Publicité

Morisot, Cassatt et Bracquemond : l'impressionnisme au féminin

Par
Mary Cassatt, Autoportrait (1878), Marie Bracquemond, Autoportrait (1870), Berthe Morisot, Autoportrait (1885)
Mary Cassatt, Autoportrait (1878), Marie Bracquemond, Autoportrait (1870), Berthe Morisot, Autoportrait (1885)
- RF

Leur oeuvre a longtemps été moquée, minimisée ou décryptée au prisme de leur condition de femme. Retour sur trois figures féminines qui ont marqué le courant impressionniste.

Qui étaient Berthe Morisot, Mary Cassatt et Marie Bracquemond ? Ces noms ne vous sont peut-être pas familiers, et pourtant elles ont marqué le courant impressionniste. Reconnues à l’époque comme des artistes novatrices et audacieuses du mouvement, elles restent pourtant moins célèbres que leurs contemporains avant-gardistes. Alors, pourquoi l’histoire de l’art a-t-elle négligé de telles artistes ? D’abord modèles de Manet ou Degas, elles ont à leur tour pris le pinceau pour exprimer leur sensibilité… Retour sur trois figures féminines qui ont marqué le courant impressionniste.

Berthe Morisot, pionnière indépendante

On parle souvent d’elle comme “la peintre des femmes”. Figure majeure de l'impressionnisme, Berthe Morisot reste aujourd'hui moins connue que ses amis Monet, Degas ou Renoir. Précurseuse de l’impressionnisme, elle est d’ailleurs la seule femme à avoir signé la charte de la “Société anonyme des artistes peintres, sculpteurs et graveurs” qui donne naissance à ce mouvement. C’est l’une des raisons pour laquelle le musée d’Orsay propose une rétrospective de ses œuvres : "Il faut les intégrer à cette histoire de l’art du 19e siècle (…) Quand les femmes ont fait œuvre, il faut les intégrer à un récit global, car elles ont des singularités, au-delà du fait qu’elles sont des femmes", explique Sylvie Patry, commissaire de l’exposition.

Publicité

Berthe Morisot avait pourtant été immédiatement reconnue comme l'une des artistes les plus novatrices du groupe. “Elle est l’une des premières, même avant Cézanne à donner à la peinture cette fluidité de l’aquarelle. C’est là son côté moderne”, souligne l’académicienne Dominique Bona, qui lui a consacré une biographie intitulée Berthe Morisot : Le Secret de la femme en noir (2000).

Berthe Morisot apprend la peinture au sein d'une famille bourgeoise, auprès de célèbre artistes, comme Félix Bracquemond, Henri Fantin-Latour, ou encore Edouard Manet. C’est d’ailleurs ce dernier qui la choisit comme modèle pour quatorze de ses toiles, dont l’une, Berthe Morisot au bouquet de violettes, est restée très célèbre :

Je crois qu’il avait trouvé un modèle dont le mystère le fascinait.(...) Mais évidemment on peut regretter qu’il n’ait pas immortalisé Berthe à son chevalet et ses pinceaux. La peinture de Manet a l’air de nier la profession de Berthe Morisot. Elle est issue de la bourgeoisie, classe sociale dans laquelle on ne privilégiait absolument pas l’art comme un métier pour les jeunes filles. L’art a été plutôt associé à la bohème, et aux mœurs coupables. Donc on préserverait les jeunes filles de ce genre de distractions. Berthe est quand même professionnelle dans ce milieu. Elle a toujours considéré la peinture comme sa passion, sa vocation, mais aussi son métier. Ce n’était pas une distraction du dimanche. Dominique Bona

Nombreux sont les critiques et journalistes qui remarquent la beauté et l'élégance de cette jeune femme, placée dans l'ombre de Manet,  mais rares sont ceux qui prennent au sérieux son activité de peintre. La “patte” Morisot a pourtant beaucoup influencé le style de Manet lui-même, en particulier vers la fin de sa vie, comme le décryptait l’historien de l’art Jean-Dominique Rey, dans l’émission "Les Mardis de l’expo", le 25 janvier 2011 :

