Publicité

Nobel de la paix au Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed pour la réconciliation de son pays avec l’Érythrée

Par
Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed au siège de l'Union Africaine à Addis-Abeba, le 17 janvier 2019.
Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed au siège de l'Union Africaine à Addis-Abeba, le 17 janvier 2019.
© AFP - Eduardo Soteras

Il était parmi les favoris dans les 304 candidatures de cette année. Les membres du Comité Nobel norvégien ont choisi de distinguer le dirigeant éthiopien Abiy Ahmed "pour son initiative décisive pour résoudre le conflit frontalier avec l’Érythrée". Greta Thunberg n'a pas été retenue.

Beaucoup avaient parié sur Greta Thunberg mais c'est un autre grand favori qui hérite du Prix Nobel de la paix 2019 : le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed. Un artisan d'une paix historique après des dizaines de milliers de morts ces dernières années. Mais cet enfant de père Oromo musulman et de mère Amhara chrétienne orthodoxe, qui a échappé à plusieurs tentatives d'attentats, devra encore beaucoup oeuvrer selon le Comité norvégien et Amnesty international.

Retour sur le parcours d'Abiy Ahmed, avec Nathanaël Charbonnier

1 min

Pour son action passée et à venir

Le dirigeant de 43 ans, docteur en philosophie ou encore diplômé en cryptographie, est ainsi salué pour la réconciliation spectaculaire qu'il a engagée, à peine élu, avec son pays voisin. Et il est encouragé au moment où il fait face à une inquiétante flambée des violences intercommunautaires dans son pays, avant des élections législatives censées avoir lieu en mai 2020.

Publicité

La présidente du comité Nobel norvégien, Berit Reiss-Andersen, a souligné "ses efforts en vue d'arriver à la paix et en faveur de la coopération internationale, en particulier pour son initiative déterminante visant à résoudre le conflit frontalier avec l’Érythrée voisine". "C'est à la fois une reconnaissance et un encouragement de ses efforts", a-t-elle souligné. "Nous sommes conscients que beaucoup de travail demeure." Le communiqué officiel précise aussi que ce Prix "vise également à reconnaître l'ensemble des acteurs œuvrant pour la paix et la réconciliation en Éthiopie et dans les régions de l'Afrique de l'Est et du Nord-Est".

© AFP - Sophie Ramis, Gal Roma
10 min

"Un puissant vent d'espoir souffle sur la Corne de l'Afrique"

"Un puissant vent d'espoir souffle sur la Corne de l'Afrique" : en septembre 2018, le secrétaire général de l'Onu Antonio Guterres se réjouissait en ces termes de l'accord de paix historique qui venait d'être signé en Arabie saoudite entre l'Ethiopie et l'Érythrée, son ancienne colonie. Après une rencontre elle-même historique le 9 juillet 2018 à Asmara, la capitale érythréenne, le président érythréen Issaias Afeworki, 71 ans, et Abiy Ahmed avaient mis fin à vingt ans d'état de guerre entre les deux frères ennemis. Un conflit sanglant dont le bilan se chiffre en dizaines de milliers de morts. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

Réouverture d'ambassades et de postes-frontières, rétablissement des liaisons aériennes, multiplication des rencontres... : la réconciliation a été menée tambour battant par le jeune dirigeant issu d'une famille pauvre, souvent considéré comme visionnaire et réformateur.

Mais l'enthousiasme a vite fait place à la frustration. La frontière entre les deux pays est à nouveau fermée, la signature d'accords commerciaux se fait attendre et l'Éthiopie, pays enclavé, n'a toujours pas accès aux ports érythréens. Le chemin à parcourir avant une paix ferme et définitive est encore long, estiment les analystes.

Le Comité Nobel relève aussi qu'"en tant que Premier ministre, il a levé l'état d'urgence dans le pays, accordé l'amnistie à des milliers de prisonniers politiques, mis fin à la censure des médias, légalisé les groupes d'opposition interdits, licencié les dirigeants militaires et civils soupçonnés de corruption et accru considérablement l'influence de les femmes dans la vie politique et communautaire éthiopienne. Il s'est également engagé à renforcer la démocratie en organisant des élections libres et équitables."

L'ONG Amnesty International a d'ailleurs estimé que ce Nobel doit encourager le Premier ministre éthiopien à entreprendre "plus de réformes pour les droits humains" dans le deuxième pays le plus peuplé d'Afrique. D'estimer qu'"Il doit veiller de toute urgence à ce que son gouvernement s'attaque aux tensions ethniques persistantes qui menacent l'instabilité et de nouvelles violations des droits de l'homme. Il devrait également veiller à ce que son gouvernement révise la Proclamation antiterroriste, qui continue d'être utilisée comme un outil de répression, et oblige les auteurs présumés de violations des droits de l'homme commises à rendre des comptes."

Avec AFP
 

58 min