Publicité

Matières à penser | Comment mettre un terme aux injustices de l’histoire ? par Antoine Garapon

Antoine Garapon
Antoine Garapon
© Radio France - Christophe Abramowitz

Comment mettre un terme aux injustices de l’histoire ? par Antoine Garapon du 5 au 9 novembre 2018 Une semaine, un producteur, un thème sur France Culture 22h15 -23h

La condition de victime renvoie à deux réalités : à des personnes affectées directement dans leur chair et leur esprit mais aussi à des groupes victimes d’injustices historiques. Comment passe-t-on d’une réalité brute, brutale, dévastatrice à une signification sociale et politique ? Et comment en sort-on ? 

Après avoir exploré dans une précédente série l’expérience extrême de la victime directe, cette seconde semaine prolonge la réflexion sur le devenir politique des victimes. De la politique des identités aux Etats-Unis à la justice transitionnelle en passant par le phénomène #metoo, nos sociétés ont imaginé ces dernières décennies de nombreuses solutions pour solder le passé et relever les statuts des blessés par l’histoire ou stigmatisés par des représentations collectives dépassées. En tentant de répondre à une même question qui traverse tous les épisodes : comment reconnaître le tort, et le réparer, sans enfermer la victime dans un statut diminué ?

Publicité

Lundi 5 novembre Victimité et politique des identités aux Etats-Unis Avec Mark Lilla, professeur à l’Université de Columbia (New-York), auteur de La gauche identitaire, l’Amérique en miettes (traduction aux Ed. Stock).
Du politiquement correct à l’appropriation culturelle, la gauche américaine s’est lancée dans une « politique des identités » au point peut-être d’en oublier de parler à tous les Américains. Comment retrouver un souffle démocratique qui dépasse les particularités de chacun ? C’est la question à laquelle tente de répondre Mark Lilla.

Mardi 6 novembre Retour sur le séisme #metoo Avec Anne Dujin, sociologue, poète et conseillère à la rédaction de la revue Esprit.
Le séisme causé par la campagne sur les réseaux sociaux #metoo n’en finit pas de faire des répliques. Jusqu’à dépasser la seule dénonciation d’un préjudice pour aborder la question autrement plus profonde de la dissymétrie des désirs féminins et masculins. 

Mercredi 7 novembre Les victimes comme acteurs politiques Avec Sandrine Lefranc, politiste sociologue et chercheure, co-auteure de A quoi servent les politiques de mémoire ? (avec Sarah Gensburger) – Ed. Presses de Sciences Po.
L’une des grandes innovations de l’après 1989 a été l’apparition d’une justice dite « transitionnelle » pour surmonter les violences de masse autrement que par des procès et des peines en mettant les victimes au centre ; une justice pour les victimes qui se cherche encore.  

Jeudi 8 novembre Comment réparer les crimes de l’histoire ? Avec Magali Bessone, professeure de philosophie politique à l’Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne.
Esclavage, colonisation, Shoah : les préjudices de ces crimes historiques n’en finissent pas de se perpétuer des décennies, voire des siècles après leur commission : comment, dans ces conditions, faire justice aux descendants tout en respectant les principes républicains d’égalité et d’égale participation ?   

Vendredi 9 novembre Le traumatisme et la naissance d’une nouvelle économie morale Avec Richard Rechtman, psychiatre, anthropologue et directeur d’études à l’EHESS, co-auteur de L’empire du traumatisme : enquête sur la condition de victime (Avec Didier Fassin) – Ed. Flammarion.
Le traumatisme a une histoire : peu considéré au sortir de la guerre 14/18, il devint un symptôme à part entière après la guerre du Viêt-Nam jusqu’à modifier aujourd’hui l’économie morale de nos sociétés. 

Matières à penser par Antoine Garapon
De 22h15 à 23h en semaine à l’antenne et sur franceculture.fr

Depuis la rentrée de septembre 2018, l’émission Matières à penser change de formule : ce rendez-vous quotidien avec un thème et un producteur-expert différent chaque semaine. Patrick Boucheron, Antoine Garapon, René Frydman, Dominique Rousset et Frédéric Worms déclinent ainsi en cinq dialogues un enjeu contemporain