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Nobel, Daech, Mars et street-art porno : la Session de rattrapage

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Nobel, Daech, Mars et street-art porno : la Session de rattrapage
Nobel, Daech, Mars et street-art porno : la Session de rattrapage
- Radio France - NASA/JPL-Caltech - AFP

Sélection. Retrouvez chaque samedi la sélection hebdomadaire des programmes de France Culture à réécouter.

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Bonjour à toutes et à tous,

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c'est un marronnier qu'on a plaisir à couvrir chaque année : les prix Nobel permettent d'intéresser à des sujets scientifiques bien souvent méconnus des profanes et de les vulgariser au mieux, en suivant d'ailleurs l'exemple des lauréats du prix. Ainsi, en physique, l'un des trois chercheurs britanniques récompensés pour leurs recherches sur "les états étranges" de la matière a choisi de vulgariser ses découvertes à l'aide d'un bretzel et d'un bagel : des histoires de trous pour décrire "les transitions des phases topologiques de la matière". Le prix Nobel de médecine a été décerné au Japonais Yoshinori Ohsumi pour ses découvertes sur l'autophagie, l'une des trois formes de mort cellulaire connues. Enfin, vers le plus petit encore, le prix Nobel de chimie a récompensé trois chercheurs, dont le Français Jean-Pierre Sauvage, pour avoir conçu des machines moléculaires. Mais si les prix Nobel distinguent ce qui se fait de meilleur en matière de sciences, n'oublions pas qu' ils ne sont pas exempts de défauts : Rosalind Franklin, à l'origine de la découverte de la structure de l’ADN, n’a jamais été associée au prix Nobel ayant récompensé cette découverte. Bonnes écoutes et lectures. Pierre Ropert

COMPRENDRE

Sur le front de Qayyarah à 60 kilomètres au sud de Mossoul, les snipers du groupe Etat islamique visent quotidiennent les blindés des forces irakiennes
Sur le front de Qayyarah à 60 kilomètres au sud de Mossoul, les snipers du groupe Etat islamique visent quotidiennent les blindés des forces irakiennes
© Radio France - Benjamin Chauvin

Face à Daech. "Imaginez, posés sur une colline, des petits bunkers entourés de sacs de sable, une légère ouverture laisse entrevoir les canons des soldats kurdes." Philippe Randé s'est rendu sur la ligne de front, là où "la guerre est comme une routine", près de Mossoul, le fief de Daech en Irak. Il est allé à la rencontre des militaires, à quelques semaines d'une offensive lancée sur le fief du groupe islamique par les forces irakiennes. ( Le Choix de la rédaction, 5 min)

Affect et effets. Si le philosophe Frédéric Lordon a légèrement bifurqué de l’économie vers le politique, ses idées continuent d’interroger le fonctionnement et la nature même de nos démocraties et de leurs médias. “On a toujours de bonnes raisons de se révolter”, assure-t-il dans cette matinale où, à l’aide de Spinoza, la chemise déchirée à Air France et la difficulté à accepter le changement climatique démontrent comment la politique se concrétise via les affects. ( L'Invité des matins, 19 min)

Lutte des déclassés. Trayvon Martin, Eric Garner, Tamir Rice, Freddie Gray : la liste des hommes noirs qui ont perdu la vie lors de bavures policières ne cesse de s'allonger aux Etats-Unis. Des afro-américains aux Kurdes, des victimes des systèmes de castes en Inde aux violences à l'encontre des migrants, CulturesMonde consacre une semaine aux luttes menées par les discriminé-e-s. ( CulturesMonde, 59 min)

APPRENDRE

La planète rouge.
La planète rouge.
- NASA/JPL-Caltech

L'homme rouge. Pourra-t-on bientôt parler de "petits hommes rouges" ? L'annonce récente du patron de la société Space X, Elon Musk, de créer une colonie sur la planète rouge d'ici 2023, a attisé la fascination exercée par Mars sur l'être humain. Mais pourquoi y aller, au juste ? Rencontre avec l'astrobiologiste Cyprien Verseux, sorti il y a peu d’un dôme de la NASA où il a passé une année complète dans la perspective de préparer un séjour prolongé de l’homme sur Mars. ( La Méthode scientifique, 59 min)

