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Lou Andreas-Salomé, univers, Jeanne d'Arc et cheveux longs : la Session de rattrapage d'été

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La Session de rattrapage.
La Session de rattrapage.
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Sélection. La grille d'été est arrivée. Retrouvez chaque samedi la sélection hebdomadaire des programmes de France Culture à réécouter.

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Bonjour à toutes et à tous,

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Après le beau temps vient la pluie - enfin ! - et avec elle la fin de la canicule qui s'était abattue sur la France. Reste que ces températures posent une fois encore la question du changement climatique et de la transition écologique, à l'heure où l'on s'inquiète d'une sixième extinction des espèces et où Hubert Reeves regrette que l'homme ait oublié la "totale interdépendance de tous les êtres vivants". Notre salut se cacherait-il dans les étoiles ? Ou a minima dans les stations orbitales, devenues le refuge d'une humanité en danger ? Rien n'est moins sûr. L'être humain devrait-il se fier à Narcisse, héros de la modernité à construire, pour sortir de l'impasse ? Vous trouverez peut-être la réponse chez l'injustement méconnue romancière, essayiste et psychanalyste Lou Andreas-Salomé, dans la série "Avoir raison avec", qui a beaucoup écrit sur le narcissisme. Elle est loin l'insouciance des années 60, où l'on s'inquiétait surtout "des épidémies de cheveux longs" et où émergeait la méconnue musique pop hexagonale, à réécouter dans notre Série musicale d'été. Très bonnes écoutes. Pierre Ropert

Les séries d'été

Lou Andreas-Salomé (1861-1937).
Lou Andreas-Salomé (1861-1937).
© Getty - Heritage Images

Lou Andreas-Salomé, esprit libre. Égérie insolente de Nietzsche, amante de Rilke, disciple fervente de Freud, elle a ensorcelé les plus grands esprits. "Pour ma part je ne connais que le "je". Je ne peux conformer ma vie à des modèles, ni ne pourrai jamais constituer un modèle pour qui que ce soit", affirmait-elle. De sa Russie natale à Göttingen, de la fiction à des essais sur l'érotisme, Dieu ou le narcissisme, Lou Andreas-Salomé a écrit non pas sur tout, mais avec tous, partout et toute sa vie. (Avoir raison avec Lou Andreas-Salomé, 5 x 29 min) 

Jeanne, au secours. Le nom de Jeanne d’Arc est partout et pourtant elle demeure introuvable, comme disparue derrière sa légende. Il faut partir sur ses traces de Rouen jusqu’au Puy du Fou… De la nature de sa foi à ses faits d'arme, Jeanne d'Arc est devenue le porte-étendard de toutes les causes, tour à tour emblème de l’Eglise catholique et du nationalisme intégral, de la Résistance, de la xénophobie, ou de la cause des femmes. La pucelle d'Orléans est, sans cesse, réinterprétée. (Grande traversée : Jeanne d'Arc, une rencontre, 5 x 1h50) 

Pop en stock. Pour le mélomane français, l’idée d’une pop music propre à son cher pays ne tient pas de l’évidence. Or il existe dans notre pays une passionnante production depuis les années 60. Pop au sens large, c’est-à-dire parfois sans ambition, ni budget, parfois même hors-format, mais pop quand même puisqu’elle cultive toujours une certaine simplicité dans sa façon de charmer l’auditeur... (Histoire parallèle de la pop française, 5 x 1 h)

La méthode Klarsfeld. Serge et Beate. Un juif et une allemande. Un couple. Une mission : faire condamner les anciens criminels nazis. Pour intéresser la presse, Beate Klarsfeld va jusqu'à monter à la tribune du congrès de la CDU, le parti ouest-allemand du chancelier Kurt Kiesinger, pour gifler cet ancien responsable de la propagande radiophonique d'Hitler. Leurs actions vont permettre de juger tour à tour Klaus Barbie, Paul Touvier et Maurice Papon. (Les Chasseurs de nazis, 5 x 10 min) 

Radio sixties. Une année après l'autre, notre balade dans les archives radiophoniques de Radio France se poursuit. De la sortie du film "Paris brûle-t-il ?" à celle du phénomène de l'année "La Grande Vadrouille", en passant par l'affaire Ben Barka, 1966 est aussi l'année de la mort d'André Breton, auquel l'ORTF rend hommage. (Les Années 60, 5 x 1h)

Pendant que vous n'écoutiez pas...

