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Noël : les recommandations BD de France Culture

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L'année 2020 sera placée sous le signe de la bande dessinée. C'est le ministère de la Culture qui l'a décidé. "La France aime le 9e art"
L'année 2020 sera placée sous le signe de la bande dessinée. C'est le ministère de la Culture qui l'a décidé. "La France aime le 9e art"
© Radio France - SL

Se lover au chaud dans son lit, sur un canapé bien calé avec son tas de BD à portée de main pour des heures de lectures, quel bonheur ! Oui, mais quelles BD ? Pour offrir, faire plaisir ou se faire plaisir, voici la sélection bande dessinée des productrices et producteurs de France Culture.

A quelques jours des vacances de Noël, il règne comme une ambiance de fêtes dans les couloirs de France Culture. Les bureaux se vident de ses occupants et les étagères aussi... Des centaines de BD se retrouvent alors dans le couloir pour le bonheur du plus grand nombre. Il n'est pas rare d'entendre, "il y en a trop, je ne sais pas laquelle choisir". C'est alors qu'entrent en piste nos spécialistes BD qui ne sont jamais avares de précieux conseils. Ils se sont prêtés au jeu avec vous.

Victor Macé de Lépinay de l'émission "Le Rayon BD" 

Victor Macé de Lépinay vous recommande La fistule, d'Isidore M’Buma.

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Fistule ? Un périple médical haletant et éprouvant... Avec l'aimable autorisation de Lapin éditions
Fistule ? Un périple médical haletant et éprouvant... Avec l'aimable autorisation de Lapin éditions

Victor Macé de Lépinay vous recommande La fistule, d'Isidore M’Buma.

  • De quoi ça parle ?

Ça parle d’une fistule bien sûr, « une petite veine qui a émergé anormalement entre deux artères », comme le précise la première page. Et « si le sang passe par cette petite veine, elle explose ». Or c’est au cerveau que l’auteur a eu une fistule, à 33 ans. Il nous raconte dans cette bande dessinée les mois au cours desquels il a été aux prises avec ce risque de mort imminente… et avec le monde hospitalier.

  • Pourquoi le lire ?

Parce que c’est très drôle ! On suit donc ce jeune Buma de scanner en opération, et on rit ! Mais d’un rire qui n’est pas loin des larmes par moment, car l’auteur a vraiment traversé des moments de solitude et de désespoir face à une situation terrible. Il se met totalement à nu – dans tous les sens du terme - dans un style « manga » hyper expressif qui rappelle Nicky Larson ou « Le collège fou fou fou ». Une belle découverte !

La fistule : a Buma true story, Lapin éditions.

En savoir plus : Le Rayon BD

Géraldine Mosna-Savoye de l'émission "Le Journal de la philo"

Géraldine Mosna-Savoye vous recommande L'Âge d'or, de Cyril Pedrosa et Roxanne Moreil.

Des forêts obscures, effrayantes ou enchanteresses qui ne renferment pas seulement le savoir, mais peut-être aussi un peu d'aspiration à plus d'égalité. Avec l'aimable autorisation des éditions Dupuis
Des forêts obscures, effrayantes ou enchanteresses qui ne renferment pas seulement le savoir, mais peut-être aussi un peu d'aspiration à plus d'égalité. Avec l'aimable autorisation des éditions Dupuis
  • De quoi ça parle ?

Tilda, princesse condamnée à l'exil, est bien décidée à reconquérir le trône. Mais dans un Moyen Âge où la faim fait rage et où plane la légende d'un âge d'or où les hommes vivaient en paix et à égalité, chacun se met à rêver à des lendemains plus heureux...  

  • Pourquoi ce choix ?

Je connais très mal l'univers de la bande dessinée, j'ai pourtant dévoré ce premier volume de L'Âge d'or (le deuxième paraîtra dans quelques mois) qui allie réflexion philosophique sur l'égalité, esthétique médiévale, aventure de cape et d'épée et laisse surtout penser que le futur n'est pas seulement affaire de théorie, de principes et de discours, mais aussi et peut-être surtout d'imagination. De quoi se demander : et moi, comment j'imagine un avenir meilleur ?

