Publicité

Mitraillettes syriennes au Festival d'Avignon

Par
Alors que je t'attendais, de Mohamad Al Atar, mis en scène par Omar Abusaada
Alors que je t'attendais, de Mohamad Al Atar, mis en scène par Omar Abusaada
- Didier Nadeau

Olivier Py a souhaité que le Festival s’ouvre au Moyen Orient. Après Amos Gitaï, présent avec un spectacle sur l’assassinat d’Ytzhak Rabin, c’est au tour des artistes syriens de créer l’événement à Avignon avec une représentation sur leur vie dans un pays rongé par la violence.

chronique Gayot 12 07

1 min

Comment rappeler au public d’Avignon qu’à quelques heures d’avion, des gens vivent au jour le jour sous les menaces de la torture et de la censure ? En invitant au Festival des artistes du Proche Orient, Olivier Py convoque à l’intérieur des remparts des conflits qui sont proches de nous. Le texte de Mohamad Al Atar, un auteur syrien qui vit en exil, le rappelle opportunément. Alors que j’attendais (c’est le titre) est mis en scène par son compatriote Omar Abusaada. La pièce évoque la figure d’un jeune syrien, battu à mort alors qu’il tentait de franchir un check point.

L’histoire n’échappe pas toujours au sentimentalisme. Mais elle fait apparaître clairement à quel point la jeunesse syrienne qui, comme toutes les jeunesses du monde, rêve de musique, de fête, de plaisir et de liberté, se confronte au quotidien à un pouvoir répressif. Coincé entre un gouvernement sans pitié et des ultrareligieux prêts à tout pour rallier la population à sa cause, cette jeunesse n’a d’autre choix que la clandestinité ou la fuite. Sur la scène divisée en deux aires de jeu superposées, on entre dans l’intimité des personnages et ils nous touchent. C’est un théâtre à mi chemin entre fiction et documentaire qu’a conçu Omar Abusaada. Un théâtre qui gagne en puissance quand des images filmées de manifestations à Damas sont projetées. On prend alors la mesure, devant les mitraillettes brandies par les membres de Daesh, du climat de terreur qui règne dans les rues de la ville. Cette irruption du réel fait froid dans le dos. Elle est une des raisons pour lesquelles Alors que j’attendais est un spectacle à voir.

Publicité

Alors que je t'attendais, de Mohamad Al Atar, mis en scène par Omar Abusaada est à voir au Gymnase Paul Giéra. Jusqu’au 14 juillet à 18h30