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Migrants dans la Manche : comment les villes se "protègent" des migrants

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De jeunes exilés marchent au pied du mur d'enceinte construit à Calais par Total pour protéger sa station service des intrusions.
De jeunes exilés marchent au pied du mur d'enceinte construit à Calais par Total pour protéger sa station service des intrusions.
© Radio France - T.S.

Épisode 2. La ville de Calais se barricade derrière ses grillages haute sécurité. Devant la gare, les distributions de repas sont empêchées par la police. A Grande-Synthe, des bénévoles distribuent 3 000 litres d'eau par jour en moyenne. Récit d'un désengagement qui laisse les migrants dans le dénuement.

La ville de Calais fait face à la crise migratoire depuis plus de vingt ans. En conséquence, elle s'est barricadée et protège ses installations portuaires et sa zone industrielle des Dunes de façon très impressionnante. La maire Les Républicains de Calais, Natacha Bouchart, qui entame son troisième mandat, assume cette politique et défend les intérêts de ses concitoyens. Elle regrette les "troubles à l'ordre public" que génèrent les migrants. Les associations, elles, se démènent. Utopia 56, l'une des associations hébergées par l'entrepôt de l'Auberge des migrants, organise depuis début mai une distribution quotidienne d'eau sur Grande-Synthe, la commune voisine. Plus de 3 000 litres d'eau chaque jour, en ce mois d'août parfois caniculaire ! Mais la visite de la ville commence d'abord par le port de Calais, que le journaliste calaisien Emmanuel Bouin ne reconnaît plus. 

Migrants dans la Manche : comment les villes se "protègent" des migrants. Reportage de Tara Schlegel et réaction de Natacha Bouchart, maire LR de Calais

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Port de Calais
Port de Calais
© Radio France - T.S.

Les migrants sont revenus après le démantèlement de la "jungle"

L'épisode le plus marquant de ces années de crise migratoire fut certainement la constitution puis le démantèlement de la "jungle", que l'on avait aussi baptisé le "plus grand bidonville d'Europe". Autour de l'automne 2016, il y a eu probablement plus de 9 000 hommes, femmes, enfants dans ce campement totalement sous dimensionné, qui s'étendait sur moins de 4 000 mètres carrés. 

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Les autorités ont décidé le 24 octobre 2016 de procéder à l'évacuation de cette "jungle". Sur le moment, plus de 60 bus ont été affrétés, rien que le premier jour, pour conduire les migrants vers les 280 centres d'accueil et d'orientation qui devaient leur permettre d'examiner leur situation administrative. D'après l'OFFI (l'Office français de l'immigration et de l'intégration), 42% de ceux qui ont alors tenté des démarches avaient obtenu l'asile ou une forme de protection subsidiaire, selon un bilan tiré à l'automne 2017. Mais une fraction très importante de ces étrangers sans papiers ne souhaitaient pas rester en France ou ne pouvaient pas répondre aux critères très stricts qui encadrent le statut de réfugié. Beaucoup sont donc revenus clandestinement à Calais. 

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Aujourd'hui, un millier environ de migrants venus du Soudan, d’Érythrée, d'Irak, de Syrie, d'Afghanistan et de tant d'autres pays en souffrance errent dans les environs de Calais. C'est une estimation que les associations peuvent faire en raison du nombre de repas qu'elles sont amenées à distribuer aux migrants. 

Du côté de la mairie, l'objectif principal est de restaurer l'image d'une ville "qui a beaucoup souffert", estime sa maire Natacha Bouchart, qui débute son troisième mandat. Calais et sa zone portuaire ont donc sensiblement renforcé leur sécurité. Pour empêcher les candidats à l'exil de s'embarquer à bord des ferries qui gagnent le port de Calais de pénétrer dans le tunnel sous la Manche au péril de leur vie ou de se faufiler clandestinement à l'arrière des camions qui rejoignent la Grande-Bretagne, plus de 50 kilomètres de grillage haute sécurité ont été érigés autour de la zone portuaire, comme ils l'avaient été à Coquelles autour des installations d'Eurotunnel. Ces grillages font jusqu'à 4 mètres de hauteur et sont souvent surmontés d'un double rouleau de fil de fer barbelé. L'Europe a partiellement financé ces travaux, Londres a aussi déboursé de fortes sommes - 22 millions d'euros en 2016 notamment. 

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Des grillages haute sécurité financés par la Grande-Bretagne

A Calais, après le démantèlement de la "jungle", il y a presque 4 ans, les migrants n'ont plus trouvé d'endroit fixe pour s'installer. Leurs campements de fortune ne cessent de se déplacer, au gré des opérations de police. Les forces de l'ordre les délogent dès que les autorités locales les jugent trop nombreux. Récemment, ils avaient trouvé refuge dans la zone industrielle des Dunes - leur nombre dépassait alors les 500 - et la police a procédé à une évacuation spectaculaire le vendredi 10 juillet dernier. 

