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Michel Serres : "Au fond, je suis devenu philosophe à cause d’Hiroshima”

Michel Serres en 2012
Michel Serres en 2012
© Sipa - Baltel

2002. Premier épisode de la série ‘Avoix nue’ consacrée à Michel Serres sur France Culture en 2002. Michel Serres constate les changements inouïs de l’humanité dans les domaines paysans, scientifiques et guerriers. Il recherche les conditions de la paix.

Dans ce premier entretien de la série « A voix nue » enregistré en 2002, Michel Serres raconte l’importance d’avoir grandi à la campagne, dans une époque où la vie paysanne était encore un “modèle des actions de l’humanité”, où la science était "toute bonne, pour le bonheur du genre humain et sans détritus”. Jusqu’à l’âge de 30 ans, il raconte avoir “vécu en ambiance de guerre” , avec l’apothéose qu'a représenté la bombe atomique sur Hiroshima, qui lui fait abandonner ses études de sciences pour la philosophie.

Le philosophe décrypte avec curiosité notre monde contemporain occidental pour découvrir les conditions de la paix, face à "l’arrivée de cette étrange expérience d’une mort possiblement globale, au moment où ‘l'humanité devient, en raison de ses actions propres, une espèce en voie d’éradication’".

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"A voix nue" avec Michel Serres le 07/01/2002

23 min

On a oublié simplement le sens profond du mot paysage. Moi, je vois autour de moi des traités du paysage qui ne s’aperçoivent pas que paysage est un mot qui dérive du vieux mot latin pagus qui a donné le mot paysan, qui a donné par la suite le mot païen, c’est à dire qui est la religion fondamentale de celui qui a un rapport direct à la terre ; le paganisme, païen, paysan c’est le même mot, mais on a surtout oublié le rapport extraordinairement profond qu’il y a entre paysage, paysan, païen et la paix.

  • "A voix nue" Michel Serres 1/5
  • 1re diffusion : 07/01/2002
  • Production : Jean-Paul Dollé
  • Réalisation : Anne Franchini
  • Indexation web : Chloé Leprince