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"Nous sommes 'Charlie'" : les réactions emblématiques

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Politiques, religieuses, citoyennes, médiatiques ou plus personnelles, les réactions n'ont pas cessé dans les heures qui ont suivi la tuerie à Charlie Hebdo, notamment via les réseaux sociaux. Avec beaucoup de dessins aussi.

Nous sommes "Charlie" | La tuerie *_|_ *Les attentats contre les médias| 6 grandes plumes | Parler contre la terreur | Souvenirs

Hommage aux victimes de la tuerie de Charlie Hebdo, à Trafalgar Square, à Londres, le 7 janvier 2015
Hommage aux victimes de la tuerie de Charlie Hebdo, à Trafalgar Square, à Londres, le 7 janvier 2015
© Maxppp - Andy Rain

Fait exceptionnel, le président de la République François Hollande a décrété une journée de deuil national ce jeudi, alors que les rassemblements d'hommage et de défense des libertés se sont multipliés.

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François Hollande, le 7 janvier 2015
François Hollande, le 7 janvier 2015

François Hollande a décrété ce jeudi journée de deuil national, avec à midi un moment de recueillement dans tous les services publics. Tous les drapeaux seront en berne en France pendant trois jours.

Le président de la République a appelé ce mercredi soir depuis l'Elysée à l'unité, estimant que "c’est la République toute entière qui a été agressée . La République, c’est la liberté d’expression. La République, c’est la culture, c’est la création, c’est le pluralisme, c’est la démocratie. C’est cela qui était visé par les assassins" :

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Nicolas Sarkozy, le 7 janvier 2015
Nicolas Sarkozy, le 7 janvier 2015

Le président de l'UMP et ancien président de la République Nicolas Sarkozy a qualifié "L'ignoble et sanglante fusillade, d'une violence inouïe" de "tragédie nationale qui bouleverse chacun d'entre nous". Pour lui, "Notre démocratie est attaquée. Nous devons la défendre sans faiblesse. La fermeté absolue est la seule réponse possible". Et d'ajouter : "Notre Nation est endeuillée, la France est frappée au cœur, la République doit se rassembler. J'appelle tous les Français à refuser la tentation de l'amalgame et à présenter un front uni face au terrorisme, à la barbarie, et aux assassins". Avant de conclure : "Dans ces heures tragiques, c'est un impératif d'unité nationale devant lequel aucun Français ne peut et ne doit se soustraire". Nicolas Sarkozy aurait d'ailleurs accepté l'invitation de Manuel Valls à se joindre à une marche commune samedi, à Paris.

Marine le Pen, le 7 janvier 2015
Marine le Pen, le 7 janvier 2015

Marine Le Pen a elle aussi parlé de "Nation unie" dans une vidéo diffusée par le Front national. Mais selon elle, "Le temps du déni, de l'hypocrisie n'est plus possible. Le refus absolu du fondamentalisme islamique doit être proclamé haut et fort".Pour l'eurodéputée, "Regarder les choses en face, ce sera prendre le chemin d'une action efficace et protectrice. Pourquoi en est-on arrivé là ? Quel est le parcours de ces assassins, l'étendue des filières de l'islam radical sur notre sol, leurs financements ? Quels pays les soutiennent ? Les questions sont nombreuses et légitimes". Ainsi, "Ce débat doit avoir lieu, rien ne doit l'entraver".

François Bayrou, le président du Modem , a évoqué un "acte de guerre par la terreur". Avec "un seul devoir" : "faire l'union nationale" et "refuser toute concession".Jean-Luc Mélenchon, eurodéputé du Parti de Gauche, a lui publié sur Twitter : "Le nom des meurtriers est connu : lâches, assassins, tuent les sans défense. Le nôtre : chagrin et réplique républicaine. #CharlieHebdo"

Dalil Boubakeur, le président du Conseil français du culte musulman et recteur de la Grande Mosquée de Paris, a fait part de sa "condamnation absolue", de son "émotion majeure, historique", qualifiant cette attaque contre Charlie Hebdo de "coup porté à l'ensemble des musulmans" :

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<strong>A l'étranger</strong>

En Europe. Pierre Bénazet, notre correspondant à Bruxelles, évoque les réactions des institutions du Continent, mais aussi celle d'Angela Merkel, de David Cameron et de médias :

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En Turquie, avis bien plus contrastés, notamment de la part de la presse islamiste pro gouvernementale, précise notre correspondant à Istanbul Jérôme Bastion :

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Barack Obama au téléphone avec François Hollande le 7 janvier 2015
Barack Obama au téléphone avec François Hollande le 7 janvier 2015
- Pete Souza

Barack Obama a condamné une "fusillade terrifiante" et a exprimé directement à François Hollande "la solidarité" des Etats-Unis.

