béant. Il affirme qu’il a voulu se tuer. Il meurt 2 jours plus tard.

Mais jusqu’alors, personne ne savait ce qu’avait fait le peintre les dernières heures de sa vie.  

C’est un tableau qui a été réalisé le jour de son suicide. Dans ce sens-là, c’est un tableau qui a une importance capitale pour comprendre ce qui s’est passé dans la tête de Vincent Van Gogh le jour où il prend cette décision terrible, et également ça nous renseigne sur ce qu’il a voulu laisser derrière lui. On sait, grâce à l'identification du lieu, que Vincent Van Gogh a passé toute la journée du 27 juillet 1890 sur le motif, à observer ces racines qui se trouvent à 150 mètres de l’Auberge Ravoux pour réaliser, littéralement, son dernier chef-d’oeuvre”, analyse Wouter Van der Veen. 

Savoir qu’il a peint toute la journée conforte l’idée que Van Gogh à ses derniers jours, avait toute sa tête. Nombreux sont ceux croyant à la folie du peintre, à une démence, mais cette théorie, aujourd’hui, peut être écartée. 

Un tableau testament

Si sa santé mentale n’est pas défaillante, sa dépression est réelle. Tourmenté, en constante remise en question depuis des années, la maladie de son frère n’arrange rien. Van Gogh se laisse entraîner vers les abîmes. 

C’est un tableau testament, c’est un tableau qui ponctue, qui met fin, qui marque la fin d’une vie très tourmentée à l’apparence tragique. On arrive à une conclusion logique, glaçante, d’une lente descente dans la dépression, dans la mélancolie, dans la tristesse, dans le chagrin. La complicité qu’il avait avec Théo, son frère, était assez largement remise en question par tout un ensemble de facteurs. Donc on voit la solitude qui s’installe chez Vincent Van Gogh, on le lit aussi dans ses lettres, on voit cette mélancolie, toutes ces incertitudes, toute cette précarité qu’il sent et on glisse, thématiquement, dans ses tableaux, vers des choses vers des choses de plus en plus déprimées et déprimantes”, conclut Wouter Van der Veen. 

Les secrets de ce tableau racontent cet adieu. Un point final après 130 années de mystère.  

À lire : Attaqué à la racine de Wouter Van der Veen. Disponible gratuitement en ligne : www.arthenon.com/roots