Lieux culturels fermés à cause du Covid-19 : neuf recours examinés par le Conseil d'État

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Lieux culturels fermés à cause du Covid-19 : neuf recours examinés par le Conseil d'État

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Banderole déployée devant le Conseil d'État par la CGT Spectacle ce lundi 21 décembre 2020.
Banderole déployée devant le Conseil d'État par la CGT Spectacle ce lundi 21 décembre 2020.
© AFP - Noémie Coissac / Hans Lucas

La juridiction administrative suprême a longuement examiné ce lundi les requêtes du monde de la Culture pour pouvoir ouvrir à nouveau théâtres, cinémas ou cirques. En raison de la pandémie, le gouvernement maintient leur fermeture au moins jusqu'au 7 janvier. Décision du Conseil attendue mercredi.

Saisi en urgence par les professionnels de la culture, le Conseil d'État a examiné trois heures durant ce lundi matin neuf recours en référé-liberté. En cause : la décision du gouvernement de prolonger la fermeture des lieux culturels pour lutter contre la pandémie, au moins jusqu'au 7 janvier. La décision sera rendue mercredi soir, a annoncé la plus haute juridiction administrative, qui examinera la veille un recours des musées sur le même thème.

La nécessité "d'éviter des morts évitables" selon le gouvernement

C'est par des chiffres d'abord que cette longue audience a débuté. Ceux du ministère de la Santé, les 131 décès dus au Covid-19 hier, les quelque 25 000 malades toujours hospitalisés. Les hôpitaux ne se vident pas, ils se remplissent. Nous sommes sur un plateau ascendant, insiste Charles Touboul, le directeur juridique du ministère. Sans parler de cette nouvelle souche plus contagieuse qui vient d'être détectée au Royaume-Uni et qui oblige notamment Londres à se reconfigurer. 

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Bref, la situation est extrêmement préoccupante, martèle Charles Touboul. Et il explique que les salles de spectacles et les salles de cinéma sont des endroits clos dans lesquelles il y a des mouvements de population, des interactions entre les gens. Ce qu'il faut justement limiter au maximum. 

"Faut-il désormais que nous allions chanter dans les églises ?"

"Sauf que l'on ne doit pas laisser les chiffres asphyxier le débat !" lui répondent en face les requérants, comme le chanteur Francis Lalanne, très remonté. Il rappelle, et il n'est pas le seul, d'ailleurs, qu'aucune étude spécifique ne prouve que le virus circule davantage dans un théâtre que dans un commerce ou dans un lieu de culte. "Non, aucune", admet le ministère de la Santé. L'artiste ne supporte plus cette rupture d'égalité, comme il l'appelle. Et il s'interroge. Il s'insurge : "Faut-il désormais que nous allions chanter dans les églises ou dans les grands magasins où les gens se pressent les uns contre les autres ?"

Alors que le directeur du Théâtre du Rond-Point à Paris, Jean-Michel Ribes, lui, tient à revenir sur le protocole très strict auquel s'est astreint son théâtre, lors des confinements : distanciation, aération, évacuation du public rangée par rangée. Jean-Michel Ribes raconte aussi l'aspect thérapeutique du théâtre, "cette respiration nécessaire, cet outil de résilience, ce message envoyé au public que tout n'est pas foutu", dit-il. "Nous n'apportons pas la mort, conclut-il, nous apportons la vie." 

Charge maintenant aux juges de trancher. La décision sera rendue mercredi soir. 

Ce matin encore, dans une tribune publiée par franceinfo, plus de 350 personnes, comédiens comédiennes, metteur(e)s en scène, humoristes, directeurs de théâtre ou encore de festival appelaient à sauver la culture et ses acteurs.

Affaire en cours
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Journal de 18h
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