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"Listes citoyennes" et "listes communautaires" : faux-nez, pastiches et épouvantails aux municipales

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Assortiment de nez artificiels.
Assortiment de nez artificiels.
© Getty - Westend61

"Listes citoyennes" et "listes communautaires" sont dans un bateau pour les élections municipales. Qui tombe à l'eau ? Les "listes communautaires" : l'expression n'a aucun fondement pour les sciences sociales qui montrent plutôt une incapacité à penser la citoyenneté des minorités.

Deux mots, ou plutôt deux expressions, ont balisé la campagne et même l’avant-campagne pour les élections municipales dont le premier tour s’ouvre ce dimanche 15 mars : 

  • “listes citoyennes” d’une part
  • “listes communautaires” de l’autre. 

Les deux termes posent la question de la participation au jeu électoral - et de qui, au juste, en est. En six mois, ils se sont banalisés dans le répertoire politico-médiatique au point qu’on a fini par les assimiler. Sauf que les sciences sociales nous apprennent plutôt que l’un existe, au moins un peu, (les “listes citoyennes”)... et l’autre, pas vraiment (les “listes communautaires”).

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Fonctionnant un peu comme deux sœurs siamoises, les deux dynamiques ont un point commun, qui est en fait un point de départ : le discrédit, flagrant, de la grammaire politique traditionnelle. Cette grammaire est celle des partis, et ce discrédit découle d’une désaffiliation que pointe par exemple le politiste Rémi Lefebvre qui vient de sortir, à un mois des élections : Municipales : quels enjeux démocratiques ? (à La Documentation française). Il s’agit au fond de renouvellement, et de rupture avec les règles qui prévalaient dans le jeu politique.

Vitrification du paysage politique

C’est bien dans ce cadre qu’émergent aujourd’hui ces “listes citoyennes” sur lesquelles les médias zooment depuis plusieurs mois. Le phénomène correspond à une tendance de fond, qui n’a pas rien à voir avec le mouvement des “gilets jaunes”, ni, non plus, avec l’éclosion de la République en Marche pour la conquête de l’Elysée, en 2017. En commun, par exemple, l’idée de profiter de ce que Vincent Martigny et Sylvie Strudel appelaient finement “un paysage politique vitrifié”, dans leur contribution à l’ouvrage collectif L’Entreprise Macron (paru il y a un an aux Presses universitaires de Grenoble sous la direction de Bernard Dolez, Julien Fretel et Rémi Lefebvre, et qui avait fait l’objet d’une émission La Suite dans les idées, le 22 juin 2019 sur France Culture) :

45 min

Le tout remonte à la fin du XIXe siècle, lorsque le mouvement ouvrier, qui cristallise depuis la fin des années 1860, s’essaye à des expérimentations démocratiques. Le même Rémi Lefebvre, dans le dernier numéro de la revue Mouvements, désigne ces expériences de municipalisme comme “un laboratoire de changement socio-politique et de politisation”. C’est-à-dire que le mouvement ouvrier se saisit de l’échelon local pour s’approprier le jeu électoral et politique, jusqu’ici tenu par les élites. Les mairies font alors figure de porte d’entrée dans le jeu politique à conquérir, mais aussi de laboratoire pour piloter des politiques qu’on rêve moins verticales.

Plus d’un siècle plus tard, l’association “Action commune”, qui accompagne les expériences de listes participatives, vantait, par exemple le 7 février dans le Monde, un listing, non exhaustif, de 244 listes à l’échelle de l’Hexagone, qui s’inscriraient dans un élan de reconquête de la participation. Mais à la date du 26 février, à moins de trois semaines du scrutin, la politiste Myriam Bachir estimait (sur un blog animé par un collectif de chercheurs sur lemonde.fr) que ces listes pourraient même être “entre 350 et 500”, contre “une dizaine en 2014”.

Souvent, ces listes sont celles que vous avez vu fleurir sous l’étiquette “Nous sommes”, suivie du nom de la ville. Sur le papier, il s’agit non seulement de représenter, mais aussi d’incarner, et de puiser sa légitimité dans un élan participatif souvent malmené. Car entre temps, des expériences de “conférences citoyennes” et autres “grands débats”, pas toujours exempts d’une forme de docilité participative, ont parfois fait l’effet d’une douche froide.  Les “listes citoyennes” correspondent à une réalité, et sans doute aussi à un authentique appétit de co-construire sa ville, ou sa vie. C’est cet élan qui affleurait déjà, en 2001, quand, à Toulouse, la liste “Motivés” derrière, notamment, les chanteurs du groupe Zebda, avaient fait 12% des voix.

