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Les sept candidats encore en lice pour la présidence de France Télévisions

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Malgré les difficultés de la mission, ils étaient bien davantage que prévu. Sur les trente-trois à s'être portés candidats pour le poste le plus prestigieux de l'audiovisuel français, sept seraient encore en lice. L'autorité de régulation les auditionnera dès les prochains jours, à huis-clos, avant de leur faire signer une déclaration sur l'honneur. Pour un choix révélé avant le 22 mai, et une prise de fonction à la mi-août. Après le précédent Mathieu Gallet à Radio France, cette décision est l'objet de toutes les attentions.

France Télévisions - bandeau
France Télévisions - bandeau
© Radio France - Eric Chaverou

Avant de revenir dans le détail sur ceux qui se présentent, sachez donc que le CSA a encore précisé ce mercredi 8 avril son processus de nomination. Il a décidé que ses auditions dureront deux heures, avec d'abord une présentation, sans support visuel extérieur, de trente minutes, puis un échange d’une heure trente avec les membres du Collège .

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Et les candidats auditionnés devront indiquer s'ils souhaitent rester inconnus et signer **la déclaration sur l’honneur ci-dessous, à propos « de [leurs] obligations fiscales » et de leur « *situation d'interférence ou de dépendance à l'égard d'intérêts publics * ou privés » ** .

Déclaration sur l'honneur pour le CSA des candidats à la présidence de France Télévisions

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Si la rumeur court, tant dans les couloirs de la tour Mirabeau qu'ailleurs, que sept candidats auraient été retenus par le CSA, le gendarme de l'audiovisuel n'a toutefois rien révélé, ni du nombre des présélectionnés, ni de leur identité, arguant sur ce dernier point qu'il ne voulait pas "dissuader les postulants ayant déjà d'autres responsabilités" .

Une opacité vivement critiquée de toutes parts. Il y a quelques semaines, l'UMP dénonçait le "mystère" et "l'opacité" entourant ce processus de sélection. Et ce mardi 21 avril, c'est au tour de la Société des journalistes de France 2 et France 3 de publier une tribune dans Le Monde, intitulée "France Télévisions, le règne de l'opacité".

Les sept candidats encore en lice

Rémy Pflimlin, PDG de France Télévisions
Rémy Pflimlin, PDG de France Télévisions
© Radio France - Eric Chaverou

Rémy Pflimlin, 61 ans, actuel président de France Télévisions

Candidat à sa propre succession, comme il l’a annoncé dans un message interne, celui qui avait été nommé en 2010 par Nicolas Sarkozy joue la continuité et le besoin de stabilité pour le groupe, qui fait actuellement face à un conflit social et doit mener d'importantes réformes.

Et ce alors qu'il est toujours sous le statut de témoin assisté pour des marchés sans appel d'offres entre Bygmalion et France Télévisions.

Ecoutez Bruno Patino, le bras droit de Rémy Pflimlin, invité début mars de Frédéric Martel, dans Soft Power, sur notre antenne.

Christophe Beaux, 48 ans, PDG de la Monnaie de Paris

C'est dans Les Echos du 26 mars dernier que cet autre membre du CA de France Télévisions a officiellement annoncé sa candidature, sans doute bâtie dans la continuité de ses déclarations de juin 2012, lorsqu'il avait plaidé pour des réformes structurelles en proposant notamment de repenser les conditions de diffusion de la publicité pour enrayer l'érosion des bénéfices.

Reconduit juste avant la dernière élection présidentielle, pour un mandat de cinq ans, à la tête de la Monnaie de Paris, cet énarque peut donc à la fois bénéficier du fait de ne pas avoir les faveurs de l'actuel chef de l'Etat, si le CSA veut faire montre d'indépendance, ou en souffrir via sa tutelle ou autres tentatives de déstabilisation - confère le précédent Mathieu Gallet à Radio France.

Nathalie Collin, 50 ans, directrice générale adjointe en charge du numérique à La Poste

L'ancienne présidente de la maison de disques EMI a été accueillie telle Sainte Rita à La Poste, où elle est arrivée il y a à peine deux mois en tant que nouveau visage du numérique.

