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Musique : les artistes investissent dans le streaming

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Comment rassembler sur une même scène les Daft Punk, Kanye West, Rihanna, Madonna, Beyoncé ou encore Calvin Harris ? Un concert de charité, une remise de prix ? Bien tenté, mais non. Ce qui a réuni ce lundi soir à New York dix-sept des plus grandes stars du monde de la musique, c'est le lancement à l'international d'un nouveau service de streaming uniquement payant : Tidal Hifi. A l'initiative du rappeur et producteur américain Jay-Z, et dont ces stars sont actionnaires.

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Le début d'une nouvelle ère, selon Alicia Keys
C'est *"une nouvelle direction pour l'industrie de la musique, d'un point de vue créatif et commercial" * a estiméJay-Z, l'homme orchestre de cette nouveauté. Quelques repères pour ceux à qui ce nom n'évoquerait rien : Jay-Z est un rappeur et un producteur américain surpuissant, dont la fortune est estimée à 520 millions de dollars selon le magazine Forbes, et il n'est autre, accessoirement, que le mari d'une autre superstar de la musique, la chanteuse Beyoncé. Il a conclu en janvier le rachat de Tidal à l'entreprise suédoise Aspiro pour 56 millions de dollars.

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Selon Alicia Keys, des titres inédits pourraient paraître en exclusivité sur **Tidal Hifi, qui revendique ** 25 millions de titres, 75.000 clips et une qualité de son supérieure aux autres services de musique en streaming (d'où le hi-fi). Qualité proposée par le français Qobuz depuis des années ! Voilà pour la partie créative.

Un contrôle à la source des revenus de sa musique

Streaming Tidal
Streaming Tidal

Pour le volet commercial de son offre, Jay-Z prône une direction totalement inédite en confiant les rênes aux artistes : ils sont une vingtaine à posséder des parts dans l'entreprise . Sans que l'on connaisse précisément les mécanismes de ce modèle économique. « Notre but c'est de faire en sorte que tout le monde respecte à nouveau la musique et reconnaisse sa valeur, a réaffirmé Jay Z. Tout le monde sait que le système de paiement actuel n'est pas juste pour les artistes. Partout ailleurs, tout le monde reçoit un salaire pour son travail. La musique est partout - on la consomme tous les jours, n'importe où. Les créateurs de contenus devraient donc être rémunérés. Ce n'est que justice. » Et Madonna d'ajouter : « D'une certaine façon, les choses ont changé et nous nous retrouvons en arrière-plan. »

Le streaming est en effet la bête noire de quantité de musiciens. Ses détracteurs disent n'empocher que peu de revenus , et craignent que ce mode de diffusion en plein essor ne dissuade les gens d'acheter leurs disques. C'est notamment ce que déplorent Madonna ou Taylor Swift. Cette dernière a d'ailleurs purement et simplement retiré ses chansons de Spotify, arguant, via sa maison de disques, que le streaming tirait l'industrie musicale "vers le bas" .

En France, l'Adami, la Société civile pour l'administration des droits des artistes et musiciens interprètes, a fait campagne à ce sujet il y a peu jusqu'en publiant une pleine page d'infographie dans "Le Monde". Car selon elle, le modèle économique du streaming pourrait être représenté comme ceci :

Le streaming vu par l'Adami
Le streaming vu par l'Adami

Cela étant, avec des revenus aux Etats-­Unis quasi-­équivalents à ceux des ventes de disques, le streaming rapporte, et rapporte bien à quelqu'un si ce n'est pas aux artistes. A ce titre évoquons la juteuse opération réalisée par Dr Dre, autre rappeur et producteur de renom d'outre Atlantique, qui a empoché la bagatelle de 3 milliards 200 millions de dollars en revendant à Apple l'an passé Beats Music, son service de streaming.

On comprend donc bien l'intérêt pour ces derniers de vouloir conquérir, mais aussi et surtout contrôler ce marché. De la création à la diffusion, c'est toute la chaîne de l'industrie musicale qui se retrouve ainsi pour la première fois, dans le streaming, entre les mains d'artistes. Reste maintenant toutefois à aussi séduire le public dans 31 pays, à raison de 19,99 euros par mois, ou la moitié pour une simple qualité mp3. Proposé depuis novembre dernier aux Etats-Unis, Tidal comptait 540.000 abonnés à la fin de l'année, contre 15 millions pour Spotify et 6 millions pour Deezer. Les Français peuvent le tester depuis le 10 mars.

Pixel streaming
Pixel streaming
© Fotolia - zagandesign

Retrouvez également juste ici l'enquête récente d'Eric Chaverou réalisée pour "Pixel", autour du streaming augmenté :

Musique : place au streaming augmenté

4 min