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Notre-Dame de Paris : les plus beaux chênes de France pour la flèche, son socle et le transept

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Huit chênes de la forêt de Bercé ont été marqués le 5 mars avant d'être abattus : ces arbres bicentenaires seront utilisés pour le tabouret de la future flèche de Notre Dame ; ici, le chêne numéro un.
Huit chênes de la forêt de Bercé ont été marqués le 5 mars avant d'être abattus : ces arbres bicentenaires seront utilisés pour le tabouret de la future flèche de Notre Dame ; ici, le chêne numéro un.
© Radio France - Maxime Tellier

Plus de 1 000 chênes ont été choisis dans toute la France pour le chantier de reconstruction de la flèche de Notre-Dame, détruite dans l'incendie du 15 avril 2019. Les arbres les plus précieux seront "récoltés" dans l'ancienne forêt royale de Bercé, dans la Sarthe.

Presque deux ans après l'incendie qui a ravagé la toiture et la charpente de Notre-Dame de Paris, la phase de reconstruction a symboliquement commencé dans une forêt de la Sarthe ce vendredi. Les ministres de l'Agriculture et de la Culture ont procédé au marquage de l'un des huit chênes qui serviront à rebâtir la flèche de Viollet-le-Duc : huit arbres aux propriétés rares originaires de la forêt de Bercé, mais en tout, plus d'un millier ont été choisis dans toute la France pour ce chantier.

Reportage en forêt domaniale de Bercé (Sarthe), ce vendredi, lors de la venue des ministres de l'Agriculture et de la Culture au pied des premiers chênes qui serviront notamment à la flèche de Notre-Dame.

2 min

Les plus beaux chênes de France

Les travaux de sécurisation de Notre-Dame doivent s'achever cet été et le chantier va lentement évoluer vers la reconstruction du monument ravagé par l'incendie du 15 avril 2019. Mais pour reconstruire, il faut des matériaux et le premier d'entre eux se trouve en forêt : un millier de chênes ont été commandés le 15 janvier par les architectes en charge du chantier de la cathédrale. Avec ces arbres, ils reconstruiront la partie la plus récente du monument, dessinée et construite par Eugène Viollet-le-Duc au XIXe siècle : la flèche, son socle et la charpente du transept. 

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Philippe Gourmain est expert forestier : il était chargé de trouver les 1 000 chênes nécessaires à la première tranche de travaux pour Notre-Dame. Il pose ici à côté de l'arbre numéro un le 5 mars dans la forêt de Bercé (Sarthe).
Philippe Gourmain est expert forestier : il était chargé de trouver les 1 000 chênes nécessaires à la première tranche de travaux pour Notre-Dame. Il pose ici à côté de l'arbre numéro un le 5 mars dans la forêt de Bercé (Sarthe).
© Radio France - Maxime Tellier

L'établissement public chargé de la restauration a passé commande auprès de la filière France Bois Forêt, qui réunit tous les acteurs, publics et privés, du secteur : une commande particulière car l'ensemble des chênes seront donnés. L'ensemble des régions françaises ont été mises à contribution mais le Grand-Est, le Centre val de Loire, l'Île-de-France et la Bourgogne Franche-Comté sont les plus grandes pourvoyeuses. 

Un homme a été chargé de centraliser les demandes : Philippe Gourmain, expert forestier, qui s'est tourné vers la Sarthe pour les pièces les plus exceptionnels. L'ancienne forêt royale de Bercé, remaniée par Colbert au XVIIe siècle afin de produire des arbres à la marine, a été choisie pour fournir les chênes du socle de la flèche. "Ce sont les plus beaux chênes de France, les plus chers aussi... Le numéro un vaudrait peut-être 10 000 euros s'il avait été mis en vente", précise Philippe Gourmain. Ces arbres sont issus d'une parcelle âgée de 220 à 230 ans où les chênes sont entretenus et sélectionnés pour donner des longs troncs sans branche : au moins 20 mètres pour les huit qui ont été sélectionnés le 5 mars et avec un diamètre d'au minimum 1 mètre.

Ces grosses pièces vont constituer l'enrayure basse, qu'on appelle aussi le tabouret de la flèche. Ils vont relier les quatre pilier de la croisée en diagonale et c'est cette diagonale qui portera en son centre le poinçon de la flèche qui culminera à 96m. Ces arbres sont ceux qui vont supporter l'ensemble de la charpente de la flèche.                      
Philippe Villeneuve, architecte en chef des monuments historiques à la tête du chantier de restauration de Notre-Dame.

Schéma de Notre-Dame présentant (en rouge) les charpentes dessinées par Viollet-le-Duc aux XIXe siècle. Les charpentes en gris datent de l'époque médiévale.
Schéma de Notre-Dame présentant (en rouge) les charpentes dessinées par Viollet-le-Duc aux XIXe siècle. Les charpentes en gris datent de l'époque médiévale.
- David Bordes

À réécouter : La politique est dans la flèche

Réouverture au public prévue en avril 2024

Les chênes choisis ont commencé à être abattus en février et tous le seront avant le début du printemps et la montée de sève. Une fois coupés, ils vont sécher 12 à 18 mois afin d'atteindre un taux d'humidité inférieur à 30%, avant toute utilisation. Une autre campagne d'abattage aura lieu après celle-ci pour fournir les arbres qui constitueront la charpente médiévale, où les arbres étaient plus petits.

L'objectif du général Jean-Louis Georgelin, à la tête de l'établissement public pour la sécurisation et la restauration de Notre-Dame, est de rendre le monument au culte et au public en avril 2024, cinq ans après l'incendie, mais le chantier ne sera pas terminé, malgré le défi lancé par Emmanuel Macron de reconstruire en cinq ans. Aucun délai n'est donné pour la fin complète des travaux.

Au total, 831 millions d'euros ont été récoltés pour rebâtir Notre-Dame de Paris d'après les derniers chiffres de la collecte nationale donnés en août 2020. L'intégralité de ce montant devrait être utilisé d'après la mission d'information parlementaire ad hoc qui s'est réunie le 3 mars dernier.

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À réécouter : La science au secours de Notre-Dame