L'Âge d'or, aux éditions Dupuis.

En savoir plus : Cyril Pedrosa : "On a voulu faire un histoire des luttes qui est devenue une histoire de princesse"

Le conseil d'Adèle Van Reeth de l'émission "Les Chemins de la philosophie"

Adèle Van Reeth vous recommande Blueberry, Amertume Apache, de Joann Sfar et Christophe Blain.

Joann Sfar et Christophe Blain ont relevé le défi. Signer à deux mains un épisode inédit du célébrissime Lieutenant Bluberry. Avec l'aimable autorisation des éditions Dargaud
Joann Sfar et Christophe Blain ont relevé le défi. Signer à deux mains un épisode inédit du célébrissime Lieutenant Bluberry. Avec l'aimable autorisation des éditions Dargaud
  • De quoi ça parle ?

Alors qu'il patrouille aux abords d'une réserve indienne, Blueberry assiste au meurtre de deux femmes de la tribu par trois jeunes Blancs. Voulant à tout prix éviter un nouveau conflit, il va à la rencontre du clan. Mais les deux victimes ne sont autres que la femme et la fille du belliqueux guerrier Amertume. La hache de guerre n'est pas loin d'être déterrée.

  • Pourquoi ce choix ?

Le lieutenant n’est pas mort ! Joann Sfar et Christophe Blain redonnent vie au héros de Jean Giraud dans cet album qui séduira les nouveaux venus et ne décevra pas les connaisseurs. Vous y retrouverez l’indescriptible atmosphère de western et vous croiserez même Brigitte Bardot et Charles Denner.

Blueberry, Amertume Apache paru aux éditions Dargaud.

En savoir plus : Blueberry et ses nouveaux parents adoptifs : Christophe Blain et Joann Sfar

Le conseil de Nicolas Martin de l'émission "La Méthode scientifique"

Nicolas Martin vous recommande L’île des morts, de Guillaume Sorel et Thomas Mosdi.

L'Île des morts, une trilogie menaçante et fascinante orchestrée par Mosdi et Sorel ! Avecl'aimable autoristation des éditions Glénat
L'Île des morts, une trilogie menaçante et fascinante orchestrée par Mosdi et Sorel ! Avecl'aimable autoristation des éditions Glénat
  • De quoi ça parle ?

Paris, fin du XIXe siècle. Un jeune peintre sans le sou se voit contraint de céder l’une de ses peintures à son ombrageux propriétaire pour payer son loyer. À partir de cet instant, sa vie va plonger dans un cauchemar éveillé, peuplé de créatures qui grouillent dans l’ombre. Tout un univers qui le ramène inlassablement au tableau d’Arnold Böcklin, L’île des morts.

  • Pourquoi ce choix ?

Pour l’histoire, une déclinaison cauchemardesque de l’univers lovecraftien comme peu de bande-dessinées ont su le transcrire. Et pour le dessin de Sorel, qui signe l’une de ses premières bande-dessinées, et dont on voit au fur et à mesure des albums la palette s’enrichir, s’affiner, pour finir par exploser le cadre et les cases dans une myriade de rouge émeraude et de couleurs chaudes et vénéneuses. Aussi brillant que terrifiant.

L'intégrale de L’île des morts, parue aux éditions Vents d'ouest.

À réécouter : Légendes lovecraftiennes

Le conseil de Perrine Kervran de l'émission "LSD, La série documentaire"

Perrine Kervran vous recommande In waves, de Ad Jungo.

« In Waves » est la première bande dessinée d'AJ Dungo. AJ Dungo/Nobrow/Casterman
« In Waves » est la première bande dessinée d'AJ Dungo. AJ Dungo/Nobrow/Casterman
  • De quoi ça parle ?

L'auteur raconte les sept années de maladie qui ont emporté son premier amour et partage avec le lecteur leur passion commune : le surf et son histoire. 

  • Pourquoi ce choix ?

