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Mobile Film Festival : du très petit au grand écran

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Dix ans après sa première édition, le Mobile Film Festival a bien changé, en même temps que l’outil qui a fait sa renommée : le smartphone. Retour sur une compétition et un palmarès, mardi 10 février, qui a récompensé huit courts-métrages d’une minute tournés à l’aide de mobiles.
En 2005, Bruno Smadja crée le Mobile Film Festival en constatant l’essor du téléphone portable et sa facilité d’accès pour tout un chacun. Le principe, résumé par le slogan de l’événement, est simple : “1 mobile - 1 minute - 1 film”. “On voulait remettre tout le monde sur la même ligne de départ, se remémore Bruno Smadja. C’est à dire qu’on n'allait pas faire un meilleur film parce qu’on avait un meilleur matériel ”:

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Dix ans plus tard, la recette s’est avérée payante. Le Mobile Film Festival offre maintenant à ses vainqueurs une bourse de 15.000 euros pour la réalisation d’un court-métrage et depuis cinq ans, la cérémonie de remise de prix s’effectue au cinéma d’arts et d’essai l’Arlequin, dans le sixième arrondissement de Paris. Le succès se ressent également dans le nombre de participants : d’une centaine à la création du festival ils sont maintenant plus de 700 en 2015.

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Si cette augmentation s’explique grâce à la possibilité, pour les réalisateurs en herbe, de gagner un financement, elle témoigne aussi d’une évolution des usages qu’avait aperçue Bruno Smadja. Le succès de services tels que Vine ,* Instagram* ou, plus récemment, Snapchat , ont placé la vidéo au coeur de l’utilisation des smartphones.

Dans cet univers mobile, avec notre minute, on apparaît quasiment comme des longs-métrages ”, constate le créateur du festival :

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Avant même d’être un participant du festival, Sylvain Certain, vainqueur de l’édition 2014 avec son film “Cercle Vicieux”, était un utilisateur de Vine . “En 6 secondes c’est encore plus compliqué, il faut vraiment aller à la sève des choses, ça pousse à éliminer tout ce qui ne sert à rien. Pour le Mobile Film Festival... c’est la même chose ” :

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D’une image pixellisée à de la 4K

De 2005 à 2015, ce sont surtout les capacités technologiques des smartphones qui ont augmenté. “L’impact qualitatif de l’image est un plaisir pour tout le monde, on fait aussi ça parce qu’on aime le cinéma , rappelle Bruno Smadja. Il y a cinq ans on a commencé à faire les premières projections à l’Arlequin et on ne prenait pas tout l’écran. Aujourd’hui 90 % des films prennent tout l’écran, c’est de la HD.

La différence principale entre téléphone et caméra ? “*On ne peut pas dissocier le diaphragme du point, * précise Sylvain Certain. Mais il y a des applications qui permettent de dissocier et de régler le nombre d’images par seconde. On se rapproche d’une vraie caméra au final, parce qu’on arrive à avoir les mêmes options, les mêmes menus et les mêmes fonctionnalités .”

Certaines applications professionnelles permettent donc un rendu de plus en plus proche d’un rendu caméra. En 2011, le réalisateur sud-coréen Park Chan-Wook (Old Boy ) a ainsi fait un long métrage à l’aide… d’un iPhone 4. “On arrive à produire des images avec de la faible profondeur de champ, du flou, qui font vraiment cinéma. C’est assez bluffant. Je n’aimerais pas être à la place des organisateurs et devoir déceler qu’est-ce qui est fait avec une caméra et qu’est ce qui est fait avec un téléphone ! ”, assure Sylvain Certain.

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Reste que l’évolution de la technique n’empiète pas encore sur l’âme du festival, dont les principes fondateurs demeurent l’accessibilité à tous et le format contraignant d’une minute. Preuve en est de l’oeuvre qui a remporté, cette année, le prix du meilleur film : “J’ai grandi ”, de Lionel Nakache, n’était pas le court-métrage à la technique la plus saisissante, à l'inverse de "L'acte", d'Alexandre Perez, récompensé du prix de la mise en scène. C'est surtout le message délivré qui a été récompensé par le jury, présidé par le réalisateur Gérard Krawczyk :

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Avec une sélection de 52 films, cette dixième édition a proposé des courts-métrages de plus en plus pointus techniquement. Les capacités technologiques des mobiles utilisés bouleversent la donne. Chacun peut, s'il s'en donne les moyens, proposer un rendu vidéo quasi professionnel. Seule la qualité d'un plan ou d'un scénario reste, elle, propre à chaque réalisateur. C'est là que se situe maintenant tout l'enjeu du festival.