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Migrants dans la Manche : une famille kurde raconte l'enfer d'une traversée

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Ropak et sa famille (qui préfèrent apparaître floutées) ont trouvé un refuge à la Maison Sésame, après avoir échappé à la noyade en traversant la Manche
Ropak et sa famille (qui préfèrent apparaître floutées) ont trouvé un refuge à la Maison Sésame, après avoir échappé à la noyade en traversant la Manche
© Radio France - T.S.

Épisode 1. Avec ses enfants et son mari, Ropak vient de tenter de traverser la Manche à bord d'une embarcation de fortune. La famille avait payé 8 000 £ aux passeurs, mais le moteur a vite lâché et l'un des passagers est tombé par-dessus bord. Récit d'un naufrage et d'un exil commencé il y a plusieurs années.

Ropak et sa famille sont des rescapés. Comme tant d'autres migrants, ils ont tenté de rejoindre les plages et les falaises de Douvres (Angleterre), à une petite trentaine de kilomètres du littoral français, à bord d'une embarcation de fortune. Ils ont dû faire demi-tour, surpris par une houle trop forte et un bateau qui prenait l'eau. Cette nuit-là, ils ont tous eu beaucoup de chance. Ropak a accepté de se confier et livre, avec Hazhar son époux, le récit de leur exil, qui a commencé il y a plusieurs années au Kurdistan irakien, jusqu'à cette traversée qui a failli tourner à la catastrophe. Elle est entourée de Léa Lambert, qui décrit le projet de la Maison Sésame où son association héberge quelques exilés. Enfin, Bernard Baron, nous raconte les dangers de la mer. Ce sauveteur bénévole de la SNSM connaît parfaitement ce détroit et ses redoutables bancs de sables. 

Migrants dans la Manche : une famille kurde raconte l'enfer d'une traversée

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Plus de 342 traversées ou tentatives

Le 18 août dernier, au matin, le corps d'un jeune Soudanais de 28 ans a été retrouvé sur la plage de Sangatte (Pas-de-Calais), illustrant de façon terrible les dangers de la traversée entre la France et l'Angleterre que tentent de très nombreux exilés. Plus de 1 000 migrants ont été interceptés par les autorités françaises depuis le début de l'année. Lorsque les embarcations font naufrage, ou sont signalées par les innombrables navires qui traversent la Manche, la préfecture maritime envoie ses équipes de secours. D'après ses calculs, on compterait 342 traversées ou tentatives de traversées entre le 1er janvier et le 11 août 2020. Ce qui représente 4 192 personnes. C'est presque le double de toute l'année précédente au cours de laquelle la préfecture avait comptabilisé 203 traversées ou tentatives pour 2 294 migrants. Chaque jour, ou presque, sur son site internet, on peut lire le récit de ces nuits d'intervention qui sont autant de nuit de cauchemar pour les familles embarquées. Et côté britannique, la presse - de la BBC au Daily Mail - raconte les arrivées quotidiennes. 

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Un bateau de fortune tente la traversée de la mer du Nord et croise un porte-conteneurs, le 10 août 2020
Un bateau de fortune tente la traversée de la mer du Nord et croise un porte-conteneurs, le 10 août 2020
- préfecture maritime

Rien qu'au cours de la nuit du mercredi 19 août, nuit où le jeune Soudanais a probablement embarqué, les autorités maritimes ont repêché une cinquantaine de migrants. Lors de l'une des opérations, sur une embarcation où étaient entassés 11 adultes et 3 enfants, les secouristes ont récupéré l'un des passagers dans la mer. 

Malgré les risques très importants que courent ces exilés, ils sont de plus en plus nombreux à tenter de franchir le détroit du Pas-de-Calais. Certains y parviennent. Selon François Guennoc, de l'association l'Auberge des migrants, 60 à 70% des traversées se transforment en succès. Mais des centaines d'autres échouent. La jeune femme kurde que nous avons rencontrée en a fait l'expérience. Ropak, c'est son prénom (qui signifie "un visage clair, qui ne saurait mentir") a trouvé refuge depuis cinq jours dans la Maison Sésame, une jolie demeure où une quinzaine de migrants sont hébergés en ce moment. Un havre de paix bien provisoire, avant de se lancer à nouveau à l'assaut de la Manche. 

