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Municipales 2020 : dans les grandes villes, statu quo ou renouvellement ?

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Salle d'un conseil municipal en attente de ses nouveaux élus.
Salle d'un conseil municipal en attente de ses nouveaux élus.
© Maxppp - Agnès Gaudin

Reportages. Le second tour des municipales aura lieu ce dimanche plus de trois mois après le premier tour. 13% seulement des communes sont concernées, mais ce sont essentiellement des villes importantes, en particulier 47 des 53 villes de plus de 100 000 habitants. Panorama à Paris, Lille, Bordeaux, notamment.

Les maires sortants ont du mal à passer la main et à accepter de lâcher leurs bastions. Dans bien des cas, ils briguent leur propre succession et le scrutin municipal leur donne souvent raison en reconduisant les équipes sortantes. Cette fois pourtant, les écologistes ont réussi à bousculer le jeu des affrontements traditionnels, au point qu'ils font parfois jeu égal avec les sortants et apparaissent en mesure de s'imposer dans un certain nombre de grandes villes. 

Jusqu'où ira la poussée en faveur des Verts ? Les candidats écologistes ont multiplié les candidatures au premier tour de scrutin (152 dans les villes de plus de 30 000 habitants), que ce soit de façon autonome ou dans une alliance avec d'autres forces de gauche. En moyenne, ces listes ont obtenu un score de 16,4 %, soit 5 points de plus qu'en 2014. Ils réalisent notamment de très bons scores dans les grandes villes et pourraient s'imposer dans plusieurs d’entre elles. Ils pourraient l'emporter à Grenoble, à Besançon, à Lille, à Marseille ou encore à Toulouse. Ils sont également bien placés à Bordeaux et à Strasbourg. Les enjeux de ce scrutin pour les écologistes détaillés par Pierre Neveux :

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Les Verts dans le "bleu électoral" à l'occasion des municipales - par Pierre Neveux

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Lille, bastion socialiste au bord du précipice

Après quasiment vingt ans à la tête de la mairie de Lille, Martine Aubry va-t-elle devoir rendre son fauteuil ? L'ancienne ministre socialiste est arrivé en tête au premier tour le 15 mars avec 29,8% des voix devant son allié de la mandature, l'écologiste Stéphane Baly (24,5%) et son ancienne directrice de cabinet investie par La République en marche (LREM), Violette Spillebout (17,5%).

Mais, pour la première fois depuis le début de l'ère Aubry, écologistes et socialistes n'ont pas réussi à s'allier entre les deux tours. Le second s'annonce donc extrêmement serré : selon un sondage Ifop publié le 18 juin, Martine Aubry est créditée de 39% des intentions de vote, deux points à peine devant la liste Europe Ecologie Les Verts de Stéphane Baly, donnée à 37%. En dernière position, Violette Spillebout rassemble 24% des inventions de vote.

Les Écologistes à l'assaut du beffroi lillois - par Rosalie Lafarge

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De gauche à droite : Martine Aubry (PS), Stéphane Baly (EELV), Violette Spillebout (LREM).
De gauche à droite : Martine Aubry (PS), Stéphane Baly (EELV), Violette Spillebout (LREM).
© Radio France - Rosalie Lafarge

Bordeaux connaît un second tour de scrutin pour la première fois depuis soixante-dix ans

À Bordeaux, l'histoire est en marche, ne serait-ce que par l'existence d'un second tour. Depuis 1947, la droite remporte à chaque fois le Palais Rohan dès le premier tour. D'abord avec Jacques Chaban-Delmas pendant près de cinquante ans, puis avec Alain Juppé durant une quinzaine d'années.

Aujourd'hui, la progression du vote écologiste et la présence de l'ex-candidat à l'élection présidentielle Philippe Poutou (de la liste Bordeaux en Luttes, soutenue par le NPA et LFI) provoquent une triangulaire. Le maire sortant Les Républicains Nicolas Florian (34,56%) devance l'écologiste Pierre Hurmic (34,38%) de 96 voix alors que Philippe Poutou, fort de ses 11,77%, entend porter haut les couleurs d'une gauche radicale unifiée (NPA, LFI et... "gilets jaunes"). 

