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Michel Piccoli : "Jouer le Roi Lear, ça me faisait un peu peur, c'était une sorte de décoration"

Michel Piccoli à l'ouverture du Festival de Cannes le 16 mai 2007.
Michel Piccoli à l'ouverture du Festival de Cannes le 16 mai 2007.
© AFP - François Guillot

2006. Premier entretien d'une série de cinq "A voix nue" entre Laure Adler et le comédien Michel Piccoli. Il passe en revue son métier d'acteur, ses débuts sur scène, son travail sur sa mémoire et évoque la prise de risques qui est à la base de sa motivation et de son choix des rôles.

Dans ce premier entretien d'"A voix nue" de 2006, Michel Piccoli confie avoir "une mémoire idiote, mécanique, c'est comme une plomberie". Il a toujours le trac mais s'étonne que "quand on salue, là, il y a un... bonheur qui nous tombe sur la tête".

Au cours de l'entretien, Michel Piccoli évoque son frère mort avant sa naissance. Il sait avoir été conçu à cause de cette disparition, il dit avoir "été accueilli comme un être de remplacement" mais "n'en souffre pas".

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J'étais un enfant taiseux mais j'ai peut-être réussi à parler grâce à l'écoute que, enfin, je réalisais des adultes devant une histoire que je racontais qui n'était pas mon histoire, qui n'était pas un secret que j'avais envie de dire, qui n'était pas des questions que j'avais envie de poser. C'est quand assez petit à l'âge de neuf ans, je crois, j'ai fait du théâtre dans mon collège et que j'ai joué la comédie et que j'ai été émerveillé d'entendre les adultes se taire et écouter ce que je racontais. Et comme je racontais une histoire qui n'était pas mon histoire propre, intime et secrète, je me suis régalé.

Le comédien pense que l'on devrait venir au spectacle seul, car être à deux cela "encombre la jouissance complète du spectateur". Il développe sa pensée, il faudrait "aller ensemble mais pas l'un à côté de l'autre".

Michel Piccoli a toujours cherché à "prendre des risques" au théâtre, c'est ce qui l'a "motivé, intéressé, amusé". Pour son rôle dans le Roi Lear mis en scène par André Engel lequel a attendu douze années avant de voir Piccoli accepter le rôle, il reconnait : "J'avais passé l'âge de la coquetterie de l'âge".

Michel Piccoli dans "A voix nue" 1/5 sur France Culture le 22/05/2006.

25 min

Je ne sais toujours pas si c'est un métier, si c'est pas la farce d'un métier... Il faut être farceur pour être acteur, faut pas être solennel, faut pas se dire qu'on est créateur, c'est pas vrai. On est créateur à deux, au moins avec l'auteur et aussi avec le metteur en scène, ça fait trois et aussi avec le partenaire, ça fait quatre.

  • "A voix nue" 1/5
  • Première diffusion le 22/05/2006
  • Producteur : Laure Adler
  • Réalisation : Véronique Samouiloff
  • Indexation web : Odile Dereuddre, de la Documentation de Radio France