Les passeurs ont exigé 8 000 livres sterling pour la traversée

Ropak est une jeune femme toute frêle dont le ventre arrondi se remarque à peine. Elle sourit beaucoup, mais paraît épuisée. Sa fillette de 2 ans, Eilarya, tout aussi menue, s'agrippe à sa main et s'amuse à la mordiller. "Elle va bien", rassure Léa Lambert, qui vient de conduire la famille à l'hôpital, cet après-midi-là. Une visite pour vérifier que les enfants, Eilarya et son grand-frère Anas, n'ont pas de séquelles et que Ropak, qui est enceinte de 8 mois, n'a pas été non plus trop secouée. La petite Eilarya n'a pas parlé pendant plusieurs heures, après le naufrage. Elle était traumatisée raconte Ropak. 

Dans la nuit du jeudi 13 août, la famille a été prévenue par téléphone qu'il était temps d'embarquer. Les parents avaient payé 8 000 livres sterling "aux passeurs", confient-ils sans donner plus de détails. Une grosse somme pour se retrouver à bord d'une embarcation pneumatique qui n'était, visiblement, pas taillée pour la circonstance. Ropak et son mari Hazhar racontent cette nuit terrible, installés à présent devant des tasses de thé fumantes. A leur côté, Bavel, un ami kurde, accepte de traduire car Ropak ne connaît que quelques bribes d'anglais. Mais tout comme Hazhar, elle parle arabe, farsi, kurde et maintenant grec. Léa, la jeune femme qui porte en partie le projet de la Maison Sésame - un lieu qui recueille les familles exilées - les écoute avec bienveillance. "Les associations qui sillonnent la plage et reçoivent des appels d'urgence nous adressent les familles. Et dès que nous avons de la place, nous les prenons. Il se trouve que ce matin-là, une chambre était libre", sourit Léa. La Maison Sésame, que coordonnent aussi Tchang, Caroline et Baptiste, abrite trois familles en ce moment, venues du Kurdistan, de Tchétchénie et de Syrie. 

Les résidents de la Maison Sésame restent parfois seulement quelques jours, en attendant une nouvelle traversée.
Les résidents de la Maison Sésame restent parfois seulement quelques jours, en attendant une nouvelle traversée.
© Radio France - T.S.

Dans la cuisine, les femmes préparent un grand repas. A la table de la salle à manger, Ropak et Hazhar poursuivent leur récit. Cette nuit-là donc, ils embarquent à bord d'un bateau pour tenter la traversée. "Au bout de quelques centaines de mètres, le bateau a commencé à prendre l'eau", raconte Hazhar, "avec d'autres hommes, on a découpé des bidons d'essence qui traînaient sur le bateau pour tenter d'écoper l'eau, mais cela ne suffisait pas". Ropak ajoute, "la situation était terrible, les femmes et les enfants pleuraient. Un petit garçon est tombé à la mer". Immédiatement, les adultes ont arrêté l'embarcation.

"L'enfant qui est tombé à l'eau avait 10 ans"

"C'est un jeune homme du Kurdistan irakien qui a sauté à l'eau pour rattraper l'enfant", ajoute presque fièrement Hazhar, "l'enfant devait avoir 10 ans". A quelques centaines de mètres du rivage, la houle était déjà très importante et l'embarcation totalement sous-dimensionnée tanguait de façon impressionnante. Il faut dire que les migrants étaient apparemment une centaine à bord ! Plusieurs fois, Hazhar et Ropak répètent ce chiffre et semblent formels. Après avoir tenté pendant une heure environ d'écoper en vain l'eau qui pénétrait dans le bateau, les clandestins ont fait demi-tour. Le moteur ne marchait plus. Les passeurs n'avaient probablement pas rempli le réservoir suffisamment, comme cela semble fréquent d'après les récits que recueillent les associations. 