Marche-pied et "tiers citoyen"

Pour autant, toutes les listes dites “citoyennes” ne procèdent pas plus du municipalisme qu’elles ne seraient, au fond, un marche-pied réservé aux non-initiés. Dans le contexte de défiance très forte vis-à-vis des partis, certaines formations politiques ont ainsi choisi d’hybrider leurs propres rangs cette année, en intégrant des “citoyens” non-encartés à des listes. Y compris quand elles sont déjà à la tête d’une municipalité et quand c’est le maire sortant qui se représente, comme c’est le cas par exemple à Ivry-sur-Seine* : dans ce fief historique du PCF de 62000 habitants, tout près de Paris, c’est le communiste Philippe Bouyssou (aujourd’hui le maire et hier le premier adjoint), qui reste tête de liste, mais avec, en deuxième position une journaliste, non-encartée, Nathalie Leruch, et au total, un tiers de la liste composée de ce que l’équipe sortante a baptisé “le tiers-citoyen”, vantant “un grand coup de fraîcheur”.

“Tiers-citoyen” comme on dirait_“Tiers Etat”_ ? L’affichage est explicite et, d’ailleurs, le choix des seize positions éligibles s’est fait au tamis d’une désignation, quartier par quartier. A Ivry, les employés communaux et les adhérents d’un parti ont été d'emblée exclus de ce processus de désignation. A Toulouse en revanche, on retrouve jusqu’à 28 militants sur la liste de 70 noms, tandis qu’à Nice*, c’est une liste commune du Parti communiste et de la France insoumise qui a pris l’étiquette “citoyenne” comme le notait, sur le même blog, l’historien Pierre-Emmanuel Guigo. Ailleurs encore, des “listes citoyennes” ont reçu l’investiture de partis en quête d’ancrage local ou tout simplement de militants identifiés, comme par exemple La France insoumise.

On est loin de l’entrée triomphale des profanes en politique et ce qu’on a appelé les “listes gilets jaunes” ? Spécialiste des questions de démocratie participative, le politiste Guillaume Gourgues (qui publie  dans le même numéro de Mouvements deux entretiens sur les listes citoyennes) a pu mettre en garde contre une forme de “citizen washing” à mesure que les médias s’intéressaient à ce nouveau label à géométrie variable. Comme si l’étiquette était au fond à la participation ce que le “green washing” est à l’opportunisme environnemental ? Sur l’antenne de France Culture, le chercheur Sébastien Michon, invité par Emmanuel Laurentin dans l’émission Le Temps du débat le 10 février 2020, expliquait aussi que, dans l’Est de la France par exemple, d’anciens collaborateurs parlementaires ou des militants politiques très identifiés tendent aujourd’hui à se présenter plutôt en tant que responsable associatif : 

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Pour autant, la démarche n’est pas à jeter en bloc, et conserve parfois une vraie authenticité. La chercheuse Myriam Bachir montre ainsi que la catégorie “liste citoyenne” fonctionne malgré tout, en ce qu’on y retrouve souvent des points communs (elle dit “invariants”). Et par exemple :

  • “1) une fabrique citoyenne du programme
  • 2) des modes de sélection des candidats hybrides et sophistiqués
  • 3) un engagement en faveur d’une action publique plus collaborative incluant des formes de démocratie directe en cas d’élection."

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Si l’on replonge aux racines du municipalisme, on (re)découvre justement que l’implication, à l’échelle locale, du mouvement ouvrier dans la gestion des villes, n’a pas seulement été un label. Elle a même parfois permis de vraies avancées sociales, à une époque où l’Etat-Providence était loin d’être consolidé. A Roubaix, au début du XXe siècle, on pouvait par exemple se rendre à la mairie pour des consultations juridiques, gratuites, quand un litige nous opposait au patronat. Et dans de nombreuses villes communistes de la ceinture rouge parisienne, on n’a pas toujours défalqué les jours de grève sur la fiche de paye des fonctionnaires territoriaux. La filiation a un sens et nourrit historiquement la démarche de ces “listes citoyennes”. Cette généalogie leur donne une forme de réalité, et valide la catégorie et l’expression, aujourd’hui plus courante que jamais. On ne peut pas en dire autant des “listes communautaires” - en tous cas, pas telle que l’expression est employée, qui résiste mal à l’analyse par les sciences sociales, qu'on se situe dans le champ de la sociologie, de la science politique, ou même de l'histoire.

Début mars, le ministère de l’Intérieur annonçait qu’elle en avait relevé “seulement dix” qui pouvaient, tous comptes faits, être qualifiées de “listes communautaires”... sur un total de 20 765 listes déposées en préfecture. Et la place Beauvau de préciser au passage que le tout n’était peut-être pas exhaustif : le comptage émane des remontées que les préfets ont faites depuis le terrain.

