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Littérature, musique, théâtre... 5 idées pour votre week end

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Chaque vendredi, Arnaud Laporte et les critiques de La Dispute vous proposent une sélection de rendez-vous culturels pour votre week-end.

Toute cette semaine, les critiques de La Dispute ont une fois encore débattu pour vous du meilleur de l'actualité culturelle. Résultat de ces échanges en 5 récréations, un spectacle, un album, un festival, un roman, un film. Bonnes découvertes !

Un spectacle : "Une maison de poupée", une adptation audacieuse de Lorraine de Sagazan

D’abord actrice, puis assistante de Thomas Ostermeier et de Roméo Castellucci, Lorraine de Sagazan a fait ses débuts de metteure en scène en adaptant Démons, de Lars Noren. Adaptation, encore, avec cette Maison de poupée, d’après Ibsen, pièce qu’elle a réécrite pour le  XXIème siècle, afin d’interroger les rapports sociaux de sexe, et le pouvoir au sein du couple.

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L'avis des critiques :

Je trouve très astucieux d’avoir inversé les rôles, ce qui est une actualisation et résout en partie le problème de la pièce qui peut paraître un peu datée, bien que ce soit une pièce féministe. Les comédiens sont plutôt bons, mais dans l’écriture ça ne va pas jusqu’au bout. La partie récit est un peu bâclée, pas tout à fait réussie. Il y a des passages un peu laborieux et ratés, heureusement la fin est belle. Malgré des bons côtés je n’ai pas été bouleversé par le spectacle. Philippe Chevilley

Je trouve que l’idée de la metteure en scène d’inverser les sujets est extrêmement sympathique, mais c’est pour moi une pièce de l’humiliation. Cela finit par m’agacer que ce soit l’homme ou la femme qui reste à la maison. J’ai quand même des réserves. Les acteurs sont bien là et engagés dans ce projet, mais ça ne tient pas jusqu’au bout. C’est comme si on voulait nier tout le temps la fragilité et créer des stéréotypes. Marie-José Sirach

Le maître chanteur est peut-être ici un petit peu en force et un peu moins visible. C’est une pièce qui pose aussi plein de problèmes non pas formels, mais intellectuels. Non pas que le propos dévoilé manque de puissance, mais la fin sous forme de manifeste enlève du mystère à cette situation pour faire de la pièce quelque chose d’actuel et politique. C’est dommage pour la poésie de ce texte. Ce qu’elle nous dit n’est pas faux, pour autant le faire de manière aussi simple est un peu court. Christophe Brianchon

56 min

Un disque : "Radiate" de Jeanne Added, un album travaillé, spirituel et sophistiqué

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Après un 1er album, Be sensational, qui portait bien son titre et nous avait envoûté, Jeanne Added ouvre la palette de sa sublime voix pour un opus conçu avec le duo franco-écossais Maestro. Affranchie de son bagage jazzy et lyrique, la musicienne ose un album plus électro et plus dansant, même si l’obscurité reste menaçante.

L'avis des critiques :

La musique de Jeanne Added a un côté austère, mais aussi très accessible. Elle construit les chansons autour de cette voix, ce qui aurait pu être casse-gueule, mais elle n’a pas oublié la mélodie. Il y a cette facilité à marier l’organique et le synthétique. Elle s’est beaucoup amusée avec les machines, faisant un album en clair-obscur. Sophie Rosemont

Je ne trouve pas ça austère du tout. Je trouve ça très chaud, sa voix m’enveloppe. Ce n’est pas un disque qui m’a absolument happé, mais j’ai retrouvé un plaisir assez évident en l’écoutant. C’est un disque qui fait du bien. Arnaud Laporte

Jeanne Added a toujours eu ce côté « coldwave ». La production ici me faisait faire redouter quelque chose d’un peu froid. En fait la chaleur je la trouve, à l’image d’une flamme bleue, dans sa voix. Elle est encore plus acrobatique que sur le premier album ce qui donne plus d’humanité et de chair au disque. C’est quelque chose de travaillé, de spirituel, de sophistiqué. Pascaline Potdevin