Des migrants à bord d'un bateau pneumatique minuscule, repérés par la préfecture maritime le 10 août au large de Calais
Des migrants à bord d'un bateau pneumatique minuscule, repérés par la préfecture maritime le 10 août au large de Calais
- prefecture maritime

"Après avoir fait demi-tour, Dieu nous a secouru et les vagues ont poussé le bateau vers la plage", précise Hazhar. Ropak acquiesce mais elle ne peut plus parler. Les larmes aux yeux, elle prend sa petite fille sur les genoux. Quand ils sont arrivés, épuisés et totalement trempés sur la plage, les exilés se sont éparpillés. Ropak et Hazhar voulaient rejoindre la "Jungle" de Grande-Synthe à pied, mais ils ne savaient pas où ils se trouvaient. C'est en prenant le chemin de la route qu'ils sont tombés sur deux bénévoles de l'association Utopia 56. Cette nuit-là, raconte Léa, il y a eu tellement de naufrages que les jeunes citoyens qui aident les réfugiés se sont particulièrement mobilisés. 

Léa raconte comment était la météo ce soir là et les nombreux naufrages.

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C'est un soir où il n'y avait pas de vagues prévues. Enormément de familles ont tenté le passage. En fait, la plupart des gens regardent juste le niveau de la houle (...) mais personne n'a regardé la pluie ni le vent. Donc il y a eu beaucoup d'accidents ce soir-là.                          
Léa Lambert de la Maison Sésame    

Tenter une nouvelle traversée, malgré la peur

Que vont faire à présent Ropak, Hazhar, Eilarya et Anas ? "Si la France me donne des papiers, je veux bien rester", sourit tristement Hazhar. "C'est bien le problème", renchérit Léa, "les familles qui ont parcouru l'Europe ont souvent eu des prises d'empreintes consenties ou non, que ce soit en Grèce, en Roumanie, ou ailleurs." Une fois en France, si ces familles entament une procédure de demande d'asile, elles ont de fortes chances d'être renvoyées dans le pays européen par lequel elles ont transité, même si ce pays leur a refusé l'asile. C'est une situation que redoutent Ropak et Hazhar et qui les incite à vouloir tenter à nouveau la traversée vers l'Angleterre. Même s'ils ont examiné l'idée de vivre en France, comme le confie Hazhar, suivi de Léa qui souligne la difficulté de ces démarches.

Hazhar envisage de rester en France, mais Léa tempère ses espoirs

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Dans le meilleur des cas ils auraient un titre de séjour. S'ils ne sont pas renvoyés dans un autre pays d'Europe. Cela veut dire qu'ils se lancent dans des procédures qui durent des années et des années.                                                                                        
Léa Lambert, de la Maison Sésame 

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Neuf pays : à pied, en taxi, en camion 

Comme toutes les tragédies de l'exil, l'histoire de la fuite de Ropak et Hazhar s'étend sur des années. Au pays, au Kurdistan irakien, Hazhar est devenu mécanicien dès l'âge de 19 ans. Ropak a fait des études, mais ils se sont mariés "quand elle avait 20 ans", sourit-elle, et ensuite elle n'a plus travaillé. De santé fragile, Ropak se bat contre un cancer depuis huit ans, mais elle ne peut plus se soigner correctement depuis qu'ils ont quitté leur patrie, il y a déjà trois ans. Tous deux ont décidé de se sauver à l'étranger pour des raisons "privées" sur lesquels ils ne veulent pas s'étendre. Entre les lignes, on comprend que la situation politique est particulièrement compliquée sur place, qu'il y a des disparitions pour qui "ne veut pas travailler pour le gouvernement". 

A l'été 2017, le couple et leur petit garçon alors âgé de 2 ans embarquent pour la Grèce, via la Turquie. Ils resteront à Athènes jusqu'au mois d'août 2019. Période sombre, par ses conditions de vie précaire, mais aussi pleine d'espoir. Ropak est enceinte de sa fille et ils ont déposé une demande d'asile. "J'avais un médecin pour moi, mais je n'ai jamais vu ce docteur", précise-t-elle. Pudique, elle ne veut pas s'étendre sur leurs conditions de vie difficile. "Tout le monde sait comment vivent les réfugiés en Grèce", coupe Hazhar d'un geste las. Deux ans après leur arrivée, ils se voient notifier un refus par l'administration grecque. Ils décident alors de s'enfuir à nouveau. Suivra un long périple à travers l'Europe : Albanie, Kosovo, Croatie, Serbie, Bosnie, Roumanie, Autriche, Allemagne, France. Depuis la Grèce, cela fait neuf pays. "Nine", énumère fièrement Ropak en anglais. 