La peur au ventre. L’une, Monique, a vécu la Seconde Guerre mondiale alors qu’elle était enfant et avait un père communiste. Dans une petite maison sans confort, sans eau courante, sans électricité, en Bretagne. L’autre, Méas, est restée au Cambodge de sa naissance à ses 14 ans, à la campagne, à 300 km de Phnom Penh, et a connu l’oppression des Khmers rouges. Des années plus tard, elles racontent des épisodes traumatiques de leur enfance durant la guerre. Deux histoires de peur, terrifiante et tenace. ( Les Pieds sur Terre, 28 min)

En bonne intelligence. Le chimpanzé baille en présence de chimpanzés-amis qui baillent, mais cette contagion n’agit pas face à un humain : preuve de la capacité d’empathie de l’animal. Voyage au pays de l’intelligence des animaux, sous-estimée par les humains qui ne comprennent pas ses critères, selon le primatologue et biologiste Frans de Waal. ( La Grande table, 34 min)

(RE)DÉCOUVRIR

"Maman", de Louise Bourgeois, devant le Guggenheim de Bilbao
"Maman", de Louise Bourgeois, devant le Guggenheim de Bilbao
© AFP - GUY Christian / hemis.fr / Hemis

"I do, I undo, I redo, Je fais, je défais, je refais". Le titre de cette oeuvre de Louise Bourgeois témoigne du processus créateur de la plasticienne comme du travail de l'araignée, tissant inlassablement sa toile. Mais ces sculptures arachnéennes renvoient également à l'enfance de l'artiste, et plus particulièrement à sa mère et à son travail de réparation de tapisseries. Impossible, pourtant, de réduire la sculptrice à cette seule facette : six ans après sa mort, elle continue d’intriguer. ( La Grande Table, 27 min)

Previously in La Dispute. Les séries sont, depuis "Twin Peaks", devenues des objets culturels questionnant aussi bien notre société que le théâtre ou le cinéma. Signe des temps, elles s'invitent donc, enfin, dans La Dispute. Pour cette première, Arnaud Laporte et ses invités débutent avec une série française, "Loin de chez nous", qui traite de la présence de la France en Afghanistan et analysent "Transparent", une série américaine racontant le quotidien d'une famille, après que le père a fait son coming-out transgenre. ( La Dispute, 58 min)

Pénis urbain. Depuis plusieurs semaines, la capitale belge voit se multiplier mystérieusement, la nuit, de grandes fresques avec pour unique motif des organes génitaux dans tous leurs états. Faut-il effacer ou pas ? Le débat fait rage là-bas et ici, où nos critiques d’art disent combien ils regrettent les évolutions récentes du street-art sous toutes ses formes, devenu parfois une provocation de pacotille. ( Le Petit salon, 5 min)

Lettre aux vivants. Jacques Bonnaffé récite et déclame “Ensemble Encore”, le dernier ouvrage d’Yves Bonnefoy, publié deux mois avant sa mort. Si l’auteur est parti, il nous a laissé ces mots qui le situent maintenant de l’autre côté : “La poésie est mémoire, mémoire de l'intensité perdue”. ( Jacques Bonnaffé lit la poésie, 4 min)

LA CITATION

Cette semaine, la citation est de l'anthropologue Georges Balandier, décédé ce mercredi à l'âge de 95 ans ( L'Invité des Matins) :

"L'expérience [de la Résistance] m’a donné une sorte de position définitive que j’ai ensuite tenue en tant qu’anthropologue en Afrique et ailleurs [...] : ne pas accepter la domination de l’autre, ne pas accepter que le système de domination, d’assujettissement, d’avilissement calculé, se mette en place. J’ai toujours maintenu l’exigence, et parfois même au détriment des complaisances qu’on aurait voulu me demander.

C'est terminé pour cette semaine. Et si les Nobel de sciences restent parfois un peu trop inaccessibles, on vous propose aussi de découvrir une approche de la science plus artistique et ludique avec le projet Lutétium, une initiative d'étudiants en sciences et en art qui veulent montrer la beauté de la science. Bonne poésie scientifique et bon week-end !

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