Il a beaucoup de choses que j’ai trouvées impeccables à tous les niveaux. Mais j’ai beaucoup de mal à entrer dans ce disque. Au premier niveau je n’ai rien à lui reprocher, au deuxième un peu tout. J’ai l’impression d’entendre une bande-originale de Disney, ou une chanson de comédie musicale. Jeanne Added ne m’a jamais emporté sur scène malgré la qualité de sa voix, ça ne « radiate » pas autant qu’on le prétend. Hugo Cassavetti

  • "Radiate"  de Jeanne Added  (Sortie 14/09 Believe)
55 min

Un festival : "Le Printemps de septembre", 32 expositions à voir à Toulouse et ses environs

NINA CHILDRESS, VUE DE LA MAQUETTE DE L'EXPOSITION LE HIBOU AUSSI TROUVE SON PETIT JOLI POUR LE PRINTEMPS DE SEPTEMBRE 2018, MUSÉE PAUL-DUPUY. PHOTO : NINA CHILDRESS.
NINA CHILDRESS, VUE DE LA MAQUETTE DE L'EXPOSITION LE HIBOU AUSSI TROUVE SON PETIT JOLI POUR LE PRINTEMPS DE SEPTEMBRE 2018, MUSÉE PAUL-DUPUY. PHOTO : NINA CHILDRESS.
- NINA CHILDRESS ET GALERIE BERNARD JORDAN PARIS/ZURICH

Devenu biennale, le Printemps de Septembre nous fait toujours envie, pour une simple et bonne raison : c’est le formidable défricheur Christian Bernard, longtemps directeur du MAMCO à Genève, qui en est encore une fois le directeur artistique. S’il a invité 12 commissaires pour l’assister, on retrouve sa marque de fabrique dans les 32 expositions à découvrir jusqu’au 21 octobre. Avec des créations nouvelles ou oeuvres jamais vues en France, accompagnées de concerts et de performances, il s’agira ici d’interroger l’état du monde tel qu’il va (mal), à travers notamment le post-colonialisme ou l’écologie. Sarkis, Tatiana Trouvé, Nina Childress, Latifa Echakhch, Ange Leccia ou encore Brice Dellsperger sont au rendez-vous, tout comme de nombreux artistes dont nous ne connaissons pas encore le nom, mais que l’oeil avisé de Christian Bernard rend aujourd’hui visibles !

L'avis des critiques :

« Fracas et Frêles Bruits » c’est un thème qui a été choisi dans un second temps, une fois les œuvres assemblées. Il se pose comme un constat du monde, assumant un certain nombre de positions monographiques. L’œuvre de David Claerbout montre un travail sur l’image, dans un monde où elle est un tout numérique. Il essaye de lui donner une matérialité en travaillant pixel par pixel. Les débuts de Jacqueline de Jong sont marqués par une forme d’expressionnisme. Tandis que les scènes de billard sont plutôt inspirées d’une certaine forme d’hyper-réalisme. Anaël Pigeat

On n’est pas dans un forçage, dans la volonté d’instrumentaliser les œuvres à travers une thématique quelconque. Dans le réfectoire des Jacobins ça envoie et ça ressemble vraiment à de la science-fiction. Gironcoli est le sculpteur le plus OVNI de sa génération. Avec Sarkis, on est plutôt dans un espace de contemplation avec des néons qui vont rythmer la partie supérieure de l’église. Ce duo composé de Gironcoli et Sarkis est comme un diptyque, entre dimension plus organique et élévation. Corinne Rondeau

