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Mort de Ricardo Bofill, l'architecte qui voulait révolutionner le HLM

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L'architecte Ricardo Bofill à Barcelone en 2009, devant le W Hôtel Barcelona qu'il avait dessiné
L'architecte Ricardo Bofill à Barcelone en 2009, devant le W Hôtel Barcelona qu'il avait dessiné
© Maxppp - ANDREU DALMAU/EPA/MaxPPP

Il était connu en France pour avoir dessiné des bâtiments et des quartiers monumentaux... L'architecte espagnol Ricardo Bofill est mort ce 14 janvier de complications liées au Covid-19, il avait 82 ans. Retour sur un parcours parfois contesté, nourri d'imaginations.

Auteur de centaines de réalisations dans le monde, il appartenait au cercle fermé de ceux qu'on appelle les "starchitectes", ces architectes médiatiques connus du grand public. L'architecte espagnol Ricardo Bofill est mort ce 14 janvier 2022, il avait 82 ans.

En France, son nom est associé à des lieux qui détonnent et étonnent toujours 40 ans après, comme le quartier Antigone à Montpellier, les arcades du lac à Saint-Quentin-en-Yvelines, les places de Catalogne et de Séoul à Paris, et le plus connu sans doute, les espaces d'Abraxas à Noisy-le-Grand... L'émission "L'Esprit des lieux" se rendait justement il y a quelques jours dans cet espace "rétro-futuriste" qui marquait et marque encore ses habitants.

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À réécouter : Les Espaces d'Abraxas, Gotham City aux portes de Paris

Tous ces sites datent des années 1980, l'époque où Ricardo Bofill enchaîne les projets. Un brin mégalo - il l'a reconnu après - et inspiré par sa culture latine où les gens vivent dans la rue, il veut révolutionner les HLM : rompre avec la monotonie des barres et des cités-dortoirs, apporter de la vie et de la beauté dans ces quartiers.

Son projet est politique, et il se dit architecte de gauche. Né en 1939 à Barcelone, Ricardo Bofill est renvoyé de son école d'architecture pour anti-franquisme mais crée son atelier. Rapidement, il associe le béton à des références antiques : des colonnes, des statues, des corniches, des moulures, etc. Si ses projets étaient des utopies urbaines, ils n'ont pas réussi à inspirer d'autres architectes, regrettait-il. Après eux, on a continué de construire des barres...

Ses œuvres, qui font travailler l'imaginaire, ont servi de décor pour des films : Brazil en 1985 et Hunger Games en 2014.

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Classicisme technologique pour les uns, brutalisme pour les autres : si ses bâtiments ne font pas l'unanimité, ils continuent en tout cas d'attirer les curieux en banlieue.

À réécouter : Ricardo Bofill : "La ville même doit être considérée comme un immense théâtre. C'est un jeu d'apparence"