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Mélange des genres

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Mélange des genres
Mélange des genres
- Jean-Rémi Lapaire

Mélange des genres à Bordeaux Montaigne

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Présentation générale  Ce qu’on appelle de manière impropre (et souvent hostile) « la théorie du gender» est l’objet de controverses, sociales et éducatives, qui ont culminé en France lors de la réforme de la loi sur le mariage (votée le 17 mai 2013) et les actions de la « Manif pour Tous » (2012-16). Malgré la médiatisation des défilés, des débats au Parlement et des innombrables prises de position (morales, éthiques, politiques), la majorité des citoyens connaît peu de choses (1) de la réalité vécue des personnes s’écartant des codes dominants de la masculinité et de la féminité (2) des questionnements portés par les « études de genre » et des pratiques pédagogiques qui leur sont associées dans le milieu éducatif.   L’objectif de ce documentaire est de répondre à ce double manque. D’abord, en écoutant le témoignage de vie de deux étudiant.e.s pour qui les catégories du « masculin » et du « féminin » ne vont pas de soi. Ensuite, en découvrant ce que deux enseignants-chercheurs en sociologie du genre et en études queer proposent comme réflexion à leur public estudiantin. L’unité de lieu et d’appartenance est respectée, l’ensemble des séquences ayant été tourné sur le campus universitaire de Bordeaux Montaigne en 2017-18.  Contenu  Dans « Devenir Vanessa » (Partie I), nous faisons la connaissance de Jean-Marie / Vanessa, étudiant.e d’anglais en transition. Nous découvrons son parcours de vie, son cheminement identitaire. Nous sommes frappés par la sobriété et la douceur de son témoignage, la justesse et la beauté de ce qui est relaté, la sérénité avec laquelle certains épisodes très durs sont rapportés et analysés. Le traitement hormonal est sur le point d’être engagé. Nous en découvrirons les spectaculaires effets dans « l’Epilogue », tourné exactement un an plus tard, dans les mêmes lieux. Nous finissons par comprendre que si « transition » il y a, celle-ci est essentiellement physiologique, car l’intériorité de Vanessa est d’une étonnante stabilité : même calme, même confiance, même détermination à être pleinement et simplement ce qu’elle n’a jamais cessé d’être au fond d’elle-même. Vanessa aspire ni plus ni moins qu’à une vie ordinaire. Si résistances  ou complications il y a, celles-ci ne sont pas à rechercher de son côté, mais plutôt dans le verrouillage des attitudes et les blocages du corps social. Le dérangement, le trouble, ne sont pas là où on les situe d’ordinaire.  Le second témoignage s’inscrit dans la suite logique du premier, puisqu’il aborde le « trouble du genre » qu’orchestrent ceux ou celles qui osent s’affranchir des binarités et des rigidités. Dans « Jane emm… le genre » (Partie II),  le récit de vie et l’engagement politique se font écho. Etudiante en master de genre, Jane évoque la manière dont elle s’est affranchie de l’élitisme et du conformisme pour militer sur le terrain dans les milieux féministes et lesbiens, pour déconstruire l’organisation sociale du genre, et enfin pour se jouer des contraintes de genre (gender-fucking) au travers de l’esthétique queer et du drag king. Plusieurs discours se mélangent dans sa bouche : biographique, socio-politique et philosophique. Alors que nous l’écoutons, nous assistons à une séance de maquillage et de travestissement dans une loge de la Maison des Arts, nous l’entendons décrire les ateliers et les sorties qu’elle organise avec d’autres femmes, sous une apparence masculine, dans l’espace public. En semant le trouble dans le genre, en suscitant des réactions exacerbées et violentes, elle s’emploie à révéler les rouages et les forces en présence sur ce que Judith Butler appelle « scènes de contrainte ».  Le troisième et dernier volet du film, intitulé « En finir avec les boîtes ? » (Partie III), donne un aperçu de ce que sont les études de genres : les objets qu’elles se donnent, les interrogations qu’elles formulent, les situations d’enseignement. Les deux spécialistes universitaires – Michael Stambolis-Rushstorfer et Marco Pustianaz – s’expriment avec des mots simples et illustrent leur propos d’exemples empruntés à leur vie personnelle ou professionnelle.