À l’époque, on parlait beaucoup de l’influence de Manet sur Morisot, on disait souvent que Manet était son professeur, ce qui énervait profondément Berthe. Une fois ou deux, il s’est permis de retoucher un tableau qu’elle allait exposer dans un salon, par défi. Berthe Morisot l’a très mal pris. Jean-Dominique Rey

1h 00

Dans les années 1860, l’impressionnisme n’en est qu’à ses balbutiements et est largement moqué par les journalistes, comme le relate le critique d’art Achille Segard dans Mary Cassatt, une Peintre des Enfants et des mères (1913) : “En 1874 s'organisa chez Nadar, 35, boulevard des Capucines, la première exposition des impressionnistes. Elle fut accueillie par des moqueries et des injures”. Berthe Morisot ne déroge pas à la règle.

Le travail de Berthe Morisot a longtemps été perçu au prisme du sexisme de l’époque, là où les peintres, historiens de l’art et journalistes sont encore massivement masculins. “Les sujets de Morisot sont des sujets modernes, et inspirés de la vie quotidienne. Elle peint le monde qui l’environne, c’est-à-dire la sphère privée, la sphère domestique et familiale”, explique la commissaire d’exposition et historienne de l’art Sylvie Patry, “on peut y voir le résultat des contraintes et des limites assignées à une femme de son milieu”.

Loin des modèles de mères attendries que l’on retrouve dans les toiles de Manet ou Renoir, Morisot va peindre une vision plus complexe et profonde de la maternité, en particulier dans l’une de ses toiles, Le Berceau.

Le Berceau, Berthe Morisot (1872)
Le Berceau, Berthe Morisot (1872)
- Musée d'Orsay

Ce tableau incarne le dilemme qui traverse Berthe Morisot dans les années 1870 : peut-elle poursuivre sa carrière de peintre tout en menant une vie de mère épanouie auprès de ses enfants, ou doit-elle renoncer à l’un des deux ?

Ce qui est moderne, c’est cette ambiguïté sur l’arrivée de cet enfant : ce n’est pas une vision sombre de la maternité, mais ce n’est pas non plus une vision très fusionnelle, il y a une certaine distance entre la mère et l’enfant. Il y a une forme de sollicitude de la mère de l’enfant, et en même temps une forme de retrait. Sylvie Patry, commissaire d'exposition

Contrairement à Manet ou Renoir qui dépeignent des femmes épanouies, Berthe Morisot représente une mère mélancolique : “Elle reprend une position de la tradition artistique classique du modèle mélancolique, accoudée comme cela, comme la mélancolie de Dürer (…) C’est une rupture avec les conventions picturales de l’époque. Beaucoup de peintres peignent des femmes mélancoliques avec un contexte narratif, chez Morisot il n’y a pas de mise en récit. Le modèle rêveur se suffit à lui-même", explique Sylvie Patry.

Choqués par le caractère esquissé du tableau Jeune fille assise (1888-1893), les journalistes américains de The Independent s’en donnent à cœur joie pour critiquer le travail de l'artiste. Morisot, qui est citée sous le nom de “Madame Manet”, se retrouve mariée à Édouard plutôt qu’à Eugène, et son travail, rabaissé à sa condition de femme :

Son travail présente les faiblesses de l’imitateur, et son dessin ne justifie pas qu’elle se lance dans les aléas de la peinture. Si elle dessinait comme Monsieur, son mari, elle pourrait se permettre une facture plus libre mais, en l’état, sa “Jeune fille” se fanera aussi vite que les roses à ses côtés. The Independent**, 21 février 1895.**

Si elle épouse Eugène Manet en 1874, pas question pour autant d’abandonner la peinture. En épousant un membre de la famille Manet, une autre parentèle artistique se constitue, mais aussi une inversion des rôles traditionnels.

