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Nobel de médecine : mais qu'est-ce que l'autophagie ?

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Lors de l'annonce du prix Nobel de médecine, lundi 3 octobre à Stockholm.
Lors de l'annonce du prix Nobel de médecine, lundi 3 octobre à Stockholm.
© AFP - JONATHAN NACKSTRAND

Le prix Nobel de médecine, le premier du cru 2016, a été décerné ce lundi au Japonais Yoshinori Ohsumi pour ses travaux sur l'autophagie. Rien à voir avec des troubles digestifs ou des pratiques cannibales. Enfin presque...

L’autophagie. Un mot qui ne vous dit peut-être rien. Pourtant, il a valu ce lundi au Japonais Yoshinori Ohsumi, 71 ans, le prix Nobel de médecine. Dans les travaux de ce chercheur, il est question de vieillissement, de renouvellement des cellules, et de leur autodestruction. Un phénomène naturel qui peut engendrer certaines maladies.

"Compartiment de recyclage" des cellules

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Le terme d’autophagie, littéralement se manger soi-même, a été inventé par le Belge Christian de Duve, prix Nobel de médecine en 1974. Il n’est autre qu’un concept scientifique né dans les années 60. A l’époque, les chercheurs observent pour la première fois la destruction d’une partie des cellules par les cellules elles-mêmes, qui évacuent les déchets en quelque sorte, vers un "compartiment de recyclage" appelé lysosome.

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© Visactu -

Trente ans plus tard, Yoshinori Ohsumi mène des expériences sur de la levure. Il fait un grand pas dans la découverte du phénomène, en montrant que les mêmes mécanismes peuvent être observés dans le corps humain, et qu’ils peuvent, en cas de dysfonctionnement, déclencher certaines maladies comme le cancer, la maladie de Parkinson, le diabète et certaines maladies génétiques et neurologiques. Écoutez les explications de Xavier Martinet, dans l'émission "La Méthode scientifique", sur France Culture, de ce lundi :

Xavier Martinet : "L'autophagie est une des trois formes de mort cellulaire connues"

4 min

Yoshinori Ohsumi présente ses travaux à Tokyo en juillet 2015.
Yoshinori Ohsumi présente ses travaux à Tokyo en juillet 2015.
© AFP - Manabu Kato / Yomiuri / The Yomiuri Shimbun

"Une série d'expériences brillantes"

"Les difficultés à étudier le phénomène faisaient qu'on en savait peu jusqu'à ce que, dans une série d'expériences brillantes (...), Yoshinori Ohsumi utilise de la levure de boulanger pour identifier les gènes essentiels à l'autophagie", a détaillé l'Assemblée Nobel de l'université suédoise qui décerne le prix. Elle a très vite contacté le lauréat :

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L'autophagie liée au stress

L'autophagie augmente sous l'effet du stress, précise Patricia Lemarchand, enseignante-chercheuse au CHU de Nantes, dans cette vidéo de l'Inserm_._ Mais aussi "en période de jeûne, quand l'organisme est privé de l'arrivée de nutriments (...), quand il y a une infection ou des lésions cellulaires importantes, par exemple lors d'une chimiothérapie. Dans ce cas, l'autophagie va permettre la réparation des cellules et le maintien des principales fonctions cellulaires."

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Yoshinori Ohsumi, professeur à l’institut de Technologie de Tokyo, empoche 834.000 euros. Il succède à un autre Japonais, Satoshi Omura qui, allié à l’Américain William Campbell et à la Chinoise Tu Youyou, ont décroché le prix l’an dernier pour leur découverte de traitements contre les infections parasitaires et le paludisme.

Le prix Nobel de médecine est comme chaque année la première récompense décernée, avant d'honorer la physique ce mardi, la chimie mercredi, la paix vendredi, l'économie lundi et la littérature jeudi 13 octobre.

A lire : Les Nobel 2016