Les écologistes rêvent de conquérir ce bastion détenu par la droite depuis la seconde guerre mondiale - par Yvan Plantey

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De gauche à droite : Philippe Poutou (NPA), Pierre Hurmic (EELV) Nicolas Florian (LR)
De gauche à droite : Philippe Poutou (NPA), Pierre Hurmic (EELV) Nicolas Florian (LR)
© Radio France - Sarah Tuchscherer, Solène de Larquier et Frédéric Says

Pourtant, l'issue du scrutin apparaît moins incertaine depuis que le candidat LREM, Thomas Cazenave (12,69%), a annoncé, début juin, son ralliement au successeur d'Alain Juppé, portant ainsi à 49% d'intentions de vote l'alliance LR-LREM, selon un sondage récent

Depuis quelques jours, la campagne s'est enflammée. Pierre Hurmic a décidé ce samedi 20 juin d'attaquer Nicolas Florian en justice. Il lui reproche d'avoir confondu son rôle de maire avec celui de candidat et d'avoir fait envoyer des courriels par la Ville qui sont ponctués d'une proposition de procuration en faveur du maire sortant. Le troisième homme, Philippe Poutou, reste en retrait et préfère se concentrer sur le nombre de conseillers municipaux qu'il pourrait obtenir. 

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Besançon, porte ouverte pour les Verts

A Besançon, les écologistes abordent le second tour de scrutin en position de favoris. La candidate verte, Anne Vignot, forte de son alliance avec les partis PS, PCF et Génération.s, est arrivée en tête au premier tour avec 31,2%. 

Son adversaire de droite, le candidat LR Ludovic Fagaut, deuxième avec 23,6%, a scellé une alliance avec l'ex-référente départementale d’En Marche, Alexandra Cordier (4,6% au premier tour) et espère freiner cette dynamique. 

En troisième position avec un score de 18,9%, le candidat LREM, Eric Alauzet, estime qu’après la crise sanitaire, les cartes sont potentiellement rebattues et qu'on pourrait assister à "une toute nouvelle élection". 

Si la liste écologiste est favorite, une incertitude demeure du fait d'une abstention particulièrement forte au premier tour (61% contre 42,8% en 2014). 

A Besançon, s'ils sont élus, les Écologistes entendent développer les politiques favorables à la préservation de l'environnement - Par Anne Fauquembergue

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De gauche à droite : Anne Vignot (EEVL), Eric Alauzet (LREM), Ludovic Fagaut (LR)
De gauche à droite : Anne Vignot (EEVL), Eric Alauzet (LREM), Ludovic Fagaut (LR)
© Radio France - Marie-Coralie Fournier et Alia Doukali
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A Levallois, un fantôme nommé Balkany

A Levallois-Perret, dans les Hauts-de-Seine, une page se tourne. La ville n’avait pas connu de deuxième tour depuis 2001 car Patrick Balkany était à chaque fois élu au premier tour. Mais l’homme politique impliqué dans plusieurs affaires politico-financières a été condamné en justice. Il est désormais frappé d’une peine d’inéligibilité. 

A Levallois, Patrick Balkany joue au "mauvais génie" - Par Anne Fauquembergue

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Cela ne l'a pas empêché de tenter de s'immiscer dans les tractations de l'entre-deux tours depuis son moulin de Giverny, dans l'Eure. Il a tenté de peser sur l'issue de cette élection pour laquelle les trois candidats en lice semblent d’accord sur un point : il veulent définitivement sortir du jeu le "parrain" de la ville. 