Christian Bernard est un formidable programmateur, qui assume le caractère très fragmenté de cette biennale. C’est aussi un retour sur son propre parcours. Je trouve que ce genre de travail d’Hengten est un travail assez virtuose sur le dessin. C’est assez radical et conceptuel avec deux grandes installations qui épousent les contours du Château d’eau. Elle joue sur tous les registres du dessin. Nina Childress fait une relecture hyper radicale et décapante de l’histoire de l’art. C’est assez savant, mais fait avec beaucoup d’humour et de légèreté. Stéphane Corréard

Un livre : "A son image", de Jérôme Ferrari, un  roman bouleversant d’humanité

Jérôme Ferrari - A son image
Jérôme Ferrari - A son image
- Actes Sud

Impossible de résumer ici l’ampleur de l’ambition de ce roman. Le lauréat du Prix Goncourt 2012 ouvre son nouveau livre par la mort d’Antonia, une jeune photographe corse. La cérémonie funéraire est menée par son parrain. Le temps de ce requiem, la vie d’Antonia nous est racontée par bribes. C’est la violence du monde qui en surgira, et avec elle la question de sa représentation. Magistral.

L'avis des critiques :

Jérôme Ferrari est un auteur qui est toujours intéressant, mais qui ne réussit pas toujours complètement ses livres. Il arrive ici très bien à incarner des choses métaphysiques dans des questions triviales. Tout ce qui tourne autour des sentiments du personnage principal est assez bien traité. On un prêtre qui n’est pas du tout un prêtre idéaliste, mais un personnage qui encadre toute l’histoire et lui donne de la profondeur. Le personnage d’Antonia reste assez lointain, assez insaisissable, mais cela lui donne du mystère. Grégoire Leménager

C’est une véritable réussite que cet entrelacs assez ambitieux de beaucoup de sujets. On part assez longuement dans des histoires assez éloignées de la Corse. Ce prêtre est une réussite puisqu’il est formidablement incarné. Ce livre, c’est aussi comment dire la mort et notamment avec toutes ces paroles inutiles. On a des intuitions très justes dans tout ce qu’il peut dire, avec des intuitions d’écrivain. C’est un livre dont j’ai tout aimé, sauf le titre. Etienne de Montéty

Je trouve que c’est assez métaphorique, avec une manière d’écrire maîtrisée, qui toutefois par la virtuosité étouffe un peu le contenu. C’est dommage parce qu’il y a beaucoup de choses. C’est difficile de parler de tout ça dans une forme aussi corseté et aussi rapidement. Je trouve que parfois ça effleure un peu. On n’a pas assez accès à l’intériorité de ce prêtre et son parcours est un peu effleuré. Je trouve vraiment que c’est un bon roman, mais comme une sorte de concentré qui pourrait être développé pour être plus ample. Lucile Commeaux

Dans la littérature un écrivain s’emparant d’un autre art dit souvent des choses qui ne sont pas très intéressantes. Là c'est plutôt bien, Jérôme Ferrari ayant un rapport au monde assez puissant, mais sans dépasser l’analogie. On a quand même un écrivain qui suit un chemin qui n’est pas le plus fréquenté et ce genre d’écrivain fait du bien. Je préfère quelqu’un de virtuose à quelqu’un de plus laborieux. Je suis très content que Jérôme Ferrari existe dans notre littérature. Arnaud Laporte

  • "A son image", de Jérôme Ferrari (Actes Sud)
55 min

Cinéma : "Donbass", de Sergei Loznitsa, un film puissant et oppressant

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Film compliqué que celui de Sergei Loznitsa. En prenant aussi ouvertement la défense du gouvernement ukrainien, entraîné depuis 2014 dans une guerre avec les séparatistes russophones qui occupent la région du Donbass, le cinéaste signe un film à la mise en scène brillante, mais qui reste assujetti à son parti-pris, qu’on ne peut malgré tout pas lui reprocher. Compliqué, oui.

  • "Donbass", de Sergei Loznitsa  Sortie 26/09
55 min

- En parternariat avec le magazine Grazia-