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Najat Vallaud-Belkacem, cible des hebdomadaires Minute et Valeurs actuelles

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Alors que deux Unes consacrées à Najat Vallaud-Belkacem provoquent l’indignation de la gauche et des associations ant i-raciste, Valeurs actuelles dénonce de la ** ** « diffamation ». Qu'en dit le droit ?

Une Najat Vallaud-Belkacem
Une Najat Vallaud-Belkacem

C’est finalement Valeurs actuelles qui a sorti le premier les armes juridiques. Alors que la Une qu'il consacre à Najat Vallaud-Belkacem a suscité un vif émoi, non seulement l'hebdomaire récuse « la moindre allusion de nature raciste ou confessionnelle », mais en plus, il a annoncé son intention de porter plainte contre** David Assouline** , secrétaire national du Parti Socialiste et *Sihem Souid, ** chargée de mission au Ministère de la Justice. Dans des tweets, depuis retirés, ces derniers avaient qualifié la Une de Valeurs actuelles de « raciste * » et d’«incitation à la haine racial e ». Le journal indique qu’il a demandé à son avocat de « por ter plainte contre ces deux personnes au nom de la diffamation et de l’atteinte à la liberté d’expression ».

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La nomination de Najat Vallaud-Belkacem rue de Grenelle a provoqué de nombreuses attaques de l’extrême-droite et d’une partie de la droite, ainsi que des associations dans la mouvance de la Manif pour tous. Les Unes des hebdomadaires d’extrême-droite *Minute * et *Valeurs actuelles * résument leur virulence. Le premier titre sur « Une Marocaine musulmane à l'éducation nationale : la provocation Vallaud-Belkacem» . Le second, affiche lui aussi une photo de la ministre qualifiée d’ « ayatollah » pour annoncer une « enquête sur la ministre de la Rééducation nationale » .

Du point de vue strictement juridique, les questions posées par ces titres relèvent de la liberté d'expression.* Valeurs actuelles * a choisi ce terrain pour riposter, tout en invitant les responsables du Parti Socialiste à « relire la définition que le dictionnaire Larousse donne du mot "ayatollah" ».

La plainte «s'appuie sur une interprétation très littérale de la notion de liberté d'expression » , estime l'avocat Fabrice Lorvo, spécialiste du droit de la presse. Et elle pourrait être recevable. Au-delà de ça, en affirmant son souhait d'attaquer, l'hebdomadaire adopte une logique qui rappelle celle de Dieudonné: l'an dernier, ce dernier avait porté plainte contre Alain Jakubowicz, président de la Licra.

Valeurs actuelles devrait alors convaincre un tribunal du caractère non raciste de ses publications.Les explications de l'avocat Fabrice Lorvo : Partager

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Pas d'action juridique à gauche

Face à cette déferlante d'attaques, Najat Vallaud-Belkacem a réagi sur BFMTV, estimant qu'il y avait une volonté de destabilisation et que cela «* révèle les rapports compliqués que certains entretiennent avec la féminité, la jeunesse ou avec l'idée même que ce pays soit composé d'origines diverses* » .

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Quant au reste du gouvernement, une partie des ministres - Manuel Valls en tête - lui ont affirmé leur soutien. Le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, a estimé dans un communiqué que « la Une de * Minute est une incitation à la haine. Elle doit être juridiquement condamnée »* . Néanmoins, le PS ne portera pas plainte en son nom. Pas plus qu'il ne l'avait fait pour les attaques contre Christiane Taubira. Ce sont la Licra et SOS Racisme qui avait porté plainte contre Minute. « Maligne comme un singe, Taubira retrouve la banane » , avait titré le journal, poursuivi pour injure à caractère racial. Il sera** jugé le 24 septembre** prochain.