Panneau d'affichage officiel pour l'élection municipale de 2020 pour Levallois-Perret.
Panneau d'affichage officiel pour l'élection municipale de 2020 pour Levallois-Perret.
© Radio France - Anne Fauquembergue

A Strasbourg, le candidat LREM s'allie avec la droite pour faire barrage aux écologistes

De gauche à droite : Jeanne Barseghian (EELV), Catherine Trautmann (PS), Alain Fontanel (LREM).
De gauche à droite : Jeanne Barseghian (EELV), Catherine Trautmann (PS), Alain Fontanel (LREM).
© Maxppp - Jean-Marc LOOS (Maxppp) et FREDERICK FLORIN (AFP)

A Strasbourg, à l'issue du premier tour, l'écologiste Jeanne Barseghian semblait bien partie pour remporter la mairie. Mais les négociations d'entre deux tours ont complètement rebattu les cartes.

L'écologiste Jeanne Barseghian est arrivée largement en tête au premier tour avec 27,88% des voix. Derrière elle, le candidat LREM, Alain Fontanel, avec 19,86% et la socialiste Catherine Trautmann, avec 19,78%. Jean-Philippe Vetter, candidat les Républicains, a dû se contenter de la 4e place (18,27% des voix). 

Malgré d'intenses discussions, les Verts n'ont pas réussi à s'entendre avec le PS. En revanche, LREM et Les Républicains ont scellé une alliance surprise. Entre union des gauches manquée et renforcement d'une alliance à droite, l'issue des municipales à Strasbourg est plus que jamais incertaine.

A Strasbourg, un "front anti-écologistes" entre LREM et Les Républicains - Par Margot Turgy

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A Paris, la droite sans grand espoir face au rouleau compresseur Anne Hidalgo

De gauche à droite :  Agnès Buzyn (LREM), Rachida Dati (LR), Anne Hidalgo (PS)
De gauche à droite : Agnès Buzyn (LREM), Rachida Dati (LR), Anne Hidalgo (PS)
© AFP - Bertrand Guay, Joël Saget

Soutenue par les Verts et par plusieurs partis issus de la gauche, Anne Hidalgo part en grande favorite au second tour des municipales à Paris. A moins d'une semaine du second tour, un sondage BVA publié le 22 juin accorde 45% des intentions de vote à la maire socialiste sortante, largement devant Rachida Dati pour Les Républicains, donnée à 34%, et Agnès Buzyn, la candidate de La République En Marche, qui devrait pouvoir compter sur 18% des suffrages. 

Les deux adversaires d'Anne Hidalgo refusent de se dire que le match est plié et comptent bien faire campagne jusqu'au bout pour tenter de faire basculer la capitale gérée par les socialistes depuis 2001, mais elles devraient avoir du mal à inverser la tendance.

A Paris, les adversaires d'Anne Hidalgo s'en remettent à la méthode Coué - Par Rosalie Lafarge

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Paris Ve, l'un des deux arrondissements où le scrutin est incertain

Dans la campagne parisienne, les alliances sont à géométrie variable. A ce titre, un arrondissement interroge particulièrement : le Ve. 

La maire sortante, Florence Berthout, issue des rangs de Les Républicains, a choisi Agnès Buzyn (LREM) au premier tour. Elle mène désormais une liste "divers droite" au second tour, sans dire clairement si elle roule pour Agnès Buzyn ou Rachida Dati. Ce qui pourrait faire les affaires de son adversaire dans l'arrondissement, la socialiste Marie-Christine Lemardeley. 

Dans le Vème arrondissement parisien, la candidate socialiste pourrait profiter du flou entretenu par la maire sortante - Par Rosalie Lafarge

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A gauche : Marie-Christine Lemardeley (PS), à droite : Florence Berthout (DVD).
A gauche : Marie-Christine Lemardeley (PS), à droite : Florence Berthout (DVD).
© Maxppp - Aurelien Morissard et Vincent Isore

Clermont-Ferrand devrait rester socialiste

Panneau d'affichage officiel pour l'élection municipale 2020  à Clermont-Ferrand.
Panneau d'affichage officiel pour l'élection municipale 2020 à Clermont-Ferrand.
© Radio France - Emmanuel Moreau

Le maire sortant, Olivier Bianchi, est arrivé largement en tête à l'issue du premier tour (38%). Son adversaire LR de droite, Jean Pierre Brenas, deuxième avec 20,7%, a réussi à fusionner sa liste avec le candidat LREM arrivé troisième (15,5%), Eric Faidy. 