Les grillages haute sécurité ont été posés tout autour du Port de Calais
Les grillages haute sécurité ont été posés tout autour du Port de Calais
© Radio France - T.S.

Avec sa veste de marin bleue foncé et son visage buriné, Emmanuel Bouin est un amoureux de Calais, sa ville natale. Journaliste indépendant, il a longtemps été correspondant pour RTL dans la région et travaille fréquemment pour France Bleu Nord. En voiture, nous sillonnons la zone portuaire et ses immenses grillages blancs. Tout a tellement changé que l'on dirait presque "une prison" raconte Emmanuel Bouin : 

Les grillages haute sécurité s'étendent sur des dizaines de kilomètres, raconte Emmanuel.

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Un peu plus loin, se dressent d'immenses murs de béton armé surmontés de plusieurs caméras de surveillance. Lorsque l'on contourne le bâtiment, le logo d'une station service apparaît. Les lieux évoquent véritablement une zone de guerre. Ce sont les gérants de la station qui l'ont transformée en bunker explique Emmanuel Bouin : 

Tout est fait pour empêcher les migrants de s'installer et de monter dans des camions, détaille Emmanuel Bouin

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En ce moment, il ne faut pas que les migrants se posent, donc on les chasse, quoi, on les empêche d'accéder. Et là, c'est le summum, c'est la station essence Total. La station essence en avait marre de se faire attaquer. Ils ont dit, on va construire le mur nous-mêmes. C'est un mur de béton de presque dix mètres de haut et il y a des caméras partout.

Malgré ces grillages et ces murs, malgré ces évacuations incessantes, les étrangers clandestins sont toujours très nombreux sur le littoral. Un an après le démantèlement de la "jungle", les associations dénombraient 700 migrants dans la ville. Aujourd'hui, ils seraient entre 1 000 et 1 200. L'estimation émane de François Guennoc, le président de l'Auberge des migrants, qui se base sur le nombre de repas distribués. 

L'Auberge des migrants héberge dans son entrepôt 7 associations partenaires, l'organigramme est dessiné sur un tableau.
L'Auberge des migrants héberge dans son entrepôt 7 associations partenaires, l'organigramme est dessiné sur un tableau.
© Radio France - T.S

Cette association, qui se décrit comme un "parapluie", regroupe dans son immense entrepôt sept autres associations et collectifs qui se partagent la distribution des repas, de l'eau, des vêtements, du bois de chauffage l'hiver, de l'accès à l'information ou de l'aide aux femmes enceintes et ayant de jeunes enfants. Les quelques salariés et les très nombreux bénévoles qui s'affairent dans cette ruche humanitaire bénéficient du soutien juridique et logistique de l'Auberge des migrants, parfois aussi de son financement et de celui de Help Refugees, une association britannique. 

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"Notre record, c'est 3 870 litres d'eau en une journée"

Laure Pichot coordonne le travail de l'association Utopia 56 sur le territoire de Grande-Synthe, à une trentaine de kilomètres à l'Est de Calais, sur la côte. Dans cette petite commune, les migrants sont aussi arrivés en nombre. Ainsi, en mars 2016, quand l'ancien maire écologiste Damien Carême avait souhaité les accueillir de façon inconditionnelle, un camp humanitaire aux normes internationales avait été construit. Et plus de 1 500 personnes y avaient trouvé refuge. Mais les choses ont mal tourné et après un incendie volontaire, la structure a dû fermer. Aujourd'hui, on estime qu'environ 400 personnes se sont réinstallées, dans le bois du Puythouck principalement. 

Laure Pichot, l'une des salariées d'Utopia 56 organise depuis 4 mois des distributions d'eau à Grande-Synthe
Laure Pichot, l'une des salariées d'Utopia 56 organise depuis 4 mois des distributions d'eau à Grande-Synthe
© Radio France - T.S.

