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Les Nobel 2016

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Une journaliste en train de filmer une statue du fondateur du prix Nobel, le Suédois Alfred Nobel, à Stockholm en octobre 2013.
Une journaliste en train de filmer une statue du fondateur du prix Nobel, le Suédois Alfred Nobel, à Stockholm en octobre 2013.
© AFP - JONATHAN NACKSTRAND

(Re)découvrez ceux dont les recherches, les travaux ou les actes ont été récompensés en ce mois d'octobre 2016. Chaque année, les prix Nobel ou assimilé réservent bien des surprises. A commencer par un célèbre chanteur devenu... Nobel de littérature.

Littérature : Bob Dylan, ce poète

Le célèbre chanteur-compositeur américain, icône des années 1960, a surpris tout le monde en remportant le prix Nobel de littérature. Ses talents de poète ont été récompensés.

Photo d'illustration.
Photo d'illustration.
© AFP - JONATHAN NACKSTRAND

"Un poète phénoménal", nous confiait en décembre 2006 l'acteur et metteur en scène Jacques Bonnaffé :

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Jacques Bonaffé dit Bob Dylan, décembre 2006

57 min

Extrait de "Blowin' in the Wind" :

"Combien de fois faut-il lever les yeux avant d'apercevoir le ciel ? Combien d'oreilles faut-il à un seul homme, avant qu'il n'entende les autres pleurer ? Combien de morts avant qu'ils comprennent que le nombre est déjà trop grand ? La réponse, mon ami, est soufflée par le vent."

"Ah, sans le savoir j'avais pris dans mon étreinte un arbre magnifique mais dont le coeur était fêlé, et sans le remarquer j'étais déjà tombé dans le péché de la fausse sécurité de l'amour."

L'académie Nobel a salué l'auteur de "Like a rolling stone", "pour avoir créé une nouvelle expression poétique dans le cadre de la grande tradition de la chanson américaine".

Retrouvez nos dossiers sur les prix Nobel de littérature

Dylan raconte des histoires par la musique avec un tel talent que, parfois, on se demande s'il est poète ou musicien... Écoutez l'analyse de Cécile de Kervasdoué :

"La question l'ennuie parce qu'il la trouve absurde : pour Dylan, c'est méconnaître ce qu'est le folk"

1 min

© Visactu -

Nobel de la paix : le président colombien pour ses négociations avec les Farc

Le président colombien Juan Manuel Santos, le 29 juillet 2016.
Le président colombien Juan Manuel Santos, le 29 juillet 2016.
© AFP - LUIS ROBAYO

Autre surprise, la remise du Nobel de la paix à Juan Manuel Santos pour avoir négocié fin septembre un accord de paix avec la guérilla des Farc (les Forces armées révolutionnaires de Colombie). Une surprise, car ces négociations de paix ont été entachées à quelques jours de la remise du prix par le résultat d'un référendum. Les Colombiens ont dit "non" à la paix dans les conditions de l'accord, ce qui a fait redescendre Santos dans la liste des favoris du Nobel.

Le résultat de ce référendum_"a créé une grande incertitude quant à l'avenir de la Colombie"_, s’est inquiété le comité Nobel norvégien. Le jury a néanmoins décidé de récompenser les efforts du président colombien "pour mettre fin à plus de 50 ans de guerre civile dans le pays, une guerre qui a coûté la vie d'au moins de 220 000 Colombiens et déplacé près de six millions de personnes (...). Le prix devrait également être considéré comme un hommage au peuple colombien qui, malgré de grandes difficultés, n'a pas donné l'espoir d'une paix juste, et à toutes les parties qui ont contribué au processus de paix."

Les explications de Nadine Epstain dans le journal de 12h30 du 7 octobre :

Nadine Epstain : "Depuis qu'il est au pouvoir en 2010, l'objectif du président colombien est de mettre un terme définitif à la guerre civile."

1 min

Parmi les nombreuses réactions, celle de l'ancienne otage des Farc, Ingrid Betancourt. Elle estime, avec émotion, que ses anciens ravisseurs méritaient eux-aussi ce prix :

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Économie : c'est écrit sur le contrat

Le professeur Oliver Hart au moment de l'annonce, le 10 octobre 2016.
Le professeur Oliver Hart au moment de l'annonce, le 10 octobre 2016.
© AFP - SCOTT EISEN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA

Le "prix de la Banque de Suède en sciences économiques" a été remis à l'Américano-Britannique Oliver Hart et au Finlandais Bengt Holmström, pour leur "théorie du contrat". Des travaux aux multiples applications, des assurances aux textes constitutionnels.

Le jury a estimé que ces deux chercheurs avaient "développé un cadre exhaustif d'analyse des multiples aspects du contrat, comme la rémunération des dirigeants basée sur leur performance, les franchises ou les copayeurs dans les assurances, ou encore la privatisation de secteurs publics".