Elle a transgressé du point de vue de la stratégie de sa carrière, car elle a fait le choix de l’indépendance, elle a décidé de travailler, d’exposer, de diffuser son œuvre en dehors des circuits officiels. Sylvie Patry, commissaire d’exposition

Eugène se met alors au service de la promotion de l’œuvre de son épouse. Il devient même le modèle de Morisot : il pose en intérieur ou dans un jardin en compagnie de leur fille, dans des situations ou selon des modalités considérées au XIXe siècle comme féminines, comme en témoigne par exemple Eugène Manet à l'île de Wight (1875).

Eugène Manet à l'île de Wight, Berthe Morisot (1875)
Eugène Manet à l'île de Wight, Berthe Morisot (1875)
- Musée d'Orsay

Sa carrière bien avancée, Morisot, consciente de son talent, a confié dans un carnet intime le regret de ne pas recevoir le même traitement que les hommes artistes :

Je ne crois pas qu’il y ait jamais eu un homme traitant une femme d’égale à égal, et c’est tout ce que j’aurais demandé, car je sais que je les vaux. Berthe Morisot

Dès sa préface à l’exposition posthume de 1896, son ami Mallarmé, à contre-courant des critiques de l’époque, dénonce "l’éloge courant que son talent dénote la femme", et réfute "cette volonté d’emprisonner la femme peintre dans des constructions idéologiques de la féminité en affirmant que des artistes comme Morisot [qu’il appelle des “dissidentes”] nous donnent au contraire une leçon de virilité". Lorsqu’elle meurt en 1895, malgré sa riche production artistique, le certificat de décès mentionne "sans profession".

Mary Cassatt, féministe autodidacte

Considérée comme l’une des plus grandes peintres aux États-Unis, Mary Cassatt est la seule américaine à avoir exposé avec les impressionnistes. Son œuvre est longtemps restée dans l’ombre des autres peintres du mouvement, alors qu’elle a eu une véritable influence et développé une signature artistique singulière.

Un temps boudée, son œuvre connaît un regain d’intérêt aujourd'hui : ce n’est que justice pour une peintre dont l’œuvre prolifique est à la fois novatrice, spontanée et multiforme. La personnalité même de Cassatt dénote : femme indépendante, évoluant dans une société encore très corsetée et dominée par les hommes, elle a été une figure féministe avant l’heure et son influence a été cruciale dans la popularité de l’impressionnisme aux États-Unis.

D'abord élève à l'Académie des Beaux-Arts de Philadelphie, elle ne s'y épanouit guère, comme le racontait Achille Segard dans Mary Cassatt, une Peintre des Enfants et des mères (1913)

À l'École académique de Philadelphie on dessinait tant bien que mal d’après des copies anciennes ou des plâtres antiques. Il n’y avait pas d’enseignement. Je crois d’ailleurs que la peinture ne s’enseigne pas, et qu’on n’a pas besoin de suivre les leçons d’un maître. L’enseignement des musées suffit. Mary Cassatt

À partir de 1868, elle quitte définitivement les États-Unis, parcourt l’Europe puis s’installe définitivement à Paris en 1874. À l’époque, le milieu de l’art reste fermé aux femmes. Personnalité “indépendante, au tempérament très fort”, Mary Cassatt décide de tenter sa chance dans un milieu encore très largement dominé par les hommes, comme nous l'expliquait Pierre Curie, conservateur au musée Jacquemart-André, à notre antenne en avril 2018, dans l'émission "Le Réveil culturel". Elle présente ses tableaux aux différents Salons dès 1872 et se heurte à la rigidité de l’académisme pictural de l’époque. Régulièrement, certaines de ses œuvres sont refusées.