Laure a aussi longtemps travaillé à Calais dans la même association Utopia 56. Elle rappelle que les situations entre les deux villes sont différentes. A Calais, il existe quelques points d'eau et des distributions de nourriture, assurées par des associations qui oeuvrent pour le compte de l'Etat. A Grande-Synthe, il n'y a pratiquement rien affirme cette militante. Elle avance aussi une explication : en juin 2017, onze associations, au moins, ont saisi le Conseil d'Etat pour alerter la justice sur les conditions déplorables dans lesquels vivaient les migrants : "A l'absence totale de prise en charge sanitaire et sociale s'ajoutent une pression et un harcèlement policier constants destinés, prétendent les autorités, à éviter tout point de fixation", dénonçaient à l'époque les associations dans un communiqué. Elles ont obtenu fin juillet une victoire qui fait encore date. Mais qui explique peut-être, d'après Laure Pichot, pourquoi la situation des migrants diffère d'une commune à l'autre : 

A Grande-Synthe, les migrants n'ont aucun accès à l'eau, alors que l'Etat devrait y pourvoir explique Laure Pichot

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A Grande Synthe, il n'y a qu'un seul robinet, qui se trouve à 1,5 ou parfois 3,5 km des lieux de vie des personnes. Il n'y a aucune douche, aucune toilettes, aucune distribution de nourriture organisée par l'Etat. La seule association mandatée par la préfecture est l'AFEJI (...) à Grande-Synthe, ils ont un double mandat, un mandat préfecture pour organiser la mise à l'abri des personnes majeurs (les inviter à rejoindre les centres d'accueil de la région) et un mandat départemental, par le biais de l'aide sociale à l'enfance qui les mandate pour rencontrer les mineurs isolés.

%C3%A0%20r%C3%A9%C3%A9couter : Appel%20des%20maires%20%3A%20quelles%20sont%20les%20obligations%20de%20l%E2%80%99Etat%20%C3%A0%20l%E2%80%99%C3%A9gard%20des%20migrants%20%3F

Le Conseil d'Etat ordonne la mise à disposition de points d'eau et de nourriture

Comme l'explique cette militante, la justice a bien enjoint les autorités locales, municipales et préfectorales à agir en faveur des personnes migrantes. La décision numéro N°412125, 412171 du Conseil d'Etat, publiée le 31 juillet 2017, est formelle. Voici un extrait ci-dessous, qui permet de s'assurer de ce qui a été dit par la justice : 

Le Conseil d'Etat statuant au contentieux (Section du contentieux, 6ème chambre) décide (...) 

à titre subsidiaire, d’enjoindre au préfet du Pas-de-Calais et à la commune de Calais__, en premier lieu, de désigner un lieu au sein duquel les personnes qui n’auront pas eu accès à l’hébergement d’urgence et au dispositif de mise à l’abri de droit commun pourront accéder à des dispositifs de douches et de sanitaires et pourront se voir distribuer des repas ; en deuxième lieu, de faire procéder à l’ouverture de centres de distribution alimentaire dans l’ensemble du Calaisis ; en troisième lieu, d’autoriser l’accès à ces centres ainsi qu’à tous les dispositifs sollicités, aux associations requérantes, aux autres associations ainsi qu’à toute personne ; en quatrième lieu, de mettre en place sur l’ensemble du territoire de la commune de Calais des points d’eau potable ; en cinquième lieu, de créer, sur le territoire de la commune de Calais, des latrines gratuites ; en sixième lieu, de mettre en place un ou plusieurs dispositifs permettant à l’ensemble des personnes sans domicile fixe, de nationalité française ou étrangère, se trouvant sur le territoire de la commune de Calais, de prendre une douche quotidienne . 

Natacha Bouchart défend la "tranquillité" de ses administrés 

Pour la maire UMP puis LR de Calais, la ville ne peut plus aider les migrants. L'élue explique qu'elle a tout tenté par le passé, sans succès. A présent, "Toute la responsabilité pèse sur les autorités de l'Etat" et "en termes d'hygiène, de douche ou de distribution des repas", c'est à la préfecture d'agir et non à la commune. Elle assume aussi sa volonté d'éloigner les migrants afin d'agir pour les Calaisiens qui souffrent de leur présence et qui devraient comme tous citoyens "avoir le droit de vivre dans sa tranquilité permanente". Voici précisément comment Natacha Bouchart défend sa position : 

La ville ne fait plus rien car elle a tout tenté, assume en substance Natacha Bouchard

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On a essayé plusieurs dispositifs et en fait on s'est aperçu que dès qu'on mettait malheureusement ces lieux à disposition sur des personnes qui ne demandent rien à la France, on crée de fait un appel d'air. Et on n'est pas en capacité de se retrouver dans la situation de 2016 où des campements de près de 10 000 personnes s'étaient installés dans une ville à côté d'une ville.

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Le 20 août dernier, une douzaine d'associations parmi lesquelles l'Auberge des migrants, le Secours Catholique, Utopia 56, La Cabane Juridique, ont saisi le défenseur des droits pour alerter contre les "conditions de vie "inhumaines" des exilés". Certes, les conditions dans lesquelles vivent les personnes exilées sont  "indignes depuis longtemps", mais force est de constater que "depuis la fin de l'état d'urgence sanitaire" et "la nomination de Gérald Darmanin à la tête du ministère de l'intérieur", la situation des exilés à Calais "n'a fait que se détériorer", dénoncent les associations dans un communiqué. 