Sans expérience à la télévision, elle est tout de même passée par Libération ou Le Nouvel Observateur , et peut se targuer d'avoir le soutien de Laurent Joffrin et de Vincent Meslet, ancien de France Télévisions, passé chez Arte quand Rémy Pflimlin lui a refusé la direction du département fictions. En outre, la candidature de cette manager énergique est également soutenue par Robert Zarader, un proche de François Hollande.

Robin Leproux, 55 ans, ex numéro 2 de M6

Le fils d'Henri Leproux, fondateur du Golf Drouot, pourrait bien être à la hauteur de l'un des plus grands défis qui attend le futur président de France Télévisions : renouer avec les bénéfices commerciaux. Cet ancien vice-président du directoire d'M6, dont il a piloté la diversification (télé-achat, chaînes thématiques), et ancien patron de la régie publicitaire de la chaîne, a mené une guerre des tarifs contre TF1 qui a laissé des traces dans l'audiovisuel français.

En outre, il est l'homme derrière la campagne de publicité "Vivre ensemble" d'RTL en 2004, lorsqu'il était président du pôle radio. Autre ligne sur son CV : la présidence du Paris Saint-Germain, de 2009 à 2011, deux années au cours desquelles il solutionne le problème des tribunes violentes.

Pascal Josèphe, 60 ans, fondateur d'IMCA

Le disciple d'Hervé Bourges, également proche de Martine Aubry, a entre autres dirigé Antenne 2 et FR3 en 1992, à l'époque où elles deviennent France 2 et France 3 et se dotent de nouveautés qui feront progresser l'audience : Le Cercle de Minuit , Bas Les Masques , L'Instit, Taratata , Hugo Délire ...

Pascal Josèphe est en outre le fondateur de la société IMCA (International Media Consultants Associés), spécialisée dans l'expertise audiovisuelle en France et dans le monde : une corde de plus à l'arc de ce fin connaisseur des programmes audiovisuels.

Cyrille du Peloux, 61 ans, à la tête de plusieurs départements chez Veolia

A cheval sur les principes, puisqu'il a également fait part à l'Elysée de sa candidature en adressant un courrier à Jean-Pierre Jouyet, cet ancien dirigeant de TF1 a notamment piloté, avec Patrick Le Lay, la privatisation de la chaîne lorsque tous deux étaient chez Bouygues.

Par la suite, il a pris la tête de Paris Première à la belle époque, puis participé à l'aventure TPS. Avant de quitter le monde des médias pour entrer chez Veolia. Détail à noter : il se murmure que Cyrille du Peloux aurait été reçu très discrètement par Olivier Schrameck, président du CSA, bien avant le lancement de la procédure.

Delphine Ernotte-Cunci, 48 ans, directrice exécutive d'Orange France

Son nom avait circulé mais elle n'avait ni confirmé ni infirmé les suppositions. Désormais officielle, sa candidature est en tout cas taillée pour assurer les coups de ciseaux nécessaires dans le budget de France Télévisions : sa réputation de "cost killeuse", notamment chez France Telecom, l'a précédée, et fait déjà frémir les syndicats du groupe audiovisuel.

Qui se sont organisés en interne, selon certains salariés, afin de lui rédiger un petit "tract de bienvenue" . C'est dire combien sa nomination est dans l'ordre du possible, d'autant qu'elle aurait également rencontré Olivier Schrameck en entretien secret il y a un peu plus d'un mois.

Ils n'ont pas été retenus

Marie-Christine Saragosse, présidente de France Médias Monde, le 1er septembre 2014
Marie-Christine Saragosse, présidente de France Médias Monde, le 1er septembre 2014
© Maxppp - Thomas Padilla

Marie-Christine Saragosse, 55 ans, présidente de France Médias Monde

Favorite selon plusieurs médias, cette diplômée de l'ENA et ancienne dirigeante de TV5 Monde a pris la tête de l'audiovisuel extérieur français en 2012, sur nomination de François Hollande, dont elle a su pacifier le climat suite au conflit ouvert entre Christine Ockrent et Alain de Pouzilhac.

