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Macron Leaks : dans les coulisses des investitures d'En Marche

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Soirée de victoire pour Emmanuel Macron le 7 mai à Paris.
Soirée de victoire pour Emmanuel Macron le 7 mai à Paris.
© AFP - Philippe Lopez

Derrière l'exercice de communication autour du processus de recrutement ouvert à tous, des mails piratés de certains membres de l'équipe de campagne lèvent le voile sur un exercice de cuisine électorale.

"La République en Marche" (LRM), nouveau nom du parti "En Marche !", a dévoilé ce jeudi la liste de ses candidats pour les prochaines élections législatives des 11 et 18 juin. Le but est de donner une majorité au président fraîchement élu, Emmanuel Macron, avec la promesse d'avoir des candidats incarnant le renouvellement, la probité, la société civile et la parité. Officiellement, l'opération d'investiture est présentée comme un succès populaire avec 19.000 dossiers de candidatures déposés sur le site du mouvement depuis le 19 janvier, pour 577 circonscriptions. La première liste révélée à la mi journée ce jeudi est de 428 noms.

© Visactu

Mais dans les coulisses, la gestion a été bien plus compliquée. Avec notamment une Commission Nationale d'Investiture (CNI) qui a eu du mal à faire face. C'est en tout cas ce que nous apprennent les mails de certains membres du mouvement qui ont fuité suite à un piratage de données et à leur publication sur internet. Dans ces mails : pas de scandales, pas de révélations, mais une plongée dans les coulisses de la campagne.

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Dès février, on peut lire l'inquiétude de certains candidats à l'investiture sur le calendrier. Une fois nommés, il leur faudra trouver un financement, un local et surtout le temps nécessaire pour faire campagne. À tel point que certains candidats auraient "jeté l'éponge" peut-on lire, en Amérique du nord, dans la circonscription des Français de l'étranger.

Il y a aussi l'afflux des candidats. Trop nombreux pour une commission d'investiture avec un nombre limité de membres. En mars dernier, dans une longue note, un membre de la CNI met en garde ses collègues sur la nécessité de rencontrer en entretien tous les candidats qui seront retenus, notamment les inconnus. Et d'ajouter :

Un entretien n'empêche pas les erreurs de casting mais il évite les "erreurs manifestes d'appréciation".

Selon un autre membre de la commission joint la veille de l'annonce des candidatures, tous ceux qui ont été choisis ont eu un entretien téléphonique et des vérifications étaient encore en cours mercredi soir notamment sur leur éligibilité.

Parfois, le processus n'est pas si ouvert que ce qui est affiché, et le mouvement a des attentes particulières concernant le profil des candidatures dans certaines circonscriptions. Contacté, le responsable d'un comité local en région parisienne indique qu'il lui a été demandé de trouver "une jeune femme issue de la diversité".

Et puis, il y a ceux dont la candidature ne sera pas retenue : la commission a conscience qu'il faut les aider à gérer leur déception et les motiver à s'investir dans la campagne à venir.

Mais d'autres mails révèlent des situations irréconciliables, comme ce courrier signé par une douzaine de membres d'un comité local, dans l'ouest parisien attirant l'attention de la commission nationale sur "le caractère très clivant" d'un candidat pressenti. On ne sait pas si c’est suite à ce courrier, mais il y a quelques jours, la candidature en question a été écartée par la CNI suite à la découverte d’une condamnation à une peine d’inéligibilité d’un an lors d’une élection précédente.

Le jeune mouvement a dû rapidement s'adapter à la réalité de la cuisine électorale, au-delà de l'exercice de communication affiché.

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