Parce que l'on pourrait presque nager ou se laisser flotter dans les cases de cette bande dessinée endeuillée, qui est aussi une sorte de tombeau. Et parce qu'on y apprend délicatement, et l'air de rien, mille choses sur l'histoire du surf polynésien dont on a les premiers témoignages au XVIIIe siècle : ce qu'étaient au départ les "beach boys",  qui était le champion de nage et surfeur hawaïen Duke Kahanamoku, né à la fin du XIXe siècle et son amitié avec l'américain Tom Blake qui a révolutionné la planche de surf.

In waves, paru aux éditions Casterman.

En savoir plus : Sigolène Vinson : "Le surf, c'est une sorte de philosophie stoïque, c'est accepter qu'on n'a pas le pouvoir sur les choses"

Le conseil d'Antoine Guillot de l'émission "Plan large"

Antoine Guillot vous recommande Dédales, T. 1, de Charles Burns, éditions Cornélius.

Dédales, T. 1, de Charles Burns, éditions Cornélius.
Dédales, T. 1, de Charles Burns, éditions Cornélius.
  • De quoi ça parle ? 

Absorbé par l’image déformée que lui renvoie le grille-pain en face de lui, Brian Milner s’aperçoit que ce qu’il est en train de dessiner, éponge corallienne ou cerveau malade ?, est un autoportrait. Dans la pièce à côté, à des années-lumière de sa propre pensée, ses amis font la fête. L’esprit de Brian a déjà traversé l’espace pour se perdre dans un autre monde où tout est plus vivant, plus étincelant, lorsqu’une ombre se glisse derrière lui. Cette première rencontre avec Laurie marque le début d’une nouvelle histoire dont elle jouera le rôle principal… 

  • Pourquoi ce choix ? 

Avec ce nouveau cycle, l’auteur de Black Hole et de la trilogie Toxic livre, derrière cette romance à deux voix, son œuvre sans aucun doute la plus autobiographique, qui nous fait plonger au cœur de son imaginaire hanté par les images des films d’horreur des années 1950-1960, la figure du double et les visions d’un monde intérieur qui le protègent au risque de le phagocyter. En 35 ans de carrière, Charles Burns a acquis une maîtrise absolue du dessin, mais se met pourtant encore graphiquement en danger, avec une fragilité dans la représentation qu’on n’avait encore jamais vue chez lui, et qui révèle quelque chose de très intime. On en sort très touché, autant que médusé. 

Dédales, T. 1 paru aux éditions Cornélius.

En savoir plus : Charles Burns et ses doubles inquiétants

Le conseil de Louise Tourret de l'émission "Être et avoir"

Louise Tourret vous conseille Je suis née dans un village communautaire, de Kaya Takada.

À l’âge de 35 ans, Kaya Takada a entrepris de raconter son étonnante trajectoire humaine sous la forme d’une bd autobiographique. Avec l'aimable autorisation des éditions Rue de l'Echéquier
À l’âge de 35 ans, Kaya Takada a entrepris de raconter son étonnante trajectoire humaine sous la forme d’une bd autobiographique. Avec l'aimable autorisation des éditions Rue de l'Echéquier
  • De quoi ça parle ?

Le récit de l'enfance et de l'adolescence de l'auteure au sein d'une communauté alternative au cours des années 1970. Dans ce village, les lieux de vie et les biens matériels sont partagés et la vie suit un rythme contraignant. Les enfants vivent séparés de leurs parents, les repas sont comptés et des punitions sont utilisées pour faire régner l'ordre.

  • Pourquoi ce choix ?

L’autrice, Kaya Takada, est japonaise mais il ne s’agit pas d’un manga. C’est une BD un peu étrange par son propos et son traitement : une enfance au sein d’un village communautaire au Japon, où les règles de vie sont très strictes, racontée à travers des cases en noir et blanc et un dessin volontairement naïf. Le récit est narré à hauteur d’enfant et le dessin séduisant, à la fois par sa joliesse, et l’évocation d’un quotidien rural au japon. Mais il raconte surtout une éducation terrible, à la dure, où la maltraitance est de mise. Cette bande dessinée est arrivée en janvier chez nous et depuis il y a presque toujours quelqu’un en train de la relire à la maison.

