Nicolas Cage et sa chevelure dans "Les Ailes de l'enfer" de Simon West (1997)
Nicolas Cage et sa chevelure dans "Les Ailes de l'enfer" de Simon West (1997)

Nicolas Cage, de l'acteur au mème

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Nicolas Cage, acteur culte des années 1990 devenu un mème d'Internet

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Nicolas Cage est-il un génie incompris de l'expressionnisme ou un has been totalement surcoté ? Retour sur la carrière d'un acteur culte devenu une légende d'Internet.

Vous connaissez beaucoup d’acteurs capables d’arriver en interview en faisant une roulade avant ? D’être nommé pire acteur de l’année, puis de recevoir un Oscar 10 ans plus tard ? De rouler les yeux et de faire des grimaces digne d'un tableau de Picasso dans ses films ?

Acteur talentueux, génie de l'expressionnisme, comédien ringard de nanar, mème d’internet, Nicolas Cage est tout ça à la fois.

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Lelo Jimmy Batista : "C’est un acteur qui tente des choses tout le temps, qui s’investit à 100% dans ses rôles, il sort complètement du naturalisme. Pour le film 'Peggy Sue' il a joué avec la voix d’un personnage en pâte à modeler qui est toujours accompagné d’un âne rouge et il a pris la voix de l’âne rouge, une voix très aiguë, très typique, qui tremble. Lors des premières répétitions du film, il jouait avec Kathleen Turner, une grande actrice qui lui a dit non 'mais il va falloir te calmer tout de suite, on est en train de faire un film, là, pas de faire n’importe quoi.'"

Nicolas Coppola naît en 1964 en Californie à Long Beach. Son père, August, est le frère aîné du réalisateur Francis Ford Coppola, dont le succès à Hollywood écrase et complexe le jeune Nicolas.

Il décide de devenir acteur après avoir été bouleversé par À l’Est d’Éden, drame d’Elia Kazan.

Après des débuts difficiles Nick joue dans quelques films de son oncle. Sur Cotton Club , il suit “la Méthode” et tente de rentrer complètement dans son personnage, un gangster raciste et violent.

59 min

En 1984, dans Birdy d’Alan Parker, il joue un soldat blessé au Vietnam et garde ses bandages durant toute la durée du tournage. Il entretient ainsi savamment sa légende d’acteur jusqu’au-boutiste.

Lelo Jimmy Batista : "Sur Birdy, il y a eu un moment durant le tournage où il s’est fait arracher deux dents sous anesthésie. Par la magie du téléphone arabe et des rédactions qui se racontent l’info, les gens ont fini par raconter qu'en fait il était allé se faire enlever deux dents sans anesthésie pour ressentir la douleur de son personnage."

Acteur peu orthodoxe, inattendu, il compose ses rôles dans des mélanges d’influence parfois étonnants.

Lelo Jimmy Batista : "Sur Sailor et Lula effectivement il va s'inspirer de plein de petites choses pour créer quelque chose de composite à la fin : Marlon Brando, Elvis, Andy Warhol pour le côté collage. Pour 'Peggy Sue', il s’inspirait du tableau de Munch, Le Cri mais également de l’album Transformer de Lou Reed, dont il a un peu copié la scansion de certaines paroles."

Au début des années 1990, l’acteur, qui souffre d’une réputation d'olibrius d'Hollywood, avec ses vestes en peau de serpent, veut se tourner vers des films plus grand public, des comédies, des drames comme Leaving Las Vegas, pour lequel il gagne un Oscar du meilleur acteur. Il joue aussi dans un registre plus héroïque avec des films d’action détonants et poussifs comme Volte Face de John Woo.

Mais le tournant des années 2000 est compliqué pour le comédien qui est relégué dans des séries B à la chaîne.

Lelo Jimmy Batista : "Il y a un aspect un peu physique, c’est un acteur qui a perdu ses cheveux assez jeune. Mais c'est aussi un comédien qui a développé un goût pour le déguisement très tôt. Quand il était enfant, il était très fan de l'acteur Lon Chaney, spécialiste du déguisement dans les années 1920 et il a beaucoup joué de ça. En vieillissant, avec son apparence physique qui changeait, ça a donné lieu à des choses assez hautes en couleurs.”

C’est sur internet que l’acteur connaît une deuxième vie avec un culte ironique qui lui est voué. Ses gifs incarnent parfaitement la loi de Poe, une loi d’internet énoncée sur un forum en 2005 :

Lelo Jimmy Batista : "Quand on tient des propos outranciers, quand on est dans l’exagération, c’est difficile, si on ne le dit pas clairement, de savoir si on est sérieux ou si on est dans la blague complète. Effectivement Nick Cage, tout le personnage repose là-dessus. Est-ce qu’il est en train de faire n’importe quoi ou est-ce qu’il est en train de faire une performance incroyable ? C’est à chacun de voir."

Sorte de méta-acteur n’hésitant pas à friser l'auto-parodie, voire à jouer son propre rôle, comme dans Un talent en or massif de Tom Gormican, Nick Cage n’a pas fini de nous surprendre.