Luttes de pouvoir, pauvreté et abysses : la Session de rattrapage

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Luttes de pouvoir, pauvreté et abysses : la Session de rattrapage

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La Session de rattrapage
La Session de rattrapage

Sélection. Retrouvez chaque samedi la sélection hebdomadaire des programmes de France Culture à réécouter.

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Bonjour à toutes et à tous,

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Du pouvoir au contre-pouvoir, de la contestation à la rébellion, l'ambiance était explosive cette semaine sur nos ondes. Dans L’Appel des abysses, notre nouveau podcast de science-fiction, il est question de révolte dans un monde frappé par la catastrophe environnementale où deux castes luttent pour leur survie. La lutte, un thème qui a largement irrigué la vie de Régis Debray, venu parler de notre rapport à la mort et de l’imaginaire qui l’accompagne. Et justement, il faut s’intéresser à ceux qui combattent cette mort, quitte à s’opposer aux plus puissants, du cinéaste Oleg Sentsov contre l’autoritarisme russe à Dewayne Johnson, jardinier américain en bataille juridique contre Monsanto. La rébellion contre les puissants, c’est parfois aussi au travail qu’elle se joue, pour les salariés de Continental et Goodyear comme pour le héros joué par Mehdi Senoussi dans son film Vaurien. Mais le combat peut aussi se mener plus symboliquement par le langage, haut lieu de lutte de pouvoir, tour à tour instrument de domination sous la plume de George Orwell et arme de contrôle de l’Histoire en Pologne où une loi mémorielle cherche à façonner le récit national. Une semaine placée donc sous le signe du combat et de l’insoumission. Bonnes écoutes. Alexandra Yeh

COMPRENDRE

Crédits : Florian Gaertner
Crédits : Florian Gaertner
© Getty

Pauvres des champs, les oubliés. À la campagne, on est moins isolé, il y a plus de solidarité, moins d’indifférence. Avec beaucoup d’agriculteurs, on se nourrit à moindre coût et mieux… La pauvreté est moins difficile à supporter. Les poncifs sur la ruralité sont nombreux et tenaces. Pourtant, c’est bien en zone rurale que la pauvreté et l’exclusion frappent le plus durement. ( La Série Documentaire, 55 min)

Classe sociale et mémoire de classe. “Je n’ai pas le sentiment d’être sortie de ma classe. J’ai le sentiment que c’est un voyage que je fais perpétuellement, un aller-retour depuis quinze ans” : c’est ainsi que la romancière Faïza Guène décrit son expérience de “transclasse”. D'Annie Ernaux à Edouard Louis, celles et ceux qui font l'expérience de changer de classe sociale témoignent souvent des stigmates qui continuent de les accompagner. À croire que la mémoire de ses origines sociales est immuable. ( Du Grain à moudre, 39 min)

Les identitaires sont-ils en train de gagner ? La "Nouvelle librairie Nationale", ancien siège de l'Action française, vient de rouvrir à Paris. Alors que Frédéric Taddeï rejoint "Russia Today" et que Marion Maréchal Le Pen ouvre son Institut politique, il semblerait que le populisme soit en passe de gagner, sinon la bataille politique, du moins la guerre culturelle. Un mouvement qui prospère sur la faillite des grands partis traditionnels et sur la défiance croissante des citoyens envers leurs institutions. ( Signe des temps, 45 min)

APPRENDRE

Crédits : John MacDougall
Crédits : John MacDougall
© AFP

Wikipédia, objet scientifique non identifié. Encyclopédie participative ou lieu controversé de politisation des connaissances ? Avec ses 40 millions d'articles, Wikipédia draine une immense communauté de contributeurs bénévoles. Des passionnés qui se livrent parfois à de véritables “guerres d’édition” pour faire valoir leur vision du monde sur le cinquième site le plus consulté de la toile. ( La Méthode scientifique, 58 min).