La Voie Lactée•.
La Voie Lactée•.
© Getty - Somphop Viwattanarom

Imaginer l'univers. "On a 200 milliards de neurones et, coïncidence, il y a autant d'étoiles dans la Voie Lactée." Plus qu'ailleurs, l'imagination est importante en astrophysique, ne serait-ce que pour la puissance que suscitent des représentations de galaxies, de trous noirs et autres pulsars. Françoise Combes, professeure au Collège de France et titulaire de la chaire "Galaxies et cosmologie", raconte comment l'imaginaire permet d'énoncer des éléments du réel bien longtemps avant de pouvoir les découvrir techniquement. (Imaginations, 59 min)

Voyage avec Yasujirō Ozu. Sa façon de filmer au ras du sol implique le spectateur comme un membre de la famille, observateur et silencieux. L'oeuvre du cinéaste japonais Yasujirō Ozu a marqué l'histoire du cinéma à travers des portraits sensibles et poétiques du quotidien japonais, mettant en scène des familles traversées par des problématiques profondes, le temps qui passe, des fractures, ou l'occidentalisation du Japon. (La Grande table d'été, 1h)

La prison à bout de souffle. 8 août 2018. Un homme de 48 ans se pend dans la prison de Fleury-Mérogis. C’est le onzième suicide en huit mois. Il n'y a pas d’explication claire à ce phénomène, mais on peut y voir la conséquence de tensions et de dysfonctionnements du système pénitentiaire, entre surpopulation, grèves, évasions ou manque de moyens. (L'Invité des Matins d'été, 18 min)

Le geste parfait. Le karaté n'est pas un sport de combat, c'est la recherche du mouvement parfait. C'est ce qu'il y a de commun avec l'écriture, on y recherche la perfection du geste. L'écrivain Luc Lang va chercher dans cet art martial un rapport au monde apaisé, une façon de tourner le dos au flux de l'écriture, d'oublier le monologue intérieur mais également de le régler, de le discipliner. (L'Ecriture est un sport comme les autres, 29 min)

Des films à écouter. France Culture poursuit son voyage dans le cinéma des années 40 avec la collection Ecran sans images. Les plus grands chefs-d’œuvres 7ème art rejoués à la radio, retrouvés dans les archives de l’INA, à écouter et (re)découvrir autrement. Comme Jour de colère, de Carl Théodor Dreyer, et Ivan le terrible, de Serge Eisenstein. (La Cinémathèque de France Culture, 59 min)

La citation

Cette semaine, la citation nous vient de la masterclasse de la romancière et chercheuse Chantal Thomas, qui écrit ses intrigues au XVIIIe siècle, époque dont elle a également fait son objet d'étude et qu'elle analyse à travers les figures de Sade ou de Casanova. Elle y décrit une  lecture à deux faces : 

Quand j’ai écrit ma thèse sur Sade avec Roland Barthes qui était mon directeur, mon idée de base était autour de cela. Justine [dans Justine ou les Malheurs de la vertu_] était celle qui lisait et qui laissait s’inscrire sur son corps les fantasmes des autres ; et Juliette était celle qui renversait le processus et qui s’inventait ses propres fantasmes et les vivait, en jouissait. Ecrire ce texte, c’était pour moi un rite de passage, de la lecture à l’écriture. _

La Session de rattrapage est terminée pour cette semaine, et nous vous laissons avec le sujet d'actualité brûlant qui anime votre été. Non, pas le son de l'affaire Benalla, mais un autre bruit désagréable : le "bzzz" lancinant fredonné à vos oreilles, alors même que vous venez d'éteindre la lumière pour vous coucher. Faut-il exterminer les moustiques, s'interroge-t-on dans Du Grain à moudre d'été ?  Pas sûr pourtant qu'il faille se débarrasser de ces insectes indispensables à nos écosystèmes. À la semaine prochaine !