Dans

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, elle affirme notamment prendre ce "risque" parce qu'elle croit à "l'absolue nécessité d'un secteur public, et plus encore, d'un service public audiovisuel fort".

Elle a été la première a annoncer que sa candidature n'avait pas été retenue, ce qui a notamment provoqué chez Rachid Ahrab, membre du CSA jusqu'en 2013, une "énorme surprise" comme il l'a précisé sur Radio Classique dès le lendemain matin.

Didier Quillot, 55 ans, administrateur du fonds d'investissements de Coyote

L'ex PDG d'Orange France et de Lagardère Active compte défendre un profil de gestionnaire sachant engager le changement dans des grandes entreprises, et se serait engagé à "refonder le dialogue social" en recherchant l'adhésion des salariés.

Econduit, Didier Quillot a choisi de prendre l'opinion publique à témoin en publiant son projet pour France Télévisions sur Internet. Amer d'avoir travaillé "en vain pendant neuf mois et en rencontrant plus de 150 personnes" , il déclare qu'il souhaite "rendre public [son] projet car [il] n'a pas eu l'opportunité de le faire devant le CSA".

Eric Garandeau
Eric Garandeau

Eric Garandeau, 42 ans, ancien président du CNC

Cet ancien conseiller culturel auprès de Nicolas Sarkozy (de 2008 à 2010) connaît bien France Télévisions, où il a travaillé un an sous la direction de Marc Tessier avant d'être au Conseil d'Administration de l'entreprise, de 2011 à 2013.

Alexandre Michelin
Alexandre Michelin
© Radio France - T.Baumgartner

Alexandre Michelin, 50 ans, directeur général de Microsoft MSN Europe

Ce diplômé de sciences politiques a été directeur des programmes et directeur général à Paris Première, Canal+ et France 5.

C'est le deuxième candidat à s'être dévoilé dans la presse, fin février dernier, juste après Serge Cimino.

Emmanuel Gout, 52 ans, président du parc d'attractions Cinecitta World

Haute silhouette originaire du Nord de la France, c'est pourtant en Italie que tout démarre pour Emmanuel Gout, jusqu'à devenir président de la filiale transalpine de Canal+, Telepiu. Fin connaisseur de l'audiovisuel, il a également piloté les débuts des chaînes commerciales de l'ex bloc communiste, après la chute du Mur de Berlin.

Nacer Kettane 61 ans, président et fondateur du réseau Beur FM

Après la Marche des Beurs où Radio Beur - qu'il a cofondée en 1981 - a joué un rôle important, il est notamment l’initiateur de la première Marche des Droits civiques en France en 1985. Radio Beur devient Beur FM en 1992, sous sa houlette, réseau qui dispose aujourd'hui de 19 fréquences à travers le pays.

Serge Cimino
Serge Cimino
© Radio France - JC Francis

Serge Cimino, 51 ans, délégué syndical SNJ de France Télévisions

Homme du sérail, ce journaliste politique est également délégué syndical SNJ (Syndicat National des Journalistes), et c'est bien sur ce terrain qu'il va faire campagne : Serge Cimino annonce vouloir "porter la parole des salariés" et a déjà présenté sur son blog sa feuille de route.

Photo Radio France

Matthieu Bellinghen, 46 ans, journaliste à France 3 Basse-Normandie

Autre candidat du sérail, mais un tantinet plus décalé, Matthieu Bellinghen, a communiqué son intention de postuler à la présidence de France Télévisions

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. Dans le fichier adressé au CSA, qui a depuis disparu, ce message : "Il n'y a qu'une seule vérité, tout ceci est à prendre au troisième degré !"

Cyril Hanouna, 40 ans, animateur sur D8 de Touche pas à mon poste

S’il y a une candidature qui doit remporter la palme du décalage, c’est bien celle-ci : l’animateur survolté de Touche pas à mon poste et des Pieds dans le plats sur Europe 1 s’est appuyé sur une formule de Nicolas Sarkozy pour bâtir sa candidature. Ce qui donne "La France Télévisions forte" . "C'est un gag" , reconnaît-il. "Mais si on me convoque, j'irai" .

Communiqué du CSA sur les 33 candidats à la présidence de France Télévisions

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