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Mort d'Alan Vega, pionnier du punk-rock

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Alan Vega à Nantes le 5 mars 2004
Alan Vega à Nantes le 5 mars 2004
© AFP - FRANK PERRY

Disparition. C'était une légende. Membre du groupe Suicide au début des années 70 à New York, son rock avait préfiguré le punk. Alan Vega était passé sur notre antenne en 2011. Réécoutez sa voix, ainsi que celle de musiciens ayant gravité autour de lui.

"La mort ? Je ne sais pas si c'est la fin ou le commencement. Je voudrais me préparer à tout ça… Je sais que je dois mourir, je n'aime pas l'idée. Je voudrais continuer encore mais bon, je fume, je bois, je fais n'importe quoi." Alan Vega

"Qu’est ce qui me tient en vie ? Je ne sais pas. Théoriquement je devrais être mort, surtout après ce que nous avons fait plus jeunes", confiait Alan Vega au micro d'Alexandre Breton en 2011, dans un taxi filant dans la nuit parisienne. C'est une des figures les plus marquantes de la scène punk qui vient de disparaître. Beaucoup s'étaient inspirés de son travail, à commencer par Christophe, avec qui il avait récemment collaboré pour le titre Tangerine : "Je n’ai jamais aimé les cow-boys, il n’a pas de chapeau. Il a un bonnet. C’est un indien", disait de lui le chanteur, qui le considérait non pas comme "un maître", mais comme "le maître".

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Réécoutez Alan Vega raconter son travail, ses doutes, et jusqu'à son rapport à la spiritualité dans Les Passagers de la nuit du 20 juin 2011. Un documentaire riche aussi de voix d'artistes l'ayant côtoyé :

Les Passagers de la nuit, 20 juin 2011, Alan Vega

30 min

En 1970, Alan Vega forme le groupe Suicide avec Martin Rev, qui tient les claviers tandis que lui chante. C'est par leurs lives qu'ils se font d'abord connaître. De nombreux groupes ou chanteurs des années 1980 et 1990 se revendiquent de Suicide, ou s'en inspirent : Depeche Mode, Radiohead, les Daft Punk, Bruce Springsteen, MIA… Alors que le mot "punk" fait une timide apparition dans la sphère musicale, dans les années 70, Alan Vega est l'un des premiers à s'en emparer, présentant ses concerts comme des "messes punk".

"Si je ne travaillais pas à New York, je ferais probablement un autre genre de musique. Cette ville a eu un puissant impact sur moi. Quand je suis dans la rue, il y a toutes ces musiques qui s’échappent des voitures : hip hop, latino, tout ça…. (…) Et tout ça se retrouve dans ma musique : les trains, les voitures, les métros…" Alan Vega

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"Le but c’est qu’il y ait vraiment un mur du son et que les gens soient pénétrés dans ce mur du son… et lui aussi essaye de pénétrer dans le mur. Il y a comme une sorte de grosse boule énergie qui arrive à englober tout le monde dans la vibration sonore", expliquait Marc Hurtado, musicien, réalisateur, ayant collaboré avec Alan Vega.

"Ce qu’on fait, ce n'est ni plus ni moins que du blues, ou du rock moderne, et du free jazz. Parce que le free jazz est une sorte de musique qui a récupéré l’essence même de la sauvagerie du rock’n'roll, de ce qu’il y a de plus sauvage et libre dans le rock, pour essayer de le lancer complètement. Dans le rock on a toujours quelque chose de très carré tout de même, et c’est assez dur de faire quelque chose qui ne parte pas dans un délire sonore." Marc Hurtado