C’est le cas par exemple de la Petite fille dans un fauteuil bleu qui est rejetée par l’exposition universelle de 1878 alors qu’elle est considérée comme l’un de ses chefs-d’œuvre. Qualifié de “vision radicalement nouvelle de l’enfance” par l’historienne de l’art Petra Chu, ce tableau illustre le refus de peindre une image d’Épinal de l’enfance, représentant les enfants tels qu’ils sont, c’est à dire parfois distraits, avachis et affichant une certaine effronterie. Avec ce tableau, Cassatt refuse de peindre l’enfance comme un idéal de l’innocence et rejette les canons de l’académisme.

Des petites filles dans des fauteuils, il y en a des centaines. C’est une façon radicale de changer l’axe de vision du thème. Pierre Curie

Petite fille dans un fauteuil bleu, 1878
Petite fille dans un fauteuil bleu, 1878
- Mary Cassatt

Devant les refus que connaît parfois Cassatt, Degas lui recommande de ne plus chercher à exposer dans les Salons, mais d’exposer avec les impressionnistes. A ce sujet, l'historien Achille Segard rapporte les propos de Cassatt dans Mary Cassatt, une peintre des femmes et des enfants (1913)  :

Enfin, je pouvais travailler avec une indépendance absolue sans m’occuper de l’opinion éventuelle d’un jury ! Déjà j’avais reconnu quels étaient mes véritables maîtres. J’admirais Manet, Courbet et Degas. Je haïssais l’art conventionnel. Je commençais à vivre. Mary Cassatt

Cassatt se distingue des autres peintres impressionnistes en cela qu’elle porte à travers ses peintures un message nouveau que l’on pourrait qualifier de féministe. Les femmes y sont célébrées : elles ne sont plus réifiées, mais traitées comme des sujets porteurs d’une véritable profondeur.

Féministe convaincue , Cassatt milite en faveur de l’émancipation de la femme : dans son tableau Jeune femme cueillant des fruits de 1892_,_ on décèle par exemple une volonté délibérée de ne pas offrir une vision érotisée du corps féminin. D’ailleurs les deux jeunes femmes représentées ne correspondent pas aux canons de beauté traditionnels, comme le souligne Sylvie Patry :

C’est la femme cueillant le fruit de la connaissance, c’est émancipateur, et cela montre des femmes qui prennent leur destin en main. C’est l’anti-Eve. Sylvie Patry

Young woman picking fruit
Young woman picking fruit
- Mary Cassatt

Cette peinture est à rapprocher des productions que Cassatt a fournies au pavillon de la femme à Chicago pour l’exposition universelle de 1893. Elle y réalise une fresque appelée La femme moderne. Son objectif : célébrer le récent épanouissement des femmes dans les arts et la science. Cassatt décrit le pavillon en ces termes : “panorama complet de la condition des femmes dans tous les pays du monde en ce moment.” Aux critiques reprochant l’absence d’hommes dans cette fresque, Cassatt répond :

Les hommes, je n’en ai aucun doute, sont peints dans toute leur vigueur sur les murs des autres bâtiments ; […] si je n’ai pas absolument été féminine, alors j’ai échoué. Mary Cassatt, extrait de Mary Cassatt : Une Américaine chez les impressionnistes de Isanelle Enaud-Lechien

Mary Cassatt s’est également spécialisée dans les portraits de mères avec leurs enfants. Le thème est assez classique mais son approche moderne a largement contribué à son succès. Elle refuse de peindre la béatitude naïve de la maternité et préfère peindre des scènes de la vie quotidienne, c’est le cas par exemple dans La toilette de l’enfant (1894).