Or l’enjeu n’est pas quantitatif : il est politique - et même sémantique. Car depuis que Gérald Darmanin*, Xavier Bertrand* ou Bruno Retailleau* (chef de file des députés LR) ont successivement battu le rappel contre ces “listes communautaires” à l’automne 2019, l’expression a fait du chemin jusqu’à une proposition de loi déposée au Sénat pour les interdire. Au moment où les “listes citoyennes” tentaient d’installer une nouvelle grammaire locale, les “listes communautaires” investissaient pour de bon le vocabulaire médiatique. Au point qu’il est aujourd’hui question du nombre de ces listes, et pas de leur existence, ou de ce que la catégorie peut bien valoir du point de vue empirique. Comme si, finalement, l’idée avait en quelque sorte été devancée par son appellation -  un peu comme on dirait : “Il n’y a pas de fumée sans feu”, et qu’on pouvait départir le bon grain de l’ivraie, en légitimant d’un côté les “listes citoyennes” tout en alertant, de l’autre, contre les “listes communautaires”.

C’est ainsi que, le 2 mars dans Le Monde, puis les jours suivants dans le reste de la presse, on a pu voir se multiplier de nombreux articles qui semblaient dégonfler une polémique : l’existence d’un raz-de-marée en préparation, à même de balayer d’un revers de bulletin tous les fondements du jeu de la démocratie locale. Le mécanisme est bien connu des chercheurs en sociologie des médias : on débat du contenu, mais pas du contenant, et finalement on tient pour acquis, aux yeux des lecteurs, que le label existe. La preuve ? On en parle !

En y regardant de plus près, la plupart reprenaient en fait une dépêche AFP parue après que le ministère de l’Intérieur avait décidé de communiquer sur le petit nombre de “cas” qui lui aurait été remontés par les préfets. Trois mois plus tôt, c’est une autre dépêche AFP, annonçant, le 19 octobre 2019 “Macron se prononce contre l’interdiction des listes communautaires” qui avait déjà entamé une banalisation de l’étiquette. Une fois reprise le site d’Europe 1 ou encore de la Dépêche du Midi, par exemple, l’expression “liste communautaire” n’apparaissait plus une seule fois entre guillemets dans le texte, sur quatre répétitions - et seule l’expression “listes communautariste” écopait encore de guillemets, attribuée à Bruno Retailleau (LR). 

Epouvantails et généalogie

Comme si “liste communautariste” était un épouvantail politique... là où “liste communautaire” relèverait tout bonnement d’un décryptage ordinaire et d’une catégorie homologuée ? Pourtant, les sciences sociales montrent justement le contraire : la catégorie “listes communautaires” ne découle pas d’une observation empirique, au ras du terrain. La chose a même tout d’un phénomène construit loin du terrain, qui procéderait plutôt d’un alliage brassant commentaire médiatique et petites phrases politiques. Et le tout révèle d'abord une certaine vision du couple entre citoyenneté, démocratie participative et islam dans la mesure où ces listes portées par des profanes, ne s’appellent plus “listes citoyennes”.

Si tout ceci procède d’abord d’une construction, cette construction est récente. Ainsi, avant cette campagne pour les municipales, le terme existait peu dans le langage courant, comme le montre une simple recherche internet. Il n’est pas intrinsèquement inédit pour autant : en 2013, alors que se profilaient les municipales de 2014, l’hypothèse de “listes communautaires” émergeait déjà dans le champ politique : Libération, par exemple, y avait consacré un sujet de fact checking (publié le 27 février 2013 en rubrique “Desintox”). Mais à l’époque, c’est le frontiste Florian Philippot qui employait le terme.

Six ans plus tard, le terme n’est toujours pas davantage utilisé par les intéressés et vous ne trouverez pas une seule liste, parmi celles qui inquiètent la place Beauvau, qui se définisse elle-même comme “communautaire”. Pour certains, le fait que le mot ne soit pas employé ne veut rien dire, au contraire : ne serait-ce justement pas le signe d’un agenda caché ? Et bien la preuve que ces listes qui ne disent par leur nom sont, en fait, un faux nez de l’islamisme qui avancerait sous les atours de la démocratie participative? Les ferments du syllogisme sont bien en place - même s'ils résistent à l'analyse conceptuelle comme à la recherche empirique.

Les chercheurs en sciences sociales, eux non plus, n’utilisent pas l’étiquette “liste communautaire” pour la bonne raison que la notion n’a rien de scientifique. Elle ne repose en effet sur aucun conceptualisation scientifique, et ne correspond pas plus à des résultats de recherche. Un fantasme ? C’est ce qu’affirme le chercheur Julien Talpin depuis quelques mois. Spécialiste de la participation, il est vent debout depuis que le terme s’est frayé un chemin dans le paysage médiatique. C’est lui qui dénonçait, par exemple sur le site The Conversation début février, une stigmatisation évidente d’une catégorie d’électeurs, les musulmans : 

Dans la bouche des élus, il s’agit essentiellement de listes électorales portées par des minorités ethniques et des personnes perçues comme de confession musulmane.