Lors d'un entretien téléphonique d'une quinzaine de minutes, le président américain a assuré son homologue "du plein soutien des Etats-Unis à la France, de sa solidarité et de sa pleine coopération contre le terrorisme".

Ecoutez aussi John Kerry, le secrétaire d'Etat américain, qui a réagi en français :

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Les Unes papiers de la presse internationale
Les Unes papiers de la presse internationale
© Radio France

La presse internationale s'est aussi très largement fait l'écho de cette tragédie. Panorama dressé par Thomas Cluzel :

Revue de presse internationale

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Et découvrez ici des dessins d'hommages du monde entier

<strong>Je suis Charlie</strong>

Mais en France, comme à l'étranger, dans les rues comme sur les réseaux, un élan de soutien à l'hebdomadaire et de défense des libertés aura très vite marqué ce mercredi. Avec le mot-dièse #JesuisCharlie repris des centaines de milliers de fois.

'Je suis Charlie', version internationale
'Je suis Charlie', version internationale

Des centaines de milliers de personnes se sont rassemblées dans toute la France. Près de 15.000 personnes à Lyon, place des Terreaux, 7.000 personnes sur le vieux port, à Marseille. Et ils étaient aussi des milliers à Rennes, Nantes, Grenoble ou encore Clermont Ferrand. Des mobilisations citoyennes d'abonnés à Charlie ou d'amateurs des talents exécutés ce mercredi, mais pas seulement. Souvent à la lueur des bougies. Notre reporter Cyril Peter était Place de la République, à Paris, avec au moins 40.000 personnes :

Le choix de la rédaction

3 min

Charlie Hebdo : des fleurs, des photos et des témoignages, sur le sol, place de la République, le 7 janvier 2015
Charlie Hebdo : des fleurs, des photos et des témoignages, sur le sol, place de la République, le 7 janvier 2015
© Radio France - Pierre Ropert

Beaucoup d'émotion et de recueillement, comme au sein des rédactions, qui elles aussi ont choisi de se mobiliser. Comme Le Monde, France Télévisions et Radio France associés pour venir matériellement en aide à "Charlie Hebdo"Catherine Petillon :

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<strong>"On n’a pas assez parlé de cette montée du fondamentalisme en France. On n’a pas assez tiré la sonnette d’alarme."</strong>

Enfin, il y a le témoignage poignant de l'un de ceux qui a le mieux connu les morts de ce 7 janvier :Philippe Val, leur ancien directeur de rédaction, de 1992 à 2009. Interrogé sur France Inter par Nicolas Demorand.

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"Je vais très mal, mais c’est normal, non ? J’ai perdu tous mes amis aujourd’hui.", commence-t-il_._
Avant de confier que_"C’était des gens tellement vivants, qui avaient à cœur de faire plaisir aux gens, de les faire rire, de leur donner des idées généreuses"._

Et d'ajouter, des larmes dans la voix :

"On ne peut pas laisser ça. On doit faire front, on doit rester très solidaires. Ce n’était pas des gens méchants, c’était des gens qui voulaient juste qu’on vive heureux. C’était des gens qui voulaient que l’humour ait une place dans notre vie, c’est tout. C’est tout, c’est que ça, c’est que ça, et c’est ça qui a été assassiné ".

Celui qui avait refondé l'hebdomadaire satirique avec Cabu finit par interpeller les auditeurs et les médias :

"C’est juste pas supportable. Il faut qu’on bouge. Je m’excuse de parler de ça, mais les médias n’ont peut-être pas été à la hauteur toutes ces années sur cette radicalisation. Beaucoup de gens qui sont musulmans aujourd’hui doivent être catastrophés par ça. Ils sont en danger eux aussi. On n’a pas assez parlé de cette montée du fondamentalisme en France. On n’a pas assez tiré la sonnette d’alarme."