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Line Renaud : "J'ai la chance d'avoir naturellement une très grande sympathie avec le public"

 Line Renaud, circa 1955.
Line Renaud, circa 1955.
© Getty - Keystone/Hulton Archive

1970. Invitée de l'émission "Au chat qui pouffe", la chanteuse Line Renaud raconte ses débuts dans son Nord natal et comment à force de travail, elle est arrivée à se produire dans des revues à Las Vegas. Ce parcours éclatant n'aurait pu se faire sans l'amour qu'elle porte au public.

Line Renaud de passage à Paris, était l'invitée de l'émission "Au chat qui pouffe" au printemps 1970. Elle commence par s'excuser de vivre aux États-Unis, ce n'était pas son "but" explique-t-elle, mais elle y est juste "partie pour faire [son] métier". Elle revient sur son parcours, sur ce qui l'a amené à chanter. Elle pense que tout est "écrit" depuis l'enfance. Elle, c'était le spectacle et le chant qui l'attiraient, pourtant ,"il n'y a jamais eu personne d'artiste dans ma famille", confie-t-elle, son père était chauffeur de camion dans une usine et sa mère, secrétaire. Elle se souvient de ses débuts : "De six à quatorze ans, je chantais en amateur dans les crochets, je gagnais des prix et puis ce sont les gens qui m'ont poussée à devenir professionnelle."

"Au chat qui pouffe" avec Line Renaud : "J'ai la chance d'avoir naturellement une très grande sympathie avec le public". Une diffusion du 10/04/1970.

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Elle raconte ses débuts à Paris toute jeune fille et qu'elle cherche à rencontrer Louis Gasté dont elle chantait déjà les chansons et qui deviendra son mari plus tard en 1950. "Il a été complètement mon pygmalion", dit-elle, "c'est lui qui a dégagé toute cette personnalité, elle n'était pas apparente, je l'ignorais moi-même". Son répertoire était varié, elle alternait les chansons dramatiques, fantaisistes, réalistes. 

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"Je voulais devenir une vedette par la chanson", elle ne pensait pas encore aux revues. Sa carrière s'est faite sur un rythme lent mais solide, contrairement aux jeunes vedettes de maintenant, "on ne faisait pas une vedette tous les six mois". "La technique est devenue si parfaite maintenant", les débutants n’apprennent plus le métier, "ils deviennent vedettes sans savoir ce que c'est", constate celle qui a commencé très jeune sur scène.

Je pense que dans tous les domaines, la conquête de l'Amérique est une consécration. C'est toujours flatteur d'avoir un succès en dehors de ses frontières.

Elle se souvient de ses premiers pas aux États-Unis, c'était dans un show télévisé, "je n'ai pas eu le temps d'avoir le trac". Puis elle s'est produite dans des revues à succès à Las-Vegas. En France, elle aimerait réaliser des spectacles à l'américaine, "le public français est prêt à recevoir tout ce qui apporte quelque chose de nouveau", estime-t-elle, mais elle ne souhaite pas revenir faire un tour de chant. Elle préfère aller vers de nouveaux projets, comme monter une comédie musicale.

Je pense qu'il y a une chose que je ne contrôle pas, c'est une chose qui ne se travaille pas, vous l'avez ou vous ne l'avez pas, il y a un contact, une sympathie que je n'ai jamais travaillée, qui est naturelle, c'est la relation avec le public.

  • "Au chat qui pouffe"
  • Première diffusion : 10/04/1970
  • Production : Joëlle Witold
  • Indexation web : Odile Dereuddre