Et le chercheur, qui distingue plutôt un positionnement assez centriste dans les programmes des candidats les plus incriminés qu’il a pu analyser, de noter :

Il faut en outre rappeler qu’il a existé en France une longue tradition de démocratie chrétienne au sein de la droite française, à l’image du Mouvement républicain populaire (MRP, actif de 1944 à 1967) ou de l’Union pour la démocratie française (UDF, actif de 1978 à 2007). Ces partis n’ont jamais été [accusés de communautarisme] ou de ne pas respecter les principes de la laïcité, en dépit des motivations religieuses à l’origine des engagements de certains de leurs membres.

Le 26 novembre 2014, jour des quarante ans de la légalisation de l’avortement en France, Christine Boutin postait ceci sur Twitter :

#IVG : il y a 40 ans je recevais un coup de poignard dans le cœur avec le vote de cette loi! Il entraîna ma carrière politique!

Quelques mois plus tôt, la même Christine Boutin venait d’initier, pour les élections européennes qui se déroulaient cette année-là, des listes “Force Vie lors des dernières élections européennes” - vite rebaptisées “listes pro-vie” dans les médias. A l’époque, aucune de ces listes n’avait dépassé les 3%, mais Christine Boutin disposait d’une surface médiatique importante : entre mai 2007 et juin 2009,  elle avait fait partie des deux premiers gouvernements formés après l’élection de Nicolas Sarkozy à l'Elysée.  Aucune trace dans les archives qu’on ait alors titré sur la présence de “listes communautaires”.

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* A Saint Quentin, dans l'Aisne, Xavier Bertrand est candidat (mais pas tête de liste), sur la liste "Avec vous, pour Saint Quentin" (Divers droite, selon la codification du ministère de l'Intérieur). Quatre autres listes ont été déposées : "L'Alternative pour Saint-Quentin" (Dives gauche), "Saint Quentin Renouveau" (Rassemblement national), "Lutte ouvrière - Faire entendre le camp des travailleurs" (Extrême gauche), et "Les voix de la colère" (Parti communiste français).

A Tourcoing, dans le Nord, Gérard Darmanin est tête de liste aux municipales sur une liste "Union du centre -Le choix de Tourcoing". Sept autres listes ont été déposées pour le premier tour à Tourcoing : "Résistance populaire" (Divers gauche), "Lutte ouvrière - Faire entendre le camp des travailleurs" (Extrême gauche), "Tourcoing pour tous, tous pour Tourcoing" (Divers gauche), "Unis pour Tourcoing" (Rassemblement national), "Ambition commune Tourcoing 2020" (Divers gauche), "Tourcoing solidaire et engagée" (Divers gauche), et "Tourcoing vert demain" (Europe écologie les Verts).

Six listes à Ivry-sur-Seine : celle du maire sortant, tête de liste Philippe Bouyssou, "Ensemble pour Ivry" (Parti communiste français), "Ivry demain" (Europe écologie Les Verts), "Ivry autrement" (Divers droite), "Ivry c'est vous" (LREM), "Ivry anticapitaliste et révolutionnaire" (Extrême-gauche) et "Lutte ouvrière - Faire entendre le camp des travailleurs" (Extrême-gauche).

Douze listes déposées à Toulouse : "Toulouse Anticapitaliste" (Extrême-gauche), "Archipel citoyen" (Divers gauche), "Aimer Toulouse avec Jean-Luc Moudenc" (divers droite), "En avant Toulouse" (Divers), ¨Pour la cohésion! L'autre choix" (Divers gauche), "Rassemblement toulousain" (Rassemblement national), "Une nouvelle énergie pour Toulouse. La gauche, l'écologie, les toulousain.e.s" (divers gauche), "Debout Toulouse" (Debout la France), "Toulouse animaliste" (divers), "Faire entendre le camp des travailleurs" (Extrême-gauche), "Toulouse belle et forte" (Divers centre) et "Toulouse aux travailleurs, pas aux spéculateurs", (Extrême-gauche).

Huit listes enfin à Nice : "Nice pour tous" (Divers droite), "Tous pour Nice" (Divers), "Christian Estrosi" (Divers droite), "Nice au coeur" (Parti socialiste), "Retrouver Nice" (rassemblement national), "Nice Écologique, soutenue par Europe Écologie-Les Verts et l'Alliance Écologiste Indépendante" (Ecologiste), "VIVA ! Démocratie, Ecologie, Solidarité" (Divers gauche) et "Lutte ouvrière - Faire entendre le camp des travailleurs" (Extrême-gauche).

Toutes les nuances politiques des listes mentionnées ci-dessous correspondent à la codification par le ministère de l'Intérieur sur son site.g