Michel Ragon : "La ville, c'est un organisme vivant"

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Michel Ragon : "La ville, c'est un organisme vivant"

Michel Ragon le 3 février 2000.
Michel Ragon le 3 février 2000.
© Getty - Louis MONIER/Gamma-Rapho

2010. Première émission d'une série de quatre consacrée à l'histoire du "Grand Paris". Aujourd'hui Emmanuel Laurentin reçoit Michel Ragon, critique d'art et d'architecture, pour parler des débats sur la modernisation de Paris dans les années 1960.

Cette semaine commence la consultation citoyenne sur le Grand Paris. L'occasion pour la Fabrique de revenir sur la croissance de la capitale depuis trois siècles. Pour commencer cette semaine nous rencontrons Michel Ragon, critique d'art et d'architecture dont les articles dans les années soixante plaidaient pour une modernisation de la région parisienne. Son  livre Paris, hier, aujourd'hui, demain paru chez Hachette en 1965 résumait alors les utopies urbanistiques passées et futures sur la capitale. Il correspondait également à l'époque, marquée par la volonté du Président De Gaulle, de créer des villes nouvelles autour de Paris. 

Histoire du Grand Paris dans "La Fabrique de l'histoire" avec Michel Ragon. Une diffusion du 27/09/2010.

52 min

Dans cet entretien, Michel Ragon nous raconte les débats de l'époque entre tenants de l'architecture moderne et défenseurs du patrimoine. Il explique d'ailleurs comment lui, l'admirateur du Corbusier, a surpris le milieu des architectes quand il a choisi de défendre les Halles Baltard menacées de destruction, "parce que c'était une admirable architecture moderne au 19e siècle", s'explique-t-il.

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Passionné de voyage, il découvre dans les années 1950 les grandes villes étasuniennes dont New-York "à la modernité flamboyante" qui contraste avec un Paris "poussiéreux". En revanche, la trop grande place réservée aux voitures comme c'était le cas à Los Angeles ne lui convient guère, qui est "une ville abominable" : "Il faut tempérer la voiture dans Paris."

Quoi qu'on fasse, Paris ne meurt pas. Paris ne meurt pas mais il se renouvelle, peut-être pas comme il le faudrait, mais il se renouvelle. Il y a deux millions de gens qui vivent là, plus les dix millions qui sont autour, donc il est évident que c'est une nécessité que Paris vive et que Paris s'adapte. Il s'adapte tant bien que mal mais il s'adapte.

  • "La fabrique de l'histoire" 
  • Première diffusion le 27/09/2010
  • Producteur : Emmanuel Laurentin
  • Réalisation : Séverine Cassar