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Mort du réalisateur Bertrand Tavernier, cinéaste cinéphile

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Bertrand Tavernier à Lyon, le 18 octobre 2019.
Bertrand Tavernier à Lyon, le 18 octobre 2019.
© Getty - Stéphane Cardinale - Corbis

1941-2021. Bertrand Tavernier est mort ce jeudi à l’âge de 79 ans. Auteur d'une trentaine de films, le réalisateur éclectique et populaire s'était découvert une passion pour le 7e art très jeune et tenait à s'imprégner le plus possible des sujets de ses œuvres.

"Avec son épouse Sarah, ses enfants Nils et Tiffany et ses petits-enfants, l'Institut Lumière et Thierry Frémaux ont la tristesse et la douleur de vous faire part de la disparition, ce jour, de Bertrand Tavernier", a tweeté l’Institut Lumière ce jeudi après-midi. Le cinéaste érudit et passeur de son savoir, amateur d'arts, s'est éteint à 79 ans à Sainte-Maxime dans le Var.

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La vie et l'oeuvre de Bertrand Tavernier évoquées par Maxime Tellier

3 min

À réécouter : Hommage à Bertrand Tavernier : dernier voyage à travers le cinéma français

"Très vite une passion absolue"

Bertrand Tavernier est né le 25 avril 1941 à Lyon, haut lieu du cinéma avec l'Institut Lumière dont il était président. Son père, l'écrivain et résistant René Tavernier, l'emmenait souvent au cinéma durant son enfance pour voir des films sur la Seconde Guerre mondiale. En 2017, Bertrand Tavernier racontait à Arnaud Laporte sur France Culture que sa vocation du cinéma lui est venue à l'adolescence, "à l’âge de 13 ans, je veux être metteur en scène", une manière explique-t-il "de se séparer [de son père] et d’avoir [son] propre domaine" et qui devient "très vite une passion absolue".

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À réécouter : Bertrand Tavernier : "Je fais un cinéma de partage"

Avant de se lancer dans une carrière de réalisateur, Bertrand Tavernier a d'abord été critique de cinéma. "A 20 ans, il écrivait déjà pour des revues spécialisées" se souvient son ami de longue date et critique de cinéma Michel Ciment. 

"A 20 ans, Bertrand Tavernier écrivait déjà pour des revues spécialisées" se souvient Michel Ciment, critique de cinéma

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Le premier article qu'il a écrit dans Positif a aussi été publié dans Cinéma 60, Les Cahiers du cinéma et Présence du cinéma, c'est-à-dire dans les quatre revues autour de la cinéphilie dans les années 1960, c'est un exploit. Il y avait des guerres de religion entre ces revues, il avait été accepté par tout le monde grâce à ses connaissances et sa curiosité.                  
Le critique de cinéma Michel Ciment

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À lire aussi : "Il avait cette curiosité en lui" : l'hommage de Michel Ciment à son ami Bertrand Tavernier

Cinq César, un Oscar et une trentaine de longs-métrages

Bertrand Tavernier réalise son premier long-métrage en 1974, "L'Horloger de Saint-Paul", avec Philippe Noiret et Jean Rochefort, pour lequel il obtiendra le prix Louis Delluc. Deux ans plus tard, son film "Que la fête commence" avec Philippe Noiret, Jean Rochefort et Jean-Pierre-Marielle est récompensé de deux César (il en obtiendra trois autres au cours de sa carrière). Le cinéaste recevra de nombreuses autres récompenses, aussi bien en France qu'à l'étranger : le prix de la mise en scène à Cannes en 1984 pour "Un dimanche à la campagne", le BAFTA en 1990 du meilleur film étranger pour "La vie et rien d’autre", l’Ours d’Or à Berlin en 1995 pour "L’appât", le César du meilleur réalisateur en 1997 pour "Capitaine Conan", une nomination aux Oscars en 1983 pour "Coup de torchon", l'Oscar de la meilleure musique en 1987 pour "Autour de minuit". Avant d'être couronné en 2015 à Venise d'un Lion d'Or pour l'ensemble de son œuvre

À réécouter : Bertrand Tavernier, plus loin que la nuit et le jour

Pour la trentaine de films qu’il a réalisés pour le cinéma, dans des registres complètement différents, Bertrand Tavernier s’inspire de faits, chiffres, de lieux…

J’ai eu envie de faire des films car tout d’un coup j’avais envie de comprendre et d’apprendre quelque chose. J’ai toujours fait des films pour apprendre.                                        
Bertrand Tavernier 

"354 000 disparus en 1920. Je me dis ‘c’est quoi un disparu ?’ et le film naît de ça", raconte Bertrand Tavernier. Son film "La vie et rien d’autre" se déroule deux ans après la fin de la Première Guerre mondiale et évoque les soldats disparus de la Grande guerre. 

À réécouter : Filmer l'Histoire selon Bertrand Tavernier

Et pour réaliser ses films, Bertrand Tavernier essaye de s'imprégner au maximum de ses sujets. Il confiait ainsi : 

Il y a une chose dont je suis fier pour mes films, c'est que toutes les personnes qui étaient les premières concernées les ont toujours trouvés extrêmement justes. (...) Tous les policiers ont dit que L.627 est leur film numéro 1. (...) Dans cette exploration, j'ai l'impression que j'arrive à attraper des choses, à m'imprégner mais je travaille énormément.

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À réécouter : Bertrand Tavernier, une certaine idée du cinéma

Bertrand Tavernier a tourné des films de tous les genres : policier, politique, historique, d'aventure, de guerre, avec de grands noms du cinéma : Romy Schneider, Harvey Keitel, Jean-Pierre Marielle, Jean Rochefort, Sabine Azéma ou encore Philippe Noiret, Philippe Torreton, Jacques Gamblin... 

Passionné de musique de film, il intégrait très tôt les compositeurs dans ses projets. La musique de son film "Autour de minuit", hommage au jazz, pour lequel il a aussi reçu les César du meilleur son et meilleure musique en 1987, a été écrite par un certain Herbie Hancock... 

Thierry Jousse : "La musique comptait énormément pour Bertrand Tavernier dans sa vie, comme dans ses films."

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À réécouter : Bertrand Tavernier : "Au cinéma, j'aime plonger dans des univers que je ne connais pas"