Des distributions de repas empêchées par la police

A l'entrepôt de l'Auberge des migrants, Laure montre très fièrement un stock de jerrycans qui provient d'un don. Il y a des dizaines de bidons que l'association Utopia 56 est en train de désinfecter afin de pouvoir les réutiliser.

Laure Pichot au milieu des jerrycans que l'association va bientôt distribuer aux exilés
Laure Pichot au milieu des jerrycans que l'association va bientôt distribuer aux exilés
© Radio France - T.S.

Ils ont servi à entreposer du liquide pour cigarette électronique et vont bientôt permettre aux exilés d'avoir des contenants propres pour ramener, près de leurs tentes, de l'eau. A Grande-Synthe, où l'association se rend tous les jours avec son camion de distribution d'eau, les gens viennent faire la queue des heures pour remplir leurs bouteilles, se laver les cheveux, faire la vaisselle à même le sol. L'association a donc dû réfléchir à une stratégie en vue de distribuer ces précieux jerrycans aux exilés démunis, détaille Laure Pichot :

Les migrants arrivent avec des caddies de supermarché pour remplir des bouteilles souvent sales, déplore Laure Pichot

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C'est une logistique particulière la distribution des jerrycans parce que c'est une denrée extrêmement précieuse quand on n'a pas d'accès à l'eau et que l'on vit complètement dans le dénuement. Pour boire, mais aussi se laver, cuisiner, faire la vaisselle, laver ses vêtements (...) on a beaucoup réfléchi à comment on va faire cette distribution parce qu'on a 330 bidons pour 400 migrants environ. (...) Evidemment les critères de vulnérabilité, parce qu'on est obligés de fonctionner par critère de vulnérabilité, ne sont pas les mêmes s'il s'agit d'un famille, d'un homme seul ou d'un mineur isolé.

Rory, un bénévole britannique, en train de décharger son camion rempli de boîtes de thon
Rory, un bénévole britannique, en train de décharger son camion rempli de boîtes de thon
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L'association Utopia 56 n'est pas la seule à oeuvrer sur le terrain, loin de là. Dans l'entrepôt, nous croisons les jeunes britanniques du Calais Food Collective, un tout jeune collectif qui a décidé pendant le confinement qu'il fallait aussi offrir aux personnes migrantes autre chose que des repas chauds. L'idée est de proposer de la nourriture sèche ou froide qui permette aux exilés de cuisiner et de retrouver un peu de dignité, analyse Laure Pichot. Il se trouve que ce soir là, la distribution du repas par le Calais Food Collective a été interrompue sur la place devant la gare de Calais, par la police :  

La police est intervenue devant la gare pour décourager une distribution, précise Laure Pichot

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Rory est un jeune bénévole britannique du Calais Food Collective. Il raconte comment la distribution de nourriture qu'il allait assurer ce soir, sur la commune de Grande-Synthe, a été stoppée par l'intervention de la police. Les agents lui ont demandé ses papiers et lui ont ordonné de partir sous prétexte que son camion se trouvait sur une aire privée. Récit : 

Les policiers ont demandé aux bénévoles leurs papiers et leur ont demandé de quitter les lieux, raconte Rory

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Rory termine cette semaine son travail de bénévole auprès du Calais food Collective qui distribue de la nourriture aux migrants
Rory termine cette semaine son travail de bénévole auprès du Calais food Collective qui distribue de la nourriture aux migrants
© Radio France - T.S.

La maire de Calais répond à Boris Johnson

Pour Natacha Bouchart, la présence des migrants sur le sol calaisien s'explique en grande partie par la politique migratoire pratiquée en Grande-Bretagne. Alors que le gouvernement de Boris Johnson a sommé tout récemment les autorités françaises de ne plus laisser les migrants traverser la Manche, la maire de Calais affirme qu'elle n'a de leçons à recevoir de personne : 

La Grande-Bretagne devrait dans un premier temps modifier sa politique migratoire, affirme Natacha Bouchart

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Les Britanniques et leur gouvernement en particulier ne comprennent pas la difficulté de la maîtrise migratoire et ils ne comprennent pas non plus que leur législation créé cet appel d'air. Ils sont là pour revendiquer mais en contrepartie ils ne veulent pas remettre à plat les causes de cette aspiration qu'ils ont en Angleterre car ils ne veulent pas se remettre en cause. En fait, ils considèrent que la frontière britannique se trouve à Calais, très simplement et cruellement ! Donc ils imposent tout un tas de dispositifs qu'ils financent au cours des négociations, surtout en investissement mais on sait que le fonctionnement coûte très cher.