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Matières à penser | « Les belles histoires de la médecine » par René Frydman 

René Frydman
René Frydman
© Radio France - Christophe Abramowitz

Du 22 au 26 avril 2019 Matières à penser : une semaine, un producteur, un thème sur France Culture 22h15 -23h

Les belles histoires de la médecine

Cinq belles histoires de la médecine et leurs conséquences aujourd’hui autour de quelques hommes qui auront marqué leur spécialité. La chirurgie de l’âme avec Marc Lévêque et Sandrine Cabut,  l’odyssée de l’inconscient avec Freud, Cabanis le grand biologiste, Louis Pasteur et la révolution microbienne, Gregory Pincus pour l’invention de la pilule. De quoi réfléchir sur quelques personnages « emeritus ». 

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Lundi 22 avril 2019 

La chirurgie de l’âme 

Avec Marc Lévêque, neurochirurgien et Sandrine Cabut, journaliste au Monde. 

Parmi les belles histoires de la médecine, nous traiterons ce soir de la chirurgie de l’âme. De la pierre de la folie que l’on cherchait à extraire au moyen âge, aux implants de stimulation cérébrale dans la maladie de Parkinson, quel chemin parcouru.
De tout temps, les hommes de sciences ont été fascinés par le tissu cérébral et ses mystères : sa faible régénération, son extrême connexion. 

Les neurosciences chirurgicales trouvent une place entre les anxiolytiques et la psychanalyse avec de plus en plus de précision quant à l’existence de territoires particuliers du fonctionnement cérébral. 

La lobotomie fut la première tentative malheureuse de corriger chirurgicalement des formes extrêmes d’agressivités, c’est sans doute le prix Nobel le plus contesté qui soit que celui d’Egas Moniz en 1949. 

Cependant, d’autres approches beaucoup plus positives sont relatées dans ce livre passionnant : La chirurgie de l’âme de Marc Lévêque et Sandrine Cabut, publié aux éditions Lattès.
Mais les progrès de l’imagerie cérébrale, du fonctionnement intime de certains noyaux ouvrent la porte à une neuroanatomie pleine de possibilités, la dépression sévère, les troubles obsessionnels compulsifs, les addictions, toutes ces pathologies pourront-elles être traitées chirurgicalement dans l’avenir ? L’action du bistouri sur le mental est-il en train de devenir réalité ? 

Mardi 23 avril 2019 

L’odyssée de l’inconscient avec Sigmund Freud 

Avec Elisabeth Roudinesco, historienne et psychanalyste. 

Explorateur de l’inconscient, Sigmund Freud a pointé l’intérêt des lapsus, des rêves, des actes manqués, des associations libres pour comprendre l’odyssée de l’inconscient. Elisabeth Roudinesco, historienne et psychanalyste, auteur de Freud en son temps et dans le nôtre (Seuil, 2014) nous offre une biographie qui vient éclairer la vie de ce personnage « extraordinarius » qui aura marqué notre histoire. Il y a un avant et un après Freud. Quid de l’interprétation des rêves, des pulsions de vie et de mort, du refoulement, etc. La cure psychanalytique doit-elle évoluer dans le temps, dans ses modalités tout en maintenant une empathie indispensable ? Haine immense autour de cet homme, mais aussi fascination immense pour son œuvre. La psychanalyse peut-elle trouver sa place entre les médicaments neuroleptiques et autres et les neurosciences… ? Mais parlons-nous de la même chose ? 

Mercredi 24 avril 2019 

Louis Pasteur et la révolution microbienne 

Avec Maxime Schwartz, biologiste moléculaire, ancien directeur général de l’Institut Pasteur. 

Louis Pasteur et ses lieutenants peuvent être comparés à un Etat-Major en ordre de bataille pour combattre les maladies infectieuses responsables de tant de drames : diphtérie, peste, tuberculose, tétanos et rage, bien sûr. 

Ce qui était compris comme la colère de Dieu et entraînait la recherche de coupables et de boucs émissaires, a été battu en brèche par l’entrée dans le monde raisonnable et explicable grâce à la découverte des microbes (une maladie, un microbe). Les débuts de l’asepsie, de l’antisepsie avant les antibiotiques et les virus. Que d’aventures captivantes racontées par Annick Perrot et Maxime Schwartz dans leurs trois livres autour de la vie de Pasteur. Pourquoi les bienfaits des vaccinations semblent-ils remis en cause par certains… ? 

Jeudi 25 avril 2019 

Cabanis, un inconnu au Panthéon 

Avec Yves Pouliquen, ophtalmologue, membre de l’Académie de médecine et de l’Académie française. 

Pierre Jean Georges Cabanis fait partie de ces médecins philosophes qui ont marqué leur époque. Et quelle époque : la Révolution française. Du salon littéraire de Madame Helvetius au Sénat, nous le suivrons de près grâce à Yves Pouliquen de l’Académie de médecine et de l’Académie française, qui est passionné par cette période et a publié chez Odile Jacob : Cabanis, un idéologue. De Mirabeau à Bonaparte

Cabanis, notre héros repose au Panthéon. Il a lutté contre les charlatans, il a créé les écoles de médecine et a réorganisé l’enseignement médical. Il était engagé contre la pauvreté, contre l’esclavage, contre la peine de mort. Sa contribution philosophique majeure est la distinction entre l’âme et la pensée, cette dernière ne pouvant être séparée du corps. Son point de vue matérialiste est résumé dans cette phrase : « le cerveau digère les impressions comme l’estomac digère les aliments ». En un mot, pour le mouvement des idéologues auquel il participe, le « je pense donc je suis » devient le « je suis donc je pense ». Mais tout n’est pas dit. 

Vendredi 26 avril 2019 

Grégory Pincus et l’invention de la pilule contraceptive
Avec Philippe Bouchard, endocrinologue, membre de l’Académie de médecine. 

Qui sait que Grégory Pincus a été le premier médecin à appliquer le principe de fécondation in-vitro chez la lapine dans les années 30 aux USA ? Qui sait que ce même scientifique est le père de la pilule contraceptive dans les années 1955 ? Qui sait que la rencontre de Grégory Pincus avec une suffragette déterminée mais aussi richissime américaine aura permis les premiers essais contraceptifs à Porto Rico qui ont connu le succès que l’on sait ? Cependant, la contraception, cette dissociation volontaire entre la sexualité et la procréation a de tout temps été débattue, acceptée par les uns et combattue par les autres.  

La survenue d’effets secondaires ou de complications ne peut que renforcer le « front du refus » de son utilisation. On peut noter une baisse du recours au traitement hormonal.
Nous avons demandé au professeur Philippe Bouchard, endocrinologue, membre de l’Académie de médecine de, non seulement, nous raconter l’extraordinaire vie de « Goody Pincus » mais aussi de nous éclairer sur les vraies fausses complications et de l’attitude pratique qui en découlent pour les utilisatrices.

Réalisation Dany Journo