Ropak, enceinte de 8 mois, et sa petite fille de deux ans
Ropak, enceinte de 8 mois, et sa petite fille de deux ans
© Radio France - T.S.

"Pendant trois jours, les enfants n'ont rien mangé"

Une partie du trajet se fera en taxi, une autre en bus ou à pied. Ils marchent au moins deux semaines, sous la pluie. Leur fille a à peine 1 an et leur garçon 4 ans à ce moment-là. Leur rencontre avec la police en Croatie les a particulièrement marqués. Hazhar raconte comment ils ont été arrêtés et battus, leurs téléphones portables cassés. "Pendant trois ou quatre jours, on était enfermés sans manger", s'indigne Ropak, "même les enfants n'ont rien mangé." Ce scénario se répète cinq fois : cinq fois la famille tente de franchir la frontière croate clandestinement. Cinq fois, elle est arrêtée par la police croate, battue, enfermée. Enfin, elle change de stratégie et monte dans un camion qui la déposera finalement en Serbie. 

En Roumanie, le couple et leurs enfants sont arrêtés. On les oblige à donner leurs empreintes. Ils resteront 9 mois, dans un centre d'accueil. "Les conditions étaient très mauvaises", raconte Ropak, "on ne pouvait pas vivre en Roumanie, il était interdit de sortir. Même avant le confinement, il n'y avait que Hazhar qui avait le droit de sortir une fois par semaine pour faire des courses." Les enfants, en particulier, souffraient de ne pas pouvoir aller jouer dehors. "Il y avait beaucoup de mafia", renchérit Hazhar, "nous n'avons pas voulu rester". 

Une nouvelle fois, la famille reprend la route. A l'aide de passeurs, ils sont véhiculés vers la frontière roumaine - qu'ils mettront 6 heures à traverser de nuit à pied. En Autriche, ils se cacheront dans un camion, à l'arrière, au milieu des marchandises. Ropak, alors enceinte de 7 mois, garde un très mauvais souvenir de cet épisode. Après l'Allemagne, les voilà enfin en France. Ils prennent un taxi jusqu'à Lille, puis le train, direction Dunkerque et sa "Jungle". En tout, ils ont mis une année entière pour se retrouver à quelques encablures des côtes britanniques. 

Le voyage a coûté 15 000 euros

Entre la Roumanie et leur arrivée en France, autour du 4 août 2020, Ropak, Hazhar et leurs deux petits enfants ont déboursé 15 000 euros. Une somme exigée par les passeurs pour organiser cette longue traversée, qui ne comprend pas bien entendu, toutes les dépenses du quotidien. 

Les voilà désormais installés, si l'on peut dire, sur la commune de Grande-Synthe, dans la forêt, surnommée la "Jungle" où se réfugient environ 400 personnes en ce moment, sous des tentes le plus souvent prêtées par des associations. C'est de là qu'ils ont tenté par deux fois de rallier l'Angleterre. Lors de leur premier essai, ils ont été arrêtés par la police. La deuxième tentative est celle où ils ont fait naufrage. Mais ils songent déjà à repartir, malgré la peur. Malgré la précarité de leurs équipements aussi, car Hazhar craint de voir la police confisquer leurs gilets de sauvetage. C'est une accusation fréquente de la part des exilés et que confirme Léa Lambert. Les policiers embarquent le matériel pour tenter de décourager les familles de prendre le risque de ces traversées périlleuses. Mais les trafiquants, eux, font de la vente des gilets de sauvetage, un commerce juteux, comme le détaillent Hazhar, Ropak et Léa. 