Les deux hommes espèrent ainsi déjouer les pronostics. Mais cette fusion qualifiée par de nombreux marcheurs, sur place comme au niveau national, d'alliance "contre-nature" pourrait rebuter une part non-négligeable d'électeurs. 

Une troisième candidate, Marianne Maximi, soutenue par la France Insoumise, participe au second tour de scrutin à Clermont. Elle avait obtenu 12,3% des suffrages à l'issue du premier tour.

Le socialiste Olivier Bianchi mise sur la prime au sortant et sur la gestion de la crise sanitaire liée à l'épidémie de Covid-19 pour s'imposer.

Le maire socialiste sortant, Olivier Bianchi, favori du second tour de scrutin à Clermont - Par Benoît Bouscarel

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A Montpellier, le candidat socialiste pourrait rafler la mise face au maire sortant et ex-socialiste Philippe Saurel et au milliardaire Mohed Altrad

De gauche à droite : Mohed Altrad (SE), Michaël Delafosse (PS), Philippe Saurel (DVG).
De gauche à droite : Mohed Altrad (SE), Michaël Delafosse (PS), Philippe Saurel (DVG).
© Maxppp - Guillaume Bonnefont et Richard de Hullessen

Les élections municipales à Montpellier exhalent toujours un parfum singulier. Celles de 2020 ne font pas exception. A l'origine, les écologistes partaient favoris. ils se sont éparpillés sur trois listes différentes et sont sortis de l'équation. 

Trois candidats maintiennent leurs listes pour le second tour de scrutin : 

- Le maire sortant, socialiste exclu de sa formation, Philippe Saurel (19,1% au premier tour). 

- Le chef d'entreprise milliardaire Mohed Altrad (13,3% au premier tour). Il a fait alliance avec l'humoriste Rémi Gaillard (9,6%), la liste citoyenne "Nous Sommes" (9,2%) et l'écologiste Clotilde Ollier (7,2%). 

- Le socialiste officiellement investi Michaël Delafosse (16,7% au premier tour). 

Une récente enquête de l'IFOP réalisée pour Midi Libre donne, contre toute attente, le socialiste Michaël Delafosse, favori du scrutin avec 40% des intentions de vote. 

A Montpellier, le maire sortant, Philippe Saurel, inquiet pour sa réélection - Par Sophie Delpont

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Avec Arles, les communistes vont tenter de préserver une de leurs places-fortes

Arles, ville de 52 000 habitants, vit au rythme de la tauromachie et de ses Rencontres Internationales de la Photographie dont l'édition 2020 a été annulée en raison de la pandémie de Covid-19.

Le débat La Provence de l'entre deux tours des municipales 2020 pour la ville d'Arles : Nicolas Koukas (PS) et Patrick de Carolis, ex journaliste et directeur de télévision, le 22 juin 2020.
Le débat La Provence de l'entre deux tours des municipales 2020 pour la ville d'Arles : Nicolas Koukas (PS) et Patrick de Carolis, ex journaliste et directeur de télévision, le 22 juin 2020.
© Maxppp - Valérie Vrel

En Arles, un candidat communiste, héritier de l'équipe sortante, affronte Patrick De Carolis - Par Olivier Martocq

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Sur le plan politique, la gauche y est élue depuis 25 ans. Après trois mandats, Hervé Schiavetti, maire communiste ne se représente pas. Une farouche bataille électorale s'est engagée entre son dauphin, l’adjoint au finance, Nicolas Koukas, et Patrick De Carolis, natif de la ville, créateur de l'émission "Des Racines Et Des Ailes" et ancien président de France Télévisons.