Je suis née dans un village communautaire, paru aux éditions Rue de l'échiquier.

Le conseil d'Arnaud Laporte de l'émission "La Dispute"

Arnaud Laporte vous conseille Notre chouette famille, de Viande et Macaroni, publié chez Payot Graphic.

Notre chouette famille, de Viande et Macaroni, publié chez Payot Graphic.
Notre chouette famille, de Viande et Macaroni, publié chez Payot Graphic.
  • De quoi ça parle ?

D’une famille éminemment dysfonctionnelle, pour le plus grand bonheur des lecteurs.

  • Pourquoi ce choix ?

Parce que j’ai éclaté de rire à chaque page, phénomène suffisamment rare pour ne pas passer à côté de ce catalogue de nos névroses contemporaines.

Notre chouette famille publié chez Payot Graphic.

En savoir plus : Faire famille

Le conseil de Sonia Kronlund de l'émission "Les Pieds sur terre"

Sonia Kronlund vous conseille Algues vertes : l'histoire interdite, d'Inès Léraud et Pierre Van Hove.

Algues vertes : le déni• Crédits : Pierre Van Hove - La revue dessinée | Delcourt
Algues vertes : le déni• Crédits : Pierre Van Hove - La revue dessinée | Delcourt
  • De quoi ça parle ?

Depuis la fin des années 1980, une quarantaine d'animaux et trois hommes sont morts sur les plages bretonnes, très probablement à cause de l'hydrogène sulfuré qui se dégage des algues vertes. L'intrigue se fonde sur une enquête mettant en évidence la façon dont ce secret est bien gardé et ses enjeux, mêlant agro-industriels, politiques et scientifiques.

  • Pourquoi ce choix ?

Inès Léraud c’est notre Erin Brockovitch. Elle a commencé cette enquête sur les algues vertes pour Les Pieds sur terre. Elle a ensuite fait cet album magnifique qui a touché un nouveau public, désormais informé des dangers de l’industrie agroalimentaire, qui produit ces pollutions potentiellement mortelles. Je suis fière de son succès : l’album s’est vendu à plus de 10 000 exemplaires.

Algues vertes : l'histoire interdite, paru aux éditions Revue dessinée.

En savoir plus : Algues vertes : le déni

Le conseil de Tewfik Hakem de l'émission "Le Réveil culturel"

Tewfik Hakem vous conseille Formica, de Fabcaro.

Formica, Une tragédie en trois actes• Crédits : Fabcaro
Formica, Une tragédie en trois actes• Crédits : Fabcaro
  • De quoi ça parle ?

C’est dimanche, c’est le jour du repas en famille, tout le monde est ravi de se retrouver ensemble autour de la table. Alors que tout est prévu pour faire de ce rendez-vous un moment d’amour et de partage, surgit tout à coup la question à laquelle personne n’avait pensé : De quoi on pourrait parler ?

  • Pourquoi ce choix ?

Ah, ces repas de famille où on ne sait pas quoi se dire ! Autours d’un repas du dimanche, en compagnie d’une charmante famille moyenne de droite, Fabcaro construit une farce en trois actes, férocement drôle quand elle n’est pas drôlement féroce. À n’offrir qu’à des amis sincères ou à des proches sympas, de préférence pas trop de droite, sinon ils risquent de mal le prendre.

Formica, une tragédie en trois actes, paru aux éditions 6 pieds sous terre.

En savoir plus : Fabcaro : "Ces repas de famille qui n'en finissent pas où on ressasse les mêmes thèmes c'est traumatisant"

Le conseil d'Anne-Laure Chouin de la rédaction de France Culture

Anne-Laure Chouin vous recommande Senso, d'Alfred.

Détail d'une planche de "Senso" d'Alfred / Delcourt
Détail d'une planche de "Senso" d'Alfred / Delcourt
  • De quoi ça parle ? 