Manger coûte-t-il trop cher ? Pour produire un steak à un euro ou un poulet à 5€, les industriels ont dû tout compresser. Mais le cercle vicieux s'est mis en place : une nourriture qui ne vaut pas grand-chose a fini par laisser croire aux consommateurs qu’elle n’avait pas de valeur. ( La Cerise sur le gâteau, 3 min)

George Sand et Nohant.Il est difficile de parler de Nohant sans dire quelque chose qui ait rapport à ma vie présente ou passée” écrivait l’auteure de La Petite Fadette. Michelle Perrot, qui vient de publier George Sand à Nohant, utilise toutes ses ressources d’historienne pour éclairer ce lieu chéri par l'écrivaine, caisse de résonance de ses amitiés, ses amours, sa vision de la société… ( La Fabrique de l’histoire, 52 min)

(RE)DÉCOUVRIR

L'Appel des abysses
L'Appel des abysses
- Séverin Millet

L’Appel des abysses. Après la catastrophe environnementale, l’océan a recouvert les continents. Deux mondes s’affrontent pour leur survie dans une société dystopique où l’élite financière vit recluse dans une cité immergée, loin des laissés-pour-compte de la surface. Une série audio en son 3D qui vous immerge dans la moiteur des abysses. ( Podcast en 10 épisodes)

Joann Sfar, l’obsession du crayon. Il ne dessinait pas mieux que les autres mais il dessinait tout le temps. C’est ce qui a permis à Joann Sfar de passer sa vie à raconter des histoires, et d’en faire son métier, d’abord comme auteur prolifique de bande dessinée, et désormais aussi comme réalisateur. Rencontre avec un conteur-né qui dessine “pour ne jamais être seul”. ( Les Masterclasses, 59 min)

La “pensée penchée” de Bruno Dumont. P’tit Quinquin a grandi et se fait désormais appeler Coincoin. La caméra de Bruno Dumont porte un regard tendre et malicieux sur cet enfant devenu adolescent pour nous emmener dans une comédie à mi-chemin entre le burlesque et le fantastique. Un pas de côté cher au cinéaste pour qui le cinéma doit être “une transfiguration du ressenti et du mystère des choses”.  ( Par les temps qui courent, 58 min)

Vivaldi et Mademoiselle de Joncquières. Plongée dans le XVIIIe siècle avec quelques notes entraînantes de Vivaldi, extraites de la bande originale du film Mademoiselle de Joncquières, d'Emmanuel Mouret. ( Les Envies du week-end, 5 min)

LA CITATION

Cette semaine, une citation du philosophe Jean-Claude Michéa, invité de La Grande table pour évoquer le mélange des genres entre capitalisme et socialisme :

Le slogan du libéralisme c’est : ‘mon corps, c’est mon choix et ça ne vous regarde pas. Mon temps, c’est mon choix. Mon argent, c’est mon choix’. Mais à partir de quel moment l’usage que je vais faire de mon temps, de mon corps, de mon argent, va détruire la vie commune ? Prenons l’exemple du dimanche : le libéral dit ‘si vous voulez vous reposer le dimanche, c’est votre problème, moi j’ai envie de travailler. Je ne nuis à personne.’ Mais au fur et à mesure que dimanche devient un jour comme les autres, tous les rythmes collectifs se désynchronisent, et on s’aperçoit au bout de quelque temps que toutes ces décisions présentées comme privées finissent par modifier la vie commune. Si vous n’avez pas fait ces choix, vous allez être confrontés à des difficultés et des problèmes presque insurmontables.

Et avant de partir, lisez donc cet article qui démonte cinq clichés tenaces sur les Vikings. Non, ce ne sont pas que des barbares sanguinaires et des femmes guerrières : c’est un peu plus compliqué que cela. Une petite leçon de culture générale que vous pourrez réciter fièrement lors de votre prochain dîner (avec ou sans cervoise). Très bon week-end et à la semaine prochaine !