Ils ont notamment analysé la variété des contrats, un cadre théorique qui ouvre un vaste champ de réflexion sur la nature de ces contrats. Par exemple : un salarié doit-il être rémunéré sur ses performances ? Ou encore : un des contractants est-il mieux informé qu'un autre ?

Écoutez le décryptage d'Anne-Laure Chouin :

Leur idée : fixer un cadre théorique pour analyser tout ce qui détermine qu'un contrat est différent d'un autre

1 min

Chimie : les plus petites machines du monde

Jean-Pierre Sauvage dans un laboratoire de l'université de Strasbourg, le 5 octobre 2016.
Jean-Pierre Sauvage dans un laboratoire de l'université de Strasbourg, le 5 octobre 2016.
© AFP - PATRICK HERTZOG

Le prix Nobel de chimie a été décerné à trois chercheurs : le Français Jean-Pierre Sauvage, le Britannique Fraser Stoddart et le Néerlandais Bernard Feringa pour le développement de machines moléculaires. Ou plus simplement les plus petites machines du monde ! Les débouchés sont nombreux, du stockage d’énergie au traitement anti-cancer.

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Xavier Martinet a pu joindre Jean-Pierre Sauvage quelques minutes après sa distinction, pour l'émission "La Méthode scientifique" sur France Culture :

Jean-Pierre Sauvage : "Ce sont des machines parce qu’on peut les faire bouger, se déplacer, faire des engrenages, des moteurs, tout ça à l’échelle du nanomètre."

4 min

Ces chercheurs ont notamment conçu des moteurs et des "voitures moléculaires".

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A quoi pourront-elles servir ? Bernard Feringa imagine déjà, dans le futur, "de tout petits robots que le médecin pourra injecter dans les veines pour aller chercher une cellule cancéreuse". Un champ d'exploration vertigineux. Ce lauréat a confié "avoir l'impression d'être un peu comme les frères Wright, qui ont pris leur envol en avion pour la première fois il y a 100 ans. Les gens ont dit (à l'époque) : pourquoi aurions-nous besoin de machines volantes ? Et maintenant, nous avons le Boeing 747 et Airbus".

Physique : un bretzel qui explique tout

Duncan Haldane, après l'annonce du prix Nobel de physique, le 4 octobre 2016.
Duncan Haldane, après l'annonce du prix Nobel de physique, le 4 octobre 2016.
© AFP - EDUARDO MUNOZ ALVAREZ

La remise du prix Nobel de physique a été marquée par... un bretzel. Le jury a utilisé des petits pains pour expliquer devant la presse les "états étranges" de la matière, une théorie qui a valu la récompense suprême à trois chercheurs britanniques : David Thouless, Duncan Haldane et Michael Kosterlitz. A la clé, de futures applications sur les matériaux et l’électronique.

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"Les lauréats ont ouvert la porte sur un monde inconnu où la matière peut prendre des états étranges", a expliqué le jury. Ces chercheurs ont en effet travaillé sur les différents états de la matière et sur "les transitions des phases topologiques." La topologie (étymologiquement, "l'étude du lieu") désigne la branche des mathématiques qui s'intéresse aux transformations et aux déformations dans l'espace.

Les découvertes de ce trio ont permis "des avancées dans la compréhension théorique des mystères de la matière" , poursuit la Fondation Nobel, et ouvert "de nouvelles perspectives pour le développement de matériaux innovants". Il est déjà question d'innovations révolutionnaires comme les ordinateurs quantiques, beaucoup plus puissants que ceux d'aujourd'hui. Très résistants, les "isolants topologiques" initiés par ces trois chercheurs en sont peut-être la clé.

Médecine : vous avez dit "autophagie" ?

Yoshinori Ohsumi, après avoir remporté le prix Nobel de médecine, le 3 octobre 2016.
Yoshinori Ohsumi, après avoir remporté le prix Nobel de médecine, le 3 octobre 2016.
© AFP - TORU YAMANAKA

Mais qu'est-ce donc que "l'autophagie" ? Le premier prix décerné cette année, le Nobel de médecine, nous a invité à ouvrir le dictionnaire. Rien à voir avec des troubles digestifs ou des pratiques cannibales. Enfin presque... Puisque le lauréat, le Japonais Yoshinori Ohsumi, a travaillé sur les phénomènes de renouvellement des cellules, leur autodestruction plus précisément. Quand, en quelque sorte, les cellules évacuent leurs déchets vers un "compartiment de recyclage" appelé lysosome.

© Visactu -

Un phénomène naturel qui peut engendrer certaines maladies, comme le cancer, la maladie de Parkinson, le diabète et certaines maladies génétiques et neurologiques.

L'autophagie augmente sous l'effet du stress et permet "la réparation des cellules et le maintien des principales fonctions cellulaires", détaille Patricia Lemarchand, enseignante-chercheuse au CHU de Nantes, dans cette vidéo de l'Inserm :

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© Visactu -

Chaque prix Nobel s'accompagne d'une récompense d'environ 830.000 euros.