Un homme arrive dans un hôtel dans le sud de l'Italie, en plein mariage, en pleine canicule et en pleine nature. Rien ne se passe comme prévu, de toute façon il n'avait pas prévu grand chose. Une femme se retrouve là également, plus gaie et plus courageuse que lui. Ils vont passer ensemble une nuit très longue, pendant qu'un autre couple s'aime dans la chambre 104.

  • Pourquoi ce choix ? 

Pour ceux qui aiment les personnages qui marchent tellement à côté de leur vie qu'ils arrivent dans la vie des autres, sans bien comprendre. Et pour la nature luxuriante et mystérieuse qui inonde cet album : la nature de jour, la nature de nuit, les arbres qui dansent dans un parc parsemé de ruines, de statues antiques et de reflets d'étoiles. Un album jaune et bleu. Et un peu rose, aussi. 

Senso, paru aux éditions Delcourt.

Le conseil de François Angelier, producteur de l'émission "Mauvais genre"

François Angelier vous conseille Épiphania, de Ludovic Debeurme.

De quoi ça parle ?

La révolte programmée des Epiphaniens contre les humains est noyée dans un bain de sang. Ceux qui n'ont pu fuir sont parqués dans des camps et mis à mort. Bee et Koji sont sauvés in extremis par le père de ce dernier. C'est alors qu'est lancée la Deuxième vague et, avec elle, le déferlement des Lithos et des Organics, des géants conçus pour une destruction massive.

Pourquoi ce choix ?

Dans ce 3ème volet d'Épiphania, Ludovic Debeurme théâtralise magistralement la révolte de la nature portée par des géants élémentaires et les puissances de la Terre. Un final apocalyptique, d'un lyrisme violent à la hauteur de l'ampleur du combat écologique.

Épiphania est paru aux éditions Casterman.

En savoir plus : Epiphania ou les si tendres cauchemars de Ludovic Debeurme

Le conseil de Pierre Ropert du service multimédia de France Culture

Gou Tanabe relève avec brio la gageure de dépeindre ce qui normalement ne possède pas de représentation.• Crédits : TANABE Gou 2016 & 2017 KADOKAWA CORPORATION
Gou Tanabe relève avec brio la gageure de dépeindre ce qui normalement ne possède pas de représentation.• Crédits : TANABE Gou 2016 & 2017 KADOKAWA CORPORATION

Pierre Ropert vous conseille Les montagnes hallucinées, de Gou Tanabe.

  • De quoi ça parle ?

Cette nouvelle conte l’exploration par le professeur et géologue William Dyer, avec son équipe, du continent Antarctique. Les scientifiques découvrent, en forant dans des grottes, d’étranges traces archéologiques de créatures disparues et les restes d’une ancienne cité qui n’a rien d’humain. Séparée en deux groupes, une partie de l’expédition s’interroge sur ces découvertes bouleversantes quand une tempête s’abat sur eux.

  • Pourquoi ce choix ?

On imaginait difficilement une adaptation graphique de l’œuvre de Lovecraft, et peut-être encore moins grâce au trait de crayon d’un mangaka, ici Gou Tanabe. Spécialiste de l’adaptation d’œuvres littéraires et du registre de l’horreur, le Japonais s’est attaqué à l’œuvre d’un maître du genre en interprétant la nouvelle « Les Montagnes Hallucinées », parue en 1936. En reprenant mot pour mot les descriptions de l'écrivain américain, Gou Tanabe, grâce à un trait réaliste, est parvenu à restituer avec talent l’angoissant désert de glace antarctique où se déroule l’intrigue autant que les créatures cauchemardesques issues de l’imagination d’Howard Philipps Lovecraft. Ce manga seinen, dont le deuxième tome est paru cette année, est qui plus est un bel objet avec sa couverture « effet cuir » lui conférant un air de vieux manuscrit.

Les Montagnes hallucinées, de Gou Tanabe est paru aux éditions Ki-oon.

En savoir plus : Lovecraft plein cadre : le Maître de Providence au cinéma et bandes dessinées