Hazhar, Ropak et Léa racontent le trafic des gilests de sauvetage dans la "Jungle"

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(Le début de l'interview est en kurde, mais Balver intervient rapidement pour traduire) 

Tous les Décathlon et les Intersport du littoral sont en rupture de stock de gilets de sauvetage. Alors que pour le coup, dans la Jungle, les gilets de sauvetage se vendent toujours et le prix monte. Là, ils sont à 55 euros. Mais je connais une famille qui s'est renseignée hier, le prix était de 90 euros l'unité.

La Maison Sésame, une association qui héberge quelques familles
La Maison Sésame, une association qui héberge quelques familles
© Radio France - T.S.

A présent qu'ils sont à l'abri dans la Maison Sésame, Ropak ose rêver d'un chez elle. Un lieu où "rester, dormir, maison", comme elle le dit dans son anglais très hésitant. Depuis la Grèce, ils n'ont pas habité dans une vraie maison et c'est donc très difficile pour elle de se soigner, comme le précise Léa Lambert.

Ropak rêve d'une maison où se reposer, mais elle ne peut pas vraiment se soigner, explique Léa

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Pour les grossesses, le suivi est très bon à Dunkerque. Mais sa maladie a l'air d'être très spécifique. Au-delà du suivi médical, il faudrait un cadre de vie sécurisant. Si les enfants pouvaient vivre en sécurité, cela lui permettrait de pouvoir se soigner. 

La Maison Sésame abrite les familles épuisées

Léa et les bénévoles de la Maison Sésame ont monté ce projet d'hébergement temporaire depuis un peu plus d'un an. La jeune femme dynamique parle désormais assez bien le kurde et quittera ses fonctions dans quelques semaines. Un grand sourire aux lèvres, elle détaille l'objectif de ces mises à l'abri. Nous sommes dans la cuisine, bruyante, de la Maison Sésame, au milieu des femmes et des hommes qui préparent le repas du soir. Un mélange de cuisine kurde, tchétchène et syrienne, à l'image des habitants. 

Léa détaille le projet d'accueil de cette maison, qui réunit des familles de toutes nationalités.

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Depuis un an et demi, on a créé une association qui s'appelle la Maison Sésame. On héberge en moyenne une quinzaine de personnes depuis octobre dernier. On vit tous ensemble, on a une présence de personnes bénévoles et salariées qui vivent ici. J'ai ma chambre ici, au deuxième étage !"

Plus de 600 tankers, cargos, chalutiers traversent la Manche chaque jour, sans compter les Ferrys

Pour mieux comprendre les risques que prennent les migrants qui osent cette traversée de la mer, quotidiennement, sur de toutes petites embarcations, Bernard Baron raconte ce détroit du Pas-de-Calais qu'il connaît si bien.

Bernard est sauveteur bénévole et porte-parole de la SNSM
Bernard est sauveteur bénévole et porte-parole de la SNSM
© Radio France - T.S.

Avec les bénévoles de la SNSM (Société nationale de sauvetage en mer) il sillonne en permanence la Manche pour venir au secours des plaisanciers, pêcheurs ou nageurs imprudents. Il se refuse à donner des détails sur les migrants rescapés, mais il est évident que lui-même et ses collègues ont secouru bien des familles en perdition. 

Bernard Baron évoque les dangers de cette "autoroute de la mer"

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Dans un sens, il y a 300 bateaux qui montent vers l'est pour aller vers l'Allemagne, par exemple. Et le même jour, il y a 300 bateaux qui longent les côtes anglaises pour aller vers l'Atlantique et ensuite vers les mers lointaines. Donc 600 bateaux qui passent dans le sens Manche-mer du Nord. A cela, il  faut ajouter toute cette noria de car-ferrys, avec 60 mouvements de ferrys par jour de Calais, vous avez les ports de Dunkerque aussi (...) et tous ces gens coupent ce que nous, les marins, on appelle l'autoroute de la mer.

Le trafic incessant dans le détroit du Pas-de-Calais rend les traversées d'autant plus périlleuses que la mer est très froide. Même les sportifs les plus aguerris peuvent y laisser leur vie, conclut Bernard Baron. 

La mer est à 17 degrés et le risque d'hypothermie est permanent, décrit Bernard Baron

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