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Les travailleurs de la mer de Victor Hugo, un trésor du patrimoine écrit français

Par
Victor Hugo
Victor Hugo
- CC

« Je donne tous mes manuscrits, et tout ce qui sera trouvé, écrit ou dessiné par moi, à la bibliothèque nationale de Paris, qui sera un jour la Bibliothèque des Etats-Unis d’Europe. » Victor Hugo

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Dans cet ample patrimoine écrit et dessiné, entré à la Bibliothèque nationale en vertu du célèbre codicille testamentaire de Victor Hugo, le manuscrit des Travailleurs de la mer occupe une place de choix.

Conservateurs, historiens de l'art, spécialistes des textes et restaurateurs ont réuni toutes leurs compétences pour faire partager aux étudiants, aux amateurs et aux curieux leur savoir et leur passion autour des manuscrits originaux, exceptionnellement sortis des réserves de la BnF. Le poète poursuit alors son exil dans les îles anglo-normandes, dans un face à face avec l’océan, et l’idée de leur consacrer un roman semble jaillir dès 1859. Victor Hugo en commence la rédaction en 1864. Quatre mois lui suffit sent pour mener à bien l’œuvre : elle est publiée le 12 mars 1866. Composé de trois parties, le roman est dédié « au rocher d’hospitalité et de liberté, à ce coin de vieille terre normande où vit le noble petit peuple de la mer, à l’île de Guernesey » ; Victor Hugo y exalte « l’effort de l’homme contre l’élément ». D’emblée, Les Travailleurs de la mer ont été conçus comme un livre d’exception. Le papier, tout d’abord, a fait l’objet d’un choix méticuleux, et c’est un papier « inaltérable » que le romancier s’est procuré. Les rames vendues par le papetier guernesais vont servir à l’entière rédaction de l’œuvre, comme si l’espace avait déterminé la longueur du roman, puisqu’au verso de la dernière feuille, l’écrivain constate : « J’écris la dernière page de ce livre sur la dernière feuille du lot de papier Charles 1846. Ce papier aura commencé et fini avec le livre. » Le manuscrit permet de suivre les étapes de la rédaction du roman, de la première version à la plus tardive, que révèlent de fascinantes additions inscrites dans les marges ou sur des paroles.

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Après la publication, Victor Hugo fait relier son manuscrit en un épais volume dans lequel, pendant deux ans, il fait monter, ou monte lui-même, trente-six de ses dessins. Refl ets de la création graphique du poète à la fin de l’exil, ils sont choisis parmi des compositions qui ont précédé, accompagné ou suivi la rédaction de l’oeuvre : marines, bien sûr, mais aussi croquis de voyage, portraits ou caricatures. Aucun autre manuscrit de l’«Homme océan» ne devait donner lieu à une telle iconographie même si l’écrivain songea peut-être à renouveler l’expérience.

Entretiens de Marie-Laure Prévost, responsable des manuscrits français, BnF et Dominique Saligny, restaurateur, BnF