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Macédoine du Nord : sur la route de l'adhésion à l’UE, tous les feux sont au vert

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Le Premier ministre macédonien Dimitar Kovacevski (à gauche) reçoit son homologue bulgare Kiril Petkov à Skopje le 18 janvier 2022.
Le Premier ministre macédonien Dimitar Kovacevski (à gauche) reçoit son homologue bulgare Kiril Petkov à Skopje le 18 janvier 2022.
© AFP - Robert Atanasovski

À la faveur d’un changement de majorité au Parlement à Skopje, le dernier verrou de la porte de l’Europe a peut-être sauté. Après les vétos grec et bulgare, levés ces deux dernières années, l’arrivée au pouvoir de Dimitar Kovacevski, docteur en économie de 47 ans, marque un repli des eurosceptiques.

La majorité parlementaire est pourtant parvenue, après deux mois de crise politique, à garder le cap, à la faveur de nouvelles alliances. Dimanche 18 janvier, le social-démocrate Dimitar Kovacevski, ancien ministre adjoint aux Finances, a pris les rênes d’un nouveau gouvernement de coalition, toujours autour de l’Union sociale-démocrate de Macédoine (SDSM), mais avec l’appui de petits partis albanophones démocrates et pro-européens.

Le dernier verrou dans la course à l’adhésion à l’Union européenne aurait-il enfin sauté ?

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Depuis le 7 juillet 2019 et la ratification par les parlements d'Athènes et de Skopje de l’Accord de Prespa, signé le 12 juin 2018, un premier verrou a été levé : la question du nom. La Grèce s’opposait à ce que son voisin du nord, la Macédoine, prenne le même nom qu’une région historique grecque. Au cœur de ce contentieux, finalement éteint, le rôle d'Alexandre de Macédoine, considéré comme un grand personnage historique à Skopje et un héros grec par toute la Grèce.

Un parcours d'obstacles

Les ambitions européennes de la Macédoine du Nord ont aussi été contrariées par la Bulgarie. En novembre 2020, le gouvernement de Boïko Borissov a refusé l’ouverture des négociations d'adhésion à l’UE avec la Macédoine du Nord. Une question de principe pour l'extrême-droite, qui nie volontiers l’existence de la Macédoine et de sa langue, qu’elle considère comme un patois bulgare. Mais la défaite du GERB au Parlement bulgare en 2021 a changé la donne. Même si rien n'est encore réglé, le nouveau Premier ministre, Kiril Petkov, en visite à Skopje le 18 janvier, a d’ailleurs promis un "nouveau départ".

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Avec la marginalisation des eurosceptiques dans l’exécutif macédonien, tout est désormais possible. Les feux, sur la route de l'adhésion à l’UE, sont désormais au vert. Mais tout reste à faire, pour un Premier ministre qui souhaite rester au pouvoir jusqu’en 2024. Avant l’adhésion à l’UE, Dimitar Kovacevski, docteur en économie de 47 ans, s’est donné comme priorité "une croissance économique durable et plus forte", qui passe sans doute par une lutte systématique contre la corruption.

Des dossiers très imbriqués, qui nécessiteront la mobilisation des membres de sa coalition, à l’instar de l’Union démocrate pour l'intégration, centre-gauche, et Alternativa, un mouvement conservateur, deux partis que seuls la langue (ils sont albanophones) et le projet européen rassemble.