Dans l'exposition "Phoenix", les strates d'images et de paysages se superposent et se délitent pour montrer l'évolution de la nature.
Dans l'exposition "Phoenix", les strates d'images et de paysages se superposent et se délitent pour montrer l'évolution de la nature.

Noémie Goudal, la nature en flammes

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Noémie Goudal, la nature en flammes

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Dans ses photos et ses films, Noémie Goudal recrée l’évolution du paysage sur le temps très long. En s’appuyant sur des recherches en paléoclimatologie, l’artiste française donne à contempler une planète qui évolue sans nous.

La nature brûle dans ses œuvres qui semblent proposer une métaphore de notre époque. Mais ce que Noémie Goudal veut interroger, c’est notre manière de regarder l’évolution de la planète, souvent anthropocentrée. “On met toujours l'homme au centre, regrette l’artiste. Là au contraire, l’idée était de faire cet exercice, difficile et vertigineux, d’essayer de comprendre la Terre bien avant qu’on soit là.

La Grande Table d'été
44 min

Dans son exposition “Phoenix” aux Rencontres d’Arles, aussi bien que dans “Anima”, sa version en théâtre hybride présentée cet été au festival d’Avignon, elle recrée l’évolution de paysages qui n’a jamais été capturée en image.

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La Terre tourne, et on tourne avec elle. C’est en substance le message de la photographe, qui fait interagir le réel et l’artifice. Dans ses photos et ses vidéos, elle s’inspire de recherches sur la paléoclimatologie, l’étude des climats anciens et de leurs variations sur le temps très long. “Penser la Terre dans son histoire à elle est un sujet fascinant parce qu’il amène à s’intéresser aux strates du paysage.” Et dans son travail, ce sont les strates de l’image que Noémie Goudal décompose et recompose pour créer plusieurs temporalités à l’intérieur de la même image.

Forêts, glaces et déserts

Pour cela, l’artiste diplômée du Royal College of Art de Londres découpe ses photos format XXL puis les replace dans un paysage existant : des forêts, des paysages rocheux ou glaciaires. Et, dans ses projets antérieurs, des blocs bétonnés, des structures architecturales, des paysages désertiques ou célestes.

Dans son spectacle “Anima” surgit la trapéziste Chloé Moglia, qui incarne un équilibre à trouver, la suspension du temps long, l’ultra-présent. “C’est maintenant qu’on peut vivre, rappelle Noémie Goudal. ll y a eu des moments où la Terre était complètement glacée, des moments où il y a eu des pluies de météorites, etc. Donc ce qu’on nous propose, c’est maintenant.

À voir : Exposition “Phoenix” aux Rencontres de la photographie d’Arles