La toilette de l'enfant, 1893
La toilette de l'enfant, 1893
- Mary Cassatt

Si certains ont pu critiquer la persistance de ce thème a priori convenu, il faut cependant lui rendre ses lettres de noblesse :

La position de la femme dans la société des années 1880-1890 change, notamment dans les cercles élevés de la bourgeoisie. On commence à regarder le rôle de mère comme gratifiant. Un nouveau regard sur cette féminité à travers la maternité émerge et par ailleurs, on sait que Mary Cassatt était féministe, pour l’émancipation et le vote des femmes. Comme artiste elle a un rôle dans cette nouvelle image de la femme. Pierre Curie

Mary Cassatt était également liée à la mouvance féministe américaine et s’est investie personnellement pour la cause des femmes, prolongeant dans les faits ce qu’elle avait initié en peinture. Par exemple en 1915, elle organise une exposition d’œuvres à la galerie Knoedler de New-York au profit des suffragettes, dont elle soutenait la cause.

Si Mary Cassatt n’a pas reçu toute la considération qu’elle méritait en France, son influence a été importante aux Etats-Unis. Elle bénéficiait également d’un puissant réseau qui lui a ouvert les portes des grands collectionneurs d’art américains, chez qui elle a stimulé l’intérêt pour l’œuvre des impressionnistes. Devenue artiste de référence aux Etats-Unis, ses toiles résident pour la plupart dans les  galeries des plus grands musées américains.

Marie Bracquemond, une carrière avortée

Artiste touche-à-tout, Marie Bracquemond est surtout connue pour ses toiles, mais elle s’est aussi essayée à la gravure, la sculpture, ainsi qu’à la céramique. Là encore, l’histoire de l’art semble avoir négligé son oeuvre, souvent éclipsée par la popularité de son mari.

Éleve de Jean-Auguste-Dominique Ingres, elle constate rapidement que le maître n’a que “peu d’estime pour les femmes artistes”. Elle raconte : "La sévérité de Monsieur Ingres me glaçait… parce qu’il doutait du courage et de la persévérance des femmes dans le domaine de la peinture… il ne leur confiait que des peintures de fleurs, de fruits, des natures mortes, portraits ou scènes de genre".

Elle finit par quitter le studio d’Ingres, pour épouser le peintre Félix Bracquemond qui participe à la première exposition impressionniste de 1874. Lui est déjà connu des milieux artistiques d’avant-garde. Le couple fréquente régulièrement des figures importantes de l’impressionnisme, parmi lesquels Claude Monet, Edgar Degas, Paul Gauguin, Édouard Manet ou encore Alfred Sisley. Marie Bracquemond expose quant à elle pour la première fois avec les impressionnistes cinq ans plus tard.

Sous la lampe (1877), Chicago, Galleries Maurice Sternberg
Sous la lampe (1877), Chicago, Galleries Maurice Sternberg

Marie Bracquemond est sans doute celle qui a reçu le moins de considération parmi les femmes impressionnistes. En 1890, elle cesse de produire alors qu'elle est encore jeune et bien insérée dans le groupe des impressionnistes. Dans un article annonçant la mort de l’artiste en janvier 1916 Le Figaro déjà s’interrogeait sur les raisons d’une telle décision. Le journal parle de “l’ombre volontaire où ce talent se retira” ainsi que d’une “excessive modestie”. En 1919, le critique d’art Gustave Geffroy évoque à la fois la santé fragile de Marie Bracquemond, ainsi que le caractère extrêmement difficile de son mari. Comme bon nombre de femmes à l’époque, Marie Bracquemond a sûrement pâti de la popularité de son mari, qui d’ailleurs semblait exercer sur elle une influence autoritaire et dominatrice.

Marie Bracquemond, Sur la terrasse à Sèvres (1880), Genève, Petit Palais.
Marie Bracquemond, Sur la terrasse à Sèvres (1880), Genève, Petit Palais.

Félix Bracquemond a sans doute une part de responsabilité dans la décision prise par Marie d'arrêter de peindre en 1890 :  il désapprouve sa peinture et il lui arrive même de cacher ses tableaux quand ils ont de la visite. Ne jouissant pas de la même liberté dont Berthe Morisot ou Mary Cassatt disposaient, elle n'a sûrement pas pu exprimer l'étendue de son talent.

59 min